Kayane

[Critique Nintendo Switch] Luigi’s Mansion 3 – A Spook-tacular Masterpiece !

Si vous avez lu ma (très) longue preview de Luigi’s Mansion 3, vous n’êtes pas sans savoir que j’avais passé un excellent moment sur ce qui représentait environ la première moitié du jeu, au point de le couronner comme un des potentiels meilleurs candidats dans ma future liste des jeux de l’année.

Et après l’avoir fini, tout ce que je peux dire, c’est que… Bah c’est clairement mon jeu de l’année. Mais genre de très… TRÈS loin ! Je n’ai pas trouvé de jeux aussi charmants, bourré de détails et d’amour et aussi drôle cette année, se renouvelant de manière aussi constante et bourrée de tellement de secrets que ça pousse à vouloir continuer d’y jouer même après l’avoir fini.

Bon après, on ne va pas se leurrer, le jeu possède quand même quelques petits défauts que je vais mettre en avant un peu plus tard, dont un qui est intervenu pile après la fin de la période couverte par ma preview, mais ce ne sont que du pinaillage qui entachent de peu le meilleur jeu de Next Level Games.

Si vous n’aimez pas la positivité, préparez-vous, parce que je n’ai que de l’amour et du respect à offrir dans la critique qui suit !

(Oh et si jamais vous avez des impressions de déjà-vu, je recycle certaines parties de ma preview parce qu’il n’y a pas grand chose à ajouter de plus.)

Hotel Luigi

L’histoire de Luigi’s Mansion 3 est aussi simple qu’elle est drôle : Luigi, Mario, Peach et quelques Toad ont été invités dans un hôtel de luxe pour y passer des vacances agréables. Tout est radieux, tout est beau, mais Luigi ne peut s’empêcher d’avoir un mauvais pressentiment. Après tout, il s’était déjà fait avoir en remportant un joli manoir qui s’avérait être hanté, donc c’était justifié… Mais ce n’était pas suffisant, puisqu’il s’est quand même fait de nouveau avoir et l’hôtel s’avère être encore une fois la demeure de fantômes pas très amicaux.

Tout le monde est capturé, à l’exception de Luigi qui s’en sort par miracle et il devra tout faire quasiment tout seul pour espérer s’en sortir.

Je ne sais pas comment ils ont fait chez Next Level Games, mais ils ont réussi à se dépasser sur cet épisode au niveau de la mise en scène. Les cutscenes sont très nombreuses et toujours très drôles grâce à des animations poussées à l’extrême. Luigi est tout aussi attendrissant qu’hilarant avec ses expressions et ses mimiques et ils ont vraiment rendu honneur au personnage.

Mais si ce n’était que ça, ça ne serait pas aussi bon, car l’atmosphère est juste parfaite et l’intro est incroyablement efficace. Je ne la spoilerai pas, mais disons juste que le basculement du côté joyeux des premières secondes à l’horreur vers la fin du prologue est maîtrisé et si vous prenez le temps d’explorer un peu avant la fin, vous en tirerez le maximum.

Un autre point qui m’a fait halluciner vient de la variété dans les boss et surtout tout le travail fait pour les rendre les plus mémorables possible. Tous sont mémorables à divers degrés, que ce soit via les rares cutscenes qui les introduisent aux combats qu’ils proposent (Mansion spéciale au boss de la boutiques de souvenirs de l’hôtel qui va probablement vous faire susciter des réactions inattendues) et l’antagoniste principale est aussi très cool car très différente de ce que Nintendo a eu pour habitude de nous proposer ces dernières années, mais je vous laisse la surprise. Le seul truc qui a un peu entaché mon enthousiasme pour ces boss vient du fait qu’il y en a deux sur la fin qui ne sont pas hyper intéressants… Notamment le boss final, dont la phase finale repose sur énormément de chance, de RNG et peut-être un peu d’observation, même si je n’ai jamais trouvé comment repérer son point faible et l’ai eu au pif. L’autre boss était juste un peu relou parce que trop agressif.

Notez aussi que je n’ai pas fait tous les boss, puisque apparemment il y en aurait un planqué et toute une série de fantômes spéciaux que je n’ai jamais trouvé. Autrement dit, finir le jeu ne signifie pas du tout la fin de l’aventure et c’est pas plus mal pour celui qui aime finir ses jeux à 100% !

