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[Critique Nintendo Switch] Famicom Detective Club – Des remakes inattendus !

Nintendo et les visual novel, c’est une histoire assez… Compliquée. Puisque en dehors de la série des Famicom Detective Club, on a eu erm… Hotel Dusk, The Last Window et les deux épisodes de Another Code, et encore ça reste compliqué de les compter, puisque ces jeux ont été développés par Cing et non Nintendo eux-mêmes, même si Nintendo a pas mal contribué à la création de ces deux séries. Et puis… Bah c’est à peu près tout.

C’est donc une bien agréable surprise de voir Nintendo retenter sa chance avec ce genre si particulier de jeux en nous proposant des remakes des deux premiers épisodes de Famicom Detective Club, deux jeux sortis sur la Famicom en 1988 et 1989 et qui n’avaient jamais eu la chance de débarquer en Occident du fait de leur genre qui était plutôt compliqué à vendre auprès du public occidental (sans parler des coûts de traduction).

De plus, d’un point de vue d’historien de Nintendo, ces remakes sont encore plus intéressants du fait qu’il s’agit d’une série de jeux scénarisée et dirigée par Yoshio Sakamoto, que l’on connaît pour les séries Metroid, WarioWare et Rhythm Paradise.

Et en jouant à ces deux épisodes, je me demande pourquoi il n’a pas continué à en faire tant les histoires de ces jeux sont vraiment cool et aussi… Toujours un peu choquants, surtout quand on considère que ce sont des jeux clairement Pegi 16 sortis par Nintendo à la fin des années 80 !

La critique qui suit couvre les deux épisodes en même temps, puisqu’en dehors du scénario, les différences sont mineures et les deux ont exactement la même série de bons gros défauts.

Le Club des Deux

Sans entrer dans les détails, la série des Famicom Detective Club nous place dans les chaussures d’un ado qui devient détective et qui va devoir enquêter sur deux affaires bien étranges. Dans The Missing Heir, il devra découvrir le mystère derrière la mort d’une patronne d’entreprise qui a passé l’arme à gauche pile le jour où elle avait annoncé le contenu de son testament. Dans The Girl Who Stands Behind, il devra enquêter sur la mort d’une lycéenne qui est ou n’est pas liée à une légende urbaine à propos d’un fantôme qui hante son école.

Les deux histoires sont vraiment intéressantes et je pense que je resterai toujours un peu choqué de voir un jeu estampillé Nintendo accumuler autant d’images de cadavres dans des états plus ou moins délabrés. On est loin de l’horreur visuelle d’un Danganronpa ou d’un Corpse Party et plus des morts d’un Ace Attorney, mais bon, sur les deux jeux il y a quand même trois cadavres dans un très sale état qui m’ont fait un peu hurler intérieurement.

Et côté histoire, si vous deviez ne choisir qu’un jeu parmi les deux, prenez plutôt The Girl Who Stands Behind. Cette histoire est bien plus rythmée et possède un vrai twist que je n’ai pas du tout vu venir avant le dernier quart du jeu, là où j’avais grillé l’identité du méchant de The Missing Heir grosso modo dès que j’ai vu son visage. Pas pour dire que The Missing Heir n’est pas à faire, au contraire, ses personnages sont très attachants, mais quitte à choisir, privilégiez la préquelle.

D’ailleurs, un dernier point important : l’ordre pour faire ces deux jeux n’est pas trop important. Personnellement, je les ai fait dans l’ordre de sortie et j’ai noté les légères améliorations de gameplay d’un épisode sur l’autre, mais faire The Girl Who Stands Behind en premier peut aussi aider à rendre certains éléments de The Missing Heir légèrement plus satisfaisants.

Et côté gameplay… C’est là que l’on comprend qu’il s’agit de remakes de jeux sortis à la fin des années 80, à une époque où les visual novels étaient encore un genre qui en était à ses balbutiements, car même si Mages, le studio derrière Steins:Gate et responsable de ces remakes a tenté d’améliorer le confort de jeu, on est quand même loin des standards actuels.

