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Xenoblade Chronicles 3 – Le Meilleur des Deux Mondes ? (Test)

Avant de commencer cette critique, quelques remises en contexte et deux-trois trucs à rajouter.

Primo, j’ai fini le jeu en quasiment 50h étalés sur moins d’une semaine, ce qui a peut-être pu avoir un impact sur mon appréciation du jeu. Deuxio, comme vous l’avez probablement déjà remarqué, j’ai aussi fini le jeu en mode Facile aussi bien pour gagner du temps (et vous inquiétez pas, je vais revenir assez longuement là-dessus plus tard, parce que le jeu a un très gros problème que je dois adresser), et aussi pour préserver ma santé… Parce que bon, 50h de jeu en moins d’une semaine, ça fait pas que du bien et je me voyais difficilement passer plus de temps sans prendre de sacrés risques. Ceci étant dit, ça ne m’a pas empêché d’explorer au maximum le jeu, au point que j’ai fait une grande majorité du contenu annexe important et j’ai pas juste foncé jusqu’à la fin… Si j’avais fait ça, mon temps final serait probablement plus de l’ordre de 38 ou 40h.

Tertio, je suis un giga-fan de la série Xenoblade qui a adoré le premier et tout autant surkiffé le second… Au point de probablement en choquer quelques uns ici si je dis que j’ai même préféré le 2 au premier et, spoilers, que je préfère aussi au 3. J’écarte X de l’équation parce que j’ai vraiment pas réussi à accrocher, notamment à cause de son absence de personnage principal qui fait que j’étais pas investi…

Quatro, cette critique ne contiendra aucun gros spoiler en dehors d’un moment bien précis vers la fin de ce texte… D’où le fait que je vais briser ma tradition de parler de l’histoire en premier et le mettre plutôt à la toute fin, parce que j’ai joué à Xenoblade Chronicles en en sachant quasiment rien et c’est cette surprise totale qui a joué sur le fait que je l’aie bien aimé. Pour tout vous dire, je n’avais même pas vu le second trailer et donc ne connaissais même pas la tronche et le gimmick du méchant, ce qui était en soi une agréable surprise. C’est aussi pourquoi les images que je montrerai seront pour la plupart tirées des premières heures du jeu, en plus de quelques décors et éléments de gameplay une quinzaine d’heures plus tard, histoire que vous puissiez apprécier le jeu au maximum à l’aveugle si vous n’avez pas pris la peine d’aller regarder les bande-annonces ou vu d’autres critiques.

Enfin, pour répondre à la question ultime : faut-il obligatoirement avoir fait Xenoblade Chronicles 1 ou 2 ou leurs extensions ? Non, mais c’est clairement recommandé. Il y a quelques éléments qui font écho aux précédents épisodes, mais rien qui n’est vraiment essentiel à notre compréhension de l’histoire que l’on a sous les yeux. Ceci dit, les fans auront largement de quoi se faire plaisir en voyant des références ici et là.

Bref, maintenant que ça, c’est dit, temps de raconter ce que j’ai vécu durant ces 50 heures dans le jeu que j’ai le plus attendu cette année… Et qui m’a fatalement le plus déçu.

Le Meilleur des Deux Mondes

Vu que l’histoire passe en dernier, je vais déjà m’attaquer au point que j’ai vite fait évoqué, mais qui pour moi a transformé en quelque chose de plutôt positif une expérience de jeu qui aurait très rapidement pu virer au cauchemar : le passage en mode Facile.

Xenoblade Chronicles 3 est un jeu immense. Vaste. Et long. Ou du moins, ça, c’est si on se convainc qu’il faille obligatoirement passer en difficulté normale pour pouvoir apprécier le jeu. Car comme tout bon RPG qui se respecte, pour pouvoir taper sur les boss efficacement, il faut faire son boulot et accumuler de l’xp à la pelle. Heureusement, Xenoblade oblige, il existe quelques solutions pour retarder l’inévitable session de farming et on peut assez facilement accumuler de l’expérience en se baladant sur le terrain et en accomplissant des quêtes annexes assez généreuses (d’ailleurs, n’oubliez pas de dépenser ces points aux feux de camp, autrement ils serviront à rien), mais pas si nombreuses que ça.

Le reste de l’xp se récupère en tapant sur des monstres sur le terrain et c’est là que réside la différence entre le mode facile et normal : le temps passé sur ces combats passe du simple au double, voire potentiellement au quintuple, puisque en normal il est compliqué de taper sur des monstres à des niveaux légèrement supérieurs sans passer un temps fou sur chaque confrontation, alors qu’à niveau égal le montant d’xp récolté est ridiculement bas, alors qu’en facile on peut émuler l’expérience de jeu en difficulté normale en tapant sur des monstres parfois dix niveaux supérieurs au sien tout en récoltant tellement d’xp que le processus de montée en puissance sera tout aussi fluide qu’agréable. Et en plus c’est totalement en accord avec le propos de l’histoire que de jouer de cette manière, même si je ne vais pas élaborer plus pour ne pas spoiler.

