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[Critique Nintendo Switch] Xenoblade Chronicles : Definitive Edition – L’Incroyable Shulk !

C’est fou comment l’appréciation d’un jeu peut dépendre de nombreux facteurs et dehors des qualités intrinsèques du jeu : l’âge auquel on y a joué, ce que l’on vit dans le monde réel en parallèle du jeu et notamment le fait de le découvrir pour la première fois, sans un Internet tenace qui voudrait tout faire pour te le spoiler.

Il y a presque neuf ans je vivais une situation assez particulière où l’espoir d’un bel avenir semblait assez loin et je n’avais pas encore franchi le seuil des vingt ans. De fait, un jeu à propos d’une bande de jeunes adultes vivant une aventure extraordinaire avec l’avenir pour toile de fond ne pouvait que profondément me marquer.

Neuf ans plus tard, je me rapproche de la trentaine et mon avenir, bien que toujours aussi incertain, s’est considérablement amélioré… Mais j’ai déjà joué à Xenoblade Chronicles et donc presque toute trace de découverte a été remplacée par la redécouverte. Tout ce que je vivais il y a neuf ans s’est mise sous une lumière différente et donc en en connaissant tout, je pouvais mieux apprécier les plus petites choses et ai repris énormément de plaisir à arpenter à nouveau ce monde aussi étrange qu’unique !

Xenoblade Chronicles est un jeu exceptionnel et Xenoblade Chronicles : Definitive Edition le rend légèrement plus exceptionnel par endroits… Mais se prend un peu les pieds dans le tapis là où je l’attendais le plus au tournant.

Au moins je me console en me disant que l’expérience qui m’avait autant marqué à l’époque est toujours aussi incroyable et mérite absolument d’être jouée par tout joueur intéressé dans des jeux vraiment matures.

L’Incroyable Shulk

Le meilleur conseil que je peux vous donner à propos de Xenoblade Chronicles, c’est de faire comme moi il y a neuf ans et d’y jouer en en sachant le moins possible de son histoire (à ceci près que vous le ferez sur Switch et non sur Wii et donc la console aura statistiquement moins de chance de vous claquer entre les pattes parce qu’il a détruit le lecteur de disques rgngngngn). De ce fait, je ne vais me limiter qu’au strict minimum et vous en raconter le principe de base.

On incarne Shulk, ce fameux personnage de Super Smash Bros. Ultimate avec l’épée rigolote erm… Un jeune homme débrouillard qui vit sa vie plutôt tranquillement avec ses amis au sein d’une colonie humaine nichée sur la jambe du cadavre de Bionis, un titan mort des millénaires plus tôt à la suite d’un combat sans merci contre Mékonis, un autre titan.

Et même si le conflit entre les deux titans s’est achevé à leur mort, ce n’est pas le cas entre les peuples des deux titans, qui perpétuent la tradition en se mettant régulièrement sur la tronche. Malheureusement pour Shulk, sa vie va prendre un tournant pour le pire lorsque le peuple de Mékonis parvient jusqu’à eux et… Je n’irai pas plus loin, malgré ma très forte envie de le décortiquer.

Car Xenoblade Chronicles est un jeu réputé pour ses twists de malade et sa mise en scène et ça serait dommage d’aller plus loin. Sachez juste que c’est une histoire extrêmement riche, extrêmement dense et dotée d’un excellent rythme, rendu encore plus soutenu via l’ajout d’un mode Facile (optionnel, bien entendu) qui divise quasiment par deux le temps de jeu. Littéralement. Sur Wii, j’avais mis une soixantaine d’heures pour le finir sans avoir l’impression de traîner, tandis que sur Switch et en Facile, je l’ai fini en 36 heures ! Et en prenant un peu mon temps à faire des quêtes annexes en plus ! Dans un mode de difficulté comme dans l’autre, ça reste une aventure avec un très bon rythme qui ne perd jamais de temps en digressions, sans pour autant négliger ses personnages, qui sont tous très intéressants !

En termes de structure et de gamplay, Xenoblade Chronicles est un JRPG aussi atypique qu’assez révolutionnaire pour l’époque, car il encourageait très activement l’exploration tout en coupant le gras assimilé au genre à l’époque. Ça peut paraître assez classique aujourd’hui, mais le jeu nous récompense activement avec des points d’expérience et de compétence dès que l’on arrive quelque part d’inédit ou bien que l’on découvre un élément de décor unique, faisant que l’on peut potentiellement gagner des niveaux rien qu’en se baladant (et on gagne des bonus encore plus importants si l’on découvre des endroits plus planqués que les autres).

