Kayane

[Critique Nintendo Switch] Cadence of Hyrule – Tambours Battons

Une des plus grosses surprises de l’année, Cadence of Hyrule – Crypt of the Necrodancer feat. The Legend of Zelda marque la première fois que Nintendo confie sa série la plus sacrée à un développeur indé. Pas la première fois que la série est déclinée en un spin-off sous-traité à une compagnie tierce, comme Hyrule Warriors ou bien… Erm… la trilogie Philips CD-ROM, mais vous voyez ce que je veux dire. On peut facilement imaginer la surprise des développeurs eux-mêmes lorsqu’une idée qu’ils ont lancé en l’air sans grande conviction s’est vue valider et la pression qu’ils ont du ressentir lorsque une des licences les plus importantes du jeu vidéo leur a été confiée !

Et qu’en ont-ils fait ? De la magie, tout simplement !

Le Luth Final

L’histoire de Cadence of Hyrule est… Minimaliste : Cadence, héroïne de Crypt of the Necrodancer, se retrouve projetée en Hyrule et doit trouver un moyen de rentrer chez elle, si possible en aidant Link et Zelda a sauver le royaume menacé par Octavio, un nouveau méchant avec un design particulièrement cool (bon ok, c’est du Vaati bis, mais ça passe). C’est un peu dommage que rien d’essentiel ne soit fait avec cet univers et un bon paquet de personnages que l’on aura plaisir à retrouver, mais j’imagine que c’était tout autant une question de temps que de contraintes de la part d’un Nintendo qui voulait éviter de trop jouer avec le canon de la série. Mais quoi qu’il en soit, l’univers a été respecté à la lettre et j’étais très content de voir tous les petits hommages et clins d’oeil glissés ici et là !

Et c’est donc dans son gameplay que Cadence of Hyrule trouve la majorité de sa saveur ! Comme dans les anciens Zelda, le but est de trouver les différents artefacts qui vous permettront d’atteindre le boss final, mais sans forcément savoir où aller ! Pendant mes deux premières heures de jeu, je ne suis pas entré dans un seul des quatre donjons pour la simple et bonne raison que je ne savais pas quoi faire… Au point que pour l’un d’entre eux je suis parvenu à l’atteindre par accident grâce à un coup de pouce de la RNG et de ma propre stupidité.

Ainsi, pour se déplacer, il existe deux façons dépendant de la situation : si aucun ennemi n’est à l’écran, vous pouvez vous déplacer librement et faire ce que vous souhaitez et quand vous le souhaitez, qu’il s’agisse de tailler du buisson ou bien trouver une des très nombreuses zones cachées de la map. Mais s’il y a des ennemis à l’écran, vous serez contraint de vous déplacer en rythme avec la musique et vous battre en rythme ! Heureusement, le timing est plutôt généreux et le gros des batailles consiste à entrer en contact avec l’adversaire pour lui faire des dégâts, le but étant de profiter des ouvertures qu’ils offrent pour leur faire mal sans que vous ne preniez de dégâts… Et croyez-moi qu’en jouant sans trop de finesse vous allez prendre cher ! Personnellement je suis mort une trentaine de fois durant ma partie, et parfois cela se jouait en quelques secondes à peine !

Pour remédier à ça, vous avez à votre disposition énormément d’objets (bombes, flèches, éléments du décor), dont diverses épées à la portée très différente. Ironiquement, j’ai fait 80% du jeu sans utiliser autre chose que les épées et juste avec Zelda, ce qui est à la fois une bonne chose quant au fait que l’on peut aborder la situation comme on le sent, et une mauvaise chose, puisque le jeu ne vous incite pas vraiment à être subtil ou créatif. On peut l’être, certes et on peut se créer nos propres défis, mais on peut aussi y aller comme un bourrin et gagner sans sourciller (mais beaucoup mourir).

Et c’est sans parler des donjons eux-mêmes qui sont pas particulièrement complexes non plus. Presque aucune énigme nulle part, faut juste atteindre la sortie sans se faire tuer et battre le boss. Là où ça devient très intéressant et malin, c’est que du fait que l’on puisse faire toute l’aventure dans l’ordre que l’on souhaite, la difficulté s’adapte avec le joueur. Ainsi, à chaque boss vaincu, les ennemis sur la map gagnent en niveau et les boss suivants sont aussi un peu plus difficiles ! Notez aussi qu’il y a une belle part de RNG et d’improvisation qui fait que certains objets importants peuvent apparaître n’importe quand durant votre aventure, ce qui peut nous pousser à rejouer au jeu et vivre une expérience totalement différente !

Pour le coup, j’ai fini le jeu en 6 ou 7 heures (le compteur a malheureusement buggé, puisqu’il continuait de tourner même en mode veille), mais je pense que le joueur moyen mettra une ou deux heures de plus, sachant que j’ai réussi à contourner un pan entier de l’aventure par accident et j’étais plutôt familier avec le gameplay de Necrodancer. Mais voir les classements en ligne et un joueur ayant réussi à le finir en 27 minutes me motive à relancer une partie pour le fun, et peut-être même en désactivant la partie rythme.

Car oui, il est possible de jouer sans devoir se conformer au rythme et comme dans Superhot, les ennemis bougent quand vous bougez, transformant assez radicalement l’expérience de jeu en quelque chose de plus posé, mais plus stratégique, là où avec la composante rythmique, une bonne part du jeu repose sur l’improvisation et parfois de purs moments de panique.

Enfin, impossible de parler d’un jeu musical sans parler des musiques elles-mêmes et sans surprise, c’est un vrai petit bonheur ! Le plus étonnant dans l’histoire est le fait que Nintendo aie confié ses musiques à un musicien occidental, ici Danny Baranowsky, connu pour ses musiques mythiques sur Crypt of the Necrodancer et la première version de Super Meat Boy ! Beaucoup de thèmes cultes sont repris à la sauce électro, voire parfois même chill-hop et c’est juste génial à écouter, à l’image du thème d’ouverture d’Ocarina of Time repris pour l’écran-titre de ce jeu et qui donne juste envie d’étudier avec un casque sur les oreilles.

Au final, Cadence of Hyrule est tout ce que l’on pouvait espérer d’un spin-off fait à plus petite échelle et même un peu plus ! L’aventure est certes un peu courte et les mécaniques de Zelda aurait méritées à être un peu plus élaborées, mais on se retrouve avec une expérience aussi unique que très fortement addictive, au point que l’on aura envie de le finir d’une traite, si ce n’est y rejouer pour tenter de battre son propre temps, voire même le faire en speedrun sans (trop) mourir !

Ma seule vraie complainte vient du fait que 25€ pour 6h de jeu puisse être considéré comme assez élevé, surtout si on n’a pas pour intention d’y rejouer une fois qu’on l’a terminé, mais en dehors de ça c’est du tout bon ! On sent clairement l’amour de Brace Yourself Games sur ce titre en plus de l’envie de faire un titre qui soit à la hauteur de la série et en cela, c’est plus que réussi !

Si vous aimez l’univers de Zelda et les jeux un peu atypiques, vous pouvez foncer. Autrement, attendez une éventuelle baisse de prix aux alentours de 15/20€, car il les vaut facilement !

Benjamin « Red » Beziat

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *