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Klonoa Phantasy Reverie Series : le retour du Seigneur de l’Anneau (Test)

J’ai du mal à croire que ça fait déjà 13 ans que l’on n’a pas eu de nouveau jeu estampillé Klonoa. La dernière fois, ça remontait à… Bah le remake du premier épisode sur Wii. Depuis, on a eu un webcomic produit par Bandai Namco à l’époque où ils avaient créé une plateforme… Qui a été annulé parce que trop en avance sur son temps et que les webtoons n’étaient pas encore un truc ultra populaire (même si je pourrais digresser un peu plus longtemps en parlant de VG Cats, Penny Arcade et Lackadaisy, mais si je continue ça durera une plombe). Et, plus rageant encore pour Klonoa, un film était prévu, annoncé… Puis annulé, faute de financement.

Bref, on aurait pu penser que Klonoa serait mort et enterré, mais c’était sans compter sur l’abnégation des fans, puisque pendant des années on n’arrêtait pas de demander à ce que la licence revienne ! Et ces efforts ont payé, puisque, pour fêter les 25 ans de la série, Bandai Namco nous a fait une belle surprise avec non seulement un re-remake du premier épisode, mais aussi du second, qui lui était encore à ce jour coincé sur PS2 ! Autant dire que j’étais très fébrile et heureux à l’idée de pouvoir enfin les refaire après toutes ces années et j’ai ressenti énormément de plaisir de redécouvrir des jeux qui ont certes pas mal vieilli, mais qui n’en restent pas moins des témoins forts d’une époque de plus en plus lointaine et où une équipe de passionnés avait réussi à faire un peu avancer le jeu de plateforme en introduisant un élément inattendu : des larmes. Beaucoup… Beaucoup de larmes.

Rêve Éveillé

Fun fact : saviez-vous que Klonoa avait le même papa que Ryu Hayabusa de Ninja Gaiden ? Et Mr. Driller ? Et Muscle March ? Pour la faire courte, Hideo Yoshizawa voulait à la base créer un jeu d’action assez unique mettant en scène un robot, avant de revoir sa copie en se rendant compte que la PlayStation ne comptait pas assez de jeux pouvant aussi bien plaire aux enfants qu’aux adultes. Klonoa est ainsi né et pour atteindre un public le plus large possible, il avait été décidé d’opter pour un gameplay en 2D n’utilisant que deux boutons, mais d’y rajouter une sorte de composante 3D parce que… Bah c’était la mode à l’époque, et en plus ça permettrait aux designers de créer des mises en scène plutôt uniques pour l’époque en plus d’en mettre plein la vue.

Oh et Klonoa devait pendant un moment être la nouvelle mascotte de Namco pour rivaliser Mario, Sonic et tous les personnages nés durant la Guerre des Mascottes des années 90, apparaissant dans plein de productions Namco, aussi bien des jeux de moto que de snowboard, ou bien son propre jeu de volley-ball en plus de faire pas mal d’apparitions dans les jeux Tales of. Bref, Namco y croyait pas mal, et c’est d’autant plus un crève-cœur que de le voir aussi peu actif depuis 2008.

Et pour ce qui est de la spécificité de l’histoire, disons que Klonoa est le second meilleur représentant de la Méthode Kirby : créer un univers tout mignon et gentillet en apparence basé sur les rêves pour mieux introduire plus tard des éléments sombres et percutants, et ainsi parler de thèmes pas nécessairement communs, surtout en 1997. Bien entendu, je ne vais pas dire quoi pour ne pas spoiler, mais je ne vais pas mentir en disant que Klonoa 1 et 2 m’ont fait verser des petites larmichettes à l’époque et continuent de me coller de sacrés frissons encore aujourd’hui !

Et un autre truc intéressant que j’ai noté en jouant à ces deux épisodes plus ou moins le même jour, c’est l’assez grand écart en termes de ton et de thèmes. Pour le coup, il faut garder à l’esprit que tous deux sont sortis à la base avec 4 ans d’écart et donc là où le premier s’adressait à un assez jeune public avec des enjeux simples et des twists facilement compréhensibles, le second, lui est bien plus mature et aborde certaines thématiques un peu plus complexes comme l’enfermement dans la nostalgie ou bien accepter ses erreurs pour mieux rebondir, suivant de manière assez logique la démographie que la série visait, puisque les enfants qui ont fait le premier étaient probablement pré-ado ou un peu plus quand le 2 est sorti. Bon, après on ne verse pas non plus dans le full emo assez typique des années 2000, mais on a une petite obsession pour les sports extrêmes avec beaucoup de sections en snowboard parce que c’était la mode à l’époque.

