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[Critique PC] Need for Speed Heat – Miami Vicieux

Avant de commencer cette critique, un peu de contexte qui, je pense, est nécessaire à rappeler : moi et les jeux de voiture, c’est pas totalement ça. J’y joue de temps en temps si je le sens bien et j’ai plus souvent tendance à lorgner sur les expériences arcade et moins réalistes plutôt que les simulations. C’était la raison pour laquelle j’avais jeté mon dévolu sur Wreckfest cet été et que j’ai décidé de me jeter à l’eau pour Need for Speed Heat. J’avais bien aimé la série des Underground il y a… Bon ok, c’était il y a environ 15 ans, et quand j’ai su que Heat n’aurait ni ces horribles micro-transactions, ni ces satanées loot box et qu’en plus ça promettait une expérience de customisation des véhicules digne des Underground, je me suis dit que c’était le bon moment pour revenir vers cette série !

Donc oui, le point de vue de cette critique est celui du joueur qui joue à ce style de jeu vraiment pour le fun et qui n’en a pas fait beaucoup sur ces dernières années et donc je m’attaque au jeu sous un angle assez différent. J’ai vu ici et là des critiques dire que le jeu était sympa sans plus et manquait d’originalité et je peux voir d’où ils viennent, puisque, fondamentalement, le jeu est assez basique dans le type d’activités qu’il propose. Mais… Je l’ai trouvé vraiment fun. J’imagine que là-encore, c’est aussi lié au fait que je n’ai pas fait beaucoup de jeux de voitures « réalistes » depuis un moment, mais voilà, je vais vous dire pourquoi vous pouvez lui laisser sa chance… Si vous avez un profil assez casual à l’égard de ce genre, comme moi.

Si Lyndrée est grosse, alors je vais à Meaux… Teur.

https://www.youtube.com/watch?v=9ewiJJe_nYI

Need for Speed Heat propose une histoire, mais je vais un peu passer dessus parce que c’est pas vraiment ma came et ça reste assez basique. On incarne un gars qui arrive à Palm City pour se faire un nom dans le milieu de la course urbaine et les flics de la ville sont méchants et veulent tout faire pour empêcher les gens de s’amuser en mettant la vie des autres automobilistes en danger. C’est simple et écrit comme un des premiers Fast and Furious et ça ne risque pas d’entrer dans les mémoires, ce qui n’est pas vraiment grave.

Le truc cool, c’est que l’on peut choisir notre personnage parmi une assez grande sélection d’avatars et celui-ci peut être ensuite pleinement customisé avec des fringues et accessoires divers. Pour le coup, je dois avouer avoir été pas mal pris au dépourvu par la quantité d’éléments que l’on peut mettre rien que sur notre personnage ! Plus d’une centaine de t-shirts, chaussures et pantalons, tous à priori de marques réelles (j’en connais aucune en dehors de Puma et Adidas, donc je ne pourrais pas dire si certaines ont été inventées pour le jeu ou non…). Il y a moyen de faire quelque chose de soit très stylé, soit totalement catastrophique et c’est plutôt cool !

Mais la customisation ne s’arrête pas au personnage, loin de là ! Votre voiture peut elle aussi être modifiée à un degré assez hallucinant. On peut mettre des stickers dans tous les sens (et il y en a une tonne avec des designs vraiment cool), changer la peinture, la carrosserie, les joues, les jantes, les pare-chocs et pas mal d’autres choses. Sachant qu’il y a plus de 120 modèles de voiture différent, vous imaginez bien que les possibilités pour faire la titine de ses rêves sont presque infinies. Et même si la plupart des options de customisation sont esthétiques, il y en a aussi qui aident à booster les performances de son véhicule… Et c’est aussi là que se trouve pour moi le plus gros défaut du jeu.

Car pour améliorer sa voiture, il faut acheter des pièces. Et pour les acheter, il faut de l’argent. Le truc, c’est que les pièces des voitures achetées ne s’appliquent qu’à la voiture que vous utilisez. Pour les autres, il faudra débourser la même somme encore et encore, signifiant que si vous voulez avoir un parc de véhicules complémentaires (un pour la vitesse, l’autre pour les drifts, un autre pour les courses hors-piste, etc), il faudra investir des sommes plus conséquentes et donc potentiellement faire du grinding en refaisant certaines courses, sachant que les refaire vous fera empocher moins d’argent que la première fois. Bon après, ça reste un problème assez léger, puisque le nombre de missions augmente pas mal au fil de l’aventure et en plus elle se diversifient passées quelques heures, mais le fait de devoir à chaque fois racheter un nouveau moteur, aussi logique cela soit-il d’un point de vue réalité, reste un poil lourdingue d’un point de vue ludique. Heureusement, les sommes demandées restent assez basses et plus on progresse, plus les sommes gagnées dans les défis les plus difficiles augmentent, donc ça reste un minimum équilibré. Quelque chose me dit qu’il était prévu d’y avoir des micro-transactions au départ, mais qu’elles ont été retirées dans les dix derniers mois de développement (heureusement) et donc ils ont rééquilibré tout ça pour rendre le processus plus juste sans pour autant le rendre totalement indolore.

