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[Critique Nintendo Switch] Legend of Mana – Le plus beau jeu de la PS1 est de retour !

S’il y a bien une série qui méritait de revenir sur le devant de la scène ces dernières années, c’était bien la série des Mana, tombée dans l’oubli suite à la sortie de deux épisodes un peu moyens sur Nintendo DS qui eux-mêmes avaient fait suite à un épisode 4 sur PS2 qui n’avait pas du tout fait l’unanimité.

Puis après un réveil forcé suite à la sortie de remakes vraiment pas dingues des deux premiers Seiken Densetsu, dont le remake catastrophique de Secret of Mana, pourtant l’épisode le plus culte de la série, Square Enix a décidé de mettre le pied à l’étrier en sortant coup sur coup la très chouette Collection of Mana et le remake vraiment sympa de Trials of Mana. Et il semblerait que la Mana Mania ne soit pas prête de s’arrêter, puisque sort désormais un portage relifté de Legend of Mana, un épisode plutôt controversé qui avait pour particularité de n’être jamais sorti en Europe ! Et en prime il sort traduit en français ET le développement a été chapeauté par l’excellentissime studio M2, que les fans de rétrogaming connaissent pour leur excellent taf sur les nombreuses ressorties de jeux Mega Drive pour le compte de Sega !

Bref, Square Enix n’a pas fait les choses à moitié et ça fait plaisir à voir, et ce même malgré le fait que cet épisode soit très… Spécial.

Bon en vrai, si je devais faire une analogie foireuse, je dirais que Legend of Mana, c’est comme quand tu vas chez ta tante qui t’a préparé son plat spécial et que tu le goûtes pour la première fois en tirant une tronche indescriptible et en te demandant si c’était bon ou non, ce à quoi tu réponds que c’est « unique et spécial ».

Legend of Mana, c’est spécial.

Une Légende Faite Main

Après avoir choisi le genre de son personnage et lui avoir donné un nom, on fait face à une intro de deux minutes qui nous explique brièvement que l’Arbre Mana s’est barré des terres de Fa’Diel en embarquant avec elle quasiment tout le monde et en les enfermant dans des artefacts, excédé par les guerres entre les humains qui voulaient s’approprier son pouvoir. Notre but sera donc de… Euh de… Euh… Hum.

Passée l’intro, le jeu ne nous explique quasiment rien sur nos objectifs. On a certes des tutoriels pour savoir comment jouer, mais pour ce qui est des objectifs, c’est le flou total et volontaire, au point que comme avec Balan Wonderworld on doit se débrouiller pour comprendre ce qu’il se passe… Même si contrairement à Balan Wonderworld, on comprend bien assez vite certains trucs importants via des indices de contexte vagues, mais pas non plus trop cryptiques.

Et c’est un peu le moment où je me dis que c’est compliqué de dire ce qu’il faut faire sans vendre la mèche, donc si vous ne voulez découvrir le but du jeu par vous-même, n’hésitez pas à zapper le paragraphe qui suit et d’aller sous l’image en dessous, où ça spoilera moins.

Attention « « « spoilers » » »

Ainsi, le but du jeu, c’est de faire réapparaître l’Arbre Mana en jouant les bons samaritains et en résolvant pas mal des 64 quêtes que nous balancent les personnages du jeu. Nos bonnes actions nous permettent de retrouver des éléments de la carte et ainsi de redonner vie à l’Arbre, qui une fois pleinement poussé débloquera la fin du jeu. Pas toutes les quêtes sont essentielles et si j’ai bien compris, il y a un arc spécifique qui est essentiel pour gagner quasi instantanément l’accès à la fin du jeu… Ou peut-être pas, j’ai pas trop compris, en vrai, peut-être juste qu’il faut finir un arc narratif parmi les 3 ou 4 vraiment importantes, ça reste vraiment cryptique comme jeu.

Fin des « « « spoilers » » »

(Bon ok, l’artwork vient de Rise of Mana, à défaut d’avoir ceux d’Ovopack sur Legend, mais ces persos sont stylés !)

Legend of Mana nous offre donc une grande liberté dans notre façon de faire avancer les choses et ça se reflète aussi du côté de ses personnages principaux, qui semblent eux aussi avoir leur propre vie. Je suis tombé une seule fois sur un personnage que je croyais essentiel vu qu’elle figurait dans les (trop peu nombreux) artworks de la galerie d’art (et qui au passage a été redessiné par Ovopack, un de mes artistes préférés) et je ne l’ai plus jamais revue. Aucune idée de comment la retrouver, ni du coup de ce qu’elle aurait pu offrir comme histoire.

D’ailleurs, un truc que je ne peux que trop recommander, c’est de jouer à ce jeu avec un guide à proximité, car non seulement ça peut être compliqué de trouver un nouvel objectif à accomplir, mais aussi certains des niveaux sont de tels labyrinthes que même en désactivant les combats aléatoires et en suivant scrupuleusement les instructions, je mettais parfois 15 minutes à terminer une zone, alors j’imagine même pas ce que ça aurait donné si j’avais eu une seconde d’inattention ou bien que j’y allais à l’aveugle. Une zone en particulier m’a fait basculer du côté obscur de la triche tant je m’arrachais les cheveux à tourner en rond sans savoir où aller et vers qui me tourner, car il n’y a pas non plus de cartes pour se repérer.

