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[Découverte PC] Noob : Les Sans-factions – Une agréable surprise !

Avant de commencer cet article, trois précisions importantes :

Primo, même si je suis ami avec des amis des acteurs et membres des Noob, je n’ai aucun lien direct, donc on pourrait penser que ce qui suit pourrait être teinté d’une certaine forme d’indulgence, même s’il n’en est rien en dehors du troisième point. J’ai vraiment apprécié le temps que j’ai passé sur le jeu, au point que j’y ai passé deux journées dessus avec une envie de le continuer…

… Même si deuxio, mon aventure avec le jeu aura connu une fin prématurée dans sa seconde moitié à cause d’un bug qui a fait que je ne pouvais plus du tout progresser. En gros, il y a une quête qui nécessite de réunir six bidules et durant une des quêtes pour ramasser un des bidules, j’ai lancé un script après avoir battu un des monstres de la zone, chose qu’il ne fallait pas faire, puisque quand j’ai rechargé la map pour battre les derniers monstres nécessaires à la validation de la quête, les PNJ en charge de ladite quête m’ont regardé comme si j’étais un gros faisan et m’ont juste dit bonjour. Bref, impossible de finir la quête et donc de récupérer le bidule qui m’aurait permis d’avancer dans le scénario. Et bien évidemment, j’avais déjà plus de 10h de jeu au compteur et d’autres jeux à tester, donc recommencer dans l’espoir de ne pas reproduire le bug n’était pas une option viable, d’où le fait qu’il s’agit d’une découverte et non d’une critique à proprement parler.

D’ailleurs, une petite digression avant le troisième point : le jeu reste encore en Early Access, donc les développeurs sont plus qu’à l’écoute concernant les feedbacks et la correction des problèmes, donc nul doute qu’après la sortie de cette vidéo, ils se mettront au travail pour corriger tout ça. Et tant que j’y suis, j’ai aussi eu un glitch face à un boss où le tour de mon équipe n’est jamais arrivé, faisant que je ne pouvais que fermer le jeu via Alt+F4.

Et enfin, tertio, je ne vais pas ramener le jeu à son budget à priori colossal de plus de 1 243 000€ que le groupe a pu engranger. La somme peut paraître énorme et j’ai vu beaucoup de gens dire « tout cet argent pour ça », mais il faut quand même pas oublier qu’un jeu coûte beaucoup d’argent à faire dès que l’on commence à assembler une team et que même avec les facilités de notre époque pour développer des jeux, ça représente un coût assez conséquent. Final Fantasy 9, c’était 40 millions de dollars de budget, le budget moyen d’un jeu vidéo tel qu’on les imagine, c’est facilement plus de 50 millions de dollars quand ça n’explose pas la barre des 100 millions pour les plus ambitieux et Mighty N°9, c’était quasiment 4 millions de dollars pour un résultat tel qu’on le connaît et Shovel Knight, c’était plus de 300 000 dollars pour un jeu qui aurait presque pu sortir sur NES. Donc non, même avec plus d’un million d’euros, fallait pas s’attendre à un jeu aussi joli qu’un Final Fantasy et on peut pas vraiment blâmer un studio qui a voulu faire un jeu tout en s’assurant que ses employés puissent passer 4 ans à bosser dessus sans craindre de ne pas pouvoir manger ou payer son loyer.

Oh et une seconde et dernière digression : mon point de vue est celui d’une personne qui ne connaît vraiment pas grand chose à la série. Je regardais les épisodes de la série quand ils passaient encore sur Nolife, mais pas au point de vraiment m’investir dedans, même si je sais aussi que Noob est un bon gros projet cross-média avec ce qu’il y a de romans, séries, films et du coup jeu vidéo… Autrement dit ils ont réussi à accomplir un sacré rêve que je partage avec Les Chroniques de Loutre-Monde et en cela je les respecte énormément.

Bref, même en prenant tous ces points en compte, je vais pas non plus prendre de gants et donner mon avis comme d’habitude, puisque même si j’ai beaucoup apprécié l’expérience, il y a quelques trucs un peu moins plaisants dont il faut parler.

