Gaming

[Critique Nintendo Switch] Tokyo Mirage Sessions #FE Encore – Performa 5 Loyal

Petite anecdote rigolote : ça fait quelques années maintenant que Tokyo Mirage Sessions #FE traîne dans ma bibliothèque et jamais je n’avais eu le temps de le lancer, la faute à un planning un peu trop chargé… Alors que je l’avais payé plein pot littéralement 4 jours avant qu’il ne passe à 20 balles. Oui, je le prends toujours bien aujourd’hui !

Et quel meilleur moyen de me faire jouer à un jeu que lorsqu’il s’agit de le faire pour le boulot ? Dans un sens, je remercie Nintendo et Atlus d’avoir décidé de donner une seconde vie à ce jeu en le ressortant sur Switch dans une version légèrement améliorée ! D’ailleurs, pour l’anecdote concernant le jeu en lui-même, cette nouvelle version est une bénédiction car… Bon, on ne va pas se mentir, sa sortie sur Wii U n’a pas vraiment été un succès, avec des ventes estimées à à peine plus de 300 000 exemplaires dans le monde et son développement était extrêmement mouvementé. Pour vous donner une idée, le jeu avait été teasé comme étant un crossover entre Fire Emblem et Shin Megami Tensei en Janvier 2013 avec une bande-annonce assez sombre, uniquement pour passer sous silence pendant presque deux ans et demi et être révélé comme… Un J-RPG prenant place dans un Tokyo moderne pop et coloré avec la J-Music en toile de fond. Autant dire que ceux qui s’attendaient à un Fire Emblem 18+ traitant de désespoir et de fin du monde ont été assez déçu.

Au final, à la sortie du jeu, les critiques étaient globalement plutôt positives et les joueurs suffisamment chanceux pour y jouer ont trouvé un RPG très sympa et rigolo.

Et maintenant que j’ai enfin pu le finir dans sa version définitive, qu’est-ce que j’en pense ?

Que c’était le RPG le plus glorieusement stupide auquel j’ai pu jouer depuis quelques années et j’espère qu’il aura le succès qu’il mérite cette fois-ci !

Sin Megami Dansé

Vous allez penser que cette critique part du mauvais pied si je vous révèle que je ne me souviens déjà plus du gros de l’histoire alors que j’en écris le texte à peine 24h après l’avoir fini, mais j’ai quand même très bien la fin en tête (dont je ne peux pas vous parler, parce que spoiler, bien évidemment) et je me souviens très bien du début, mais le second quart qui lie les deux… Je sais plus du tout.

En gros, on incarne Itsuki Aoi, un ado lambda qui ne sait pas trop quoi faire de sa vie et qui se retrouve du jour au lendemain aux commandes d’une escouade spéciale de maîtres d’esprits suite à l’enlèvement et le sauvetage de Tsubasa, sa meilleure amie. La nuit, ils arpentent des dimensions parallèles pour sauver des gens prisonniers de monstres dévoreurs de performa (une énergie spirituelle liée aux métiers des arts) et le jour ils bossent dans une agence d’artistes et chanteurs.

Si cette dichotomie vous rappelle une certaine bande d’adolescents, c’est pas vraiment étonnant : Persona est un spin-off de Shin Megami Tensei et j’imagine qu’Atlus a décidé de puiser là-dedans plutôt que dans sa série principal infiniment plus sombre pour le faire croiser avec l’univers plus gentillet de Fire Emblem. En fait, en y réfléchissant un peu plus, j’ai plus l’impression qu’Atlus s’est servi de l’obligation sous-jacente de faire un jeu assez grand public pour transformer ce projet de cross-over en une sorte d’initiation à l’univers de Shin Megami Tensei afin de le rendre accessible au plus grand nombre.

Et je vous vois venir, vous qui voudriez répondre « Oui, mais Persona 5 remplit parfaitement ce rôle et s’est vendu par palettes entières ! », ce à quoi je répondrai que Tokyo Mirage Sessions est sorti sur Wii U en 2016 là où Persona 5 est sorti sur PS4 et PS3 en 2017.

En l’état, Tokyo Mirage Sessions remplit parfaitement le contrat d’être une porte d’entrée à cet univers, s’adressant plus à un public jeune ados que Persona 5. Car en dépit de son aspect mignon et son univers coloré, il possède quelques moments un peu sombres et des conflits personnels intéressants, même si ça reste globalement plus en surface que Persona. Là où Persona peut adresser sans sourciller le harcèlement scolaire et ses tristes répercussions, le moment le plus sombre de Tokyo Mirage Sessions implique le désir de vengeance d’un des membres de l’équipe à l’égard du méchant à propos d’un truc qui s’est passé off-screen il y a bien longtemps et qui n’est que dit et non montré.

Et est-ce que ça pose problème ? Absolument pas ! L’histoire principale est pas vraiment mémorable pour un sou et est même ultra prévisible. Tout l’intérêt du jeu vient plus de son casting de personnages tous plus attendrissants de stupidité les uns que les autres et les aventures qu’ils vivent, surtout via les quêtes annexes que l’on débloque en passant du temps avec eux dans les combats et qui proposent des conclusions qui auraient parfois été bien meilleures que la fin de l’histoire principale tant elles ont un vrai impact sur leur développement, sans parler du fait qu’elles aboutissent systématiquement sur un nouveau clip musical, mais j’y reviens plus tard.

D’ailleurs, avant de passer à la suite, il me faut parler de Tsubasa, qui est un des meilleurs protagonistes de RPG que j’ai vu depuis un bail, car elle est la plus crédible ! Quand elle parle ou écrit des SMS, on dirait une ado normale. Un peu plus maladroite et timide que la moyenne, mais j’ai retrouvé en elle beaucoup de personnes que je connais personnellement, ce qui arrive que beaucoup trop rarement. Et c’est sans parler du fait qu’elle est extrêmement drôle et au centre d’une scène qui m’a fait exploser de rire pendant cinq bonnes minutes ! Mon seul souci l’entourant vient du fait qu’elle est un poil trop sexualisée pour une personne de son âge alors que le reste des personnages féminins sont mieux lotis sur ce point-là ou bien sont plus âgés et donc ça peut être un peu plus justifié, mais hey, on est dans un jeu qui parle du milieu des idols japonaises qui subissent souvent le pire de ce que l’humanité a à offrir, donc puis-je être surpris ?

Advanced Battles

En termes de gameplay et de structure, Tokyo Mirage Sessions est un des J-RPG les plus simples qui existent : le jeu est divisé en plusieurs chapitres entrecoupés d’interludes permettant d’accomplir les quêtes annexes. Chaque chapitre commence avec quelques cutscenes, puis on débloque le nouveau donjon qui nous occupera un moment avant d’aller taper sur le boss au bout de celui-ci qui permettra de clore le chapitre, etc etc etc. Vous gagnez des niveaux en battant des monstres et vos armes permettent de débloquer des skills supplémentaires et il convient de battre suffisamment de monstres pour obtenir les matériaux qui permettront de forger de nouvelles armes qui débloqueront de nouveaux skills etc etc etc.

Là où Tokyo Mirage Sessions devient très intéressant, c’est dans ses donjons et son système de combat. Production financée par Nintendo oblige, le budget alloué était plutôt conséquent et Atlus a pu se faire plaisir en faisant énormément de donjons aussi complexes que variés. Pas un seul ne ressemble au précédent et chacun a son petit gimmick qui le rend différent. Là où l’un proposera de changer d’étage via des appareils à l’apparence unique, un autre sera un labyrinthe où passer devant un certain élément nous fera revenir au point de départ, nécessitant de faire attention où l’on met les pieds. Il y a un donjon principal par chapitre et quelques donjons mineurs possédant aussi leurs propres mécaniques et je les ai trouvés vraiment inventifs et fun à parcourir.

Le système de combat, quant à lui est intéressant sur le papier, mais un poil loupé sur l’exécution. Façonné en partie comme un Shin Megami Tensei, le but est de trouver la faiblesse de l’ennemi et de l’exploiter pour déclencher des Sessions, en gros des combos, puisque selon les affinités des autres personnages par rapport à l’attaque lancée à la base, ils viendront donner un coup de main. Au début, les Sessions n’impliqueront qu’un ou deux alliés, mais plus on avancera, plus on débloquera d’options qui feront que les combos peuvent impliquer tous les membres de l’équipe, et même des personnages secondaires en remplissant certains critères. Ajoutez à ça les attaques en duo qui resettent le combo et vous pouvez potentiellement enchaîner jusqu’à 15 attaques en une ! Les possibilités sont aussi folles que drôles et vous serez grandement récompensés, puisque vous gagnez des matériaux ou de l’argent pour chaque attaque bonus passée la troisième ! Le twist, c’est que les ennemis peuvent faire la même chose et vous faire passer un sale quart d’heure s’ils sont plus de deux. Je ne me suis jamais lassé de ce système de combat, car il… Peut totalement être contourné, rendant le jeu tellement facile que l’on peut devenir un dieu en quatre heures !

Car la version Encore embarque tous les DLC de la version Wii U, dont un donjon accessible depuis notre base et qui permet de mettre la main sur un objet très utile sans aucune limitation : les tomes. Utilisez deux tomes sur un personnage et il gagnera automatiquement un niveau au combat suivant. Vous vous souvenez quand je vous disais que vous pouvez obtenir des objets en faisant des Sessions avec trois personnages ? Eh bien dans ce donjon spécial, n’importe quel objet qui tombe de ces Sessions est un tome ! Utilisez le sort qui permet aux ennemis de rappliquer trois fois plus vite que d’habitude et voyez vos niveaux monter en flèche !

Et vous voulez le truc le plus drôle ? Ce donjon est accessible à la moitié du premier chapitre, faisant que, à la fin du premier chapitre, dans ma partie Itsuki était niveau 80 et les deux autres niveau 40. Le personnage qui rejoint l’équipe après ce chapitre était niveau 15, ce qui m’a fait beaucoup rire.

Vous pouvez imaginer sans mal que j’ai roulé sur le jeu et vous devez penser que ça devait être moins fun, mais vous ne pourriez pas vous tromper autant ! Chaque donjon me durait à peine plus de deux heures et donc je pouvais vivre l’histoire de manière plus organique. Et, rassurez-vous, j’ai quand même pu avoir un aperçu de la difficulté normale du jeu, puisque certains monstres sur le terrain sont fait pour avoir systématiquement 5 niveaux de plus que le personnage le plus fort et eux parvenaient sans problème à me tuer en un tour en exploitant les faiblesses de mon équipe !

En d’autres termes, Tokyo Mirage Sessions #FE Encore est un des RPG les plus accessibles qui existent, puisque l’on peut soit en faire une expérience un minimum difficile en jouant normalement, ou bien qui peut être démoli si l’on décidé d’investir la fraction du temps nécessaire pour monter en niveaux et ainsi profiter pleinement de l’histoire.

Enfin, ce qui fait la grande force de ce jeu vient sans conteste de sa présentation. Les décors sont variés, les menus stylisés et les musiques sont très bonnes. Mention spéciale aux clips musicaux que l’on débloque à la fin des histoires annexes qui sont aussi nombreux que variés en style. On sent que ceux qui les ont conçus sont spécialisés dans la réalisation de clips pour le milieu de la J-Pop ou bien en ont regardé une tonne avant de les réaliser car la mise en scène est parfois ambitieuse ou bien inventive ! Ils sont tellement cool et je suis content qu’ils soient des récompenses de fin de quête car on les ressent comme de vraies récompenses que l’on attend avec impatience.

Et bons dieux que ce jeu est généreux de manière générale, car outre les nombreux donjons, les clips et les quêtes annexes, le jeu possède aussi un nombre assez impressionnant de costumes pour ses personnages, allant du très stylé au plus ridicule et même quelques costumes inédits rendant hommage à d’autres jeux Atlus plus ou moins obscurs.

Finir le jeu en utilisant les tomes pour gagner du temps et faire quasiment toutes les quêtes annexes m’a pris quand même 25 bonnes heures, mais je pense que vous pouvez monter ce nombre à 35 ou 40h si vous décidez de jouer normalement, ce qui reste plus qu’honnête et raisonnable pour un J-RPG en cette période pas trop chargée et qui promet bien assez vite de devenir chaotique.

Au final, je pense que vous aurez deviné que j’ai beaucoup aimé Tokyo Mirage Sessions #FE Encore ! Ce n’est pas le RPG avec l’histoire la plus sombre ou révolutionnaire, mais ses personnages adorables et son écriture en font un RPG très feel good et dont la bonne humeur est communicative. Je me suis senti plus que bien en le faisant, souriant bêtement une bonne partie du temps et je l’apprécie beaucoup pour ça. De plus, le fait qu’on puisse totalement le détruire avec le système de tomes fait qu’il s’agit d’une des expériences de RPG les plus agréables et anti-stress que j’ai pu faire depuis quelques temps.

Si vous cherchez un RPG pas trop prise de tête et très bien produit, ce jeu est une très bonne pioche. Points bonus si vous aimez les univers pop japonais, puisque ça le transpire par tous les pores… Bien entendu, si la J-Pop vous sort par les yeux, mieux vaut que vous l’évitiez, mais si vous n’êtes pas trop familier avec ça et que vous êtes curieux, ça peut aussi être une bonne initiation au genre. Oh et en plus pour cette version Switch le jeu a été traduit en français ! Faites pas gaffe aux deux-trois mots encore en anglais ici et là dans le menu principal, 99% du texte est traduit en français (… Sérieux, on dirait ma traduction sur The Hayseed Knight… Hum.)

Pour un premier jeu en 2020, je n’aurais pas pu avoir mieux et je pense que vous pourrez passer un bon moment si vous ne cherchez pas la perfection ultime (Dragon Quest XI est déjà sorti sur Switch, après tout et Xenoblade Chronicles Definitive Edition arrive prochainement). C’est pour ça aussi que je ne peux que très fortement le recommander, à défaut d’en faire un Indispensable.

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