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Mario Party Superstars : le Destructeur d’Amitiés Ultime est de retour ! (Test)

Il n’y a rien de plus gratifiant que de voir un développeur prendre en compte les retours des joueurs quand il s’agit de s’occuper de la suite d’un jeu. C’était déjà le cas quand Super Mario Party était sorti en 2018, faisant suite à des épisodes vraiment pas dingues sur Nintendo 3DS. Le retour des vrais plateaux était une première étape encourageante et l’implémentation partielle du online donnait envie d’avoir un truc plus complet (qui est arrivé sans prévenir en Avril 2021 comme une sorte de test pour plus tard, même si dans le cas de Super Mario Party c’était catastrophique), mais il manquait le truc qui aurait fait de Super Mario Party le Mario Party ultime. Peut-être était-ce le nombre de plateaux aussi restreint que pas totalement foufou, les modes annexes un peu simples, le manque d’options pour vraiment pourrir la partie des autres ou bien l’économie du jeu qui faisait que n’importe qui pouvait vite gagner une tonne de pièces et d’étoiles, transformant un jeu stratégique en une simple course à l’armement ? Ou bien tout ça à la fois. Peut-être.

En tout cas, avec la sortie de Mario Party Superstars, Nintendo nous envoie un signal digne du Général de Gaulle, car ils nous ont compris ! On a un Mario Party à l’ancienne dans tous les sens du terme ! Aussi bien côté sensations que du contenu, mais avec certains ajouts qui font un bien inimaginable qui, cumulés, pourraient très bien cimenter Superstars comme un des meilleurs épisodes de la série, si ce n’est carrément le meilleur tout court…

Mario Parti vaincu, Mario Revenu vainqueur !

…Au risque de nous donner l’impression que comme Hollywood et la société en général, Nintendo s’enferme dans son propre passé en nous martelant incessamment dans Mario Party Superstars que l’on retourne vers l’époque lointaine de la Nintendo 64. On nous ressort 5 plateaux des trois premiers épisodes, pour illustrer les règles de chacun d’entre eux on utilise carrément des images des épisodes N64, le hub central est une version HD du hub du premier Mario Party, et la centaine de mini-jeux provient du vaste catalogue de la série, aussi bien des premiers épisodes que les plus récents. Est-ce pour le meilleur ou pour le pire ? Là-dessus je suis pas mal partagé, mais vu comment depuis Mario Party 9 et avant Super Mario Party Nintendo tentait désespérément d’innover juste pour innover sans comprendre ce qui faisait la force de la série, je pense que je vais plus pencher sur le côté « pour le meilleur » cette fois-ci.

Concrètement, Mario Party Superstars propose deux modes de jeux principaux : le mode Mario Party qui est le classique mode où l’on joue sur des plateaux avec les dés et à la fin de chaque tour on joue à un mini-jeu pour gagner des pièces qui nous permettront de choper une étoile, et on a le mode Montagne des Mini-jeux, qui propose de ne jouer qu’à des mini-jeux dans des contextes plus ou moins différents en multi local ou en ligne.

Pour le mode Mario Party, Nintendo a fait le choix de sélectionner 5 plateaux parmi ceux des épisodes Nintendo 64 et presque tous sont excellents et joliment refaits ! Pour le coup, mon cœur balance entre la Station Spatiale et ses vaisseaux qui peuvent mettre des bâtons dans les roues de tous les joueurs en plus de ses nombreux embranchements et le Pays de l’Horreur qui est un véritable labyrinthe avec un cycle de jour et de nuit qui nous force vraiment à réfléchir à nos actions.

Les trois autres sont un peu plus simples en comparaison et comme avec Super Mario Party, je regrette toujours que l’on n’aie que 5 plateaux de base, même si des petits malins ont trouvé dans les fichiers du jeu des trous correspondant à deux emplacements pour deux plateaux supplémentaires. Ça ne confirme rien, ni ça ne dit si ça sera des mises à jour gratuites ou des DLC payants, mais ça laisse entrevoir que Superstars ne rencontrera pas le même problème d’endurance que Super Mario Party, ce qui est plutôt rassurant.

