Kayane

[Critique Nintendo Switch] The Legend of Zelda : Link’s Awakening

Si vous avez regardé ma vidéo sur les jeux les plus attendus de Septembre, vous vous souvenez peut-être que j’y ai dit qu’un remake était l’occasion de redécouvrir des classiques pour certains joueurs nostalgiques, tout comme de permettre aux plus jeunes ou à ceux qui n’avaient pas pu le faire à l’époque de jouer à un titre remis à neuf !

Dans le cas de Link’s Awakening, je dois avouer que je suis dans le second camp. En effet, je n’ai jamais vraiment joué à cet épisode, et ce même malgré le fait que je le possède sur la Console Virtuelle de la Nintendo 3DS…

Oui bon, bref, au moins, j’ai pu le faire et le finir dans sa meilleure version possible et imaginable, donc ça peut le faire, non ?

The Legend of Mirio…’s Brother ?

The Legend of Zelda : Link’s Awakening est le quatrième épisode de la série, sorti sur Game Boy en 1993, puis ressorti dans une version Deluxe en 1998, y ajoutant de la couleur et un nouveau mini-donjon. Il est considéré par beaucoup de fans comme étant un des épisodes les plus étranges et après l’avoir fini… Bah je peux comprendre pourquoi ils le pensent.

On y incarne le même Link que A Link to the Past quelques temps après qu’il aie vaincu Ganon. Il prend la mer sur erm… Un petit radeau – faudrait qu’on reparle de l’idée de traverser la mer sur un truc aussi dangereux, mais après un terrible orage, il arrive ce qui devait arriver et il s’échoue sur une île mystérieuse dont il ne peut s’échapper.

S’il veut rentrer chez lui, il lui faudra réunir les 8 instruments cachés sûr l’île qui lui permettront de réveiller le Poisson-Rêve afin que ce dernier exauce son souhait. Et c’est donc avec l’aide relative d’un étrange hibou que Link partira explorer cet endroit… Mais bon courage pour y arriver, parce que personne n’est vraiment enclin à vous donner assez d’indications pour y arriver.

Et ça… Bah c’est plutôt cool ! Je ne sais pas si c’était délibéré de la part de Nintendo de faire un remake de cet épisode juste derrière Breath of the Wild au lieu de simplement porter les remakes HD de Wind Waker et Twililght Princess ou bien refaire Skyward Sword, mais le tout dernier épisode de la série et Link’s Awakening ont ça de commun qu’ils ne nous prennent pas vraiment par la main et nous laissent explorer comme on le sent, là où les trois autres épisodes cités vont volontiers nous noyer d’indications à ne plus savoir quoi en faire.

Link’s Awakening mise énormément sur notre intelligence et notre sens de la déduction, et ça fait PLAISIR ! D’autant plus que, Game Boy oblige, les développeurs devaient travailler avec énormément de restrictions et donc l’île de Cocolint est plutôt compacte. On peut aller d’un bout à l’autre de la carte en à peine une poignée de minutes une fois que l’on a le bon équipement et les différents points de téléportation font que si on a vraiment la flemme on peut gagner un peu de temps. Non seulement ça, mais l’île est bourrée de petits secrets et d’objets à collectionner ici et là que même si je l’ai fini en un peu moins de dix heures, je ne l’ai clairement pas fini à 100% et je sais que si j’avais vraiment voulu m’y mettre, je pense qu’il m’aurait fallu une quinzaine d’heures pour tout boucler.

Notez tout de même que même si cette durée de vie initiale peut paraître courte, je dois avouer que je m’en suis tiré avec ce temps seulement parce que le jeu existe depuis presque 30 ans et que j’ai eu l’occasion de voir des vidéos de gameplay ici et là qui spoilaient pas mal de trucs… Notamment les trailers que Nintendo a récemment diffusé, qui m’ont offert la solution à certaines des énigmes les plus obtues par accident. Woops.

Non seulement ça, mais si on est habitué aux codes de la série, on saura assez rapidement se dépatouiller, rendant le jeu d’autant plus « facile ». Pour le coup, j’envie les plus jeunes qui vont découvrir le jeu via ce remake, puisqu’ils vont vraiment s’amuser à explorer tous les moindres recoins et probablement passer un moment à résoudre les nombreuses énigmes. Je repense à trois d’entre elles qui m’ont vraiment fait réfléchir et qui reposaient sur le fait d’avoir exploré au maximum le monde et qui étaient hyper satisfaisants à accomplir.

