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Voice of Cards : The Beasts of Burden – Quand Yoko Tarô s’essaye à Pokémon ! (Test)

Je sais que ça va paraître dur de dire ça, mais, pour une raison qui m’échappe, j’ai de plus en plus l’impression que Square Enix en veut à Yoko Tarô. Parce que le second épisode de Voice of Cards était sorti deux semaines après son annonce et mis en sandwich entre Horizon Forbidden West et Elden Ring, tandis que pour le troisième Voice of Cards, il se retrouve catapulté en tête du planning complètement maboule d’un Square Enix qui, alors que le Ludocalypse de fin 2022 vient officiellement de débuter, a décidé de fortement y contribuer en sortant un jeu par semaine. Et accidentellement le même jour que Foretales, même si là ça tient plus d’un hasard malencontreux. Bon, au moins c’est pas pire que ce pauvre Harvestella qui se retrouve à faire face à Sonic Frontiers et God of War Ragnarok, mais quand même, c’est dommage de sacrifier autant de jeux d’un coup sans vraie raison.

Et comme vous pouvez vous en douter, en 6 mois c’est compliqué de revoir complètement sa copie (et ça n’est techniquement pas nécessaire), donc ce nouveau Voice of Cards, c’est plus ou moins la même chose que précédemment, mais avec suffisamment de variation pour le rendre unique et intéressant à faire !

Jouons Cartes sur Table !

Pour répondre à la question : est-il nécessaire d’avoir joué aux précédents épisode avant celui-ci ? Non, pas du tout. Voice of Cards se profile de plus en plus comme étant une anthologie d’histoires se déroulant dans un ou des mondes similaires et en vrai, c’est pas plus mal.

Au niveau de l’histoire, The Beasts of Burden se démarque des deux épisodes précédents par son ton un poil plus sombre qu’auparavant, même s’il semble se retenir un peu plus que pour The Forsaken Maiden. Ça ou bien j’ai tellement l’habitude de la façon dont sont écrites ces histoires que leurs twists funestes ont beaucoup moins d’impact, ce qui n’est pas impossible.

On incarne Alphée, une adolescente qui vivait dans un village souterrain avec sa mère, jusqu’au jour où, sans surprise, des monstres débarquent pour tuer tout le monde. Et alors qu’Alphée est sur le point de rejoindre les autres dans l’au-delà, elle est sauvée par un mystérieux orphelin et tous deux vont partir dans une longue quête à travers des contrées désertiques plongées dans une journée perpétuelle pour trouver un but à leur vie et peut-être enfin découvrir ce qu’est la nuit.

Le thème de Beasts of Burden qui est grosso modo une analyse de ce qui donne un sens à nos vies et l’absurdité de certaines croyances peut parfois frapper là où ça fait mal pour délivrer des points de scénario vraiment fous, mais parfois ça va limite un peu trop vite pour vraiment nous affecter. Chaque chapitre peut être bouclé en environ une heure si on active le mode rapide qui multiplie par deux la vitesse globale du gameplay (qui devrait à ce stade être réglé par défaut au lieu de devoir être remis à chaque fois qu’on relance le jeu) et chaque chapitre peut être résumé à « Il se passe un truc, on va dans un donjon, on bat le boss, twist cruel et on passe au chapitre suivant ».

Je me retrouve limite face à ce dilemme de vouloir que le jeu prenne un peu plus son temps pour mieux mettre en place ses twists pour vraiment faire mal quand il le veut, et celui de me dire qu’il est malgré tout de la bonne durée, puisque s’il durait plus longtemps on pourrait finir par s’arrêter avant d’en voir la fin et qu’une dizaine d’heures avec l’option rapide, c’est déjà bien assez pour être à la fois satisfaisant et donner envie de jouer à l’épisode suivant quand il sort 6 mois plus tard !

Côté gameplay, c’est exactement la même chose que pour les précédents épisodes. Tout est fait de cartes et on se déplace de carte en carte sur… Bah la carte du monde et pour se battre on fait des duels de cartes, où on gagne des gemmes à chaque tour et on peut les cumuler pour balancer des attaques plus puissantes ou bien tout balancer d’un coup, quitte à jouer un peu plus sa vie.

