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[Critique Xbox Series] Psychonauts 2 – un jeu qui retourne bien le cerveau !

Quand on parle de suite de jeux vidéo attendues, on entendait beaucoup parler de Duke Nukem Forever, de Shenmue 3 ou bien plus récemment No More Heroes 3 et on attend toujours Fuga 2, Portal 3 et Half-Life 3… Oui, je sais, j’aime bien mettre du sel sur cette plaie.

Mais quand on aborde le sujet, pas mal de gens mettaient aussi Psychonauts 2 sur la table. En même temps, faut dire que le premier était un jeu ultra unique pour l’époque et qu’avec le temps, il a acquis un statut de jeu culte et cette suite s’est faite attendre encore plus longtemps quand on considère que le jeu a eu le droit à une campagne de financement participative qui a abouti en Janvier 2016 et qui a engrangé quasiment 4 millions de dollars. Entre temps, un prologue en VR à Psychonauts 2 est sorti uniquement pour les casques VR en 2017 et, depuis, plus grand chose en dehors du rare trailer pour nous mettre en appétit.

Et quand on voit le résultat final, on sent que ce temps de développement a été utilisé avec une immense sagesse, car bons dieux que ce jeu est excellent ! Je vends la mèche sur mon verdict final, mais Psychonauts 2 est à mes yeux le jeu vidéo moderne ultime. Et attendez un peu avant de vous foutre de ma trogne dans les commentaires et laissez-moi argumenter un peu sur ce point.

Il n’est pas parfait, loin de là, mais il propose une expérience qui prend pleinement partie de son statut de jeu vidéo pour défier les lois de la réalité et de la logique et nous faire vivre l’impossible et j’ai souvent eu l’impression de voir une équipe de magiciens tout faire pour nous en mettre plein la tronche pendant une bonne grosse dizaine d’heures !

Voyage au bout de la Réalité

La première question que vous vous êtes probablement posés, c’est de savoir s’il y a besoin d’avoir fait le premier épisode pour comprendre le second, ce à quoi je répondrai que ce n’est pas nécessaire, mais quand même pas mal recommandé. Pour le coup, le jeu vous offre dès le départ un résumé assez complet du premier épisode, ainsi que de l’épisode VR et n’ayant fait aucun des deux, mais étant un peu familier avec l’univers, je n’ai pas été trop perdu. L’histoire du 2 reste assez contenue et on peut assez facilement comprendre les enjeux du fait qu’une grande partie des personnages de cet épisode sont nouveaux.

Sans entrer dans les détails, l’histoire de Psychonauts 2 commence quelques jours après le sauvetage du chef des psychonautes des griffes d’un dentiste fou. On découvre très rapidement qu’il n’était qu’un simple pion dans une conspiration bien plus vaste et il en reviendra à Raz et les agents secrets qui l’accompagnent de découvrir qui est derrière ce sinistre plan et pourquoi.

L’histoire du jeu est vraiment excellente et se suit avec énormément de plaisir tant elle est bien rythmée et vraiment adultes. Pas mal de thèmes lourds sont abordés avec justesse et beaucoup de soin, au point que je me dis que c’est finalement pas plus mal que cette suite ait mis 16 ans à sortir. Oui, ça peut paraître bizarre de dire ça, mais ça se sent que l’écriture du jeu a été influencée par l’écriture plus nuancée des jeux vidéo sortis ces dix dernières années et là où le premier épisode était principalement adressé à un public adolescent, ici on sent que ça s’adresse aux gens qui ont grandi avec le premier épisode et qui sont déjà bien avancés dans l’âge adulte… Oui, je me sens vieux en disant ça, je sais…

Quoi qu’il en soit, je veux vraiment pas en dire plus pour ne pas spoiler, mais j’ai passé un excellent moment à suivre cette histoire, dont le seul vrai bémol est plus ou moins lié à l’obligation d’être un jeu vidéo, puisque ça s’étire juste un peu trop dans le dernier tiers pour proposer quelques niveaux en plus et j’étais prêt à ce que ça se termine avant que ça ne se relance pour 3 heures de plus… Enfin.

Côté structure, Psychonauts 2 se veut être assez linéaire une bonne partie du temps. Concrètement, les niveaux nous demanderont d’aller d’un point A à un point B en résolvant les éventuelles énigmes qui se présenteront sur votre route, sachant que celles-ci ne sont pas particulièrement difficiles. Ceci étant dit, il m’est parfois arrivé de me perdre un peu, même si ça ne durait jamais bien longtemps, puisque Raz ou les personnages autour de lui ont tendance à rappeler assez rapidement vos objectifs ou bien vous donner des indices plus ou moins subtils pour vous débloquer.

Entre deux niveaux, il est possible de passer un peu de temps à explorer le QG des psychonautes pour accomplir différentes quêtes annexes, même si la plupart consistent juste à trouver des trucs pour les rapporter aux donneurs de quête. Là où ça devient intéressant, c’est que ces quêtes, ainsi que l’accomplissement de différents objectifs, comme collecter un certain nombre de graffitis dans les niveaux ou bien des objets spécifiques permettent de gagner des niveaux qui donnent des points de compétence à utiliser pour upgrade nos attaques et utiliser des badges à équiper qui peuvent améliorer nos attaques ou offrir des trucs un peu plus débiles, comme une danse quand on ne bouge pas ou la possibilité de caresser les chèvres.