Toujours en parlant des plateaux, un truc que j’ai apprécié, c’est que certains objets sont exclusifs à certains plateaux, comme le sifflet à Chomp, qui permet de déplacer l’étoile quand elle est à un endroit qui nous est inaccessible ou bien pour empêcher à quelqu’un d’autre de l’avoir, ou bien la Clé Squelette qui ouvre des portes qui généralement nous permettent de rencontrer un Boo qui volera des pièces ou une étoile moyennant finance… Ce qui m’amène au sujet de l’économie du jeu, qui est bien mieux équilibrée que Super Mario Party !

Déjà, les étoiles coûtent 20 pièces comme à l’époque, faisant que l’on peut parfois tomber sur l’étoile sans pour autant pouvoir se la payer et le tuyau d’or, qui était tellement peu cher et trop facilement accessible dans Super Mario Party que ça rendait le jeu trop facile, coûte ici 25 pièces et ne peut être acheté que durant les 5 derniers tours du jeu ! Aussi, pour voler une étoile avec un Boo, il faut avoir 50 pièces sur soi, ce qui fait qu’il faut vraiment le vouloir pour mettre en rogne quelqu’un et les cases spéciales disparaissent une fois qu’on tombe dessus, comme la case VS qui nous téléporte dans un jeu avec pour enjeu les pièces des autres ou bien la case du hasard, qui peut faire transférer des pièces ou des étoiles à quelqu’un d’autre et bien renverser la situation.

Il en résulte que Superstars est un jeu aussi stratégique que chaotique avec des situations vraiment tordues qui peuvent aboutir à des purs moments de rage comme on en fait rarement et je ne me suis pas autant amusé sur un épisode de la série depuis l’ère GameCube !

Et c’est sans parler des quelques options de confort qui sont vraiment excellentes et qui sont désormais tout bonnement indispensables ! Tout d’abord, la partie est entièrement paramétrable, qu’il s’agisse du nombre de tours, du fait de recevoir des étoiles bonus ou non, mais aussi et surtout, on peut choisir entre les musiques originales des versions Nintendo 64 et des très jolis réarrangements ! Et mieux encore : on peut choisir la vitesse des I.A !!! Avant, quand on jouait en solo ou bien à plusieurs mais avec des I.A. pour compléter le groupe, il fallait se farcir leur tour, du lancer de dés aux déplacements au long passage en boutique et leurs mini-jeux. Avec l’option rapide, non seulement tout va plus vite, mais en prime le jeu zappe totalement les mini-jeux qui n’impliquent pas des joueurs humains ! Le gain de temps est monstrueux et, en ligne, ça permet aussi de griller quand un joueur s’est déconnecté puisque leur tour devient bien plus rapide. Enfin, la dernière option de confort qui l’air de rien montre que les développeurs ont fait le jeu avec beaucoup de soin, c’est qu’il est possible de rallonger ou de raccourcir la partie en réajustant le nombre de tours ! On ne peut le faire qu’une fois par partie, mais si on remarque que l’on a le temps de jouer plus longtemps, il est possible de faire passer une partie de 10 tours à 15, 20, 25, voire 30 tours ! Et si on remarque qu’on n’a plus le temps, on peut aussi interrompre sa partie pour la reprendre plus tard, ce qui est aussi très sympa.

Mes trois seuls micro-regrets sont le fait que les plateaux ont des cases chance un peu en surnombre, faisant que l’on peut que trop facilement gagner des objets ou bien finir avec un nombre de pièces assez élevé et aussi et surtout, même si on peut choisir entre avoir des étoiles bonus aux critères fixes ou bien aléatoires, l’option aléatoire fait que l’on ne peut recevoir que jusqu’à deux étoiles bonus, ce qui est toujours trop peu, là où avant on en avait 3 et ça pouvait vraiment renverser une partie à la dernière minute et éviter que le meilleur joueur finisse systématiquement premier. Et enfin, la sélection de personnages est un peu maigre, avec seulement 10 personnages jouables. Et Bowser Jr a été coupé du casting, ce qui est inexcusable.