Est-ce qu’on se gâche le jeu en jouant comme ça ? À mon avis, c’est tout le contraire, puisqu’on ne fait au final que zapper un peu des combats qui ne servent en rien à l’histoire, on évite de ressentir trop la fatigue de faire encore et toujours la même chose (j’y reviens) et l’histoire gagne considérablement en rythme et, de fait, en intensité, d’autant plus qu’il est aussi possible de changer de difficulté à la volée et donc on peut tout à fait repasser en normal face aux boss pour avoir le droit à un challenge un peu plus relevé et de la perte de temps en moins, même si, si ça peut vous rassurer, j’ai aussi connu mon lot de morts face aux boss qui sont aussi un peu coriaces, même en Facile et qui m’ont permis d’explorer à fond ce que propose le système de combat.

Et en parlant du système de combat, Xenoblade Chronicles 3 a fait un choix salvateur pour la série en simplifiant pas mal l’ensemble tout en lui rajoutant une couche de profondeur assez vertigineuse. Ainsi, même si on contrôle six personnages entre lesquels on peut alterner à tout moment, chacun dispose de trois attaques spéciales que l’on peut sélectionner dans un menu en fonction des trois classes principales que l’on peut sélectionner, entre assaillant, défenseur et soigneur (je vous épargne le détail, je pense que le nom est assez explicite). Chacune de ces classes possède d’autres sous-classes avec leur lot d’attaques spécifiques à équiper et il est tout à fait possible de créer des combos d’attaques, où un personnage va déséquilibrer l’ennemi, un autre va le faire chuter, et un autre l’assommera pour faire un max de dégâts.

Plus tard, le nombre d’attaques à disposition de chaque personnage grimpera jusqu’à 6 et en plus il sera possible d’assigner nos attaques par paires pour potentiellement créer des fusions dévastatrices lorsque toutes deux sont chargées.

Ça a déjà l’air compliqué, dit comme ça ? Bah c’est pas fini ! Il y a un élément central que je ne veux pas spoiler, puisque ça concerne l’histoire et, un peu plus tard, on débloquera aussi un système d’enchaînement simplifié où il suffit de donner des instructions à plusieurs personnages d’affilée tout en veillant à atteindre les 100% d’enchaînement le plus rapidement possible pour relancer la boucle et faire grimper des multiplicateurs de dégâts qui peuvent nous permettre de décimer l’adversaire en quelques secondes !

Oh, et un dernier point très important concernant les enchaînements : utilisez-les à la toute fin d’un combat, quand il reste un fond de vie à l’ennemi, puisque si vous réussissez à le tuer, l’enchaînement remplace le multiplicateur de dégâts par un multiplicateur de points d’expérience qui ne fera que grimper avec le nombre d’attaques enchaînées ! Ainsi, il peut être possible de facilement multiplier par 4, voire par 10 l’xp reçue et, si vous avez fait cet enchaînement sur les ennemis spéciaux ce multiplicateur est ensuite multiplié par 2,5 ! Autant dire qu’en jouant bien mes cartes vers la fin du jeu, j’étais capable de gagner un niveau entier en un seul combat et en trois minutes à peine face à des ennemis très spécifiques, ce qui m’a permis de finir le jeu avec 5 niveaux de plus que le boss final… Ce qui ironiquement a failli ne pas être assez vu comment il est assez brutal…

La simplification du jeu passe aussi par pas mal de systèmes annexes. Ainsi, l’équipement des personnages se limite désormais qu’à de simples babioles qui malheureusement ne se reflètent plus sur l’apparence comme dans le 1, et les armes restent plus ou moins les mêmes d’un bout à l’autre du jeu. Le système de gemmes de Xenoblade 1 revient aussi, même si là-aussi il a été simplifié et ne nécessite plus que de trouver des matériaux spécifiques dans la nature, ce qui est franchement pas plus mal.

Pour monter en puissance, il faut donc non seulement faire grimper en niveaux son perso, mais aussi leur faire grimper chacune des classes dispo, sachant aussi que lesdites classes se débloquent en se liant d’amitié avec des personnages extérieurs au groupe via des quêtes annexes spéciales.

D’ailleurs, il me faut en parler, puisque les quêtes de héros ne sont pas des quêtes annexes de type fedex comme on peut les voir dans la plupart des RPG (et Xenoblade Chronicles 3 en a aussi quelques unes, rassurez-vous), mais de vraies petites histoires avec un soin tout particulier qui leur est apporté, au point que toutes ont le droit à des scènes cinématiques aussi soignées que durant le scénario principal ! De fait, à deux exceptions près, je les ai toutes faites et il y en a des très chouettes dans le lot !

