Kayane

[Critique PC] Yooka-Laylee & the Impossible Lair – La plus grosse surprise de la rentrée !

Les meilleures surprises viennent de là où l’on s’attend le moins à les voir. Ce sont des surprises, après tout.

Et lorsque Playtonic a annoncé la sortie de Yooka-Laylee and the Impossible Lair lors du dernier E3 à peine quelques mois plus tard et qui plus est un platformer 2D, je pense que l’on était beaucoup à se dire « Ouais, cool, mais bon, voilà quoi, ça sent le ‘petit jeu fait pour meubler’. »

Pour le coup, je vais être parfaitement honnête en disant que je l’ai pensé pendant le gros de ces quatre derniers mois, avant de tomber sur des premières previews plutôt enthousiates, disant que le jeu lorgnait pas mal du côté de Donkey Kong Country : Tropical Freeze et était un bon concurrent à celui-ci ! Et vu que le chef d’oeuvre de Retro Studios est un de mes platformers préférés de tous les temps, vous pouvez imaginer que l’intérêt que je portais au nouveau jeu de Playtonic a très vite grimpé en flèche.

Et forcément, cette comparaison ne pouvait qu’être apte, puisque les gars de Playtonic sont pour la plupart des anciens employés de Rare qui ont bossé dans le studio à l’époque où on les considérait comme des légendes qui pouvaient transformer tout ce qu’ils touchaient en or… Notamment Donkey Kong avec la trilogie Donkey Kong Country et Banajo-Kazoooie ! Mais là où le premier Yooka-Laylee n’était qu’une copie assez approximative de Banjo-Kazooie manquant sérieusement de finitions, ce second épisode est bien plus qu’une simple copie de Donkey Kong Country. Au lieu de simplement reprendre ce qu’ils avaient fait de bien à l’époque, l’équipe a décidé de faire quelque chose d’assez similaire dans l’esprit, mais de radicalement différent dans la forme et le fond.

Et vu la générosité de ce nouveau jeu, impossible de ne pas tomber amoureux de cet antre. Cet antre si laid, mais si bon !

Laylee’s Klong Quest

L’histoire de Yooka-Laylee and the Impossible Lair est hyper simple : Capital B, la méchante abeille, décide de conquérir le royaume d’une gentille reine abeille pour obtenir de quoi conquérir le monde et il revient à Yooka et Laylee de le battre avant qu’il ne soit trop tard. Le twist ? Il est possible de le faire d’entrée de jeu si vous êtes suffisamment fort !

En effet, passé le niveau de tutoriel, vous embrayerez directement avec le niveau final et à moins d’être un dieu de la plateforme, il n’est pas impossible que vous vous fassiez très vite défoncer et renvoyer vers la carte du monde. Mais, et c’est là où ça devient très intéressant, vous n’aurez pas forcément besoin de partir dans une longue quête si vous le souhaitez et pourrez retenter immédiatement le niveau final.

Oui, Yooka-Laylee and the Impossible Lair a pris quelques notes de The Legend of Zelda : Breath of the Wild et nous propose de potentiellement finir le jeu à n’importe quel moment et tout le jeu s’articule autour de cet antre impossible.

Ainsi, pour ceux qui sont un peu moins masos et qui veulent vraiment s’amuser, il est possible d’explorer la carte du monde pour faire quelques niveaux de plateforme 2D, le but étant de les finir pour obtenir des abeilles qui vous serviront de bouclier dans l’antre impossible. Plus vous finissez de niveaux, plus vous aurez d’abeilles et donc, par extension, plus de points de vie et de droit à l’erreur.

Il y a 48 abeilles à sauver. 40 sont réparties dans les 20 niveaux du jeu et huit sont à récupérer soit en résolvant des micro-énigmes, soit en trouvant des sorties cachées dans les niveaux. Le twist, c’est que ces 20 niveaux sont divisés en deux. Le premier se fait normalement en trouvant la porte qui y mènera, tandis que le second se fera après avoir résolu une énigme dans la carte du monde. Et croyez-moi quand je vous dis que certains de ces niveaux sont tellement différents des originaux qu’ils auraient bien pu s’appeler autrement et l’on n’y aurait vu que du feu ! Donc, dans un sens, il y a 41 niveaux en comptant l’antre impossible, ce qui est plutôt énorme quand on prend en compte le fait qu’ils ne sont jamais bien courts !

Et il y en a même 42 si on prend en compte la carte du monde, car celle-ci est BOURRÉE de petites énigmes et secrets. J’ai probablement passé rien qu’une heure là-dessus et même au moment où j’écris ces lignes j’ai pas encore tout découvert… Loin de là.