Et c’est un peu là que décrire le gameplay de Psychonauts 2 commence à devenir compliqué, puisque dans les faits, ça reste un platformer 3D tel qu’on en voit depuis presque 20 ans. Pour se déplacer, on a toujours les classiques sauts, les sauts muraux, un truc pour amortir sa chute et même un déplacement rapide façon Kazooie de Banjo-Kazooie. Si vous avez joué à un jeu du genre, vous n’aurez aucune véritable surprise à ce niveau.

Mais en revanche, là où le jeu devient vraiiiiment intéressant et surprenant, c’est dans son level-design et les thèmes des différents niveaux ! Encore une fois, je ne vais pas m’étendre de trop pour ne pas spoiler, mais le niveau avec des dents partout ? C’est rien comparé à certains niveaux que l’on nous balancera plus tard et qui exploite à merveille les capacités des consoles modernes pour nous balancer des trucs qui étaient tout bonnement infaisables pour beaucoup de studios il y a une quinzaine d’années, voire peut-être même infaisable tout court sans faire d’énormes concessions ! C’est un jeu qui se joue de nos sens et c’est vraiment plaisant. Ou déplaisant pour certains, faut avouer, puisque ça peut être un peu désorientant, même si les développeurs ont réussi à faire en sorte que la caméra reste stable et ne parte pas dans tous les sens.

Le seul vrai bémol du jeu et ça rejoint ce que je disais avec le scénario, c’est qu’il s’étire juste un poil trop, au point qu’il aurait pu facilement finir deux ou trois niveaux avant, d’autant plus qu’il nous fait deux fois le coup du « Attention, à partir de ce point, vous ne pourrez pas revenir en arrière ! », me faisant penser que le boss de fin était juste derrière (et même le scénario semblait l’indiquer), avant juste de nous balancer un niveau un peu long qui amenait juste à un nouveau point de scénario qui amenait à un nouveau lot de niveaux. Bien évidemment, je ne dis pas que les niveaux étaient mauvais, bien au contraire et même que les niveaux qui suivaient étaient excellents, mais si le jeu s’en était arrêté au point où je pensais qu’il allait s’arrêter, ça ne m’aurait pas du tout dérangé et je l’aurais trouvé tout aussi excellent.

Pour le coup, on sent que la team derrière le jeu a injecté toutes les idées qu’elle avait en tête et ne souhaitait pas lâcher l’affaire, probablement avec le sentiment qu’un Psychonauts 3 n’arrivera jamais et il en résulte cette impression de faire face à une expérience créative qui ne fait aucun compromis pour que sa vision se réalise. On sent clairement la passion derrière ce projet et c’est plus que communicatif !

Enfin côté présentation, c’est un peu là que le jeu peut diviser. Le design des personnages assez atypique pourrait en rebuter pas mal, même si on s’y fait vite et il faut aussi ne pas être trop dégoûté par les trucs un peu dégueu, comme… Bah voir des dents partout, des yeux là où il ne devrait pas y en avoir ou bien différentes substances visqueuses à la nature douteuse. Aussi cliché que ce soit à dire, on pourrait penser que ce jeu a été imaginé par Tim Burton ou Henry Selick et si vous appréciez ces univers-là, nul doute que vous devriez vous y retrouver dans Psychonauts !

Et côté musiques, Peter McConnell est de retour et… C’est bien, même si malheureusement je n’ai pas vraiment de musique qui soit restée en tête en dehors d’une musique déjà présente dans le premier épisode, d’une chanson qui était déjà connue mais que je ne vais pas spoiler pour ceux qui ne sont pas au courant et d’une musique dans un des derniers niveaux qui est volontairement prise de tête. C’est du pur orchestral et fait plus que du bien aux oreilles, mais ça ne reste pas vraiment en mémoire. Dommage…

Au final, vous aurez compris que j’ai passé plus qu’un excellent moment sur Psychonauts 2 ! Bon, dans les faits, ça reste un platformer 3D très classique dans la forme, mais c’était compliqué de vraiment donner mon ressenti en me limitant pour ne pas trop spoiler pour expliquer à quel point c’est une expérience qui mérite d’être vécue !

Pour le coup, c’est le premier jeu auquel je joue d’un bout à l’autre via le Game Pass sur Xbox et déjà j’ai eu l’impression de rentabiliser plusieurs mois d’abonnement rien qu’avec ce jeu ! Si vous êtes abonné au service sur Xbox ou PC, ne vous posez pas de questions et téléchargez-le sans plus attendre ! C’est vraiment excellent !

Et si vous avez une PS4 ou une PS5 ou n’êtes pas abonné au Game Pass, bon, je dois avouer que le prix de 60€ peut piquer un peu, surtout si vous ne comptez faire que le scénario principal, mais je ne pourrai que trop vous recommander de le prendre au prix que vous jugerez approprié !

Psychonauts 2 entre plus que facilement dans la catégorie des Indispensables et ça ne m’étonnerait pas qu’on le retrouve en fin d’année dans le top de mes jeux préférés de 2021 ! C’est vraiment ultra kiffant et ça m’a bien retourné le cerveau comme il fallait 😀

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