Concrètement, j’ai fait les deux jeux quasi intégralement avec une soluce assez vague sous les yeux pour ne pas perdre trop de temps, puisque le gameplay se résume à littéralement appuyer sur toutes les options systématiquement jusqu’à ce qu’il se passe quelque chose. Vous allez parler un nombre incroyable de fois à chaque personnage, appuyant encore et toujours sur les mêmes commandes, sachant que parfois il faudra cliquer sur le même trucs trois fois d’affilée pour faire avancer les choses, ou bien il faudra parler d’un truc pour débloquer une option de conversation planquée derrière un truc qui ne menait à rien juste avant et parfois même il y aura des moments où il faudra faire un truc tellement lunaire que j’aurais passé facilement une heure à galérer si ça n’avait été pour la soluce sous les yeux, parce qu’une mécanique de gameplay jamais utilisée auparavant, ni expliquée, ni utilisée après doit être utilisée à ce moment précis. Il y a des moments où on peut se débrouiller avec un peu de logique et donc on n’aura pas à naviguer dans trop de menus, mais ces moments sont bien trop rares en comparaisons de ceux que l’on passera à marteler le bouton A en espérant qu’il se passe un truc.

Le gameplay de Famicom Detective Club est d’une telle lourdeur que ça en devenait franchement pénible par moments, au point que je me suis un peu maudit en finissant The Missing Heir parce que je savais que j’avais encore un autre jeu à faire juste derrière qui n’allait pas corriger ces défauts. Heureusement que le scénario était vraiment bon et haletant, ceci dit.

Côté présentation, c’est là que ces remakes brillent le plus. Les portraits des personnages sont très jolis et bien animés dans The Missing Heir, là où dans The Girl Who Stands Behind, c’est plus élaboré, mais étrangement plus maladroit. En gros, dans la suite, le jeu coupe la plupart des animations avec des fondus entre chaque pose, ce qui donne l’impression de jouer à un jeu supervisé par Vanillaware, là où dans la préquelle, les mouvements de personnages sont pleinement animés, mais ça va parfois tellement vite que l’on croirait voir des marionnettes bouger. C’est assez bizarre dit comme ça, mais je pense qu’en voyant le jeu en mouvement vous comprendrez où je veux en venir.

Les remakes apportent aussi des doublages intégraux en japonais et pour l’occasion il y a du beau monde ! J’ai notamment reconnu les voix de Megumi Ogata, que l’on avait entendu dans la série Danganronpa pour le perso de Nagito Komaeda et qui joue ici aussi le personnage principal ou bien il y a aussi Akio Ōtsuka, que l’on a entendu dans My Hero Academia avec le perso de All for One ou bien Smile dans la série Mob Psycho 100.

Le seul vrai bémol de ces remakes, c’est qu’ils n’ont été traduits qu’en anglais, ce qui n’est pas totalement étonnant vu comment Nintendo ne semble pas trop miser dessus en ne le sortant que sur l’eShop, mais pour des jeux qui durent entre 5 à 7h chaque, c’est quand même un peu dommage de ne pas avoir un peu investi dans une traduction dans plus de langues que ça.

Au final, je peux difficilement dire que des jeux qui ont plus de 30 ans m’ont un peu déçu pour ne pas atteindre les standards actuels – faut bien remettre les choses dans leur contexte après tout -, mais je ne peux m’empêcher d’être un peu déçu que Nintendo et Mages n’aient pas profité de cette occasion pour corriger la lourdeur de gameplay de ce qui autrement sont des jeux qui proposent une histoire vraiment intéressante et cool et qui n’ont pas vieilli d’un poil !

Si vous êtes fan de visual novel ou bien curieux de découvrir un pan quasi-méconnu de l’Histoire de Nintendo, ça reste des jeux qui peuvent valoir le coup de les faire… Même si je vous conseillerais aussi de tomber sur une réduction, puisque 60€ pour un jeu qui va beaucoup vous frustrer et prendre à peine une semaine à terminer (ou deux jours dans mon cas, mais c’était en passant une bonne partie de ces deux journées dessus), ça risque de vous passer en travers de la gorge.

Et c’est pour ces raisons que je donne à Famicom Detective Club un bon gros Pourquoi Pas. Ce ne sont pas des mauvaises histoires, mais il faut juste que vous sachiez dans quoi vous allez vous engager avant de craquer.

En tout cas, ces jeux m’ont aussi donné envie de me refaire Hotel Dusk et The Last Window et… J’aurais tellement aimé avoir une suite aux aventures de Kyle Hyde…

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