Pour avancer sur cette carte et débloquer les niveaux suivants, il faudra parfois souffrir un peu, puisqu’il y aura quelques péages à passer et que l’on pourra faire disparaître en payant son gardien avec des pièces secrètes que l’on trouvera dans les niveaux. Il y en a 5 par niveau et 200 au total, dont 100 qu’il faudra absolument récolter si vous voulez faire tous les niveaux, les 100 restantes étant réservées à débloquer l’ultime secret du jeu… Que je ne connais pas, puisque je serais devenu fou si j’avais essayé.

Non parce que certaines de ces pièces sont soit beaucoup trop bien planquées, soit très difficiles d’accès. Obtenir les 100 premières pièces n’est pas trop difficile et on peut être plutôt sélectif, mais je vous souhaite bon courage si vous souhaitez finir le jeu à 100% !

Cela étant dit, même si le jeu est un peu plus difficile que la moyenne des platformers actuels passé le cinquième niveau, il n’en reste pas moins plutôt accessible grâce à la possibilité de s’équiper de diverses potions qui peuvent pas mal vous aider une fois que vous les trouverez. Celles-ci vont de la possibilité de conserver les pièces cachées pour en pas avoir à les reprendre si vous mourez en chemin à courir plus vite ou bien disposer d’un temps d’invincibilité plus long. Mais si vous décidez de les utiliser, vous aurez moins de plumes à la fin du niveau, sachant que ces plumes peuvent permettre de débloquer d’autres potions ou bien carrément les secondes versions des niveaux. Il existe aussi des potions qui rendront le niveau plus difficile, vous permettant de gagner plus de plumes à la fin ou bien d’autres qui servent juste à s’amuser avec des filtres visuels ou bien changer Yooka et Laylee physiquement sans que ça n’impacte le gameplay.

En gros, on pourrait dire que les potions sont des cheat codes, ce qui vu comme ça est absolument génial, même s’il faut savoir que vous ne pourrez en utiliser aucun dans l’antre impossible ! C’est valable partout sauf là, ce qui est un poil frustrant, mais compréhensible.

Et maintenant je passe à la partie un peu plus nuancée de ma critique en pointant du doigt les quelques petits défauts relous du jeu en mode pinailleur du dimanche.

Le level-design est très bon… Mais il n’est pas pour autant aussi mémorable que celui de, quitte à comparer, Donkey Kong Country Tropical Freeze. Attention, ça ne veut pas non plus dire que c’est mauvais ou nul, biiiien au contraire, mais il manque ce petit quelque chose qui fait que chaque niveau est clairement distinguable des autres. Cela étant dit, le level-design de l’antre impossible est assez ignoble puisqu’il enchaîne tous les pièges les plus débiles possibles pour vous faire perdre des abeilles. On dirait un truc tout droit sorti de la NES, ce qui ravira les fans de platformers hardcore de l’époque et risque d’en faire râler plus d’un. Après, ce que mes nombreuses tentatives m’ont appris, c’est qu’en prenant son temps et en observant, il est quand même possible d’éviter une bonne partie de ces pièges la première fois sans avoir à apprendre le niveau par cœur… Même si cette dernière solution aidera pas mal sur le long-terme.

L’autre petit détail relou est que dans les niveaux plus normaux, vous croiserez différents types de plumes colorées qui offriront des micro-challenges. Dans 80% des cas, ceux-ci n’offrent que des plumes supplémentaires et par paquets de douze, ce qui est cool au début, mais pas bien utile sur la fin. Et dans les autres vingt pourcents, ceux-ci vous offrent les fameuses pièces planquées ou bien carrément une sortie secrète. Mais vu que l’on ne sait jamais quelle plume colorée offre quoi, on se sent obligé d’accomplir tous ces défis sans forcément savoir si l’on perd notre temps ou non.

Et parmi les défauts un poil plus relous, mais pas pour autant trop violents, il y a le fait que Laylee est plus ou moins notre sécurité. Si on se fait toucher une fois, elle s’enfuit et si on se fait toucher une seconde fois sans elle, c’est la mort assurée et le retour au précédent checkpoint (d’ailleurs, truc bien, si on meurt trop de fois, on peut zapper la section du niveau qui nous met à mal jusqu’au checkpoint suivant sans que ça n’aie de conséquences autre que dans notre fierté). Le truc relou, c’est que quand Laylee s’enfuit, elle s’enfuit vraiment et il faut la rattraper si l’on veut pas se retrouver sans défenses. Mais cette stupide chauve-souris a tendance soit à aller trop loin ou trop haut, soit à carrément changer de cap au moment où on s’apprêtait à la rattraper ! Et si on traîne trop longtemps, elle disparaît et on ne pourra la récupérer qu’à condition de trouver une cloche spéciale. Sur la fin quand je me faisais toucher, j’en avais tellement marre de lui courir après que je décidais souvent de simplement continuer le niveau sans défense et prier que ça se passe bien ou bien que je n’aie pas besoin d’elle pour quelques actions spécifiques, puisque cette nouille nous permet de débloquer une roulade quasi-infinie et plus rapide en plus de l’attaque en piqué. La première est très utile, la seconde beaucoup moins, mais c’est toujours bien de savoir que l’on peut les utiliser si nécessaire.

