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[Test] Kena : Bridge of Spirits – L’Esprit de l’Aventure !

S’il y avait bien un genre qui donnait l’impression d’être tombé en désuétude depuis presque 15 ans maintenant, c’est bien le genre de l’action-platformer, qui avait vraiment atteint son point culminant durant l’ère GameCube, PS2 et Xbox avec des jeux comme Voodoo Vince, Blinx ou bien Scaler. Hah, vous vous attendiez à ce que je sorte Starfox Adventures, Ratchet & Clank et Sly Cooper ? Raté !

Plus sérieusement, entre Ratchet & Clank Rift Apart, le remake de Prince of Persia Les Sables du Temps et Kena : Bridge of Spirits, j’ai l’impression que l’on est en train de vivre un petit retour en arrière qui n’est clairement pas pour me déplaire !

Et le truc qui me rend le plus fou, c’est que Kena Bridge of Spirits a été développé par une team principale de 15 personnes seulement en plus du coup de main occasionnel de quelques autres personnes ! Et plus fou encore, il s’agit du tout premier jeu du studio Ember Lab, créé par des gens du milieu du cinéma d’animation et ça a obtenu d’entrée de jeu la bénédiction de Sony, qui a flairé le bon plan et les a soutenu d’assez loin en achetant notamment l’exclusivité temporaire de sa sortie sur consoles et l’a mis très fortement en avant, sachant pertinemment que ça ferait son petit effet !

Et, après avoir fini le jeu et l’avoir bien kiffé, je ne peux que rêver de ce que leur prochain projet donnera, surtout si le budget venait à suivre !

Rot et rototo

Kena Bridge of Spirits nous plonge dans un monde de magie et d’esprits, où certaines personnes peuvent communiquer avec les âmes des défunts et tenter de les apaiser pour faciliter leur passage dans l’au-delà.

Kena, une jeune guide des esprits, souhaite aller à un temple niché au sommet d’une montagne lointaine pour… Des raisons que je ne vais pas spoiler, et en chemin elle aidera des esprits aussi bien rongés par la culpabilité de ne pas avoir pu aider ceux qui leur sont cher que lesdites personnes consumées par une rage plus viscérale.

Je ne vais pas entrer dans les détails, mais l’histoire racontée est assez simple, très touchante et… Bon dieux, mais regardez-moi ces cutscenes de jeu qui sont vraiment incroyables ! On sent que les personnes derrière le jeu ont bossé dans l’animation et ça donne un cachet vraiment incroyable, surtout compte tenu du budget assez modeste du projet ! On joue à un film d’animation interactif que n’auraient pas renié certains studios et on se balade dans des décors richement détaillés où rien n’a de place pour le hasard ! On est dans un monde aussi sublime que riches en petites histoires à raconter rien qu’en baladant son regard le temps d’une pause méditative, au point qu’au lieu de simplement suivre les objectifs demandés par le scénario, je passais un peu trop souvent mon temps à tout simplement me balader pour apprécier les lieux en plus des petits défis supplémentaires.

Car s’il y a bien quelque chose que Kena fait très bien, c’est donner envie d’explorer ces environnements ! On est sur un jeu d’action-plateforme à l’ancienne qui maîtrise aussi bien son côté action que plateforme… Au point qu’il s’avère être étonnamment peu accessible aux personnes qui n’ont pas l’habitude de jouer au jeu vidéo ou bien qui ne connaissent pas bien ses codes !

Ça m’a très vite frappé, mais Kena : Bridge of Spirits ne nous prend que très peu par la main. On a vite fait un tuto de base pour apprendre à entrer en résonance avec le décor et il y a bien un marqueur d’objectif sur la carte, mais pour parvenir à ces objectifs et résoudre les nombreuses énigmes, il faudra juste compter sur notre logique, notre sens de l’observation et notre compréhension du langage du jeu vidéo ! J’ai été bloqué genre deux ou trois fois pour la simple et bonne raison que je n’avais aucune idée de ce qu’il fallait faire ou bien parce que je n’avais pas encore assez expérimenté pour comprendre les mécaniques du jeu et il y a une énigme dans le premier tiers qui va rendre les gens fous (mais que j’ai compris au bout de quelques minutes juste en observant bien mes alentours) !