Il y a quelques subtilités supplémentaires que je pourrais détailler, comme la jauge de liens avec les colonies ou les points d’âme, mais je veux pas non plus vous assommer d’infos, donc je vais passer aux deux trucs qui m’ont un peu rendu perplexe. Déjà, l’argent ne sert à rien, étant donné que la moitié de l’équipement que l’on peut obtenir peut se trouver sur le terrain et je n’ai jamais trouvé d’application pratique qui me permettrait de vraiment renforcer mes personnages.

Ensuite, en dehors des combats et des quêtes annexes… Bah il n’y a étonnamment pas grand chose à faire en dehors du tourisme… D’où aussi le fait que je vous conseille absolument de passer en Facile pour ne pas péter un câble à faire encore et toujours des combats. Les zones à explorer sont vastes, mais il n’y a pas grand chose à faire autre que de zigzaguer entre les points lumineux pour récolter des matériaux et esquiver des ennemis trois fois trop forts qui peuvent nous dégommer en un coup. Ceci étant dit, il y a un certain plaisir à se balader dans le monde et tomber sur les différentes merveilles visuelles que nous réservent les équipes de Monolith Soft.

Oh et dernier point qui ne m’a pas fait regretter de passer en facile : le donjon final dure environ deux heures et demi et n’est constitué que de couloirs remplis d’ennemis pour bien farmer avant le boss final. Sachant que les combats en normal durent beaucoup plus longtemps qu’en facile… Bon courage avec ces 4h de couloirs !

Ce qui m’amène à la partie présentation et… Bons dieux que ce jeu est beau et colle une mandale à quasiment tout ce qui se fait sur Switch ! Le monde est certes découpé en régions avec des temps de chargement les séparant, mais non seulement ces temps de chargement sont assez courts vu la taille du jeu, mais lesdites régions peuvent parfois être absolument immenses, au point que, juste pour se la péter, les développeurs ont placé ici et là des endroits un peu planqués qui permettent d’avoir une vue imprenable sur les zones juste pour nous décoller la mâchoire !

Et c’est sans parler du character design qui est absolument impeccable et bien stylé comme il faut ! Masatsugu Saito est de retour à la barre et nous livre ici des designs qui ne peuvent que faire l’unanimité… Surtout qu’il semble avoir vu les retours des joueurs qui n’étaient pas fan de Xenoblade Chronicles 2, puisqu’ici tout semble un peu plus crédible et terre-à-terre au niveau des costumes et les poitrines des personnages féminins sont tous beaucoup plus plats que erm… Pyra, Mythra et Dahlia, pour citer les exemples les plus extrêmes. Certaines femmes ont des formes et parfois lesdites formes rebondissent un peu plus que ce que la physique devrait permettre, mais bon, on va dire qu’il y a du mieux quoi qu’il arrive et ça n’est plus du tout distrayant.

Par contre ce qui est distrayant et même incroyable, c’est la bande-son ! La barre était déjà placée bien haut par les deux premiers Xenoblade, et même si, à chaud, je dirais qu’elle ne la dépasse pas et se repose un peu trop par moments sur son leitmotiv principal et certaines musiques passées, ce qu’il y a là reste d’une qualité folle ! Rien que le thème du premier gros boss colle des claques à n’importe quel thème de boss final de n’importe quel autre JRPG (en plus de secrètement contenir une des thématiques centrales de l’histoire) ! Il est encore trop tôt pour se prononcer sur le pouvoir de cette OST, mais clairement je vais la réécouter avec plaisir dans les prochaines semaines !

Oh, et comme d’hab avec la série, j’y ai joué avec les voix en anglais et c’était toujours autant un pur plaisir ! On a parfois l’impression de jouer en compagnie de piliers de pubs du fin fond de l’Angleterre ou du Pays de Galles et c’est clairement pas pour me déplaire !

Enfin, il est temps de parler de l’histoire ! D’abord sans spoiler, puis ensuite j’entrerai vite fait dans des trucs que l’on pourrait qualifier de spoilers mineurs de début de jeu.

Le ton de Xenoblade Chronicles 3 est très différent de celui des deux précédents. Là où le premier était une quête de vengeance pas mal énervée et le second une aventure bien plus légère mais qui dissimulait bien sa part d’ombre (au point limite que je l’appelle Solatorobo 2), Xenoblade Chronicles 3 baigne dans la mélancolie, nous plongeant dans un monde perpétuellement en guerre et nous faisant contrôler Noah, un passeur d’âmes. Imaginez Final Fantasy X, mais avec des robots géants et un esprit shônen.