Une autre façon de rendre l’exploration et les quêtes annexes intéressantes vient du fait qu’il ne vous est presque jamais demandé de retourner voir le PNJ qui vous a donné la quête à accomplir ! Dès que vous remplissez les prérequis, c’est validé et vous recevez directement vos points d’expérience et votre récompense. Couplez ça au fait que vous pouvez cumuler autant de quêtes que vous le souhaitez, sachant que certains PNJ peuvent en proposer jusqu’à 4 en même temps et ça fait que vous pouvez rendre l’exploration des lieux beaucoup plus organique, voire même vous en accomplirez sans forcément faire attention !

D’ailleurs, toujours concernant les quêtes, la Definitive Edition nous apporte une petite nouveauté bien utile : la possibilité d’activer son GPS aussi bien pour l’histoire que pour une quête annexe ! C’est tout bête, mais ça permet de plus facilement accomplir des quêtes spécifiques et ça, ça fait plaisir !

Par contre, s’il y a bien deux trucs que le jeu explique très mal et qui peut facilement être oublié, ça concerne la possibilité d’améliorer nos attaques via les points d’expérience qui leur sont spécifiques et, pire encore, les compétences passives qui elles passent à la trappe des tutoriels et nécessitent absolument de passer dans un menu qui leur est dédié. Concrètement, chaque personnage a 15 compétences réparties sur trois arbres différents. Ces arbres se remplissent tranquillement au fil de l’aventure et des monstres tués, mais jamais on ne nous dira si un arbre est plein ou non !

Il faut vérifier régulièrement, parce que si on ne le fait pas, on peut rater la chance d’avoir de nouvelles compétences passives, sachant qu’il est aussi possible de se les refiler entre personnages si leur lien d’affinité est suffisamment fort ! Grosso modo, vous pouvez potentiellement louper la chance de booster vos gains d’expérience ou bien la possibilité d’équiper n’importe quelle pièce d’équipement si vous ne faites pas vos devoirs et ça serait bien dommage !

Deux autres systèmes beaucoup plus discrets et optionnels viennent de l’encyclopédie et le sociogramme. Le premier consiste juste à ramasser des bidules dans le décor que vous consignerez dans l’encyclopédie. Remplissez une ligne et vous gagnez un objet au pif. Remplissez une page et là, ça devient très intéressant puisque vous gagnez une pièce d’équipement généralement bien plus puissante que tout ce que vous pouvez trouver sur le terrain !

Le sociogramme, quant à lui, est une immense toile que l’on remplit en complétant des quêtes et qui permet de lier les gens entre eux, aussi bien les PNJ que les personnages principaux. L’intérêt, c’est de débloquer des nouvelles quêtes ou bien obtenir des réductions en boutiques, mais pour les personnages principaux, c’est bien plus utile sur le long terme, puisqu’il permet d’apprendre plus de compétences différentes et de débloquer des Tête-à-Tête, soit des scènes bonus qui montrent les personnages dans des situations plus ou moins liées au scénario principal. Généralement c’est des moments de détente, mais ça peut être un peu plus chargé émotionnellement et c’est toujours très intéressant !

Côté combats, c’est le point qui rendait Xenoblade plutôt unique et effrayant à l’époque, car son interface paraît très chargée, mais en fait c’est plutôt simple une fois expliqué : vous avez une barre avec vos différentes attaques spéciales. Lorsque vous utilisez une attaque, elle n’est plus disponible avant un moment et vous pouvez soit toutes les spammer comme une brute sans finesse ou bien essayer de les utiliser de manière logique pour créer des effets spéciaux. La stratégie de base consiste à utiliser une attaque qui déséquilibrera l’adversaire, puis utiliser une technique qui le fera tomber pour non seulement l’immobiliser mais aussi lui faire plus de dégâts. Et quand vous n’attaquez pas avec des attaques spéciales, vous attaquez automatiquement pour remplir votre jauge de super attaque.

Notez aussi que certaines attaques ont des propriétés spéciales, comme faire plus de dégâts quand on attaque de dos et que si vous parvenez à activer ces propriétés, vous remplissez une jauge de groupe qui vous permettra de faire un enchaînement customisé où vous choisissez une attaque par personnage. Concrètement et en facile, le secret pour gagner systématiquement, c’est de remplir cette jauge et l’utiliser pour que vos deux premiers persos fassent tomber l’adversaire et utiliser le troisième pour l’achever. Si vous jouez bien vos cartes, non seulement l’enchaînement durera longtemps, mais en plus il peut potentiellement être relancé une seconde, voire une troisième fois et même les boss qui ont trois à quatre niveaux de plus que vous ne pourront pas résister bien longtemps. Bon, en normal, c’est un peu plus compliqué et si vous n’êtes pas au même niveau que le boss vous allez passer un sale quart d’heure, mais ça reste une tactique viable.