D’ailleurs, en parlant des combats, je ne sais pas si c’est fait exprès ou non, mais ils peuvent être d’une facilité déconcertante à cause d’une mécanique qui fait que l’on peut littéralement stunlock* les adversaires en appuyant sur le bouton d’attaque avec un timing spécifique. Même les boss peuvent être descendus en quelques secondes et ne pas attaquer du tout si vous jouez bien vos cartes, au point que j’ai vaincu le boss de fin sans faire d’effort particulier et la plupart des autres se faisaient stunlock trop aisément.

*Le stunlock, c’est quand un ennemi ou le joueur est coincé dans une animation de choc qui fait qu’il est incapable de contre-attaquer et qui peut mener à des combos bien sales, notamment dans les beat-them-ups ou bien les jeux de baston.

Bref, il est possible de rouler sur le jeu assez facilement sans vraiment faire de grinding et si vous faites bien vos devoirs en améliorant vos équipements dans les villes qui vous permettent d’acheter de meilleures armes ou bien si vous débloquez la forge. J’étais tellement puissant au bout de 4h de jeu que j’ai fini par totalement désactiver les combats aléatoires, ce qui a rendu la navigation dans les donjons infiniment plus simple et agréable et qui a fait que j’ai fini le jeu sans problèmes en à peine 7h30. Notez ceci étant dit que j’ai du faire environ la moitié des quêtes offertes par le jeu, donc il restait encore pas mal de matière à creuser et je sens que j’ai loupé des intrigues vraiment sympa que le New Game + pourraient m’aider à accomplir plus efficacement.

Il existe quelques petites subtilités au gameplay, comme le fait que le placement des villes et donjons influe sur leur difficulté. Ainsi, plus le donjon sera éloigné de votre maison, plus les combats seront « difficiles » (d’où l’astuce de garder un emplacement libre à côté de la maison pour y placer le donjon final ♪). Un autre système dont je n’ai fait que gratter la surface est celle d’avoir un animal de compagnie via des œufs que l’on élèvera et nourrira, suivi après par ledit animal qui sera lui-aussi nourri et qui pourra vous aider dans les combats (ou attirer l’attention des ennemis pour pouvoir se débarrasser plus efficacement des groupes). Il est aussi possible de jouer avec eux via les mini-jeux de la PocketStation* qui ont été inclus dans ce portage, ce qui est un bonus plus qu’appréciable en plus d’être un joli moyen de préserver la mémoire de ce périphérique oublié !

*En gros la PocketStation, c’était la réponse de Sony des cartes mémoires jouables VMU de la Dreamcast de Sega. Vous pouviez connecter la PocketStation à votre PlayStation pour télécharger des mini-jeux que vous pouviez emporter avec vous, et souvent ça se transformait en Tamagotchi improvisé où vous faisiez évoluer des personnages en dehors du jeu.

Là où Legend of Mana tape très fort, c’est surtout dans son côté Remaster, puisque Square Enix et M2 se sont dépassés pour offrir la version définitive du jeu. Les décors ont été entièrement redessinés et même si le fan de pixel-art que je suis regrette un peu ce lissage, on est très loin d’un lissage fait de manière assistée par ordinateur et qui rendrait le rendu un peu moche. Là, ça rend vraiment bien et ils ont eu le bon goût de garder les sprites d’origine pour les personnages, les monstres et les boss, faisant que ça nous permet aussi de mieux repérer les éléments avec lesquels on peut interagir !

Et côté musique, le plaisir est total, puisque la bande-son légendaire de Yoko Shimomura a été entièrement retravaillée avec un véritable orchestre et c’est juste parfait ! Le thème des combats en particulier était déjà incroyable à l’époque, mais la réorchestration rend cette nouvelle version sublimissime. C’est un plaisir pour les oreilles d’un bout à l’autre et l’option jukebox dans le menu principal fait que je vais prendre un malin plaisir à la réécouter de temps à autres !

Au final, Legend of Mana est un cas assez particulier à traiter, puisque c’est loin, très loin d’être un jeu accessible à tous. Si vous n’aimez pas ne pas avoir d’objectif précis à réaliser ou bien que vous vous paumez trop facilement dans des labyrinthes, jouez plutôt à Trials of Mana. C’est un jeu ultra old school pour le meilleur et pas mal pour le pire et même si M2 a fait ce qu’il fallait pour moderniser l’expérience, notamment avec la possibilité de réduire le nombre de combats, le cœur de l’expérience reste le même qu’il y a plus de 20 ans.

J’aurais bien envie de le recommander malgré tout, parce que je l’ai trouvé très attachant, unique et avec un message qui fait plaisir, MAIS je le recommanderais quasi-exclusivement aux plus curieux qui n’ont pas peur de se perdre ou bien d’avoir un guide régulièrement sous les yeux ou bien ceux qui veulent soutenir la licence Mana et montrer à Square Enix qu’ils sont sur la bonne voie !

Avec un peu de chance, la prochaine étape sera une ressortie de Sword of Mana, toujours chapeautée par M2 ou bien côté remaster PS1, un petit remaster de Xenogears ou Chrono Cross, ça serait cool (et c’est pas comme si ça fait 15 ans que je les réclame ;_;) !

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