Un autre truc fantastique que j’ai remarqué, c’est à quel point le jeu est subtil dans sa façon de nous apprendre les choses et nous guider. Jusqu’à ce que l’on retrouve K.Tastroff, il n’y a presque aucun dialogue en dehors des cutscenes et donc le tutoriel pour utiliser notre aspirateur se fait en à peine deux minutes via Polterpup, le petit chien trop mignon qui est visiblement devenu le compagnon de Luigi depuis le 2. C’est d’ailleurs lui qui va nous guider pendant une bonne partie de l’intro et jusqu’au troisième ou quatrième boss avant de nous laisser tranquille et nous laisser explorer à notre guise, à l’ancienne.

Enfin… Presque. Car ce qui a été pour moi le seul gros défaut du jeu a été l’intervention quasi-non-stop du professeur une fois celui-ci retrouvé. Si vous prenez trop votre temps pour explorer, celui-ci apparaît pour vous dire quoi faire et si vous bloquez sur une énigme, l’indice qu’il vous donne est tellement peu subtil qu’il vous donne plus ou moins la solution noir sur blanc. Je dois vous avouer que ça m’a pas mal ennuyé, puisque ça ruinait l’ambiance qu’essayait de poser le jeu.

Heureusement, j’ai découvert au bout de deux heures et par intuition qu’on peut faire taire à tout jamais le professeur via une option dans le menu principal. Et une fois que j’avais fait ça, j’ai presque immédiatement retrouvé le plaisir du premier épisode à volontairement me perdre et ne pas foncer directement vers mes objectifs (d’ailleurs, jusqu’au cinquième boss si vous n’explorez pas, vous pouvez aller les voir presque instantanément ce qui donne un petit côté boss rush pas déplaisant, mais ça raccourcit sacrément la durée de vie. Après, passé celui-ci, les niveaux deviennent beauuuucoup plus longs et c’est pas plus mal). L’avantage, c’est que les plus jeunes joueurs ne seront pas forcément paumés, mais pour les autres, ça aurait pu vite tourner au cauchemar si l’option n’était pas désactivable. Car une fois désactivée, le jeu ne nous prend plus du tout par la main et nous laisse nous débrouiller devant ses très nombreuses et très ingénieuses énigmes. Notez que certaines de ces énigmes sont de véritables MONSTRES de logique et de choses à comprendre, ce qui est d’ailleurs aussi bien une bonne qu’une mauvaise chose, puisque dans un cas en particulier rien n’indiquait la marche à suivre et il fallait y aller au pif… Bon sauf si vous activez les conseils du professeur j’imagine.

En termes de gameplay pur, si vous avez joué à Luigi’s Mansion 2, il n’y a pas des masses de nouveautés. La lampe spéciale qui permet de révéler des trucs cachés est toujours là et pour capturer les fantômes, il suffit grosso modo de comprendre leur faiblesse pour ensuite les éblouir avec la lampe normale et les aspirer. Mais Luigi dispose désormais de deux nouveaux mouvements qui rendent les combats encore plus dynamiques : la possibilité de choper les fantômes et les envoyer s’éclater au sol ou bien sur leur collègues, permettant ainsi de créer une chaîne d’attaques et le petit bond, utilisable de manière illimitée et qui permet de repousser nos assaillants. La première attaque est très utile, la seconde je ne l’ai pas vraiment utilisée en dehors de rares exceptions, mais elle reste utile pour certaines énigmes.

Mais LA grosse nouveauté vient de la possibilité d’invoquer Gluigi à n’importe quel moment, nous permettant ainsi d’avoir un second personnage à portée de main et jouer en co-op ! Gluigi est LOIN d’être un simple ajout gadget et est utilisé pour de très nombreuses énigmes, ce qui rend les possibilités complètement folles et même si je n’ai pas pu tester le co-op, en solo ça fonctionne tout aussi bien : seul, vous pouvez alterner entre Luigi et Gluigi d’une simple touche d’un bouton, celui devenant inactif restant sur place et très vulnérable (et par très vulnérable, je l’entends vraiment, puisqu’il y a un passage où j’étais légitimement terrorisé d’en laisser un derrière).

