Kayane

[Critique Nintendo Switch] River City Girls

Ça faisait longtemps que l’on n’avait pas eu un bon beat-them-up 2D à l’ancienne ! Ce genre qui était un phénomène des salles d’arcade dans les années 80 et 90 en plus d’être la terreur des parents qui voyaient les économies de leurs enfants fondre est quasiment tombé dans l’oubli après l’ère de la PS2. Et même s’il vit encore plutôt bien en 3D avec des séries comme Yakuza, en 2D, bah… Erm… On a eu Castle Crashers il y a 11 ans (aïe) et Scott Pil… Scott… Le regretté Scott Pilgrim VS the World sur PS3 et Xbox 360 sorti en 2010 et qui est la preuve concrète que les jeux en dématérialisé ne sont pas une si bonne idée que ça car retiré définitivement de la vente fin 2014 et plus jamais ressorti nulle part. Et donc à moins d’encore avoir une PS3 fonctionnelle avec le jeu encore sur le disque dur, il est impossible d’y jouer aujourd’hui. Oh et un des rares représentants du genre actuellement est Shaq-Fu A Legend Reborn.

C’est sans doute à cause de ce climat moribond pour le genre que Wayforward, le studio rendu célèbre pour la série des Shantae, a décidé de bosser sur River City Girls, un spin-off de la série Kunio-kun quasiment méconnue en Europe. Notez que ce n’est pas la première fois que le studio s’essaye au genre, puisqu’ils avaient déjà fait l’assez moyen Double Dragon Neon que l’on retiendra principalement pour sa bande-son légendaire.

Pour River City Girls, le studio s’est associé à Arc System Works, qui leur a temporairement confié la licence ainsi que celle de Double Dragon suite au désastre qu’était le Double Dragon IV sorti il y a deux ans.

Le résultat ? Un des beat-them-up les plus fun de ces dernières années, et de loin !

La Cité de la Castagne

River City Girls n’a peut-être pas l’histoire la plus développée qui existe, mais elle a le mérite d’être plaisante à suivre et divertissante : on incarne soit Kyoko, la fille un peu nucruche mais bagarreuse, ou Misako, la casseuse de bouches attitrée au caractère bien trempé. Toutes deux vont partir aux quatre coins de River City à la recherche de Kunio et Riki, qui ont été kidnappés et… Bah il va se passer des trucs un peu débiles sur la route et vous allez passer à tabac l’équivalent d’une ville entière pour parvenir à votre objectif.

Quelque chose me dit que les scénaristes de River City Girls devaient être les mêmes que ceux de Shantae, puisque l’on retrouve pas mal de ce qui faisait le charme de cette série dans l’écriture. Les personnages ne sont pour la plupart pas présent plus de 10 minutes max de toute l’aventure, mais tous ont leur charme et nous feront sourire à un moment où un autre !

Le jeu possède pas mal de scènes cinématiques en plus de quelques cutscenes faites façon page de manga hyper agréables à l’œil… Mais étrangement pas traduites en français, là où toutes les autres séquences de dialogue et les menus le sont. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, mais soit ils n’ont pas réussi à les intégrer, soit ils ont oublié… Dans tous les cas, c’est un peu dommage, puisqu’il s’agit des meilleures séquences du jeu niveau histoire.

D’ailleurs, tant que l’on est dans la présentation, autant parler du point qui est le plus évident : la présentation est impeccable ! Les graphismes tentent d’émuler un style de pixel-art proche des consoles 32-bits, mais les animations sont clairement modernes et les décors sont tellement variés que chaque tableau est véritablement unique ! Ajoutez à ça des portraits de personnages vraiment stylés et des cutscenes animées par le Studio Yotta, que vous connaissez très probablement pour avoir animé les clips de Star Bomb et la très cool série OK K.O. et vous avez un des jeux les plus beaux de l’année !

Et c’est sans parler de la partie audio, puisque les devs se sont fait plaisir en invitant pas mal de noms américains connus des fans d’animation comme Patrick Seitz ou bien d’Internet, comme Dan Avidan, Arin Hanson et Ross O’Donovan des Game Grumps, SungWon Cho connu pour ses nombreux sketchs sur Twitter ou bien le chanteur NateWantsToBattle. Côté bande-son, elle est composée en très grande partie par Megan McDuffee, dont c’est le premier gros projet dans le milieu du jeu vidéo et elle fait un boulot monstrueux ! Toutes les pistes sont excellentes et mettent dans l’ambiance un peu 80s que veut transmettre le jeu, sans parler des chansons chantées par les actrices jouant Kyoko et Misako ou bien les chansons bonus composées par Chipzel, la monstre de talent derrière les musiques de Super Hexagon et Dicey Dungeons ou bien les musiques de Dale North, un ancien journaliste de Destructoid devenu compositeur sur des jeux comme Wizard of Legend et Rakuen.

