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[Critique PS4] Trials of Mana – Le Secret d’un bon remake !

C’est marrant de se dire qu’à quelques mois près le remake de Trials of Mana aurait été la seule et unique façon de jouer (légalement) à Seiken Densetsu 3 en Occident. Car en dehors de la Collection of Mana, sorti sur Switch l’été dernier, le jeu n’est jamais ressorti depuis sa mouture Super Nintendo et vu qu’il n’est jamais sorti en dehors du Japon, le seul moyen d’y jouer était soit de mettre la main sur une cartouche importée et donc connaître le japonais ou bien d’utiliser des moyens détournés et des patchs de traduction.

Parce que je suis un peu débile, j’ai mis la main sur la Collection of Mana en boîte l’an dernier, mais ne l’ai jamais ouvert, préférant attendre le remake pour éviter un sentiment de redite.

Et je sens en voyant le remake que Square Enix a retenu la leçon du désastre critique du remake de Secret of Mana, puisque pour Trials of Mana, ils y ont mis les formes et le budget qui va avec, avec notamment des graphismes plus que jolis, une refonte quasi-totale du gameplay, notamment lié à un changement de caméra, et une bande-son bien plus fidèle à l’original. Mais est-ce que ça en fait un bon jeu ?

Bien évidemment que oui, même si on sent que dans les projets en cours qu’étaient Final Fantasy VII Remake et Kingdom Hearts III, Trials of Mana a reçu un traitement de faveur bien moindre.

… Même si ça reste toujours infiniment mieux que le remake de Secret of Mana, heureusement.

La Tribu de Mana

Trials of Mana proposait un concept plutôt unique et intéressant à l’époque (si l’on excepte Live-A-Live, aussi de Squaresoft) : la possibilité de choisir parmi plusieurs personnages pour créer une histoire un semblant personnelle. Ainsi, on pouvait composer un trio de héros parmi les six suivants : Angela la magicienne, Duran le héros, Hawkeye le voleur, Lise l’amazone, Charlotte la erm… Mascotte kawaii avec la même voix que Hawk dans Seven Deadly Sins et Kevin, le loup-garou un peu trop beau-gosse.

Vous choisissez un personnage principal avec lequel vous commencerez l’histoire et qui aura le droit à quelques lignes de dialogue supplémentaires, puis lui choisissez deux compagnons que vous croiserez plus tard et qui partageront leur histoire par la suite. Et même si on peut voir les ficelles quant à la modulation du scénario autour du choix de ces personnages, l’effort était impressionnant en 1995 et l’est quand même encore aujourd’hui, puisque non seulement ces choix influent sur le scénario, mais aussi sur les antagonistes principaux et donc le boss final, sachant qu’il y en a trois différents et qu’ils sont chacun lié à deux de nos protagonistes, faisant que, pour vraiment finir le jeu à 100%, il faudra faire le jeu trois fois (même si la tâche est rendue beaucoup plus facile pour les deux parties suivantes, mais j’y reviens plus tard) !

Ceci étant dit, si j’ai un conseil à vous donner : évitez de lancer votre première partie avec Kevin ou Charlotte en tant que personnages principaux, car autant j’ai bien aimé leur histoire, autant le point de départ des deux est un peu faiblard en comparaison des autres qui ont une histoire un peu plus épique. Sans trop entrer dans les détails, disons juste que pour Charlotte, c’est juste une jeune fille dont le copain s’est fait enlever et pour Kevin… Il batifole dans la forêt pendant une minute avec son animal de compagnie et le tue accidentellement littéralement 3 minutes après avoir lancé le jeu. Avec le doublage anglais, je dois vous avouer que je n’ai pas du tout pris le jeu au sérieux et c’était très mal parti.

Après, pour être totalement honnête, les histoires n’en restent pas moins simples, voire basiques quand on les compare aux productions actuelles. C’était en avance sur son temps il y a 25 ans, mais aujourd’hui… Bah ça fait très daté, même si un semblant de profondeur a été ajouté via un épilogue que j’aborderai vite fait plus tard. Ça reste une histoire de méchant veut détruire le monde via les *insérez nombre de reliques ou monstres sacrés* que le héros devra réunir ou combattre comme tout bon Zelda-like qui se respecte, mais ça n’en reste pas moins dénué de charme, avec des cutscenes mignonnes qui font rire, donc on passe globalement un bon moment.

En termes de structure, comme dit juste au dessus, c’est vraiment classique, on va de région en région pour récupérer les huit bidules sacrés qui nous permettront d’avancer dans l’histoire en sachant presque d’entrée de jeu comment la suite aura lieu si on a joué à n’importe quel Action-RPG des années 90/2000. La majorité des niveaux sont linéaires, avec de rares embranchements qui mènent à des trésors ou bien un petit cactus qui nous file des bonus très intéressants à chaque fois qu’on le croise 5 fois et on suit le petit marqueur d’objectif sur la carte qui sera constamment présent pour nous dire où aller ensuite. Pour le coup, je pense que c’est ce marqueur qui a un peu brisé mon expérience de jeu, puisqu’il nous encourage tout le temps à aller de l’avant et ne laisse que peu de place à l’exploration et la possibilité de se perdre dans le monde. Dans un sens, ça me permettait de finir le jeu plus vite, ce qui est un point positif vu mon planning, mais ça rendait l’expérience presque trop passive pour son propre bien.

