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[Critique PC] Persona 5 Strikers – Enfin un Persona qui ne dure pas une éternité !

Si vous me suiviez déjà l’an dernier, vous savez que j’ai un rapport assez… Complexe avec Persona 5 Royal. J’ai adoré l’univers et les personnages et le segment entièrement dédié à Royal m’a bien malmené émotionnellement, mais sa durée de vie colossale et le fait que j’avais à peine trois semaines pour le finir avait eu raison aussi bien de ma santé physique que mentale, au point de vraiment ruiner l’expérience. C’est pour cette raison que quand on m’a proposé de tester Persona 5 Strikers, une voix au fond de mon esprit me dictait de courir loin et vite pour ne pas me rappeler de la douleur que j’avais subie l’an dernier. Et finalement, c’est une bonne chose que je ne l’aie pas écoutée, puisque, à mes yeux, Strikers corrige deux des plus gros défauts de son prédécesseur et j’ai plus fini le jeu avec un sourire aux lèvres plutôt qu’avec l’envie de sortir mon Evoker pour me tirer une balle métaphorique dans la tête.

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Un truc à savoir d’emblée à propos de Persona 5 Strikers : c’est bel et bien une suite à Persona 5. C’est juste un peu dommage qu’ils aient loupé le coche en le sortant trop tôt et en ne prenant pas en compte les événements de Royal, mais ça n’en reste pas moins une suite directe à Persona 5 et le jeu fait pas mal d’allusions à l’épisode précédent et peut donc sortir pas mal de noms que les fans reconnaîtront et qui ne sont pas nécessairement développés.

Est-ce que c’est nécessaire de faire l’original ? Pas non plus, mais bon, ça serait comme prendre un anime en cours de route. Vous serez sûrement un peu paumés au début, mais ça reste suffisamment accessible pour que l’on comprenne ce qu’il se passe, même si dans tous ça reste très fortement recommandé de faire l’original, histoire au moins d’avoir les refs et ne pas se spoiler de manière rétrospective certains twists.

L’histoire en elle-même reste dans la continuité du premier épisode, au point que j’ai ressenti une petite pointe de nostalgie dans les premières minutes, comme si je retrouvais une bande de potes que j’avais quitté il y a quelques mois de ça. La bande des Voleurs Fantômes est réunie pour les vacances d’été quelques mois après les événements de Persona 5 pour passer du bon temps, mais ils se retrouvent très rapidement au cœur d’un étrange phénomène où des gens deviennent fous pour des raisons bien mystérieuses à travers le pays. Le groupe partira donc en road-trip à travers le Japon aussi bien pour passer du bon temps que de résoudre ce mystère, accompagnés d’une bien étrange I.A. nommée Sophia et Zenkichi, un policier qui est de loin le meilleur personnage de cet épisode !

Je ne vais pas entrer dans les détails pour ne pas spoiler, mais comme pour Persona 5, le scénario global reste assez prévisible tandis que sa grande force réside dans les plus petites histoires des personnages, qui sont souvent très bien développés. Les boss ont même un peu gagné en profondeur là où dans Persona 5 ils avaient un peu trop souvent tendance à être caricaturaux au point d’avoir l’air d’être des méchants de cartoon (exception faite du boss final de Royal, bien évidemment). Et comme d’hab, suivre les pérégrinations des Voleurs Fantôme est un pur plaisir et j’ai beaucoup ri puisque certains dialogues sont toujours aussi bien écrits et donnent l’impression de suivre une bande d’adolescents qui peuvent parfois être un peu stupides.

L’autre grande force de Strikers par rapport à l’original, c’est qu’il est beaucoup mieux rythmé. Finir l’aventure m’a pris à peine 22 heures en Normal, puis en Facile pour des raisons que je ne vais pas tarder à évoquer, mais il ne se passait quasiment pas une demi-heure sans que l’on ne tombe sur une ligne de dialogue intéressante qui fasse bien avancer l’histoire ou bien qu’il y aie un petit twist qui relance l’intrigue. Le fait que les Prisons (l’équivalent des Palais de Persona 5) soient beaucoup plus compacts aide énormément, sans compter que l’aspect social dans le monde réel est en grande partie passé à la trappe, remplacé par quelques quêtes annexes ici et là. Certains trouveront ça un peu dommage, mais concrètement, même si le jeu est trois fois plus court que Persona 5, en termes de volume d’histoire et du nombre de trucs qui se passent, c’est presque kif-kif, au point que l’on lorgnerait presque sur un visual novel mâtiné de quelques phases de gameplay ici et là.