Oh et aussi j’ai remarqué que le suivi de la jeune génération sur 4 ans s’est aussi répercuté sur la difficulté, puisque le gap entre le 1 et le 2 est assez incroyable ! Concrètement, si on enlève le niveau secret, Klonoa 1 est un jeu relativement tranquille et facile, là où le 2 m’a fait connaître deux game over et fait crier quelques fois sur la fin tant ça peut balancer des défis demandant une dextérité et un sens du timing assez impressionnants. D’ailleurs, j’en profite aussi pour dire que contrairement au remake du 1 sur Wii, cette collection propose l’option hyper bienvenue de choisir sa difficulté !

On peut opter pour celle des versions d’origine avec seulement 3 cœurs et donc l’option de se manger au maximum 6 coups dans Klonoa 1 ou 3 coups dans Klonoa 2, ou bien on peut aller sur une difficulté infiniment plus permissive qui nous permet de nous manger 15 coups dans les deux épisodes avant de perdre une vie. Sachant que Klonoa n’est invincible qu’à peine une seconde après avoir s’être fait mal, croyez-moi que vous risquez de claquer pas mal de fois en Normal sur Klonoa 2 ! Oh et aussi une fois chaque épisode terminé vous débloquez un mode Difficile où vous crevez en un seul coup et comme Gérald de Palmas, vous n’avez qu’une seule vie !

Enfin, le dernier truc hyper intéressant à noter concernant le choix de la difficulté, c’est qu’en facile, l’allonge de Klonoa est deux à trois fois plus longue que dans les autres difficultés, sachant que dans les jeux originaux elle est limite criminellement courte ! La longue allonge vous sauvera sûrement pas mal de fois, surtout sur les derniers niveaux de chaque jeux où parfois ça peut se jouer à quelques centimètres.

Car oui, je n’ai pas vraiment parlé du gameplay de la série jusqu’à présent, mais il est d’une simplicité tellement redoutable qu’il ne faut que deux boutons ! Klonoa peut sauter et utiliser son anneau pour attraper ses adversaires, qui pourra ensuite soit balancer sur d’autres ennemis, soit utiliser pour faire une sorte de double-saut et… Bah c’est tout. Ils ont rajouté deux boutons de plus dans Klonoa 2 pour erm… Lui permettre de prendre une pose de badass ou faire des figures durant les séquences de snowboard et je trouve ça aussi inutile qu’hilarant !

Et si vous pensez que ces actions limitées vont nuire au jeu et lui empêcher de se renouveler, dites-vous que si c’était le cas, on serait pas beaucoup à réclamer un nouvel épisode après presque 13 ans d’absence ! Car la série prend un parti-pris vraiment intéressant de mélanger quelques bons gros défis de plateforme 2D à pas mal de résolution d’énigmes impliquant les mécaniques de gameplay à notre disposition. Sans trop en dire pour ne pas vous gâcher la surprise, le jeu peut être hyper créatif, au point de vraiment donner la sensation d’avoir été développé chez Nintendo tellement ça peut partir hyper loin avec une simple idée (en plus d’avoir souvent un level-design impeccable qui nous apprend tout ce que l’on a à savoir en commençant simplement avant de progressivement augmenter la difficulté) ! Et c’est sans parler du 2 qui introduit pas mal de nouvelles idées qui renouvellent pas mal le gameplay et qui du coup font qu’une petite session marathon des deux jeux ne m’a pas été si drainant que ça. Enfin, si l’on excepte la difficulté sur la fin du 2.

Le seul truc qui m’a un peu gêné concernant le gameplay du jeu, c’était notamment dans le 2 où il y a eu un ou deux cas où je pensais pouvoir aller sur un objet, mais qu’en fait il faisait partie du décor et je hais de manière viscérale ces foutus ennemis qui sortent du mur parce qu’ils arrivent toujours quand on a oublié leur existence et je me fais toujours avoir et urrrrgh.

Côté présentation, je dois avouer qu’en voyant les premières bande-annonces, j’avais un peu peur que l’augmentation assez violente du contraste et de la saturation pour coller à l’aspect de la version PS1 et non le côté plus « terne » de la version Wii m’exploserait les yeux, mais au final je m’y suis fait presque instantanément. Le jeu est très coloré et fait plaisir aux yeux avec ses environnements variés qui n’ont pas tant vieilli que ça, même 20 ans plus tard ! Oh, et c’est un détail, mais je trouve cool qu’ils aient remis le modèle d’origine pour Klonoa 1 au lieu de son redesign de la version Wii.