Côté combat… C’est aussi un peu le point faible du jeu, puisqu’il est là aussi un peu trop simple. On a deux boutons pour attaquer et seulement trois combos différents pendant les 5 ou 6 premières heures de jeu. On peut heureusement changer de personnage à la volée, mais ça ne change pas grand chose tant que l’on n’a pas investi de points d’aptitude là où il faut pour débloquer des sorts qui vous permettront de faire un peu varier les choses, et c’est aussi la raison pour laquelle je vous déconseille au maximum de jouer avec Kevin, puisque c’est le personnage avec le moins de profondeur… Même si c’est aussi le meilleur bourrin de service et qu’il possède la plus grosse attaque.

Bien entendu, il est aussi possible d’utiliser des objets pour varier un peu les choses, mais, fondamentalement, le jeu est d’une rigidité qui fait peine à voir, surtout après avoir refait Kingdom Hearts III récemment ou bien Final Fantasy VII Remake, qui réinventait avec brio son système de combat.

Là où le jeu fait preuve de plus de subtilité et est intéressant, c’est dans les compétences que nos personnages peuvent équiper. On les obtient soit en parlant aux bonnes personnes ou bien en avançant dans le scénario et toutes octroient des bonus plus ou moins intéressants, comme la possibilité de faire tomber plus souvent des objets ou bien augmenter sa défense si jamais notre santé en pâtit. Et plus on progresse dans l’histoire, plus ces skills sont intéressants, notamment un qui permet d’augmenter les dégâts de manière significative lorsque l’ennemi n’a plus que 30% de vie. Ce skill en particulier couplé à une augmentation des dégâts de 10% face aux boss a fait que j’ai achevé le boss final en une seule super attaque alors qu’il lui restait la moitié de sa vie et c’était juste glorieux !

D’ailleurs, en parlant de boss, c’est là que Trials of Mana tape très, très fort, puisque l’on en affronte un quasiment toutes les demi-heures et surtout lors du dernier tiers du jeu avec les bénévodons, la menace principale du jeu. Il s’agit plus ou moins d’un boss rush avec des temps morts durant à peine plus de 10/15 minutes entre chaque et tous ont un design complètement fou qui respecte à la perfection les designs du jeu d’origine. Si je devais retenir de ce jeu un truc au niveau gameplay, c’est bien cette séquence !

En revanche, le truc que je retiendrai en un peu moins bien vient de l’épilogue, qui partait d’une très bonne intention et qui possède un élément très intéressant, mais qui s’étire là où je voulais passer à autre chose. Parce que là où le jeu possède un très bon rythme avec des niveaux qui durent rarement plus d’une demi-heure, le donjon final dure une bonne grosse heure et se relance pile au moment où je priais d’en arriver au bout… Le fait qu’il réutilise des décors déjà parcourus deux fois rendait le truc un peu redondant, mais il se rattrape par ce boss final qui est très cool !

Niveau présentation, c’est là que les choses redeviennent vraiment cool, avec des décors colorés et variés et des designs de personnages et de boss vraiment plaisants. Le jeu tourne bien avec un bon 60 images par secondes sur PS4, même si le truc qui me rend perplexe et un peu fou sont ces temps de chargement aussi nombreux que longs. En moyenne ils durent une dizaine de secondes, mais quand on s’en enchaîne presque trois à la suite, ça devient un peu usant.

Ce qui n’est pas usant en revanche, c’est la bande-son remasterisée, qui coche toutes les bonnes cases en modernisant les musiques de Hiroki Kikuta sans trop faire de folies, quitte à presque paraître trop conservateur. Ceci dit, ça n’a pas empêché l’équipe de sortir l’orchestre pour les thèmes les plus marquants du jeu et ça tombe bien, puisque ce sont les meilleurs ! Même après 17 heures de jeu et des années à l’écouter, Meridian Child continue de me mettre de bons gros frissons !

Au final, Trials of Mana est un jeu sympa, mais réservé à une certaine catégorie de joueurs nostalgiques des RPG des années 90. Le gameplay assez rigide en déroutera plus d’un s’il s’attend à un Action-RPG avec un gameplay à la Platinum Games et il est pas mal daté sous pas mal d’aspects, mais ça n’en reste pas moins une bonne expérience si l’on cherche à revivre ces bonnes vieilles années 90. Je serais même prêt à pardonner le remake de Secret of Mana, sans lequel on n’aurait pas eu un remake aussi travaillé pour Trials of Mana. Et quelque chose me dit que s’il marche assez bien, c’est pas impossible que cet épisode soit une sorte de base pour un futur nouvel épisode de la série, chose que l’on n’a pas eu depuis… Treize ans déjà, et même quatorze en comptant Seiken Desetsu 4 (ou trois si on compte Ever Oasis qui était un jeu Mana qui s’assumait presque, même s’il n’était pas fait par Square Enix) !

Si vous n’êtes pas particulièrement dans l’optique d’un retour en enfance ou adolescence, je pense que vous pouvez attendre une bonne grosse baisse de prix avant de le prendre, mais pour ceux qui sont prêts à accepter ses archaïsmes, je pense quand même pouvoir le recommander.

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