Maintenant, place à l’article !

Durant tout le temps que j’ai passé avec Noob : Les Sans-factions, il y avait une formulation plutôt déplaisante qui me trottait en tête : « C’est étonnamment bon ! » J’imagine que toute la négativité autour du projet notamment lié au budget et donc la réalité du jeu face à ses trop grosses attentes m’avait conditionné et fait que je ne m’attendais pas à grand chose, et de fait j’avais vraiment sous-estimé ce jeu. Dans un sens, j’imagine que ces attentes assez basses ont fait que je n’avais pas du tout de hype, d’où le fait que j’ai pu apprécier le jeu pour ses qualités qui étaient bien plus visibles que si j’avais trop attendu ce jeu et n’y aurais vu que les petites imperfections qui auraient terni mon expérience de jeu plutôt que de profiter ce que j’ai sous les yeux.

Et qu’on soit clairs : le jeu est loin d’être parfait, et encore plus du fait qu’il soit encore en early access et rempli de petits bugs ici et là, mais le truc qui m’a le plus agréablement surpris, c’est la sincérité et la passion qui transpire de tous les pores du projet. En y jouant, on sent que les devs ont fait le jeu qu’ils voulaient faire et tenter de chatouiller le talon des géants en proposant des idées pas forcément vues ailleurs. Et via le jeu, on sent aussi qu’ils ont tenté de créer une nouvelle porte d’entrée à l’univers d’Olydri tout en essayant de faire plaisir aux fans des Noob, ce qui est un jeu d’équilibriste plutôt casse-gueule, mais pas mal réussi vu comment je n’étais pas trop perdu et me suis même un peu investi dans l’histoire au point d’être déçu de devoir m’en arrêter au point où j’en étais à cause de ce fichu bug.

L’histoire de Noob : Les Sans-factions nous place dans les bottes de deux ados voulant devenir des joueurs d’eSport et qui se laissent tenter par l’idée de jouer à Horizon, le MMORPG dans lequel prend place la série Noob. Rapidement, ils sont rejoints par deux autres ados et leur but sera d’atteindre le niveau 100 le plus vite possible afin de pouvoir participer day one à la version 5.0 d’Horizon qui promet des mécaniques d’eSport.

En parallèle, on suit l’intrigue du MMO lui-même avec la classique quête de sauvetage du monde, à ceci près que l’on sait que les enjeux sont très faibles du fait que l’on incarne juste des ados jouant à un jeu vidéo. Ça créé un décalage plutôt sympa, puisque d’un côté on aura les personnages du jeu vidéo qui réagiront comme si la fin du monde était proche et de l’autre on a les joueurs qui nous encouragent à progresser en disant que la suite sera cool. Le seul truc que je trouve un peu dommage, c’est que le scénario n’en tire pas plus profit que ça en dehors d’un twist très intéressant en début de seconde moitié et même si on a occasionnellement une blague qui nous fera sourire ici ou là, les ados que l’on joue prennent l’histoire un peu trop au sérieux et leurs dialogues se mélangent un peu avec ceux des PNJ du MMO. Bon après, ce n’est qu’une question de préférence personnelle et comme dit plus tôt, j’ai réussi à entrer dans l’histoire, mais si vous vous attendiez à une aventure qui vous ferait rire tout du long de la même manière qu’un Donjon de Naheulbeuk, vous risquez d’être légèrement déçu. De plus, le groupe d’ados manque un poil de répondant et même si on a quelques mystères intéressants autour du personnage de May et Drek est cool, les deux autres sont un peu trop en retrait, ce qui est un peu dommage.