Noah et ses amis vont assez rapidement rencontrer un groupe de personnages du camp adverse, puis tout ce petit monde va devoir se mettre en quête d’un lieu qui promet une paix bien plus stable que les champs de batailles que leurs bottes n’ont fait qu’arpenter.

J’ai dit au tout début de cette critique que Xenoblade 3 était l’épisode que j’ai le moins préféré de la série, mais ça ne veut pas non plus dire que je l’ai trouvé mauvais. Au contraire, il aborde des thématiques fortes et parfois très dures et j’ai failli pleurer 4 fois en plus de vraiment avoir des bonnes larmichettes une fois, mais le problème vient pour moi du fait que contrairement aux deux premiers, le 3 va un peu trop souvent se perdre dans ses réflexions et donner la sensation de tourner en rond avec ses propres thématiques et mettre un peu trop de temps à s’en rendre compte avant de passer à autre chose. Les deux premiers épisodes étaient des aventures qui donnaient toujours la sensation d’aller de l’avant et proposer des histoires différentes tout en alternant parfois entre des tons sérieux et un peu plus drôles.

Ici, on ressasse un peu trop régulièrement des scènes ayant eu lieu quelques minutes plus tôt (probablement pour les joueurs qui feraient des pauses trop longues entre chaque session, à la manière de FF14) et le ton plus mélancolique peut un peu plomber l’ambiance… Sans parler de 2/3 scènes qui sont parfois pas bien subtiles ou très maladroites qui donnent l’impression de s’adresser exclusivement à un public adolescent là où un peu plus de nuance aurait pu faire du bien.

Ceci étant dit, l’histoire se suit malgré tout avec plaisir grâce à son cast de personnages et de méchants vraiment intéressants ! Tous sont très élaborés et on suit leurs aventures avec un plaisir immense, surtout dès que l’on commence à se pencher sur leur passé.

Et c’est là que je passe vite fait à la partie spoil, donc n’hésitez pas à zapper le paragraphe qui suit et aller à la conclusion si vous voulez vraiment y aller à l’aveugle. C’est bon ? Ok, c’est parti.

J’ai vraiment trouvé intéressant l’idée que les mondes de Xenoblade 1 et 2 aient fusionné, et c’est un thème qui transparaît aussi bien dans le monde, que l’histoire, les musiques et le gameplay, notamment avec l’Ouroboros qui est la fusion de deux personnages du groupe. Ceci étant dit, le seul truc qui me chiffonne un peu avec ça côté histoire, c’est que c’est évoqué, mais jamais vraiment expliqué et ça semble même être contraire à ce que la fin du 2 laissait entendre. On se retrouve dans une espèce de zone grise scénaristique pas assez satisfaisante et qui limite va probablement irriter certains fans… Dont moi, du coup.

Ceci dit, j’ai beaucoup aimé les méchants et le délire sentai qui y est associé. Certains sont hautement détestables et le fait de jouer sur la thématique des riches et des puissants qui jouent avec la vie des plus faibles tout en se foutant éperdument du monde sur lequel ils vivent est étonnamment actuel… Et limite déprimant par moments tant ça a pu résonner avec certaines des observations que j’ai pu faire… Et qui rejoignent ce que j’ai aussi écrit dans mes livres, ce qui est étrangement cool.

Oh, et hors contexte, ça veut rien dire mais… Je déteste Ghondor de toutes mes forces. Sa voix m’insupporte et je veux plus JAMAIS la voir.

Au final, même si je suis un peu déçu par Xenoblade Chronicles 3, ça ne veut pas dire que j’ai passé un mauvais moment dessus, bien au contraire ! Il faut dire que les deux précédents épisodes avaient mis la barre tellement haut que c’était presque impossible de les atteindre sans risquer soit d’avoir l’air redondant, ou bien de proposer quelque chose de radicalement différent qui pourrait risquer de flinguer la série.

En l’état, même si l’histoire est relativement classique et très orientée shonen, on se retrouve avec un jeu qui propose un monde toujours aussi impressionnant et on vivra une aventure plaisante en compagnie de personnages intéressants et aux histoires individuelles aussi tragiques que captivantes ! Et c’est sans parler de sa bande-son dantesque qui fera de chaque voyage et de chaque combat un petit plaisir.

De fait, il n’est pas difficile pour moi de très fortement recommander le jeu ! J’ai peut-être ma préférence pour Xenoblade Chonicles 1 et surtout le 2 (et Tales of Arise, qui ironiquement partage beaucoup de trucs en commun avec cette série), mais le 3 se défend plutôt bien et me laisse bon espoir pour un Xenoblade Chronicles 4 qui, je l’espère, renouera avec sa folie métaphysique pour nous vriller le cerveau bien comme il faut !

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