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Voice of Cards : le coup de poker du créateur de NieR Automata ! (Test)

Tu sais qu’une année est excellente quand tu n’as non pas un, mais trois jeux chapeautés par Yoko Tarô qui sortent ! Ça a commencé avec le remake de NieR Replicant, puis la sortie chez nous de NieR Re[in]carnation, et cette année se conclut avec Voice of Cards : The Isle Dragon Roars, un projet aussi unique que plutôt expérimental !

Et d’ailleurs en me faisant la liste de ces jeux, c’est assez fou de se dire que ce directeur créatif si particulier était il y a quelques années encore une personne en charge de jeux assez obscurs au sein de Square Enix qui se vendront à une poignée de joueurs. Maintenant, il est une véritable rockstar pour qui tout semble possible et qui pourtant va quand même continuer à garder sa fibre indé en bossant sur des projets plus uniques, comme en atteste son travail sur SINoALICE et le jeu du jour : Voice of Cards !

Et ce jeu aura créé pas mal de spéculation chez les fans de Yoko Tarô : est-ce son atout caché dans sa manche pour faire renaître la série Drakengard ? Quel lien y a-t-il avec la série des NieR, s’il y en a un ? Serait-ce lié à SINoALICE ? Ou bien, joker, est-ce juste un jeu qui n’a rien à voir et fait pour le fun ? Eh bien je vais jouer carte sur table en ne vous disant absolument rien là-dessus pour ne pas spoiler, hah ! Bon, et aussi parce que même si j’ai fini le jeu, je sens que certaines de ses cartes sont restées face caché et je n’ai pas su comment les retourner à temps. Ahem.

Mais bon, re-mélangeons le paquet pour redistribuer les bons points un par un, d’accord ? Et promis, je vais me défausser de tous ces jeux de mots un peu nazes, je commence à arriver au bout de ma pile…

Une expérience à la carte !

Voice of Cards : The Isle Dragon Roars nous conte une histoire simple, mais efficace : un dragon sème la terreur sur une île et la reine du pays a demandé à tous les aventuriers les plus courageux de mettre fin à ce petit problème écailleux. On incarne un jeune héros un peu débile accompagné d’un monstre aussi chelou que mignon et dont le seul but est de s’en mettre plein les poches avec la prime de la mission et… Bah voilà.

Sur la route, notre héros inconscient va se faire de nouveaux alliés, dont une magicienne qui veut abattre le dragon par pure vengeance et d’autres que je ne vais pas spoiler et si vous aviez peur que l’histoire ne soit pas aussi « Yoko-Tarô-esque » que ses autres productions du fait qu’il s’agisse d’un plus petit jeu, rassurez-vous, c’est du Tarô pur jus ! Bien évidemment, je ne vais pas entrer dans les détails pour ne pas spoiler, mais le jeu possède son lot de séquences un peu dérangées et des personnages un peu timbrés, mais aussi et surtout ici pas mal d’humour et d’ironie qui sont propres au créateur de NieR. Pour le coup, en lisant certaines lignes de dialogue, j’avais juste l’impression de l’entendre parler comme dans certaines de ses interviews et j’ai vraiment explosé de rire une ou deux fois !

En fait, le seul « « « défaut » » » du scénario, c’est qu’il soit juste un peu trop court et que certaines thématiques auraient pu gagner à être un peu plus développées. J’ai fini le jeu en un peu moins de 10 heures en prenant vraiment mon temps et en débloquant 80% des trucs cachés, ce qui peut paraître un peu court, il est vrai, mais c’était aussi très bien rythmé et la durée idéale pour un jeu de ce genre. Aussi, ça ne m’étonnerait pas que ceux qui visent le 100% devraient avoir de quoi tenir cinq à dix heures de plus, mais je ne dirai pas pourquoi, ni comment, je vous laisse découvrir tout ça par vous-même.

Côté structure du jeu, Voice of Cards est très linéaire, au point de ne pas vraiment nous laisser beaucoup d’options en dehors de suivre le scénario principal. On peut explorer l’île en sautant de carte en carte, les retournant sur notre passage et révélant soit des coffres, soit des nouveaux lieux ou bien des événements aléatoires invisibles. Les deux seules distractions possibles, ce sont une poignée de quêtes annexes permettant de débloquer des cartes mystérieuses qui erm… Bah en vrai je sais pas ce qu’elles font précisément. Et l’autre distraction est un vrai jeu de cartes très rigolo avec des règles aussi simples que capables de créer des stratégies complexes et qui est jouable jusqu’à 4 en local !

