Kayane

[Critique Nintendo Switch] Mario & Sonic aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020

C’est assez bizarre de se dire que la série des Mario & Sonic aux Jeux Olympiques existe depuis maintenant plus de 12 ans. J’ai encore l’impression que c’était hier que les internautes avaient tous hurlé de surprise et d’incompréhension en voyant ce cross-over improbable naître, mais nous voilà depuis bien longtemps habitués à l’idée, avec ce sixième volet basé sur les jeux olympiques de Tokyo ayant lieu l’an prochain !

Le soucis avec ce genre de jeu, c’est que le contenu ne dépend entièrement que de ce que les Jeux Olympiques proposent comme épreuves. Et le souci, c’est qu’il s’agit du genre d’institution qui ne bouge que très rarement donc pour ne pas se donner des airs de redite, il faut bien trouver un moyen de changer les choses ailleurs… Ce que Sega semble avoir en partie fait.

Après, je préfère prévenir d’emblée : Mario & Sonic aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020 reste fondamentalement un jeu destiné aux enfants et aux familles et donc je vais adapter mon point de vue en fonction de ce public en particulier dans la critique qui suit, parce que si j’y allais avec le point de vue du gamer de presque 30 ans que je suis, je ne serais peut-être pas aussi enthousiaste. Pas pour dire que je ne me suis pas amusé, au contraire, mais disons que c’est moins comme un Luigi’s Mansion 3 qui s’apprécie à tous les âges, voire même probablement plus quand on est adulte qu’un erm… Insérez un nom de jeu qui s’adresse vraiment qu’aux plus jeunes.

Eau Limpiade

D’habitude exclusif aux versions portables, Mario & Sonic aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020 possède un mode Histoire qui est très rigolo : le Docteur Robotnik et Bowser voulaient piéger Mario et Sonic en les enfermant dans une fausse console de jeu, mais à cause de Bowser et Luigi, notre duo de héros et de méchants se retrouvent aspirés par la machine. Pour s’en sortir, l’une des deux équipes devra réunir le plus de médailles d’or dans les épreuves des J.O. De Tokyo en 1964 pour activer un mécanisme secret, tandis que Luigi et Tails vont tenter de trouver une solution à ce problème dans le « monde réel ».

Le mode Histoire n’est plus ou moins qu’un prétexte pour présenter chaque épreuve avec un minimum de contexte et c’est pas l’histoire la plus révolutionnaire qui existe, mais les échanges entre les personnages sont rigolos et je sens que c’est la team qui s’occupe d’écrire les scénarios des Sonic qui est derrière tant les personnages de l’univers Sonic sont respectés à la lettre. De plus, il est possible de visiter différents lieux de la capitale, aussi bien dans le monde rétro que moderne, discuter avec des PNJ et découvrir des anecdotes sur les J.O. grâce à des petites fiches disséminées ici et là. Personnellement, j’ai pu découvrir la chanson officielle des J.O. de 1964 en la tapant sur YouTube après avoir vu le nom dans le jeu et découvrir ensuite un remix pour ceux de 2020, donc c’était un petit bonus plus qu’appréciable.

Mon seul petit souci avec ce mode concernait un certain aspect de l’écriture qui confirmait que ce jeu s’adresse aux enfants, même s’il fait ça avec une sorte de condescendance pas forcément agréable. Sans exagérer, à chaque fois qu’un nouvel élément était introduit dans l’histoire, celui-ci était répété entre 3 et 10 fois dans les lignes qui suivent pour bien t’enfoncer dans le crâne que c’était important et qu’il fallait aller là. En gros, ça donnait quelque chose du style : « Oh cool, on a débloqué l’accès au Kabuki-za ! Le Kabuki-za ? Mais oui, le Kabuki-za ! Ah oui, le Kabuki-za… On va où ? Au Kabuki-za ! Allons au Kabuki-za alors ! »

Tout le temps. Alors que l’objectif est ensuite marqué en gros sur l’écran avec un point lumineux qui nous indique où aller. Heureusement, le reste des dialogues est rigolo et si on s’y connait un peu dans le lore de Mario ou Sonic il y a moyen de sourire en voyant des références plus ou moins subtiles, donc ça rendait les 5 heures de ce mode un peu plus agréables.

Deux autres trucs très cool concernant ce mode histoire venaient de l’inclusion de 10 mini-jeux qui ne sont trouvables nulle-part ailleurs tant qu’on ne les a pas débloqués en y jouant ici. Il y en a 5 rétro et 5 modernes et tous ont pour particularité de proposer quelque chose de radicalement différent par rapport aux épreuves olympiques. Il y a du beat-them-all, du shoot-them-up et même une séquence d’infiltration ! Bon après, ça reste des mini-jeux, donc ils restent très en surface et le gameplay n’est pas très poussé et malheureusement il n’y a pas de niveaux de difficulté à débloquer, mais ça n’en reste pas moins une très bonne distraction, avec notamment un mini-jeu très ingénieux où il faut défoncer Metal Sonic avec un ballon de rugby.

Enfin, le dernier truc cool, mais qui me rend un peu perplexe vient des personnages cachés. Car en plus des 20 personnages disponibles de base, vous pouvez en débloquer 6 en faisant le mode Histoire. Il s’agit pour la plupart de personnages plus obscurs, donc niveau fan service, c’est plutôt pas mal, mais le twist, c’est que quand vous les battez, vous ne les débloquez que pour les épreuves dans lesquels vous les avez battus. Autrement dit, si vous avez battu un personnage à l’épreuve de surf, vous ne pourrez l’utiliser dans les autres modes qu’en faisant du surf. En dehors d’efforts de modélisation de tenues supplémentaires pour chaque perso bonus pour des tenues liées aux autres épreuves, je ne comprends pas pourquoi on ne peut pas simplement les jouer dans toutes les épreuves. C’est bizarre, mais bon, c’est toujours mieux que rien, on dira (d’autant plus que l’on a quand même 20 autres personnages qui eux sont partout et ce sont les plus intéressants, donc… Eh).

Pour ce qui est de la sélection d’épreuves, on est en majeure partie sur du classique, mais non moins rigolo. 21 épreuves que l’on pourrait qualifier de classiques (tir à l’arc, équitation, karaté, etc), 3 épreuves de « rêve » proposant des épreuves plus fantaisistes comme un jeu de course d’hoverboards avec des objets à la Mario Kart ou bien du karaté en arène où le but est de remplir une grille en envoyant nos adversaires valser sur des cases et 10 épreuves rétro, qui reprennent des classiques comme la course ou le 110 mètres haies mais avec des sprites 8-bit pour Mario et 16-bit pour Sonic.

Et le truc cool… C’est qu’il n’y a pas du tout besoin d’utiliser de mouvements (sauf pour une seule exception) ou de secouer sa manette ! Absolument toutes les épreuves peuvent être joués avec les boutons, ce qui est génial si vous jouez en mode portable ou êtes allergique au motion gaming.

La seule contrepartie, c’est que j’espère que vous connaissez l’emplacement de chaque bouton par cœur, parce que certaines épreuves comme la gymnastique vont vous envoyer toutes les combinaisons de touches possibles et imaginables et je dois avouer que mon cerveau a parfois eu du mal à tout retenir correctement. Mais, et c’est parce que les épreuves ont très certainement été conçues avec le plus jeune public et le petit délai de réponse du motion control en tête, les épreuves comme le skateboard ou le surf ne m’ont pas paru aussi précis à la manette que je l’aurais souhaité. Tout a l’air à la fois trop permissif et pas assez, ce qui passe bien quand on joue avec les mouvements, moins quand on appuie sur les boutons.

En solo, ces jeux sont sympathiques, mais pas non plus foufous. Vous y jouerez peut-être deux ou trois fois avant de passer à autre chose parce qu’il n’y a pas vraiment de but à atteindre autre que de battre nos meilleurs scores et potentiellement débloquer une sorte de succès, mais c’est tout. En revanche, j’ai pu voir un certain potentiel pour certaines épreuves en multi, notamment les jeux de duels, comme l’escrime, la boxe ou le karaté. C’est suffisamment simple pour permettre à n’importe qui de jouer, mais ça possède un petit lot de stratégies pour les rendre rejouables. Si vous êtes sensibles à des jeux comme Nidhogg ou Megaton Punch dans Kirby Superstar et que vous avez parfois passé des dizaines de minutes avec des potes sur ces petits jeux-là, il y a toujours moyen de vous amuser un peu.

Il y a un mode en ligne, mais la façon dont c’est organisé me rend très nerveux quant à la durabilité du mode : en gros en partie classée, chaque épreuve à son propre lobby. Sachant qu’il y en a 21, ça fait autant de lobbies et donc les chances pour que l’on puisse croiser des joueurs au bon moment sont extrêmement faibles. Si le jeu se vend bien, peut-être que ça se fera, mais divisez le nombre de joueurs possédant un exemplaire par 21, puis divisez ce nombre par le nombre de jeux jouables en ligne rien que sur la Switch sur lesquels lesdits possesseurs de ce jeu se sont potentiellement déjà rabattus et vous comprendrez que je n’ai pas vraiment d’espoirs quant aux chances de ce mode en ligne… À la limite ça aurait pu le faire si on nous proposait une épreuve au hasard, mais même là, avec le nombre de jeux multi en constante augmentation et un niveau de qualité toujours grandissant, je doute que beaucoup s’éterniseraient sur un titre proposant des épreuves au gameplay sympa, mais sans la profondeur qui leur permettraient de subsister.

Enfin, une partie qui m’a autant fait plaisir que rendu perplexe : les musiques.

La B.O. De Mario & Sonic aux J.O. de Sotchi était légendaire pour ses reprises de thèmes bien connus des fans de Mario et Sonic. La Sonic Sound Team s’en étant donnée à cœur joie sur cet épisode.

Ici, les musiques ont des sonorités japonaises plus que bienvenues et elles sont très cool… Mais le nombre de pistes est un peu trop limité, voire même un peu redondant sur le long-terme. Surtout dans le mode Histoire où l’on va souvent d’un lieu à l’autre et donc les musiques se répètent inlassablement…

Oh et un dernier détail rigolo : la plupart des personnages ont pas mal de costumes différents en fonction des épreuves. Ça n’a l’air de rien, mais c’est le genre de petit détail qui fait plaisir à voir et qui peut horrifier ou faire sourire quand on se rend compte que l’on voir Robotnik et Wario en maillot de bain et que Sonic est le seul à posséder un gilet de flottaison.

Au final Mario & Sonic aux J.O. de Tokyo 2020 est plutôt rigolo pour les joueurs que nous sommes, mais c’est tout. C’est pas mauvais, très loin de là, mais c’est pas génialissime au-delà d’une certaine tranche d’âge. Cela étant dit, il possède un mode solo plutôt complet par rapport aux précédents épisodes sur consoles de salon et il se diversifie suffisamment pour nous donner envie de voir le genre de surprises qu’il nous réserve entre deux épreuves plus sportives. En revanche, une fois le mode Histoire terminé, le temps que l’on passera dessus en solo baissera très fortement et il en restera un jeu multi amusant pour jouer avec ses enfants ou bien avec des amis qui ne jouent pas forcément.

Et c’est pourquoi je ne peux véritablement le recommander qu’aux parents d’enfants encore assez jeunes et éventuellement ceux qui sont vraiment fan de Mario et Sonic, mais pas grand monde de plus. Ou bien alors à bas prix si vous êtes vraiment curieux. Si vous cherchez une expérience de jeu solo avec un peu plus de consistance et qui reste dans l’univers de Mario, Luigi’s Mansion 3 est sorti la semaine dernière. Je dis ça, je dis rien.

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