Et côté gameplay, la grosse surprise de Strikers, c’est que c’est concrètement un Persona à la sauce Warriors. Mais le twist, c’est que comme Hyrule Warriors L’Ère du Fléau, ce n’est pas un bête copié-collé de la formule Warriors telle qu’on peut la voir dans Dynasty Warriors, Warriors Orochi ou bien les One Piece Pirate Warriors. Là, c’est d’abord un jeu Persona et après un jeu Warriors. C’est toujours bourrin et il y a toujours des dizaines d’ennemis à l’écran, mais le gameplay ne se limite pas qu’à taper bêtement sur les ennemis pour s’en sortir. Ici, il est important et souvent nécessaire de lancer des sorts en fonction des affinités élémentaires des ennemis présents sur le terrain pour les rendre plus vulnérables et permettre les All-out Attacks que l’on connaît bien si l’on a joué à un jeu Persona et qui permet d’affaiblir tous les monstres aux alentours.

Et contrairement à tous les Warriors, les ennemis ne sont pas tous sur le terrain d’office, mais les combats doivent se déclencher dans des arènes qui ne se formeront qu’une fois le combat engagé avec le péon qui garde la zone. Et comme dans Persona 5, il est possible de se cacher pour prendre l’ennemi à revers en leur tendant une embuscade, qui débouchera sur un sacré paquet de dégâts pour tous les ennemis en plus de très souvent les étourdir, pouvant aboutir d’office sur une All-out Attack.

Il existe aussi une petite variante qui consiste en des missions ponctuelles de protection, où il faudra protéger Futaba de plusieurs vagues de monstres sur un temps donné, sachant qu’il est heureusement possible de la soigner et lui donner de l’équipement pour faire grimper sa défense.

Le cast est aussi plutôt varié avec des vitesses d’attaque et des gimmicks qui leur sont propres, même si j’ai passé le plus clair de mon temps avec Joker, puisqu’il peut utiliser plein de Persona en même temps et donc bénéficier d’une grande variété de sorts là où les autres persos sont limités à un seul. Le seul défaut de Joker, c’est qu’il tape comme un marshmallow, là où par exemple Ryuji et Haru peuvent défoncer beaucoup d’ennemis sans réfléchir, mais restent très lent ou bien Makoto peut frapper assez vite et fort, mais est aussi résistante qu’une brindille.

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Comme dit plus haut, les niveaux ne sont pas particulièrement longs, avec notamment quatre d’entre eux qui peuvent se faire plus ou moins d’une traite, mais je dois quand même avouer que les autres peuvent un peu trop traîner en longueur, notamment avec des cutscenes qui servent à rien tous les trois pas pour dire quoi faire comme dans Persona 5. Le level-design est assez simple sans non plus être trop simpliste et c’est notamment la beauté de certains décors qui va faire que l’on va vite s’y attacher. Et c’est sans parler de certains ennemis qui sont de tels sacs à PV que j’ai fini par passer en Facile au bout du premier donjon pour gagner du temps sur chaque bataille, même si ça ne les empêche pas de frapper comme des semi-remorques dans tous les modes de difficulté, rendant le bouton d’esquive plus qu’utile.

En fait, le truc qui a rendu le système de combat un poil moins intéressant pour moi, c’est que contrairement à Hyrule Warriors où le gros du fun repose sur nos réflexes et l’absence de stratégie apparente pour décimer les armées, dans Persona 5 Strikers, on mettra presque constamment en pause l’action, soit pour choisir des sorts que l’on va spammer sur l’ennemi pour réduire sa défense à zéro pour déclencher l’All-out Attack, soit pour se soigner, soit pour aller chercher un objet qui annulera une altération d’état ou bien pour restaurer des points de compétence qui disparaissent en deux-deux (et d’ailleurs, comme dans le jeu original, les objets pour récupérer ces points se trouvent beaucoup moins facilement que ceux pour régénérer la vie). Il n’y a pas tant de stratégie à appliquer et si jamais l’ennemi nous pose un peu trop problème, la seule solution revient à faire du grinding.