L’autre truc bien relou aussi vient du fait que l’on se sent en contrôle total de Yooka et Laylee 99% du temps, il y a ce dernier petit pourcent qui peut un peu frustrer, notamment quand ça concerne le saut sur la tête d’un ennemi pour gagner en hauteur. Peu importe le nombre de fois que j’ai essayé, j’ai jamais compris le timing demandé pour y arriver. Parfois ça passait, mais le gros du temps non. Heureusement, on n’en a vraiment besoin que pour de très rares sections impliquant des pièces cachées, mais bon, ça reste frustrant de ne pas se sentir totalement en contrôle de la situation.

Oh et dernière petite complainte avant de repasser en mode amour infini : le design de certains personnages est affreux. Les sortes de Boglins en hélicoptère ou bien certains personnages importants sont vraiment moches et j’ai même l’impression qu’une partie de l’équipe ne les assume plus vu certaines vannes totalement gratuites qui leur sont balancées à la tronche.

Enfin bref… Repassons au positif : la présentation !

Si l’on met de côté certains designs douteux, le jeu est très beau, avec des niveaux ultra détaillés et une variété dans les décors à faire pâlir Retro Studios. On est sur un jeu indé qui arrive par endroits à toucher la cheville d’une superproduction à gros budget de Nintendo au niveau des détails, voire même qui parfois parvient à remonter le pantalon jusqu’à la ceinture et je ne sais plus où je vais avec cette analogie ça devient super creepy.

C’est coloré, c’est varié et c’est en prime complété par une bande-son monstrueuse composée par les légendaires David Wise (Donkey Kong Country) et Grant Kirkhope (Banjo-Kazooie) et Matt Griffin et Dan Murdoch dont c’est plus ou moins leur premier taf en tant que compositeur, Matt ayant bossé auparavant sur un jeu indé nommé Unbox. Je ne sais pas qui des deux a composé la musique de Scareship Scroll, mais je le bénis de tout mon cœur. D’ailleurs, même si on reconnaît le style de David Wise à des kilomètres et que ses musiques sont beaucoup trop douces pour mes oreilles, je n’ai pas vraiment retrouvé le style de Grant Kirkhope dans le lot et donc j’imagine que ce sont surtout Matt Griffin et Dan Murdoch qui ont fait le gros du boulot. Et ils ont fait un excellent… Excellent taf’ ! Franchement, si jamais vous ne pensez pas jouer au jeu, je ne peux que vous recommander d’au moins en écouter ses musiques.

Enfin, pour ce qui est de la durée de vie… bah tout dépend de vous. Si vous êtes un dieu, vous finirez le jeu en 25 minutes (l’antre impossible est hyper long), si vous vous acharnez comme un mulet dessus, j’imagine qu’en deux ou trois heures c’est jouable, mais si vous prenez le temps de faire tous les niveaux en amont, il y en a pour au minimum 7 à 8 heures pour en voir le bout et j’imagine quasiment le double si vous voulez récolter les 200 pièces cachées pour le finir à 100% ! Pour le coup, vu la générosité du jeu, quelque chose me dit que le bonus pour le compléter sera au minimum rigolo, si ce n’est pas carrément génial. Juste pour que vous imaginiez le truc, j’ai passé plus de 7h dessus en un week-end non pas parce que mon planning est chargé (même si ça joue), mais juste parce que je n’arrivais pas à m’arrêter de jouer !

Au final, je pense que vous aurez compris que j’ai adoré Yooka-Laylee and the Impossible Lair ! Je n’en attendais absolument rien et me suis pris une belle petite mandale car le jeu n’arrêtait pas de me balancer petite surprise agréable après petite surprise agréable. C’est un jeu qui récompense l’exploration et la prise de risques et qui en plus via l’antre impossible possède un gimmick vraiment unique et rigolo. Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que les speedrunners vont s’amuser sur celui-là.

Ce n’est peut-être pas un platformer aussi grandiose que celui qu’il essaye de singer (Singer ? Parce que Donkey Kong ! Vous avez compris!?), mais il possède tout ce qu’il faut pour passer un excellent moment et se place facilement dans le haut du panier ! Oh et en plus il ne coûte que 30€ ce qui est hyper raisonnable, surtout quand comparé à un autre grand singe qui en coûte le double.

Si vous aimez les platformers un minimum exigeants, vous pouvez sauter dessus sans soucis. En revanche, si vous avez un peu peur de sa difficulté, j’ai quand même envie de vous le recommander parce qu’il offre pas mal d’options qui le rendent accessible (et au pire vous pouvez ne pas le finir dans l’immédiat, c’est pas grave, puisque vous aurez quand même passé un bon moment sur les 40 autres niveaux qu’il propose).

Et c’est parce qu’il est si agréable, fun et pas cher que Yooka-Laylee and the Impossible Lair est un…

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