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[Critique Nintendo Switch] World’s End Club – Quand Danganronpa et Zero Escape font des bébés trop mignons !

Kazutaka Kodaka et Kotaro Uchikoshi sont des génies responsables de deux des séries de visual novels les plus marquantes de la fin des années 2000 et des années 2010 de manière générale. Ces deux cerveaux, responsables des très dérangés Danganronpa et Zero Escape nous en ont fait voir de toutes les couleurs (notamment du rouge sang et du rose fluo) et c’est pour ça que leur alliance ne pouvait qu’annoncer du très lourd !

Et en parallèle d’un Death Come True aussi expérimental que très chouette de la part de Kazutaka Kodaka, le duo a passé quelques années à développer un projet nommé Death March Club qui semblait pas mal prometteur avec un character design mignon et coloré de la main de la très talentueuse Takegarou qui a notamment bossé sur les derniers jeux Pokémon.

Les années passent, le projet change de nom pour le moins sinistre World’s End Club et la première moitié du jeu sort en exclusivité sur Apple Arcade avant de sortir en version complète sur consoles.

Et même si les gens les moins matures du fond de la salle déploreront l’absence de sang ou de morts brutales, World’s End Club est tout autant un bon successeur à Danganronpa et Zero Escape qu’un visual novel qui a sa propre identité et qui ne manquera pas de nous retourner le cerveau un bon paquet de fois !

… Oh et c’est aussi un jeu de plateformes ? Ah oui, c’est vrai…

Escape Through the Country

Je ne vais pas entrer dans les détails du scénario pour ne pas spoiler ce qui est le gros point fort du jeu, donc je vais juste vous donner le pitch initial des 20 premières minutes et juste un poil au-delà.

Un groupe d’écoliers part en voyage scolaire dans un bus et alors qu’ils passaient du bon temps à mater des films angoissants, un météore frappe Tokyo et les enfants sont pris dans le souffle de l’explosion et se réveillent dans un parc d’attraction sous la mer où ils doivent participer à un jeu mortel où un seul d’entre eux s’échappera.

Et là si vous vous dites que ça ressemble un peu trop à Danganronpa ou Zero Escape, c’est normal, c’est juste un petit clin d’oeil de la part de Uchikoshi et Kodaka avant de passer à un truc radicalement différent : un road-trip à travers le Japon pour rentrer à la maison et je n’irai pas plus loin, car même si je donne l’impression de spoiler un gros twist, ce n’est absolument rien comparé à ce que réserve la suite !

World’s End Club est clairement le digne héritier des séries que je n’arrête pas de citer et il vous balancera des plot twists régulièrement comme si de rien n’était, au point que même si je pensais déjà avoir grillé certains twists que je pensais être la fin d’un mystère, le scénario trouvait toujours moyen d’utiliser ces twists comme base pour construire d’autres mystères et agréablement me surprendre !

L’autre gros point fort du jeu vient de son cast de personnages ! Les 11 enfants du groupe ont tous leur personnalité propre et un minimum de backstory et même si certains peuvent un peu trop verser dans certains clichés, ils ont assez de répondant pour créer une dynamique vraiment intéressante et qui donne envie d’aller jusqu’au bout de l’aventure et qui rendent l’histoire plaisante à suivre.

En fait, si World’s End Club n’était qu’un simple visual novel, ça aurait largement suffi à en faire un jeu vraiment cool et même si je trouve admirable le fait qu’ils aient décidé d’aller au-delà de ce genre de jeu pour proposer quelque chose de plus interactif… Disons que la partie gameplay pure n’était pas forcément nécessaire.

Car en dehors de ces très nombreuses et longues cutscenes, World’s End Club nous propose aussi des phases de plateforme ultra simplistes pour coller au format de jeu mobile, Apple Arcade oblige.

On se déplace d’un bout à l’autre du niveau en évitant les obstacles sur la route et en résolvant des énigmes pas hyper complexes basées sur les compétences de nos personnages, sachant que l’on nous imposera toujours un personnage dans une situation donnée et trop bien rarement on jouera des synergies qui auraient pu nous être offertes. Couplez ça au fait que tous les ennemis nous tuent en un contact et la seule pénalité, c’est de revenir quelques secondes en arrière grâce à des checkpoints hyper généreux et je ne comprends même pas pourquoi le jeu propose différents modes de difficulté.

Dans un sens, l’absence de complexité de l’ensemble fait que n’importe qui peut jouer et voir le bout de l’histoire, mais ça me rend curieux sur le fait que les développeurs aient voulu à tout prix inclure des séquences de gameplay qui fatalement donnent juste l’air d’être superflues.

Côté présentation, le jeu n’hésite pas à jouer la carte du style, avec des designs de personnages vraiment plaisants, des menus stylisés et des dialogues entièrement doublés par un cast qui est plus qu’impliqué ! Les musiques sont erm… Sympa, même si pas vraiment mémorables et, truc vraiment cool, le jeu est intégralement traduit en français ! Il y a 2/3 micro-bourdes ici et là, mais rien de bien grave et le traducteur s’est vraiment éclaté dans l’adaptation de certains jeux de mots qui auraient été impossible à traduire de manière littérale, donc je ne peux que saluer l’effort !

Au final, World’s End Club aurait pu être un excellent visual novel s’il n’avait pas légèrement été tiré par le bas par un gameplay pas vraiment nécessaire en plus d’être tellement simpliste qu’il en devient pas vraiment fun. Après, je n’irais pas jusqu’à dire qu’il ne mérite pas d’être fait, bien au contraire, l’histoire vaut carrément le détour avec ses personnages très attachants et l’impression de partir dans une grande aventure, mais bon, faut juste savoir dans quoi on s’embarque avant de craquer et la démo devrait pas mal vous aider à vous décider !

Je recommanderai bien le jeu quoi qu’il arrive, mais principalement aux habitués des visual novels et qui n’ont pas peur de passer 10 minutes à lire du texte avant de jouer 5 minutes et repasser 10 minutes à lire. Ce n’est clairement pas pour tout le monde, mais je pense que ceux qui aiment le style de Danganronpa et Zero Escape et n’ont pas peur de faire face à un jeu avec un ton un peu plus léger devraient pas mal l’apprécier !

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