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[Critique Nintendo Switch] The Legend of Zelda Skyward Sword HD : Un épisode terrifié par l’idée d’être trop court !

J’ai toujours du mal à croire que ça fera bientôt 10 ans que j’ai joue à The Legend of Zelda : Skyward Sword sur Wii. Ça semble à la fois si proche et si… Si lointain que si j’allais plus loin sur ce fil de pensée je finirais par faire une crise existentielle en me disant que j’ai déjà passé plus d’un tiers de ma vie avec des souvenirs liés à ce jeu.

Et ces souvenirs sont vraiment bons, au point que comme pour Super Mario 3D World, j’avais eu l’intention de me le refaire l’an dernier avant de finalement devoir oublier l’idée à cause d’un trop-plein de boulot et Nintendo semble avoir encore une fois lu dans mes pensées, puisque Skyward Sword sort aussi cette année sur Switch dans une version HD qui corrige certains de ses plus gros problèmes et le rend bien plus accessible à tous tout en permettant de mettre le doigt sur deux détails qui ont fait que le consensus autour de ce jeu était plus négatif qu’il n’aurait dû l’être.

Sans surprise, le premier détail qui est corrigé dans cette version HD, c’est que le jeu est plus accessible via la possibilité de se passer de motion gaming (ce qui est vraiment génial pour les personnes souffrant de certains handicaps et qui n’ont pas hésité à manifester leur joie sur les réseaux sociaux), mais il est aussi beaucoup moins « accessible » en prenant la définition que Nintendo avait du mot il y a 10 ans. Ici, on ne nous tient plus autant par la main au point de tout sur-expliquer. Les tutoriels ont été raccourcis et aussi et surtout, miracle : Fay ne parle plus. Mais genre vraiment plus au point que j’ai légitimement sursauté deux fois en la voyant apparaître parce que je ne m’y attendais pas ! Elle n’est plus qu’une aide optionnelle qui n’apparaît que quand on le veut, faisant qu’elle peut n’apparaître que dans les cutscenes si on décide de l’ignorer complètement. Et. Ça. Fait. Un. Bien. Fou !

Le second point que soulève ce remaster HD et dont je ne m’étais pas rendu compte à l’époque, c’est à quel point cet épisode était terrorisé à l’idée d’être trop court ! Il faut dire qu’à l’époque, pas mal de jeux pouvaient se faire défoncer gratuitement parce qu’ils avaient l’outrecuidance d’être trop courts ! Bien évidemment et c’est encore le cas aujourd’hui, le prix reste un facteur essentiel dans le fait de donner l’impression de passer un bon moment ou non, mais à l’époque, si un jeu d’une série était plus court que l’épisode précédent, c’était un scandale. Le public a changé, le monde du jeu vidéo a évolué et ce genre de pensées sur le temps de jeu impacte beaucoup moins le développement des jeux de manière globale, heureusement pour le meilleur.

Quand je l’avais fait en 2011, Skyward Sword m’avait tenu une trentaine d’heures en ligne relativement droite à force de me taper des interventions de Fay et aussi et surtout parce que le jeu ne savait absolument pas quand s’arrêter, au point de se relancer une troisième fois pour deux heures de trop là où au bout du second acte il y avait un point d’arrêt parfait qui aurait pu rendre l’expérience bien plus mémorable.

En 2021, mon temps de jeu est passé à à peine au dessus de la barre des 19h grâce à toutes les coupes, la disparition de Fay et, bon, aussi un peu le fait que je me souvenais de la solution de la majorité des énigmes, mais ça ne m’a pas empêché de ressentir tout le poids de ce troisième acte qui n’était pas nécessaire et clairement là pour dire que le jeu durait plus d’une vingtaine d’heures. Encore une fois, ça pose la question de savoir si l’on veut jouer à un jeu qui est long pour être long sans se soucier de prendre un bon gros coup de plomb dans l’aile côté rythme ou bien si l’on veut une expérience avec un rythme maîtrisé, quitte à ce que ce soit 4 ou 5 heures plus court…

Mais j’ai l’impression de m’égarer un peu. Faudrait peut-être que je parle du jeu en lui-même, non ?

L’histoire de Skyward Sword propose un pitch des plus intéressants pour la série : après une guerre cataclysmique contre l’incarnation du néant, la Déesse Hylia décide d’isoler son peuple dans les cieux afin qu’ils puissent survivre et éviter de devoir se coltiner les démons qui grouillent en bas. Quelques millénaires plus tard, on incarne Link, un apprenti chevalier qui vit dans une école aux côtés de Zelda et tout se passe bien… Jusqu’à ce que ça ne se passe plus bien, puisque Zelda disparaît dans une tornade sortie de nulle part et Link va tout faire pour la retrouver, armé d’une épée habitée par le pire cauchemar des joueurs en 2011 : Fay.