Et ai-je vraiment besoin de parler de la structure du jeu avant de passer à ce que ce remake offre d’intéressant ? C’est un Zelda pré-Breath of the Wild, donc la structure se résume grosso modo à « explorer, aller dans un donjon, résoudre ses énigmes, battre le boss et refaire la même chose jusqu’à arriver au boss de fin » !

Bref, les nouveautés de ce remake : déjà, les graphismes !

Oh que les graphismes sont sublimes ! Le jeu respecte à fond l’esprit de l’épisode original en reprenant un peu l’esthétique des photos de l’épisode DX tout en donnant à l’ensemble un côté diorama des plus satisfaisants. Pour le coup, je pense que c’est en bonne partie grâce aux éclairages, mais à certains endroits, c’est tellement beau que c’est à tomber par terre ! De plus, le jeu possède une tonne de petites animations qui font que l’on ne peut que sourire en les voyant. Quand vous verrez Link courir pour la première fois, je pense que votre cœur s’arrêtera de battre une seconde !

Cependant, tout n’est pas si idéal que l’on aurait voulu, puisque le jeu rame énormément sur la carte. Dans les donjons et les espaces clos, c’est fluide et ça tourne quasi constamment à 60 images par secondes, mais une fois dehors, c’est la foire aux baisses de framerate. Le jeu passera souvent en dessous des 30 images par secondes le temps de tout charger avant de repasser à 60, mais c’est beaucoup trop fréquent pour qu’on ne le remarque pas. Est-ce que c’est dérangeant ceci dit ? À moins d’être un fou de la frame, pas vraiment. Le jeu est toujours aussi fun à 30 qu’à 60 images par secondes, mais bon, c’est sûr que c’est un peu dommage de voir un si beau titre faire cracher les tripes de la Switch comme ça.

Mais c’est aussi et surtout en termes de gameplay que le remake de Link’s Awakening devient par défaut la version ultime du jeu. En passant de deux boutons à six, on gagne tellement en confort que ça en devient plaisant. Plus besoin d’appuyer sur pause toutes les deux secondes pour changer d’équipement ! Ici, l’épée est automatiquement assignée au bouton B, le bouclier au bouton R, les bottes de Pégase à L et les objets du type bracelet de force ou bien les palmes sont automatiquement équipés. Ceux qui ont fait l’original béniront ces modifications, car ça permet au jeu de gagner considérablement en rythme… Au risque de donner l’impression au jeu d’être plus facile, puisque l’original nous demandait de vraiment faire attention à notre gestion de l’équipement.

Et oui, je vous vois, les deux du fond qui se demandent pourquoi je parle comme ça de l’original alors que j’ai dit dans l’intro ne pas y avoir vraiment joué. Je me suis farci Oracle of Ages et Seasons à l’époque de leur sortie et ils avaient calqué le gameplay et l’interface sur Link’s Awakening et c’était tout aussi relou, donc voilà.

Un autre ajout de ce remake côté gameplay concerne la navigation des donjons : même si les premiers sont très simples, les quatre derniers le sont beaucoup moins et possèdent leur lot d’escaliers qui connectent deux salles. Et il peut être assez facile de s’y perdre en temps normal, mais c’était sans compter sur l’ajout de marqueurs ! Vous pouvez les poser n’importe où et donc ma technique était de lier deux escaliers avec un symbole qui leur était propre, histoire de savoir lequel menait où. Pour le coup, je pense que ça m’a fait gagner pas mal de temps et c’était pas plus mal qu’ils soient là.

Aussi, pour ceux qui comme moi oublient vite les choses ou bien qui reviendraient au jeu plusieurs jours après avoir arrêté, il existe une petite option planquée dans le menu principal qui permet de relire des lignes de dialogue importantes ! Pour le coup, ayant poncé le jeu en moins de trois jours, je n’en ai pas eu l’utilité, mais le fait que l’option soit là est plus que bienvenue.

Le dernier changement qui impacte directement le gameplay vient du fait que la plupart des zones sont plus ouvertes qu’à l’époque. Dans la version Game Boy, il était parfois trop facile de se paumer parce que quasiment tout le jeu était divisé par écrans. Vous alliez au bord de l’écran, vous alliez dans une autre pièce ou une autre section du monde. Ici, non seulement cette limitation disparaît dans la plupart des endroits, mais en plus elle permet au joueur de voir ce qui l’attend plus loin. Concrètement, ça rend le monde beaucoup plus vivant puisque l’on voit les ennemis au loin bouger, mais ça permet aussi de mieux s’adapter… Même si ça casse un peu certains effets, puisque parfois des blocs sont empilés sans raison ici et là, là où dans l’original c’était fait pour marquer un changement d’écran.