Il est possible de laisser celui inactif plus ou moins actif s’il est en train d’aspirer ou de souffler quelque chose. Lorsque l’on change de personnage celui inactif maintiendra l’aspiration, ce qui permet notamment de garder certains interrupteurs activés. Et pour ne pas perdre du temps, il est possible de stocker Gluigi dans son aspirateur et ainsi pouvoir traverser des zones sans se soucier d’avoir à changer de personnages en changeant de salle.

Et je trouve cet ajout absolument génial ! Bon, parfois j’oubliais que je l’avais à disposition et j’étais parfois un peu coincé, mais ça rajoute tellement de possibilités d’énigme que c’est à se demander pourquoi ça n’est pas apparu plus tôt (si on ne compte pas le remake du premier, qui le proposait mais n’en faisait rien puisque le level-design n’était pas adapté au co-op).

Pour ce qui est du mode en ligne, sachez que parce que j’ai pu jouer au jeu en avance, je n’ai pas vraiment pu y jouer dans des conditions optimales. En gros, c’est un mode conçu et fait pour être joué à 4, mais quand le serveur n’est peuplé que par une centaine de personnes à tout casser, chacun avec des horaires différents, c’est forcément plus compliqué d’avoir un groupe complet. J’y suis arrivé, mais qu’une seule fois et l’absence de communication a fait qu’on s’est vite retrouvés comme des glandus à perdre. À 3, c’était beaucoup plus compliqué et on a perdu de peu, et à deux, c’est juste mission impossible. Heureusement vous n’aurez pas ce problème pendant les premiers mois suivant la sortie.

Grosso modo, le mode Tour Hantée est très similaire à celui de Luigi’s Mansion 2. Vous jouez une équipe de 4 Luigi devant accomplir divers objectifs, allant d’attraper tous les fantômes de chaque étage à récupérer assez d’argent pour passer à l’étage suivant jusqu’à arriver au sommet. Idéalement, tout le monde ira explorer de son côté tout en restant aux aguets au cas où un de vos collègues serait coincé dans un piège ou bien aurait besoin de vous pour activer un interrupteur. Et le truc vraiment intéressant, c’est que ce mode a été parfaitement équilibré pour des parties à 4. Si l’un des membres de votre équipe est bloqué trop longtemps, ça aura un impact significatif sur le déroulé de la partie, d’où le fait qu’il faut pas trop s’éparpiller et ne pas ignorer les appels au secours des autres. Oh et n’oubliez pas que vous avez tout de même chacun un Gooigi à disposition. On a aussi perdu à cause de ça… Hum.

Enfin, petit point rapide sur les musiques. Elles sont excellentes et les remix des pistes originales est toujours un petit bonheur, mais parce que tout est beaucoup plus subtil, je n’ai pas vraiment trouvé les nouvelles compositions mémorables. Le thème principal que l’on entend dans l’écran-titre n’est que très peu utilisé in-game et donc ça enlève un peu à l’identité de cet épisode. Cela étant dit, ça ne veut pas dire grand chose parce que comme dit plus haut, le niveau de détail et de charme de cet épisode via ses animations complètement dingues fait que ça reste un pur bonheur à faire. D’ailleurs, dernier petit conseil : jouez-y de préférence en mode télé. En mode portable, ça tourne superbement bien, aucun souci, mais en mode télé, le niveau de détail est encore plus poussé, faisant qu’il s’agit d’un des plus beaux jeux de la console.

Bref… Luigi’s Mansion 3 est mon jeu de l’année. Il possède certes un petit moment d’égarement d’une trentaine de minutes, son boss final reposant un peu trop sur la chance et sa linéarité très apparente risque d’en décevoir quelques uns, mais en dehors de ça, c’est du bonheur pur ! Un des jeux les plus drôles de l’année, bourré de charme et se renouvelant constamment, on ne s’ennuie presque jamais. C’est une expérience qui ira toujours droit au but tout en permettant à ceux qui voudraient prendre leur temps d’explorer et de résoudre des énigmes cachées diaboliques.

Donc à moins de ne pas aimer rire ou d’avoir un peu trop peur des araignées (il y en a pas mal), c’est une aventure qui se destine à tout le monde et je ne saurais que trop vous recommander de le faire !

Luigi’s Mansion 3 est mon jeu de l’année et même si ça ne sera pas celui de tout le monde, il est malgré tout un très gros Indispensable.

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