Pour ce qui est du fait que Les Sans-factions soit une bonne porte d’entrée ou non à l’univers d’Olydri, je dirais que c’est le cas, mais à condition d’être un minimum au courant de ce qu’est la série, ou bien si comme moi vous avez déjà vu quelques épisodes de la série ici et là. De plus, il y a beaucoup de petits clins d’œil et de références que l’on n’aura pas forcément, surtout si on ne suivait pas la scène indé française des créateurs de contenus du net au milieu des années 2000. Si vous ne connaissez pas la Flander’s Company, Nolife, le Donjon de Naheulbeuk ou bien Reflets d’Acide, vous verrez juste des PNJ avec des noms très spécifiques avec cette sensation que vous devinez que c’est un truc important sans trop comprendre pourquoi. Et je tombe pile dans cette case quand je fais face aux très probables références aux romans et aux bandes dessinées des Noob, mais de ce côté-là, je ne peux pas vous en dire plus parce que je ne pourrais pas les repérer.

Ceci étant dit, l’histoire en elle-même reste compréhensible sans toutes ces connaissances au préalable, même si comme toute bonne histoire de Fantasy qui se respecte, vous serez noyés dans des noms et des termes qui n’ont pas vraiment de signification en dehors de leur univers et si vous êtes comme moi, vous vous emmêlerez les pinceaux rapidement parce que vous avez oublié le nom imprononçable d’une personnag important 5 minutes après l’avoir lu.

Côté gameplay et structure, c’est là que le jeu devient très intéressant. Le système de combat au tour par tour est certes ultra classique au point que vous devriez trouver vos marques dans les 5 premières minutes, mais il propose quelques petites subtilités intéressantes, comme le fait que chaque personnage aura différents sets d’attaques à disposition en fonction de celles équipées dans le menu du groupe ou bien les classes de berserker et de cartomancienne. Le berserker fait qu’en attaquant ou en prenant des dégâts, vous faites grimper votre barre de mana qui sera toujours à zéro en début de combat, créant une dynamique de mise en place et de risques VS récompense vraiment sympa, tandis que la cartomancienne peut tirer plusieurs cartes au hasard pour attaquer, parfois avec des combinaisons dévastatrices, parfois qui s’annulent.

Mais là où ça devient très intéressant, c’est dans sa gestion de sa difficulté et de son équilibre, puisque les personnages peuvent grimper en niveau, mais que de 10 niveaux à la fois car on est bloqués en fonction de notre progression dans la Tour Galamadriabuyak, qui dépend elle-aussi de notre progression dans le scénario principal. Atteindre le pallier maximal n’est pas bien difficile, au point qu’en 20 minutes de grinding c’est vite atteint ou bien juste en progressant dans l’histoire, mais c’est après avoir atteint ce seuil que les développeurs ont eu une excellente idée. Plutôt que de rendre les combats inutiles et fastidieux puisque l’on ne gagnerait plus de points d’expérience, ces points sont déviés vers une seconde jauge de niveaux qui permet d’obtenir soit des récompenses très utiles comme des armes puissantes ou des objets rares, soit des points de compétence que l’on dépensera dans les arbres de compétence de chaque perso.

L’autre bienfait de cette limite de niveaux, c’est que la difficulté du jeu reste croissante et constante. En difficulté Normale, ça reste relativement simple, au point que je ne me suis pas mangé de Game Over hors scénario et j’ai quand même eu quelques confrontations un peu tendues face à des boss ou des groupes d’ennemis un peu nombreux, mais en Difficile, je peux facilement imaginer que le jeu reste un bon challenge d’un bout à l’autre de l’aventure.

Le seul petit défaut des combats, et c’est vraiment juste du pinaillage, c’est la police d’écriture dans le menu qui n’est pas super clair, surtout parce que la boîte de dialogues est un peu transparente. J’imagine aussi que ça sera corrigé à mesure que l’on arrivera vers la version complète, mais esthétiquement, c’est un peu trop basique au point de donner l’impression de voir un prototype et c’est d’ailleurs valable pour la plupart des textes qui s’affichent à l’écran quand un perso rejoint la guilde. Un petit cadre sympa avec une police d’écriture un peu plus unique tout en restant lisible, ça peut faire des miracles !