Et même si l’histoire est très classique pour du Zelda, elle n’en reste pas moins très agréable à suivre grâce à l’alchimie entre Link et Zelda et tous les personnages secondaires, dont le meilleur d’entre tous : Hergo ! Je n’en dirai pas plus à son sujet, mais c’est un des persos les plus cool de la série ! Oh et Ghirahim est un des meilleurs méchants de la série ! Il est une menace constante et sa personnalité flamboyante font que c’est toujours un plaisir de le voir à l’écran !

D’ailleurs, un truc intéressant à noter, c’est que beaucoup disent que Skyward Sword était plus ou moins un prototype de Breath of the Wild pour pas mal de ses mécaniques de gameplay, mais je pense aussi que cet épisode était une sorte de premier jet pour le personnage de Zelda (si l’on excepte Tetra, mais elle est assez différente elle-aussi). Dans Skyward Sword, Zelda est drôle, maligne et elle n’hésite pas à prendre les devants pour le bien de ses proches, des traits que l’on retrouvera aussi chez son incarnation future sur Wii U et Switch et qui deviendra la meilleure Zelda de toutes. Bon ok, c’est subjectif, mais celle de BotW est de loin ma préférée et encore plus depuis Age of Calamity.

Côté gameplay et structure, Skyward Sword avait pas mal déçu les internautes non seulement à cause des interventions quasi non-stop de Fay (point désormais rendu caduc dans la version HD), mais aussi parce que c’était un Zelda « comme les précédents » et qui « jouait trop la carte de la sécurité », alors qu’en vrai, à un gros détail près, c’est le point culminant de la série.

D’ailleurs, je vais évacuer ce gros détail de suite et je sais pourquoi c’est le truc qui a le plus déplu aux gens : niveau exploration, Skyward Sword nous fait un bon gros zéro pointé. La mer de nuages est un immense hub avec que des cailloux et qui est assez pénible à traverser à cause d’un oiseau juste un poil trop lent et les trois zones que l’on peut traverser sur terre ne sont que des donjons glorifiés que l’on parcourra pas loin de trois fois, et même quatre si l’on compte les psysalis. Le jeu est, de fait, extrêmement linéaire et ce ne sont pas vraiment les quêtes annexes disponible en grande majorité à Célesbourg qui casseront cette impression… Même si elles sont nombreuses et parfois très longues, comme dans les épisodes précédents.

Et j’ai dit que les trois zones sont des donjons glorifiés, mais personnellement, je dis ça de façon plus que positive ! Elles sont truffées d’énigmes à ne plus savoir qu’en faire au point que je comprends mieux pourquoi le développement du jeu avait pris pas loin de cinq ans ! Le level-design est une véritable mine d’or de possibilités et de mécaniques qui sont présentes et utilisables durant les trois actes du jeu sans forcément dire quand on les utilisera, donnant quasiment au jeu un côté « Metroid-esque », puisqu’au cours de l’aventure on récupérera des objets qui nous serviront plus tard.

En parlant d’objets, et c’est là que Skyward Sword est tout aussi incroyable, c’est que contrairement aux précédents épisodes où chaque objet en dehors de l’arc et des bombes nous servait grosso modo dans un seul donjon et puis une fois celui-ci terminé on ne s’en servait plus, ici tous les objets seront utiles dans tous les donjons, au point parfois que l’on peut être perdu parce que l’on a oublié que l’on pouvait faire des trucs avec un objet trouvé trois donjons plus tôt ! Encore une fois, ça démontre la force du level-design de cet épisode et du degré de précision avec lequel chaque niveau a été construit.

Mais ce qui pour moi fait la grande, très grande force de cet épisode, c’est sans nul doute ses donjons, et notamment deux en particulier qui sont les deux meilleurs donjons de toute la série. Si vous avez joué au jeu, vous savez d’office de quoi je parle tant ils sont mémorables car aussi bien leur esthétique que les énigmes qu’ils abritent sont absolument incroyables, l’un d’entre eux proposant même le meilleur boss tous Zelda confondus hors boss final ! Ça peut paraître comme une hyperbole pour ceux qui ne l’ont pas fait, mais ceux qui l’ont fait savent que j’ai raison ♪

Bien entendu, tout n’est pas non plus si rose que ça, puisque le jeu possède ses moments de lourdeurs, notamment durant un troisième acte assez pénible à traverser du fait qu’arrivé à ce stade, on pensait plus ou moins en être arrivé au bout, le système de détection, qui permet de passer en première personne pour trouver des bidules cachés peut vite être redondant et il y a le Banni, le pire boss de la série que non seulement on doit battre trois fois, mais en plus, deux de ces fois sont espacées de seulement 40 minutes ! On sent que cette troisième confrontation est là juste pour rallonger ne serait-ce que d’un peu la durée de vie du jeu et en plus le combat n’est pas vraiment fun.