Enfin, la seule et très grosse nouveauté de ce remake vient du fait qu’ils ont remplacé la cabane de photographe par les ruines d’Igor. Notre cher fossoyeur s’est reconverti ici en explorateur et il nous permet d’accéder à ce que j’aime bien appeler le mode Zelda Maker. Car comme dans Super Mario Maker, le but ici est de créer nos propres donjons. Mais contrairement à Mario, où l’on pouvait tout créer avec des pièces individuelles, ici, vous avez tout un panel de pièces tirés des donjons que vous avez exploré et vous pouvez arranger ces salles selon vos envies.

Mais là où ça devient vraiment intéressant, c’est que l’on vous propose aussi de résoudre des énigmes. Certaines pièces devront obligatoirement être posées à des endroits spécifiques et vous devrez réfléchir à comment agencer votre donjon pour répondre à ces critères. Je trouve cette façon de faire bien plus intéressante, puisque ça nous demande de vraiment nous impliquer et pas juste poser des pièces au pif et s’en désintéresser si l’on n’est pas trop créatif. Accomplir ces défis et battre nos propres donjons une première fois nous fait gagner un objet plus ou moins important, comme un quart de cœur ou bien une bouteille et c’est un excellent ajout qui rajoute facilement plusieurs heures au compteur, même si je regrette un peu le fait que l’on ne puisse pas partager nos créations en ligne et que l’on doive se contenter de les trimballer avec un amiibo si on veut les faire tester sur la console d’un pote.

Je n’ai pas pu essayer la fonctionnalité amiibo pour le coup, mais l’idée d’invoquer un Link noir qui nous poursuit est une dose de stress en plus dont je me passerai bien. Oh et en parlant de difficulté, le remake ajoute aussi la possibilité de jouer en Mode Héros, où les ennemis nous font deux fois plus mal et où les cœurs pour se régénérer sont presque inexistants. Là aussi, c’est une dose de stress dont je me passerai bien.

Enfin, impossible de parler de Link’s Awakening sans parler de sa bande-son ! Pour faire simple, ils ont pris des morceaux considérés comme cultes et les ont rendus divins ! Et sans surprise, c’est Ryo Nagamatsu qui s’est occupé des arrangements. Si vous ne connaissez pas le nom, dites-vous juste qu’il est le génial compositeur derrière la plupart des meilleurs morceaux de Super Mario Galaxy 2, The Legend of Zelda : A Link Between Worlds et Splatoon 2. Voilà.

Ici, la plupart des morceaux ont été repris avec de vrais instruments et jouent surtout sur les cordes et les bois, et, et c’est là que ça devient encore plus cool, il a fait en sorte de coller au côté restreint de l’original en n’utilisant qu’une petite poignée d’instruments en plus de rajouter des sonorités Game Boy ici et là de manière subtile. Et en plus il a réarrangé le thème des donjons pour qu’il y aie une variante pour quasiment tous les donjons, les rendant d’autant plus uniques et personnels !

En bref… Ce n’est peut-être pas le Zelda le plus long de la série, ni le plus fou en termes de scénario, mais qu’est-ce que j’ai pris comme plaisir à découvrir cet épisode ! En termes de performances, ça aurait pu un peu mieux tourner, mais en dehors de ça, on ne pouvait pas rêver mieux, comme remake ! Enfin si, perso j’aurais rêvé d’un remake avec des graphismes en 2D dessinés à la main façon Wonder Boy and the Dragon’s Trap ou Wario Land Shake It, mais en l’état ça reste un excellent… Excellent remake !

Si vous avez une Nintendo Switch… Bah voilà. Si vous avez une Nintendo Switch, il vous faut Link’s Awakening. Après, si vous pouvez le trouver en dessous de la barre des 50€, ça serait pas plus mal, parce que l’idée de payer un remake plus cher qu’un jeu sorti il y a presque 30 ans me rend un peu perplexe, mais dans tous les cas, il vous faudra tôt ou tard le faire ! Non pas juste pour découvrir un classique ou le redécouvrir, mais juste parce que c’est un excellent jeu !

Sans surprise, The Legend of Zelda : Link’s Awakening est un…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *