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Final Fantasy VI Pixel Remaster : Un Remaster Presque Parfait ! (Test)

Les souvenirs et la nostalgie sont un outil dont la puissance ne fait que devenir de plus en plus colossale au fil du temps qui passe. Revisiter des souvenirs peut aussi bien aider à se rappeler d’une période plus heureuse tout comme elle peut permettre de faire un travail d’introspection qui nous permet d’aller de l’avant plus facilement.

Mais parfois, revisiter des souvenirs trop anciens que l’on a fini par glorifier peut mener à une certaine forme de désillusion, amplifiée par un vécu qui nous offre une nouvelle perspective sur ledit souvenir.

Bien entendu, je ne dis pas ça pour sous-entendre que Final Fantasy VI est mauvais, clairement pas, mais j’associe bien plus de souvenirs autour de ce jeu que du jeu en lui-même. Pour moi, la version Game Boy Advance de Final Fantasy VI, c’est un des plus gros trésors de ma collection, tout comme il a énormément de valeur sentimentale du fait que je l’ai obtenu d’un être cher dans un pays auxquels j’associe des souvenirs très heureux. Il me rappelle aussi un souvenir où j’ai fait paniquer mon père en voiture parce que j’étais face au boss final et qu’il préparait une attaque cataclysmique, me faisant paniquer alors qu’au final ça m’avait enlevé genre un quart de barre de vie. Et ce jeu est aussi celui qui m’a ouvert émotionnellement au monde, me faisant comprendre la valeur de la mort et m’a aidé à surmonter le décès d’un proche.

De fait, rejouer à Final Fantasy VI en 2022 n’aura clairement pas la même signification pour moi que quand j’y ai joué en 2005, puis en 2007, d’autant plus que la version Pixel Remaster n’est pas identique à la version Game Boy Advance, apportant avec lui aussi bien son lot de trucs cool que de trucs un peu plus relous. Et c’est pour ça ainsi que d’autres raisons externes au test du jeu, plus le fait que malgré les presque 15 ans qui se sont écoulés, je connais encore l’histoire du jeu par cœur, que je n’ai pas eu la force de le finir cette fois-ci. Peut-être que si je le finissais aujourd’hui, je « remplacerais » ces souvenirs si chers à mon cœur ? Ou bien peut-être est-ce la flemme de me faire au moins 5 heures de grinding dans la forêt aux dinosaures avec tous les personnages pour refaire le portrait de Kefka qui fait que je n’ai pas envie de le finir ? Ou alors c’est ce fichu glitch qui m’a empêché de finir un combat et qui m’a détruit 20 minutes de jeu, achevant toute forme de motivation de le finir ? J’imagine que c’est un combo des trois couplé au fait que, comme dit plus tôt, je connais le jeu par cœur à ce stade donc pour une fois je n’ai pas ce besoin d’en voir le bout avant de vous proposer un test dont vous connaissez d’avance la note finale ♪

La Pique Salée Remaster

La guerre des Magi… Quand les flammes s’éteignirent à la fin du combat, toute trace de magie avait disparu du monde qui gisait en ruine… Mille ans plus tard… L’acier, la poudre noire et la technologie ont remplacé la magie et redonné au monde sa gloire d’antan… Cependant, quelqu’un cherche à faire renaître le pouvoir légendaire de la magie afin de conquérir le monde entier. Qui oserait commettre les mêmes erreurs qu’il y a mille ans ? L’histoire se répétera-t-elle ?

Ce que je ne savais pas avant très récemment et ça me rend fou de le savoir, c’est que Final Fantasy VI a été développé en un an. Oui oui, un an à peine pour un des RPG les plus influents de l’histoire du jeu vidéo et qui aura pas mal aidé à la transition de la série d’un univers médiéval-fantastique à des épisodes qui ont chacun tenté un truc plus unique que les épisodes 1 à 5. Et un truc que j’ai aussi appris et qui est plus que logique quand on joue au jeu, c’est que les histoires des personnages ont été écrites par différentes personnes.

Yoshinori Kitase, connu notamment pour avoir scénarisé la série Final Fantasy VII, a écrit les personnages de Locke et Terra, tandis que Tetsuya Nomura, le character designer d’une bonne partie des Final Fantasy à partir du VII et l’homme derrière la plupart des monstres du VI en plus de l’incroyable fresque du boss final qu’est Kefka, s’est occupé des scénarios de Shadow et Setzer, Kaori Tanaka (ou Soraya Saga, co-créatrice de Xenogears, qui à la base devait être Final Fantasy VII) s’est occupée de pas mal de personnages, dont les frères Edgar et Sabin ou bien Celes, tandis que Tetsuya Takahashi, mari de Kaori Tanaka et co-créateur de Xenogears ainsi que Xenosaga et Xenoblade Chronicles, s’est occupé de certains designs, dont les armures magitech.

Bref, tout ce beau monde est responsable d’une des bandes de héros les plus éclectiques et humains de l’ère Super Nintendo, car ce qui fait la grande force de Final Fantasy VI, c’est bien son histoire ultra prenante ! L’histoire d’une bande de résistants qui tente de mettre à mal les plans d’un empereur plus que désireux de conquérir le monde en mettant la main sur le pouvoir des chimères, les dernières créatures au monde capable d’user de magie (si on compte pas les monstres sur la carte).

Et même si je regrette un peu le fait que le scénario ne prend pas trop le temps d’élaborer sur la quasi-quinzaine de personnages que l’on joue pour au final n’offrir que de courts moments qui les feront tous briller à un moment ou un autre et surtout durant la seconde moitié du jeu, leurs histoires sont écrites avec une telle puissance que ça les rend inoubliables ! Mention spéciale bien évidemment à Celes et Locke, qui ont la plus forte présence à l’écran, sans oublier Kefka qui est le premier personnage que l’on voit dans le jeu (brièvement dans l’intro) et qui est un antagoniste formidablement détestable… Ou du moins dans la première moitié du jeu, puisque sans trop en dire, dans la seconde moitié on ne voit plus que les conséquences de ses actions avant le combat final et ça le rend moins intéressant que s’il avait un minimum de présence physique.

Par contre, un truc qui est encore aujourd’hui absolument incroyable, c’est le rythme effréné de la première moitié de l’aventure, rendu encore plus fou dans la version Pixel Remaster, qui rajoute la possibilité de pas mal accélérer les combats en les rendant automatiques, ou bien en rajoutant des chaussures de course qui feraient pâlir Sonic le hérisson tellement on va vite en les enfilant… Et ensuite en appuyant sur le bouton de course !

D’ailleurs, c’est un bon moment pour parler des avantages et des inconvénients de ce Pixel Remaster ! Et je vais commencer par le moins bon : la typo par défaut est absolument effroyable ! Heureusement, du fait que j’ai joué à la version PC, il ne m’a fallu que deux minutes pour remplacer les fichiers nécessaires et je suis même tombé sur une typo ressemblant à la version Super Nintendo, faisant de facto une vraie version Pixel Remaster !

L’autre gros problème de la version PC, c’est qu’il manque une option dans les menus pour avoir de la synchro verticale. C’est possible à priori de la réactiver en bidouillant dans les options du PC relatifs au jeu, mais perso même en suivant les recommandations et en cochant les bonnes cases, je n’ai pas réussi à résoudre ce problème et me suis retrouvé face à un jeu avec un screen tearing absolument immonde qui était vraiment pénible à voir ! Bon après, ce problème ne concerne que la version PC… Ce qui la fout un peu mal vu que la seule autre option à l’heure de la publication de cette critique, c’est la version mobile et on attend toujours un portage sur Switch qui devrait juste être une évidence à ce stade. Ceci dit, s’ils peuvent prendre le temps de corriger la typo pour les versions consoles pour proposer un truc similaire à la Super Nintendo, ça serait pas plus mal.

La version Pixel Remaster semble aussi plus difficile que la version Game Boy Advance (en plus de ne pas comporter le donjon bonus de cette version). Peut-être est-ce juste mes souvenirs qui parlent, mais je ne me souviens pas m’être fait autant malmener ou même passer autant de temps à grinder pour certains boss… Sans parler de certains monstres qui ont un sort de mort instantanée qu’ils balancent sur tout le groupe d’un coup, nous jetant immédiatement dans la sauce Game Over et salé de nos larmes de rage. Ceci dit, cette nouvelle version propose aussi une sauvegarde automatique et des checkpoints à chaque fois qu’on entre dans une nouvelle pièce, donc la perte de temps n’est généralement que d’une poignée de minutes si on fait pas l’erreur de faire du grinding par sessions de vingt minutes !

D’ailleurs, je regrette aussi un peu le fait qu’ils auraient pu intégrer une sorte de système à la Multi-Exp de Pokémon, parce que les persos qui ne sont pas dans le groupe ne monteront pas en niveau alors qu’il y a besoin d’avoir un groupe un minimum équilibré pour faire face au boss de fin, ce qui implique de sessions de grinding pas forcément fun ou alors on se retrouve parfois dans des situations imprévisibles où l’on ne peut contrôler que des persos qu’on a négligé et on peut très vite déchanter. Quitte à avoir des options de confort, ça aurait été bien d’aller jusqu’au bout, ou bien faire comme sur les portages de FF7 et 9 avec des boutons de God Mode.

Plus positivement, la version Pixel Remaster nous apporte une carte qui montre plutôt bien la zone dans laquelle on est et même les coffres à proximité. On a aussi le droit à une tonne de concept-arts vraiment sublimes dans une galerie débloquée d’office et le jukebox est bien complet d’entrée de jeu !

Et bien entendu, je ne peux pas ne pas parler des graphismes qui ont été revus, avec notamment de décors plus détaillés pour les combats ou bien des effets qui renforcent certaines ambiances, comme du brouillard ou de la neige qui sont plus esthétiques. À défaut d’avoir un remake en HD-2D à la Live A Live, on a déjà quelque chose de très propre (et vu le prix vendu, ça reste vraiment correct) et en prime on a même la scène de l’opéra qui adopte ce style-là et est carrément chantée en plusieurs langues !

D’ailleurs, le travail sur les musiques peut justifier à lui-seul le prix d’achat tant c’est monstrueusement cool ! Pas des réinventions totales, mais des remixes vraiment cool supervisés par Nobuo Uematsu lui-même et qui rajoutent souvent quelques petits effets sympas dans les pistes mineures et qui étoffe carrément les morceaux les plus cultes pour créer une boucle qui dure plus longtemps ! Mention spéciale aux thèmes de Shadow, Kefka et de Searching for Friends, qui étaient déjà mes pistes préférées à l’époque et qui ont vraiment gagné en puissance ici ! Et d’ailleurs j’attends toujours que les bande-sons de tous les Pixel Remaster soient proposés en streaming ou bien sur les plateformes de téléchargement légales, que je puisse claquer toutes mes thunes dedans et kiffer un bon coup !

Et là je me rends compte que je n’ai pas parlé du système de combat qui aujourd’hui peut paraître un poil rudimentaire, mais qui n’en reste pas moins incroyablement efficace, puisque au-delà des batailles au tour par tour classiques, il y a tout un système d’équipement d’accessoires et d’apprentissage des sorts qui fait que l’on peut jouer de la manière que l’on souhaite et ce sans même prendre en compte le fait que tous les personnages se jouent très différemment les uns des autres, puisque Locke pourra voler un truc à ses adversaires, Celes pourra absorber un sort ennemi ou allié pour le convertir en points de magie ou bien Setzer peut carrément jouer à la roulette pour décider de l’intensité de son sort ! Perso mon petit conseil, c’est de faire en sorte qu’un maximum de personnages puissent apprendre le sort Hadès, qui tue instantanément une bonne partie des ennemis, notamment certains qui refilent un bon paquet de points d’expérience ! Ça peut être bien fun !

Au final, je pense que vous aurez compris que Final Fantasy VI est un Indispensable absolu, surtout si vous ne l’avez jamais fait auparavant ! Ce n’est pas la version parfaite, il a pas mal vieilli sous certains aspects et je ferais des choses inavouables pour un remake en 3D avec une mise en scène à la Final Fantasy VII Remake, mais pour moins de 20€, ça reste une sacrée affaire pour un des meilleurs RPG de son époque !

Bon, ceci étant dit, quelque chose me dit qu’une compilation des 6 Pixel Remaster pourrait arriver un jour ou l’autre sur Switch ou consoles, donc si vous préférez jouer ailleurs que sur PC ou mobiles, je vous conseillerai plutôt d’attendre un peu ce qui s’annonce déjà comme étant une des plus belles compiles du jeu vidéo rétro !

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