Et même si vous passerez probablement quelques heures à bien intégrer le fonctionnement du système de combat, il possède une bonne grosse dose de profondeur, car chaque personnage a son style de combat qui fait que l’on peut facilement s’y retrouver, sans parler du fait qu’en dehors de Shulk, tous les autres ont plus d’attaques que de place dispo donc vous pourrez les customiser comme bon vous semble !

D’ailleurs, en parlant de customisation, je fais un petit aparté sur une nouveauté plus que bienvenue de Definitive Edition : la possibilité d’équiper une armure d’apparat en plus de celle que l’on équipe pour les stats. Parce que dans l’original, l’option n’était pas présente et vers la fin du jeu vos personnages auraient été interpellés par la fashion police pour être des désastres esthétiques ambulants avec des pièces d’armures non accordés ou juste un peu moches.

Dans Definitive Edition, dès que vous mettez la main sur certains éléments, vous pourrez les équiper juste pour l’esthétique sans sacrifier les stats d’une armure plus puissante, faisant que vous pouvez jouer avec des personnages aussi bien stylés que ridicules en toutes circonstances. J’ai fait la moitié du jeu avec un Shulk qui portait une veste vert pétant à moitié ouverte, des lunettes et un pantalon de plongée qui le faisaient ressembler à un surfeur un peu hippie et c’était glorieux !

Notez d’ailleurs que vous pouvez débloquer des éléments de personnalisation inédits grâce à un tout nouveau mode Time Attack qui, comme son nom l’explique, vous met face à des groupes de monstres qu’il faut défoncer le plus vite possible pour gagner soit des points qui vous permettront de débloquer ces éléments lentement, soit de les débloquer de suite en obtenant un rang S.

Enfin, le plus gros argument de vente de ce Definitive Edition reste sans nul doute la refonte graphique et musicale de l’ensemble ! Et même si j’avais une certaine affection pour les modèles de l’original qui donnaient l’impression de jouer à une suite à Vagrant Story, je ne peux qu’adorer les nouveaux modèles des personnages, qui sont infiniment plus expressifs, montrant même certaines subtilités qui n’étaient pas présentes dans l’original ! Les décors ont aussi été un peu revus, même si la différence est plus subtile et nécessiterait que l’on fasse des comparatifs directs avec l’original pour s’en rendre compte. Le seul bémol vient parfois du fait que la Switch ne suive pas la cadence et saccade, voire ralentit de temps à autres. Heureusement, ça reste assez rare, mais on sent que le jeu met parfois la console à genoux.

Côté musiques, comme pour les décors, les musiques réorchestrées sont assez subtiles dans leur traitement. Après tout, la bande-son de Xenoblade Chronicles est parfaite et légendaire et donc il n’y avait pas grand chose à faire pour l’améliorer ! Quelques lignes de basse ici ou là, une guitare acoustique en plus et le tour est joué ! Je pense surtout que la différence sera notable lorsque l’on écoutera les pistes en dehors du jeu et c’est d’ailleurs aussi stupide qu’incompréhensible qu’ils n’aient pas intégré le mode Jukebox de la version Nintendo 3DS, sachant que la Switch est parfaitement capable de le faire comme en atteste Super Smash Bros. Ultimate…

Mais s’il y a un point qui va diviser tout autant que réjouir, c’est dans la partie doublages. Les doublages anglais ne sont pas tout le temps excellents, mais le fait qu’ils soient si britanniques fait fondre mon cœur ! Ceci étant dit, la version japonaise n’est pas en reste, avec notamment Dunban qui est doublé par… Ryô Horikawa, que l’on connaît notamment pour être la voix de Vegeta dans Dragon Ball Z ! Et ça, c’est la giga-classe !

Bref, c’est assez difficile de choisir entre les deux, mais sachez que l’un comme l’autre, vous en prendrez plein les oreilles parce que les combats sont une cacophonie incroyable où il ne se passe pas une seconde sans que quelqu’un vous hurle dans les oreilles. Personnellement, ça ne m’a pas vraiment dérangé puisque l’ai l’habitude et que les compilations de Game Grumps où Arin hurle de rage me bercent (véridique), mais si vous n’êtes pas quelqu’un de bizarre, vous pouvez heureusement diminuer le bruit des voix hors cutscenes via les options.

Au final… Bah vous pensiez que j’en avais fini ? Non, parce qu’il me reste encore Future Connected, l’épilogue du jeu inédit à couvrir ! Rassurez-vous, je n’entre pas dans les détails, mais j’avais bien dit que le jeu se prenait les pieds dans le tapis là où je l’attendais le plus et vu que ça concerne cet épilogue, il faut que j’explique vite fait pourquoi.