La principale nouveauté de cet épisode vient du fait qu’Alphée possède le pouvoir de capturer les monstres en les aspirant dans des cartes et donc tout le système de compétences de nos personnages est entièrement modulable, ce qui est génial… mais il est aussi dépendant des monstres que l’on capture et ça peut devenir pas mal relou sur le long terme.

J’espère que vous êtes quelqu’un de chanceux et que RNJesus est de vôtre côté, puisque la capture de monstres est entièrement dépendante des coffres que l’on fait tomber en fin de combat ! Oh et lesdits coffres ne tombent pas systématiquement. C’est même tout le contraire, ça arrive environ un combat sur cinq ou six ! OH et aussi quand les coffres tombent à la fin d’un combat, il faut en choisir un au pif et abandonner l’autre ou les deux autres, ce qui veut dire qu’on a une chance sur deux ou trois soit de tomber sur un monstre, soit sur un objet pas si utile que ça ! OH ET AUSSI : les monstres ont un niveau de rareté, ce qui veut dire qu’il arrive qu’il y ait deux monstres identique, mais de niveau différent durant un drop de coffre, ce qui veut dire que si vous n’avez pas de chance, vous pouvez avoir un monstre d’un niveau inférieur à l’autre ! Bref, si vous avez de la chance, vous aurez des bonnes techniques pour alimenter la main de vos personnages, et si vous êtes moi, vous aurez 15000 foutues potions de soin et jamais un foutu monstre et rgngngngngngn !

À noter aussi que The Beasts of Burden semble avoir fait un peu de rétropédalage par rapport à The Forsaken Maiden, puisque le niveau de difficulté est de nouveau équivalent à celui du premier épisode et le nombre d’attaques critiques pour nous semble plus élevé qu’auparavant. Je n’irais pas non plus jusqu’à dire que j’ai roulé sur le jeu, mais disons que si j’avais pris ne serait-ce qu’un peu le temps de faire du grinding ça aurait été l’épisode le plus facile de la série. J’imagine aussi que le fait que désormais toutes les attaques de tous les membres du groupe soient modulables a pas mal joué dans le fait qu’il peut être très facile de créer des synergies efficaces, mais bon, du coup ça fait que si vous deviez jouer à cette série dans un ordre particulier, je dirais que vous devriez faire le premier, puis celui-là et enfin The Forsaken Maiden pour vraiment ressentir la différence de difficulté dans le bon sens.

Côté présentation, c’est comme les deux autres. Kimihiko Fujisaka, character designer sur Drakengard et Terra Battle, est toujours là et plus ça va, plus j’ai envie d’avoir un artbook de la série, ou encore mieux, un tirage de toutes les cartes comme Square Enix avait fait une fois avec le jeu de tarot inspiré de Tactics Ogre (et l’a refait avec le remake).

Et côté musiques, on retrouve encore une fois Keiichi Okabe et Monaca et c’est toujours aussi divin, même si très différent des épisodes précédents ! Je ne me souviens plus si les précédents avaient des musiques qui changeaient de manière dynamique en fonction de si on était dans des combats dans les donjons, mais ce petit grain de variété rend leur exploration bien plus agréable !

Au final, j’ai passé un bon moment sur Voice of Cards : The Beasts of Burden. L’histoire bien sympa et ses personnages intéressants ont rendu le voyage vraiment agréable et même si le rythme un poil trop soutenu a un peu atténué mon appréciation de certains thèmes parfois brutaux, le fait que ça veuille aborder ces thèmes-là est déjà cool en soi !

Si vous voulez un RPG en mode détente et un peu plus minimaliste que d’habitude, ça reste une bonne pioche, même si le prix de 30€ fait toujours aussi mal, surtout derrière un Foretales plus touffu sorti le même jour pour 10€ de moins et surtout, son rythme un peu lent fait qu’il ne sera pas du tout pour tout le monde !

J’ai envie de recommander le jeu, même si je commence vraiment à me demander si une compilation ne verra pas bientôt le jour, donc je vous dirais de plus en plus d’attendre de voir si jamais ça se fera un jour ou non, puisque ça fera un joli pack d’histoires. Mais dans tous les cas, si jamais Square Enix nous refait encore une fois la surprise de nous sortir un autre épisode dans 6 ou 7 mois, je dis clairement pas non !

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