Attention, je ne dis pas ça en mal, c’est même tout le contraire ! J’ai trouvé ça hyper rafraîchissant de faire face à un jeu qui ne nous dit pas constamment quoi faire et qui fait confiance en notre instinct ! Mais je préfère dire ça pour indiquer que Kena Bridge of Spirits s’adresse principalement aux joueurs qui ont au minimum quelques années de jeu derrière eux. Ou un accès à Internet pour trouver la solution toutes les 5 minutes, mais bon, ça serait un peu dommage.

En chemin on pourra aussi résoudre des micro-énigmes et des petits défis pour récupérer des Rot, ces petites boules noires qui ressembleraient presque à des Minions, mais en infiniment moins relou. Leur utilité est assez relative sur le terrain, puisque parfois ils indiquent des endroits sur lesquels s’attarder ou bien ils peuvent s’assembler pour détruire des ronces de corruption et activer deux-trois mécanismes, mais ils sont beaucoup moins utilisés que ce à quoi je m’attendais. Pour le coup, ce qui nous sera vraiment utile, c’est notre arc et un peu plus tard des bombes qui ont une particularité plutôt unique qui donne lieu à des moments vraiment créatifs et intéressants !

Non, les Rot sont plus utiles en combat, puisque lorsque l’on accumule assez de courage, on peut les utiliser pour balancer des attaques bien puissantes et très efficaces et ils peuvent aussi nous permettre d’en finir avec des sources de corruption qui peuvent parfois nous balancer des ennemis à l’infini si on s’en débarrasse pas. Et ils servent aussi à nous ramener de la vie, parce que vous en aurez très vite besoin !

Bon, petit instant confession, j’ai changé la difficulté en cours de route, parce que les combats en mode normal sont… Assez brutaux ! Les ennemis frappent comme des camions qui nous envoient au précédent checkpoint en 3 mandales bien placées, au point que je pourrais faire une comparaison avec un autre jeu avec des âmes sombres, mais ça serait assez malvenu. Et en Facile, c’est l’effet inverse, puisque les ennemis se font défoncer en quelques petites attaques. Sur la fin, j’étais tellement puissant et j’avais tellement de santé que j’ai défoncé deux des derniers boss en quelques secondes parce que je pouvais les sonner avec des attaques de Rot, taper quelques fois pour remplir ma jauge de courage, puis rebalancer une attaque de Rot pour les sonner, etc. Toujours est-il que si vous jouez en Normal, vous risquez de vous manger un bon gros mur de difficulté au premier boss, ça risque de faire bien mal à votre égo.

Enfin, j’ai déjà parlé de la beauté du jeu en long, en large et en travers, mais les musiques ne sont pas en reste ! Elles sont un peu discrètes sur les bords, mais renforcent cette ambiance assez cosy qui m’a vraiment donné envie de passer plus de temps dans ce monde si fantastique… Et qui m’a fait presque regretter le fait que j’aie fini le jeu en environ 6 ou 7h…

Au final, Kena Bridge of Spirits est une aventure un poil courte, mais non moins intéressante en plus d’être un joli tour de force de la part d’une équipe dont c’est le premier jeu ! C’est un jeu qui ne nous prend pas par la main et qui utilise ladite main pour nous coller de bonnes grosses mandales si on joue en facile avant de prendre notre tête pour nous faire admirer ses jolis décors !

Si vous aimez les jeux d’aventure et de plateforme du milieu des années 2000, vous devriez passer un excellent moment et même finir avec l’envie de voir ce qu’Ember Lab nous réservera pour la suite ! En revanche, si vous n’avez pas trop l’habitude de ce genre de jeu, je pense qu’il vaut mieux que vous vous fassiez les dents sur d’autres jeux du genre, parce que son côté un peu exigeant pourrait facilement mener à une expérience frustrante sur les bords.

Dans tous les cas, je ne peux que trop recommander Kena : Bridge of Spirits ! Peut-être pas à 40€ si vous avez peur de sa faible durée de vie et peut-être pas de suite si vous attendez sa sortie en version boîte, mais dans tous les cas, si vous voulez le faire un jour, ça en vaudra largement la peine !

Et en plus j’ai réussi à faire toute la critique sans évoquer une seule fois Hayao Miyazaki ou Ghibli… Dammit !

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