Et c’est sans parler des psysalis, que certains aiment, mais que perso je hais tant c’est une source de stress constante qui m’enlève au moins un mois d’espérance de vie à chaque fois que j’en traverse une. En gros, si vous avez fait Twilight Princess, il y avait ces phases dans le monde du crépuscule où il fallait récupérer des perles de lumière sous forme de loup. C’était un peu long, mais très tranquille et sans stress. Dans Skyward Sword, ils ont repris le principe à l’identique (sans le loup), mais ils ont rajouté une limite de 90 secondes entre la récolte de chaque perle de lumière autrement on se fait poursuivre par des monstres terrifiants qui peuvent nous one-shot et nous forcer à tout recommencer depuis le début. Oh et il y a aussi des créatures qui ne sont là que pour nous mettre la pression et qui appellent les gardiens s’ils nous voient et parfois y’a des flaques d’eau qui apparaissent au pif et qui peuvent elles aussi invoquer les gardiens si on les touche. Bref, les psysalis sont une source de stress constants au point que j’ai hurlé les quatre fois que j’ai du les traverser. Yay.

Côté gameplay, le remake HD a réussi non sans mal à transposer le gameplay de l’original à une configuration jouable uniquement aux boutons et ça marche plutôt pas mal ! J’ai fait tout le jeu comme ça et même si je me suis souvent emmêlé les pinceaux, notamment du fait qu’il faut maintenir le bouton L enfoncé pour contrôler la caméra avec le stick droit et que l’épée se contrôle avec le même stick droit, ça reste plus que jouable… Sauf dans les moments qui nécessitent des bons réflexes tout en agitant le stick dans des directions contraires. Là ça marchait une fois sur trois, même si on s’y fait assez vite. Le truc un peu moins rigolo avec les contrôles aux boutons, c’est à quel point certains duels peuvent être bouclés extrêmement rapidement, notamment un des boss de fin que j’ai défoncé en à peine deux minutes puisque j’avais juste à faire cliquer le stick plusieurs fois pour le vaincre. Woops.

Bien entendu, le jeu est jouable avec le motion control comme à l’époque, et pour pas mal d’actions, ça reste très bien implémenté, mais pour d’autres phases comme les phases de nage ou de vol vous sentirez un besoin urgent de repasser à des contrôles plus classiques pour ne pas avoir à faire bouger votre manette à gauche et à droite.

Enfin, côté présentation, Skyward Sword HD joue la carte du service minimum avec des textures lissées… Mais en vrai il n’avait besoin que de ça tant le jeu reste sublime encore aujourd’hui ! Alors certes, les arbres sont moches vus de haut, mais la direction artistique est à tomber par terre et le niveau de détail rend chaque zone unique. Les donjons en particulier ont bénéficié du plus grand soin, avec des esthétiques uniques et fascinantes qui feront bouillir tous les artistes en herbe. Et c’est sans parler d’une certaine zone dans le désert qui m’émerveillera toujours, mais je vous laisse le plaisir de découvrir ça par vous-même.

Oh et les musiques orchestrales sont très très cool. Oui, je ne sais pas quoi dire de plus, mais elles sont très très cool.

Et double oh, mais l’amiibo ne sert à rien. Il y avait eu un pseudo-scandale à propos du fait que c’était indécent d’offrir la possibilité de se téléporter de n’importe où grâce à l’amiibo, mais concrètement, on peut le faire dès que l’on tombe sur un point de sauvegarde, sachant que ceux-ci sont présents presque littéralement tous les dix mètres. L’amiibo ne nous fait gagner que 5 minutes au grand maximum, ce qui n’est pas un immense gain de temps pour 26 euros, vous conviendrez. Ceci dit, il est très joli et détaillé. Ça ne justifie pas totalement le prix, mais pour l’avoir eu en réduisant le prix avec un bon d’achat de 10 euros, je n’en suis pas mécontent !

Au final, vous aurez compris que j’ai pris énormément de plaisir à redécouvrir The Legend of Zelda : Skyward Sword en version HD. Toutes les petites coupes ici et là ont fait de ce jeu un épisode vraiment agréable à parcourir et même si pour beaucoup ça ne justifiera pas le fait de devoir payer 60 euros pour ça (surtout quand Wind Waker HD en coûtait 50), ça n’en reste pas moins un excellent épisode à faire si vous ne l’aviez pas fait à l’époque sur Wii.

Ceci étant dit, si vous venez jouer à un Zelda pour l’exploration, je pense que vous pouvez faire une petite croix dessus ou bien réajuster vos attentes. Skyward Sword est un épisode presque exclusivement focalisé sur la résolution d’énigmes, ce qui peut être éreintant pour certains, mais très stimulant pour ceux qui ont trouvé que Breath of the Wild ne proposait pas assez de vraies énigmes.

Dans tous les cas, The Legend of Zelda : Skyward Sword HD reste à mes yeux un Indispensable, avec le petit astérisque en coin qui fait que vous devriez juste y mettre le prix que vous jugez juste, sauf si payer plein pot ne vous embête pas, bien évidemment.

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