En Facile je n’ai pas eu ce soucis, même si j’étais constamment au bord de rendre les ennemis plus puissants que le groupe tant j’avançais sans me poser deux secondes et pour le coup ça rendait le rythme bien plus agréable, là où en Normal j’étais tombé sur un mini-boss qui m’a tenu un quart d’heure et qui commençait à sérieusement me gonfler. D’ailleurs, c’était assez bizarre de voir que ce mini-boss récurrent était systématiquement plus coriace et long à battre que les boss principaux, même en Facile. Oh et les designs de quasi tous les boss sont hyper cool à une exception près et sans trop spoiler ils ont réussi à créer un boss qui va satisfaire tous les fans de JoJo’s Bizarre Adventure et les furries. Son design est beaucoup trop cool.

Enfin, l’autre truc un peu moins fun, mais que je n’ai pas eu trop le temps de lamenter puisque je ne m’y suis pas trop attardé sont certaines quêtes annexes, qui nécessitent de revenir dans les précédents niveaux soit pour trouver des matériaux ou bien battre des ennemis spécifiques. En théorie, ça passe et la variété fait que l’on peut en enchaîner quelques unes en une fois, mais dans les faits, certaines missions peuvent être très agaçantes. Dans un cas très spécifique, je devais battre cinq fois le même ennemi très difficile à trouver d’une manière très particulière, sauf que les alliés sont tellement efficaces et bien programmés que je devais les virer de mon équipe pour pas qu’ils ne les tuent à ma place. J’ai fait quatre allers et retours avec les temps de chargement que ça implique pour faire cette mission correctement. Heureusement je jouais sur un bon PC, donc les temps de chargement étaient très courts, mais si j’avais joué sur Switch où l’on sait déjà que ça peut durer entre trente à cinquante seconde par transition, je pense que j’aurais fini le jeu avec au moins 3h de plus au compteur et une patience réduite en charpie.

Enfin, côté présentation, ça reste du pur Persona 5. Les menus sont hyper stylés, notamment la boutique qui fait pétiller mes yeux d’apprenti graphiste et les dialogues sont toujours aussi joliment mis en scène. Le cast japonais est de retour et je pense que je ne pourrai jamais assez remercier le directeur de casting qui a décidé de donner le rôle de Zenkichi à Shin’ichirō Miki, l’acteur que l’on connaît pour son travail sur Roy Mustang dans Fullmetal Alchemist, Sir Nighteye dans My Hero Academia ou bien James dans la version japonaise de l’anime Pokémon.

Enfin, les musiques sont toujours aussi incroyables, avec la petite patte Warriors rock crado apposée aux musiques de Persona 5 et des nouvelles chansons qui rentreront très vite dans les mémoires et se caseront aux côtés de Last Surprise, Take Over ou I Believe.

Au final, j’ai passé un bon moment sur Persona 5 Strikers ! L’aventure est extrêmement bien rythmée et c’était très cool de retrouver la bande des Voleurs Fantôme pour une histoire certes prévisible, mais plus qu’agréable à suivre. Le gameplay n’est peut-être pas parfait et on est loin du meilleur système de combat de Warriors, mais il fait plutôt bien le taf en mélangeant son gameplay à celui de Persona.

Je peux recommander le jeu facilement, mais à une assez grosse condition : sachez qu’il vaut mieux avoir fait Persona 5 avant et que si ce n’est pas le cas, il vaut mieux être un minimum fan de l’univers et des personnages puisque ça reste un jeu fait pour les fans. Et si vous l’êtes, je sens que vous allez bien l’aimer. Encore une fois, ce n’est pas un bête spin-off, mais une véritable suite, juste avec un gameplay un peu différent et que, globalement, j’ai préféré à l’original !

Bon ok, c’est aussi et surtout parce que ce jeu ne m’a pas détruit physiquement. Ça aide pas mal.

Benjamin “Red” Beziat

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