La version PS5 que j’ai testé avait le droit à des chargements instantanés et un bon 60 images par secondes. Ce n’est pas non plus parfait, avec parfois quelques animations un peu étranges durant les cutscenes, mais globalement, ça reste un très bon effort de modernisation. Bon, après, si je devais vraiment me plaindre d’un truc, ça serait des fichues indications pour passer les scènes ou les avancer qui ne disparaît jamais, alors qu’un bon petit fade out au bout de quelques secondes aurait été simple à mettre en place et ne polluerait pas certaines scènes importantes.

Le plus curieux reste cependant la partie sonore, surtout du côté du 1 où ça s’entend qu’ils ont juste repris les extraits sonores de la version PS1, alors que la version Wii avait tout refait en plus de proposer des doublages intégraux en anglais et même en français ! J’imagine que ce choix a été fait pour satisfaire les puristes ainsi que justifier ne pas avoir à le faire pour le remake du 2, surtout parce que, malheureusement une des actrices est décédée en 2011.

Le seul vrai point de contention pour beaucoup risque aussi de tourner autour de la durée de vie, puisque Klonoa 1 est court ! À peine trois heures pour en voir le bout et probablement deux ou trois heures de plus pour atteindre et finir le dernier niveau qui vous mettra une sacrée fessée. Klonoa 2 s’en sort beaucoup mieux, m’ayant tenu environ six heures, sachant que je l’avais déjà fait à l’époque, donc misez plus sur sept heures et quelques unes en plus si vous essayez de le finir à 100%. Et bien entendu, doublez ou triplez tout ça si vous voulez jouer en contre-la-montre et le finir en Difficile, mais bon, ça je pense que ça ne concernera pas beaucoup de joueurs, puisque le reste sera plus dans l’idée de le finir et probablement ne plus y toucher avant un moment. Après, je relativise en me disant que la compilation de ces deux épisodes coûte 40€, là où il y a 13 ans j’avais payé le même montant pour le seul remake du premier épisode… Imaginez payer 40 balles pour 3h de jeu et dites-vous qu’au moins là c’est facilement le triple en termes d’heures de jeu !

J’allais aussi écrire un paragraphe sur le fait que j’étais un peu attristé que la collection ne comporte pas de matériel en plus, comme un mode jukebox ou bien une galerie pleine de documents de conception comme on peut les voir dans les collections faites par Capcom ou Konami, et puis j’ai découvert le jour du lancement qu’il existait un pack de DLC à 20€ comportant un artbook numérique (dont je ne connais pas le contenu, donc je ne peux pas dire si ça vaut le coup), ainsi que la bande-son des deux jeux en plus de quelques costumes supplémentaires, dont un casque inspiré par le Prince de Katamari Damacy et un masque de Don de Taiko no Tatsujin. Yup, c’est totalement des trucs que je m’achèterais direct si je n’étais pas en train d’économiser en ce moment !

Au final, Klonoa Phantasy Reverie Series est un très joli retour pour une des meilleures mascottes des années 90 et, contrairement à la majorité des jeux de son époque, il n’a pas si mal vieilli que ça, bien au contraire ! Son univers coloré et son histoire plus complexe qu’elle n’en a l’air fait que c’est une série de jeux absolument fantastique à faire connaître aux enfants de 6 à 7 ans ou plus tout comme ça reste hyper agréable à faire pour les vieux briscards comme nous ! Et en dépit de sa simplicité apparente dans son gameplay, il réserve quelques challenges que l’on n’a plus vraiment l’habitude de voir de nos jours et qui nous rappellent bien que c’est le papa de Ninja Gaiden derrière cette série !

Mon objectivité étant ce qu’elle est quand ça concerne Klonoa, j’ai juste envie de lui coller un bon gros Indispensable, mais je vais rester raisonnable en lui mettant un très très très fortement recommandé et vous encourager à le faire tôt ou tard, peu importe que vous le preniez maintenant ou attendiez une éventuelle promo, car non seulement ce sont des jeux exceptionnels, mais c’est aussi un moyen pour nous de faire savoir à Bandai Namco qu’on VEUT Klonoa 3 ! Ça fait 21 ans qu’on attend (si on compte pas les épisodes GBA) et j’ai pas vraiment envie d’attendre 21 ans de plus ou bien juste me consoler avec un p’tit caméo ici et là ! Donnez-nous un bons gros Klonoa 3 qui nous fera pleurer le restant de larmes de nos corps, on en a BESOIN !

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