L’autre détail qui m’a un peu fait tiquer vient de la structure de son mode solo : le jeu est divisé en deux phases. Les phases de jour sont celles où l’on fait des épreuves tranquillou pour gagner de l’argent. Il y a des épreuves de drift, des courses, des contre-la-montre et diverses micro-épreuves sur la carte, comme des flamants roses en néon à écraser, des panneaux à détruire ou bien des radars à faire flasher en écrasant l’accélérateur à fond. Et puis il y a les phases de nuit, où c’est à peu près la même chose, même si le gros des courses consiste plus en des lignes droites plus que des boucles à plusieurs tours et celles-ci permettent de gagner des points de réputation. Ces points vous permettront de monter en niveau et donc de débloquer plus de missions de scénario ainsi que des voitures à acheter ou bien des pièces automobiles. Il se créé donc une sorte de boucle d’interdépendance où il faut gagner des points de réputation la nuit pour ensuite faire des épreuves le jour pour gagner suffisamment d’argent pour débloquer les pièces ou véhicules qui permettront d’accomplir plus de missions de nuit (et de jour) et bis repetita.

Le twist, c’est que là où le jour c’est plutôt tranquille, la nuit, la police rôde et peut interférer dans les épreuves en nous poursuivant nous ou les autres concurrents. De plus, les points de téléportation sont déactivés la nuit et vous disposez d’une barre de vie, là où elle n’a aucune importance le jour. Si celle-ci arrive à zéro, votre véhicule est considéré comme détruit et la police vous dépouillera de tout votre argent. Il est malgré tout possible de réparer votre voiture en passant dans les stations essence et ce jusqu’à trois fois par nuit et il faut rentrer dans une des planques pour « encaisser » vos points de réputation et débloquer les missions qui manquent, sachant aussi que plus vous provoquerez la police dans une seule nuit, plus grand sera le multiplicateur de points de réputation et donc votre évolution se fera bien plus rapidement.

En théorie, les phases de nuit deviennent une sorte de jeu de survie où il faut bien peser le pour et le contre de chacune de vos actions et jeter l’éponge si nécessaire, mais dans les faits, ce n’est pas si important que ça parce que le jeu reste globalement très facile et donc mettre la police en déroute n’est qu’une formalité administrative. De plus, ils ne font pas beaucoup de dégâts, donc vous pouvez prendre pas mal de risques et les semer en les envoyant bouler dans le décor.

Et c’est peut-être parce que la récompense ne consiste qu’en des points de réputation et non de l’argent que j’ai trouvé ces phases moins intéressantes que les phases de jour. Je ne saurais trop l’expliquer, mais je trouvais juste plus fun l’idée de rester faire un maximum de courses dans la journée, au point que j’allais déclencher la nuit généralement en poussant un soupir d’obligation.

Dans les faits et avec sa structure en open world, Need for Speed Heat m’a pas mal fait penser à une sorte de Burnout Paradise avec des phases de survie et, malheureusement, moins de crashs spectaculaires ou bien la possibilité de semer la destruction chez ses adversaires (et une bande-son beaucoup plus kéké tuning et moins rock… Hélas).

Ceci étant dit, un jeu de course ne serait rien sans un bon feeling dans les contrôles et je peux dire sans crainte que Need for Speed Heat est très bon dans ce domaine-là ! Les voitures se contrôlent comme un charme et même si je ne suis pas fan du système de déblocage des parties de véhicule, le fait que l’on commence à chaque fois de zéro quand on en prend un nouveau offre une sensation de progression plutôt plaisante. Et quand les voitures vont vite, ça en devient à la fois grisant et extrêmement flippant… Au point que j’avais presque l’impression de jouer à F-Zero GX avec certains véhicules bien customisés ! Le seul truc pour lequel j’ai mis un peu de temps à m’habituer vient des drifts, qui demandent une manipulation assez précise pour se lancer et qui ne sort pas systématiquement dans les premières heures de jeu.

Après, le truc que je trouve un peu dommage vient de la difficulté globale du jeu, puisque si l’on est suffisamment consciencieux, on aura toujours une voiture trop puissante et on mettra toujours à l’amende les concurrents… Au point que pour moi le jeu consistait sur la fin à essayer de finir une course en dépassant la personne à la seconde place en ayant un tour d’avance (ce qui est toujours un plaisir sadique, soit dit en passant).

Enfin, une dernière petite précision : j’ai joué au jeu sur un PC assez puissant qui pouvait le faire tourner en Ultra sans trop sourciller et avec le RTX activé… Et bons dieux que le jeu est beau comme ça ! Quelque chose me dit que j’ai eu un petit aperçu de ce que pourront offrir les jeux de course dans la prochaine génération et ça va être plus que glorieux !

Au final, j’ai bien aimé mon temps passé sur Need for Speed Heat ! Ce n’est pas un jeu révolutionnaire, loin de là et sa structure en open-world et ses missions donne l’impression de jouer à un jeu qui aurait pu sortir sur PS2 ou PS3, mais c’est si bien fait et complet que je ne peux pas vraiment en dire du mal. Encore une fois, je tiens à préciser que ce sentiment positif vient du fait que je n’ai pas joué à beaucoup de jeux de course ces dix dernières années, donc sa structure n’a pas été trop lassante. Si vous avez joué à la plupart des jeux du genre récemment, il y a moyen pour que vous trouviez ce jeu sympa, mais pas exceptionnel.

Ceci étant dit, je pense que vous pouvez lui donner sa chance si vous cherchez une expérience solo pas trop prise de tête, d’autant plus qu’il s’agit d’un des rares jeux de cette génération à ne pas inclure de DLC obligatoires et encore moins de micro-transactions ou loot boxes, et ça, c’est un fait malheureusement trop rare aujourd’hui pour ne pas être souligné !

Si vous cherchez un jeu de course dans la lignée de Need for Speed Underground, je pense que Heat en est un plutôt bon successeur (à condition de mettre votre propre musique en fond) et c’est bien pour ça que je peux mettre ce jeu tranquillement dans la catégorie des Recommandés !

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