Le seul bémol de cette bande-son… C’est que l’intégration est totalement loupée. Les musiques ne sont pas liées à chaque niveau, mais à des tableaux. Déjà, c’est stupide, puisque ça donne à chaque piste une durée de vie allant de 2 minutes à 10 secondes si vous zappez les combats, mais le pire, c’est que parfois le morceau que l’on a commencé recommencera à peine deux tableaux plus loin, interrompant le nouveau morceau qui venait de débarquer. Je sais que ça peut être difficile à comprendre dit comme ça, mais imaginez juste que vous utiliseriez votre lecteur MP3 et zapperiez indéfiniment entre trois morceaux sans trop savoir lequel écouter. C’est déplaisant pour les oreilles sur le long-terme et ça enlève un peu à la cohérence du reste du jeu, ce qui est vraiment dommage.

La présentation est donc presque parfaite sur tous les points, mais un jeu n’est bon que si le gameplay rend bien. Et qu’en est-il ? Eh bien… Disons que c’est pas parfait, mais pas inintéressant non plus !

Sans surprise, River City Girls se base sur ses aînés pour sa structure : le jeu est un simili monde ouvert où le but est bien évidemment d’aller tabasser le boss d’une zone avant de débloquer la zone suivante. Répétez ça six fois et vous aurez atteint les crédits de fin. Et pour atteindre les boss, il suffit généralement d’accomplir une ou deux quêtes annexes auprès de personnages qui vous ouvriront la voie. C’est aussi simple que ça et je pourrais presque m’en arrêter là, puisque ce qui va suivre n’est que parler de choses plus spécifiques.

Car les River City ne sont pas de simples beat-them-up. Ils intègrent aussi de très légères mécaniques de RPG et l’ont fait avant même que l’idée d’intégrer des mécaniques de ce genre ne soit un concept populaire ! En gros, plus vous tabasserez d’ennemis, plus vous deviendrez fort, avec diverses stats qui montent au fil des niveaux gagnés et parfois vous débloquerez même des attaques spéciales.

Mais si votre panoplie d’attaque est très limitée au départ et rendent les premiers affrontements plutôt répétitifs, sachez que vous pourrez acheter un joli paquet de nouvelles techniques aux dojos situés ici et là et un petit conseil très utile : n’hésitez pas à manger tous les aliments que vous voyez, car la première fois vous gagnerez un boost permanent d’un point pour une stat au hasard, ce qui est plus qu’idéal durant les combats de boss.

Et d’ailleurs, en parlant de boss, ceux-ci sont variés et hyper fun, à l’exception d’un qui a le bouton de blocage facile, ce qui m’amène à un défaut qui a été lié à ma façon de jouer au début mais qui je suis certain concernera quelques joueurs au moins. Si vous vous faites éclater pas un boss, il existe une solution, simple et efficace, mais qui prend du temps : faire du grinding à l’ancienne pour gagner des niveaux. Comme vous pouvez vous en douter, ça rend l’expérience de jeu un poil répétitive et monotone pendant un moment (même si on peut arguer que c’est un défaut inhérent au genre de manière générale), mais l’avantage, c’est que j’avais fait tellement de grinding pour le second boss que j’ai nettoyé le sol avec le visage de tous les boss qui ont suivi et ai fini le jeu bien plus vite que prévu.

Ce qui m’amène au plus gros point faible de River City Girls : sa durée de vie. Même malgré la session de grinding, j’ai fini le jeu en 5 ou 6 heures à tout péter. Si je n’avais pas non plus pris mon temps, je pense que j’aurais pu le finir en 4h, voire 4h et demie. Ce n’est peut-être pas un défaut dans le grand ordre des choses puisque ça évite au jeu de trop s’étirer et il possède tout de même un New Game + qui rajoute quelques secrets intéressants en plus, mais si vous êtes le type de joueur qui finit ses jeux une fois avant de passer à autre chose, je pense que les 30€ que coûte River City Girls vous passeront un peu en travers de la gorge…

Oh et un autre petit défaut relou vient du fait que pour passer d’une zone à une autre il faut appuyer sur le même bouton que l’attaque, faisant que si vous êtes en combat trop près du bord de l’écran, il n’est pas impossible que vous changiez de zone par accident. C’est rare et c’est pas non plus le pire chose qui existe, mais ça peut créer une micro frustration qui n’était pas nécessaire.

Au final, j’ai vraiment passé un bon moment avec River City Girls ! C’est un beat-them-up à l’ancienne comme on les aime en plus d’être un bon lot de consolation après la disparition de Scott Pilgrim. Il est un poil répétitif sur les bords et sa faible durée de vie de base fait que j’aurais du mal à le recommander à 30€ (sauf si vous voulez soutenir Wayforward, ce qui est plus que légitime vu le travail abattu), mais la variété dans le moveset, son renouvellement constant dans ses décors et sa présentation en font un des meilleurs représentants du genre actuellement sur le marché (en attendant Streets of Rage 4, qui commence à doucement se faire attendre).

Si vous aimez les beat-them-up à l’ancienne ou bien un bon jeu à jouer avec un pote ou votre compagne, je ne peux que trop vous le recommander tellement il peut être fun.

Oh et vous pouvez aussi faire un dab pour envoyer vos ennemis voler !

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