Grosso modo, la série Xenoblade Chronicles est réputée pour ses twists de fou et lorsqu’on nous a annoncé l’arrivée d’une extension avec le titre Future Connected, je m’attendais à y trouver une histoire intéressante qui fasse potentiellement le lien avec un inévitable Xenoblade Chronicles 3, ou alors qui lie les deux premiers épisodes d’une manière ou d’une autre.

Et il n’en est rien.

Il s’agit juste d’un petit épisode bonus qui est bien sympa en lui-même, mais qui dans le grand ordre des choses ressemble juste à une de ces suites de mangas qui n’apporte rien d’important à l’intrigue de base, comme La Reine des Neiges 2… Wait, c’est pas un manga. Erm… Boruto ? On va dire ça, même si j’aime bien la série. C’est pas mauvais, mais c’est juste qu’en y allant avec de très grosses attentes et après avoir sorti une extension aussi folle que Torna The Golden Country pour Xenoblade Chronicles 2 qui avait mis la barre très haut, bah je n’ai fini que par être déçu. En bref : n’y allez pas avec de trop grosses attentes si vous êtes un fan du lore de Xenoblade en général. Que ça existe n’est pas un problème, ça reste inoffensif, mais ça aurait pu ne pas exister que ça n’aurait rien changé d’important et ça ne diminue en rien l’importance du jeu de base.

Selon votre façon de jouer, Future Connected pourra durer environ 3 heures si vous foncez de point de scénario en point de scénario, ou bien 6 heures si comme moi vous vous focalisez sur la quête annexe principale (j’y reviens), voire probablement une dizaine d’heures si vous souhaitez tout faire à 100%.

Ce grand écart est principalement justifié par l’abondance de quêtes annexes plus ou moins importantes, dont une qui consiste à réunir douze nopons qui se joindront à votre équipe et qui remplacent votre jauge d’équipe. En gros, une fois la jauge d’équipe remplie, vous pouvez les utiliser pour lancer un petit QTE qui aboutira soit sur des attaques dévastatrices ou bien des soins bien véners, sachant que plus vous aurez de nopons dans l’équipe, plus les attaques seront violentes. Disons juste qu’avec une équipe complète, n’importe quel boss verra sa barre de vie réduite de 50% en une seule attaque. Même le boss final. Ça vaut vraiment le coup de s’y attarder parce que la quête les impliquant est aussi très drôle !

Enfin, Future Connected remplace les tête-à-tête par des Apartés et même si concrètement c’est la même chose, ces derniers ne demandent rien de plus que d’avancer dans le scénario et d’avoir les bons membres dans l’équipe. De plus, contrairement aux tête-à-tête, les apartés sont entièrement doublés et peuvent durer facilement cinq minutes ! Ce sont des scènes souvent très cool qui approfondissent un peu plus les personnages et c’est là-aussi un truc qui mérite qu’on les déniche !

Au final, Xenoblade Chronicles Definitive Edition reste un des meilleurs JRPG de tous les temps et cette édition n’a fait que renforcer ce sentiment. Vaste, impressionnant, prenant et complètement fou, c’est un JRPG qui mérite d’être découvert en en sachant le moins possible pour vraiment s’en prendre plein la tronche et qui peut potentiellement changer votre vision de la vie en mieux comme il me l’avait fait il y a neuf ans ! Si vous avez entre 12 et 19 ans, c’est sûr et certain qu’il va profondément vous marquer et si vous êtes un peu plus vieux, ça n’en reste pas moins une aventure exceptionnelle ! C’est un jeu optimiste dans le meilleur sens du terme et même si je lui préfère désormais le 2, il n’en reste pas moins un des piliers du jeu vidéo. Un pilier titanesque, en somme.

Le seul truc qui vous empêcherait de le faire serait peut-être le fait qu’il soit un poil complexe et que ça demande une petite poignée d’heures pour s’y acclimater, mais en dehors de ça, je pense sincèrement que n’importe qui se doit de le faire un jour !

Après, si vous avez déjà fait l’original et que vous n’êtes là que pour Future Connected… Ouais, là c’est un peu plus compliqué, je le reconnais. Encore une fois je le répète, c’est sympa, mais si vous y allez en attendant des révélations ou bien des indices pour la suite de la série, vous risquez d’être sacrément déçu. Ceci étant dit, si vous avez fait l’original il y a des années de ça, je ne peux que vous recommander de le refaire, ne serait-ce que pour vous amuser à redécouvrir le jeu sous un nouvel angle.

Et c’est pourquoi, sans surprise, Xenoblade Chronicles Definitive Edition est un Indispensable !

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