Pour en revenir à la carte… Du monde, je ne peux que trop vous recommander d’explorer chaque zone à fond, aussi bien pour tomber sur les coffres qui renfermeront toujours un truc ultra utile comme de l’argent ou de l’équipement, que pour faire les combats aléatoires qui vous feront gagner pas mal d’expérience. Pour le coup, si vous faites bien vos devoirs et que vous explorez chaque zone ne serait-ce qu’en retournant chaque carte et sans vous forcer à farmer, vous vous en sortirez face aux boss et aux mini-boss qui peuvent très, très vite poser problème si vous tentiez d’aller plus vite que la musique… Ou le maître du jeu. Voice of Cards n’est pas trop difficile, mais pas non plus trop facile au point qu’on puisse rouler sur le jeu et même en faisant les choses bien, je dois avouer qu’il y a un boss secret qui m’a fait un peu hurler devant mon écran et le boss final porte très bien son titre de boss de fin, alors même que j’avais atteint le niveau maximal et chopé quasiment tous les meilleurs équipements.

Concernant le système de combat et en dépit des apparences, Voice of Cards n’est pas tant un jeu de cartes plus qu’un RPG au tour par tour classique avec une esthétique de jeu de cartes. On a la possibilité de se constituer un panel d’attaques à la carte et utiliser ces attaques nous demandera un nombre de gemmes plus ou moins important, sachant que chaque personnage générera une gemme quand c’est à leur tour d’agir. Toute la stratégie repose alors sur le fait soit d’utiliser nos attaques normales pour ne pas utiliser de gemmes et les cumuler pour que quelqu’un d’autre lance une attaque plus puissante, ou bien juste de bourriner en faisant en sorte que chacun utilise ses attaques à gemmes. Et… Bah c’est à peu près tout ce qu’il y a à savoir. On peut aussi utiliser des objets et les ennemis peuvent nous infliger des altérations d’état, mais grosso modo le système de combat est très simple. Pas facile non plus vu comment les combats de la seconde moitié du jeu nous demanderont d’y aller plus subtilement (et ça me rappelle un peu Crimson Shroud de Yasumi Matsuno, un autre jeu qui avait une esthétique de jeu de rôle papier et qui était vraiment bien).

Et c’est aussi peut-être cette simplicité qui est le plus « gros » point faible du jeu (et je mets des guillemets parce que c’est pas non plus un si gros problème que ça). Les combats sont un poil répétitifs sur la durée et les animations de préparation de combat et même les animations d’attaque un poil longuettes ont fait qu’il m’arrivait régulièrement pendant les plus petits combats de sortir mon téléphone pour aller sur Twitter. Et je pense que cette petite lassitude n’était pas aidée du fait que la musique ne changeait pas du tout entre la phase d’exploration et de combat, donnant l’impression que ledit combat n’était qu’une formalité et non un petit événement, contrairement aux combats contre les mini-boss et boss où j’étais pleinement concentré sur le jeu grâce au changement de musique.

Et d’ailleurs, ça m’amène aux musiques de Keiichi Okabe qui sont vraiment excellentes ! La musique d’exploration de la première zone est très bonne, même si elle donne l’impression d’être une reprise de Hearthstone au point que ça n’est pas subtil, tandis que le thème des boss est une de mes musiques de jeux préférée de l’année ! Il y a quelques musiques vraiment intéressantes dans la seconde moitié, dont une que l’on aurait pu croire sortie de NieR Automata, même si mon seul regret vient du thème des donjons du style caverne qui est particulièrement soporifique et qui, couplée au fait que ça ne varie pas avec un éventuel thème pour les combats, faisait que les donjons n’étaient pas particulièrement fun à parcourir. Pour le coup, une ou deux musiques en plus n’auraient pas été de trop… Enfin.

Et côté graphismes, du fait que tout soit des cartes, tout est très simple, mais c’est d’une efficacité tellement redoutable que ça en devient impressionnant ! Et c’est sans parler de la divine patte de Kimihiko Fujisaka, character designer sur Drakengard et Terra Battle qui ici étale encore une fois tout son talent avec des designs vraiment beaucoup trop cool et pas mal variés et même quelques uns de mes préférés de cette année.

Au final, Voice of Cards : The Isle Dragon Roars est une bonne surprise et un bon moment qui dure pile le temps qu’il faut ! Le scénario se suit vraiment sans déplaisir et possède de très bons twists typiques de Yoko Tarô et le système de combat est aussi simple que bien prenant avec une dose de stratégie clairement pas déplaisante !

Ceci étant dit, du fait de la présentation assez simple du jeu et de sa structure, je ne pense pas que ce jeu sera pour tout le monde et si jamais vous avez des doutes, je ne peux que trop vous recommander de vous pencher sur la démo du jeu qui dure une heure et qui peut vous aider à savoir si le côté un peu répétitif des combats pourrait vous repousser ou non, sachant que le jeu lui-même dure entre 9 et 10 heures pour un premier run. Et au pire, si le prix de 30€ vous rebute un peu, vous pouvez bien imaginer qu’il y aura des baisses de prix dans les prochaines années, vous savez comment ça fonctionne.

Dans tous les cas et pour ceux qui ont moins de doutes, je ne peux que trop vous recommander Voice of Cards ! C’est une petite pépite et une aventure qui se suit sans déplaisir. Un de ces tirages trop rares dans le booster pack du milieu du jeu vidéo et une expérience qui sera chère à votre cœur, à défaut d’être revendue des centaines d’euros sur eBay comme ces foutues cartes Pokémon.

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