Quant à la structure du jeu en lui-même, c’est assez linéaire. On suit le scénario avec parfois quelques quêtes annexes pour nous occuper… Mais un peu trop souvent il m’est arrivé de totalement me perdre parce que la mini-carte dans le coin de l’écran n’affiche que les entrées et sorties des zones et on n’a pas d’indicateur de notre prochain objectif, faisant qu’il m’est arrivé par deux fois de tourner en rond pendant 20 minutes avant d’enfin trouver le truc qui me ferait avancer, sans parler du fait que le journal de bord peut parfois être très vague et ne pas nous donner d’indice suffisamment clair sur la suite de l’aventure. J’ai toujours fini par retomber sur mes pattes et continuer ma progression, mais c’était parfois au prix de nombreux soupirs et de l’envie de faire avancer le truc.

Enfin, côté présentation, le jeu s’en tire vraiment bien une fois passé le premier contact. Le mélange 3D et gros pixels rend bien et le truc que j’ai noté qui m’a fait pas mal apprécier le jeu, c’est le niveau de détail et de soin placé dans les décors. Les intérieurs des maisons sont différents les uns des autres et il y a une bonne diversité dans les environnements que l’on traversera. De plus, les musiques sont très sympa avec le thème de l’overworld qui met bien dans l’ambiance ou bien la musique de la Tour Galamadriabuyak qui donne l’impression d’écouter du Grant Kirkhope.

Et avant de passer au point le plus subjectif, j’ai eu le droit à un gros problème de ralentissements durant une section spécifique qui était hyper désagréable. Plus je descendais dans la zone, pire c’était, sauf dans les combats, où ça repassait tranquillement à du 60 images par secondes. Heureusement, ça n’a duré que 5 minutes, mais c’était limite au point où j’en avais mal aux yeux par la suite. D’ailleurs, un petit point aussi un peu étrange, mais compréhensible, c’est comment le framerate du jeu passe de 60 images par secondes durant quasiment tout le jeu à un 30 un peu poussif sur l’overworld. Pas de quoi ruiner l’expérience et ça se comprend vu la taille de la zone ceci dit.

Enfin, le point un peu subjectif et qui je crois est la raison pour laquelle le jeu s’est souvent mangé des remarques, c’est sur le design des personnages. Comme pour les BD, on a des designs signés Philippe Cardona dans un style… Que perso je ne suis pas vraiment fan, mais la transposition en 3D est elle aussi assez… Particulière. C’est une question de goûts, clairement et je ne vais pas mentir en disant que les yeux sans vie et le manque d’expressions des modèles a pas mal joué dans le fait que j’étais pas totalement fan des designs, mais en revanche j’ai beaucoup apprécié la diversité des équipements que l’on récolte en cours de route et qui se répercute sur leur apparence. Encore une fois, pour les designs, c’est mon opinion et clairement pas un jugement sur le boulot fourni, d’autant plus qu’il y a une tonne de personnages différents et qui font que je ne peux imaginer la quantité de boulot qui est allé derrière.

Au final, j’ai pas mal apprécié le temps que j’ai pu passer sur Noob : Les Sans-factions ! L’histoire se suit sans déplaisir et le système de combat réserve des bonnes surprises qui font que j’ai eu du mal à lâcher le jeu ou bien qui faisait que je voulais y retourner 5 minutes après l’avoir fermé. Bien entendu, ce n’est pas sans défaut, mais on sent vraiment les efforts de l’équipe derrière le jeu et c’est pas impossible que ça devienne bien meilleur dans les mois à venir.

Après, on ne va pas se mentir, ce n’est pas non plus le meilleur jeu de tous les temps, ni le genre de jeu que je vous dirais d’acheter les yeux fermés et en courant à pieds joints vers votre compte Steam, surtout si vous n’étiez pas chaud de base, en l’état actuel des choses et face à une concurrence toujours aussi rude, mais si vous aimez de près ou de loin la série des Noob ou que vous souhaitez soutenir l’initiative, ça peut valoir le coup d’œil.

Et encore une fois, du fait que je n’ai pas pu le finir, je préfère vous dire d’attendre que ça soit bien patché avant de le prendre et aussi il n’y a pas de note finale donc erm… Euh… Fin.

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