Enfin, je parlais régulièrement du fait de jouer en ligne. Et même si l’implémentation du online pouvait laisser augurer du pire pour Superstars, c’était très solide ! Pas parfait non plus vu comment une des parties que j’ai pu faire était un festival du lag et dans une autre deux des quatre joueurs sont partis presque d’entrée de jeu (mais ont été remplacés par des I.A.), mais les autres parties étaient impeccables et ça marchait très bien ! Ça marchait tellement bien au final que maintenant je ne joue au jeu plus qu’en ligne et râle un peu dès que je me retrouve face à des I.A alors que j’ai pourtant passé des années à jouer hors ligne !

Aussi, truc cool : je ne suis tombé que sur des gens très cool ! Le jeu possède un système de stickers qui permettent de communiquer avec les autres et non seulement les autres joueurs ne les spammaient pas, mais généralement ils utilisaient les stickers les plus positifs quand quelqu’un gagnait un mini-jeu ou bien faisait un truc intéressant. J’ai peut-être eu de la chance de ne pas tomber sur les rageux, mais ça rendait le tout très accueillant et convivial ! D’ailleurs notez que vous pouvez acquérir un peu plus de stickers, ainsi que des musiques pour le jukebox et des pages d’encyclopédie dans une boutique spéciale qui utilise les pièces engrangées au fil des parties. On en fait très vite le tour et j’aurais adoré débloquer de nouveaux persos comme ça, mais bon, au moins ça permet de s’occuper et d’avoir un petit but à accomplir.

Et ça m’amène à la dernière chose que je veux aborder : la montagne des mini-jeux, un mode qui n’a pas l’air foufou à première vue, mais qui possède le meilleur mode de tout le jeu ! Avant d’en parler, je vais vite fait évoquer le fait qu’il y a des défis quotidiens avec une sélection aléatoire de mini-jeux à accomplir, ainsi que d’autres modes coopératifs ou bien un mode libre pour jouer à la carte, mais il y a aussi et surtout le mode Survie, un mode tellement simple et génial qu’il peut très vite devenir addictif. Le seul but est d’enchaîner un maximum de mini-jeux sans perdre une seule fois. Vous perdez, votre compteur revient à zéro. Ajoutez à ça le fait qu’il existe un classement en ligne où le numéro 1 en est à 35 victoires d’affilée au moment où j’écris ces lignes et vous pouvez très facilement imaginer que beaucoup de joueurs vont passer leur vie sur ce mode pour tenter de devenir le meilleur ! Si la communauté des hardcore minigamers suit, il y a moyen pour que ça devienne un mode incontournable ! Oh et il est possible de faire une pause entre deux mini-jeux sans que ça ne nous remette à zéro, donc il n’y a pas non plus besoin de passer sa vie dessus, heureusement.

Au final, Mario Party Superstars peut être vu comme étant l’épisode providentiel qui va enfin sauver la série du pétrin dans lequel il s’était fourré depuis Mario Party 9, et tout ce que ça aura demandé, c’est tout simplement de revenir à la base de la base : des plateaux complexes, des mini-jeux géniaux, de la stratégie élaborée et des coups bas par dizaines ! C’est vraiment un des meilleurs jeux pour réunir ses potes, s’amuser, puis finir par brûler des ponts parce qu’on a eu l’outrecuidance de voler une étoile à la dernière minute ! C’est du pur chaos et j’adooore ça !

En plus l’ajout d’un multi en ligne pas mal stable fait que chaque partie sera bien plus intéressante en solo chez soi que face à des bots et le mode Survie ravira les tryhardeurs ! Et avec un peu de chance Nintendo rallongera peut-être sensiblement plus la durée de vie du jeu avec l’ajout de nouveaux plateaux et, je l’espère vraiment, de nouveaux personnages !

Dans tous les cas, si vous adhérez à la série des Mario Party, vous allez adorer Superstars ! C’est l’incarnation de ce que la série possède de meilleur et du fun en barre pour tous les âges et c’est bien en cela que c’est un Indispensable !

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