Kayane

[Critique Nintendo Switch] Cuphead – Fleischer Price

Sorti il y a bientôt deux ans, Cuphead a été considéré par beaucoup comme un des meilleurs jeux de 2017. Et quand ton jeu sort une année où sortent tellement de titres exceptionnels comme NieR Automata, The Legend of Zelda : Breath of the Wild, Super Mario Odyssey ou bien Xenoblade Chronicles 2 et qu’il est considéré comme un des meilleurs, alors ton jeu est purement exceptionnel !

C’est donc non sans jalousie à l’égard des joueurs de Xbox One et de PC que j’ai laissé le titre me filer entre les doigts, faute d’avoir les machines en question (ou un PC qui ne plante pas en lançant le moindre onglet un minimum gourmand…).

Mais parce que le hasard fait bien les choses et que le monde peut réserver de belles surprises, on a appris en début d’année que Cuphead débarquerait sur Nintendo Switch dans le cadre d’un partenariat renforcé entre Nintendo et Microsoft, qui avait aidé en partie dans le développement du jeu de Studio MDHR ! Enfin les joueurs de Switch pourraient jouer à ce jeu réputé pour sa difficulté légendaire et connaître les joies du lancer de manette contre le mur, le tout avec la possibilité de le faire chez soi, son meilleur ami ou dans le train !

(Cela étant dit, je tiens à préciser que je n’ai pas fini le jeu à proprement parler. J’ai battu quasiment tous les boss, mais vous comprendrez vite pourquoi je n’ai pas pu/eu le temps de le finir avant de publier cette critique.)

Cup Pain

S’il y a bien deux mots qui peuvent définir Cuphead, ce sont bien « simple » et « difficile ». « Simple » dans le sens que le jeu est un run and gun/boss rush où l’on a juste à tirer sur tout ce qui bouge tout en sautant et esquivant toutes leurs attaques et parce que l’histoire repose juste sur le fait de devoir récupérer les âmes de tous les boss pour éviter de mourir aux mains du Diable qui a piégé les pauvres Cuphead et Mugman. Et « Difficile » dans le sens que ce jeu n’a pas de système de vie à proprement parler et que la moindre mort nous faire revenir au tout début du combat/niveau.

Pour le coup, le jeu est divisé en deux styles : les combats de boss à pied, où l’on doit courir dans tous les sens et faire attention où on met les pieds et les combats de boss en avion, où ça devient un shmup plus classique. Dans les deux cas, les projectiles volent dans tous les sens, tant et si bien que l’on finit par avoir des crises de panique et les premiers affrontement se finiront toujours en échec à cause du fait que les boss ont une tonne de patterns différents à mémoriser. Chaque combat est unique et c’est tout autant une joie qu’une grande souffrance de voir à quel point les développeurs du jeu ont redoublé de sadisme pour nous faire mourir, même si la souffrance n’est jamais trop longue, car chaque combat dure moins de trois minutes. Par une victoire ou une défaite, tout dépend de votre skill, mais la brièveté de ces duels couplée à la barre de progression affichée à chaque mort (une idée absolument géniale) fait que l’on a instantanément envie de recommencer pour enfin surmonter ces obstacles.

Et même si le jeu est tellement simple qu’il ne suffit que de sauter et de tirer pour parvenir à ses fins, il existe deux petites subtilités qui apportent pas mal de profondeur à l’ensemble. Durant les combats, les ennemis balanceront divers types de projectiles. Et si ceux-ci sont roses, il est alors possible de les parer durant une sorte de double saut. Avec le bon timing, il est possible de remplir instantanément notre jauge de Super, qui, selon l’arme équipée, permettra d’utiliser une attaque plus puissante avec une portée différente.

La seconde subtilité vient des armes et des équipement. Chaque arme possède ses forces et ses faiblesses et sera plus ou moins utile selon les boss. Ainsi, un boss à forte mobilité ou un peu trop perché demandera d’utiliser l’attaque téléguidée, tandis que celui immobile, mais dans une arène plus resserrée nécessitera plutôt d’utiliser le sorte de shotgun (emprunté à Contra, tout comme son mur doté d’un oeil). L’équipement aussi aura son importance, puisqu’il offrira un bonus non négligeable, comme un coeur supplémentaire (qui fera baisser légèrement votre attaque) ou bien l’esquive améliorée qui vous rend invincible pendant la manoeuvre (mon préféré de loin).

Cependant, pour débloquer ces armes et équipements, il faut les acheter dans la boutique. Et qui dit boutique dit argent et pour obtenir ces précieuses pièces, il faut obligatoirement passer par le plus gros point faible du jeu : les phases de run and gun.

Ironiquement, les phases de run and gun ont été ajoutées au jeu après que des gens se soient plaint en apprenant que Cuphead ne serait « que » un boss rush et après avoir joué au jeu, beaucoup auront affirmé que ces phases n’étaient pas vraiment utiles. Non pas que le level design soit mauvais. Pour le coup, aussi simple soit-il, il parvient quand même à se renouveler à chaque fois pour offrir quelque chose de nouveau. Cependant, leur structure linéaire couplée à l’absence de checkpoint fait que mourir à répétition dans ces niveaux devient vite une plaie et l’on souhaiterait juste atteindre l’arrivée au plus vite pour empocher les pièces récupérées en chemin.

Car, et c’est aussi le second plus gros souci de ces phases, elles ne servent à rien d’autre que de récupérer des pièces. Les finir ne débloque rien (sauf sous une certaine condition et à la condition de tous les faire comme ça) et donc elles sont plus ou moins optionnelles. Si vous avez trouvé vos armes et équipements préférés, vous pouvez zapper les autres. En revanche, si vous êtes à court de pièces pour l’arme que vous voulez absolument… Bah bon courage.

La dernière chose sur laquelle je voulais revenir et sur le fait que je n’ai pas atteint le bout du jeu à temps vient du fait que pour débloquer les deux derniers boss, il faut obligatoirement battre tous les autres en « Normal ». Or, le mode « Normal » étant très difficile… Bah je n’avais pas d’autre choix pour progresser au maximum d’en battre certains en «  » » » » »Facile » » » » » » ». Et même dans ce mode de difficulté ce n’est pas forcément une partie de plaisir. Car même si les combats sont amputés de leur phase finale et que les attaques qu’ils nous balancent sont un peu moins violentes, le challenge est malgré tout définitivement présent et la satisfaction de les vaincre est bel et bien présente.  Amoindrie par rapport à celle que l’on pourrait ressentir en battant les boss en « Normal », mais présente quand même.

(Note de dernière minute : si possible jouez au jeu avec un Pro Controller, ou mieux encore une manette GameCube pour gagner en précision et surtout, surtout passez par les options pour reconfigurer les touches. Le placement par défaut n’utilise pas vraiment les gâchettes, ce qui est loin d’être idéal pour toutes les manoeuvres d’esquive.)

Il est impossible de parler de Cuphead sans évoquer son esthétique parfaite. Le style cartoon des années 30 est incroyable et l’est d’autant plus quand on sait que chaque frame a été dessinée à la main selon les méthodes de production de l’époque et les musiques jazzy donnent vraiment la sensation de faire face à un cartoon vivant… Enfin presque, puisque les cartoon de l’époque tournaient à 24 images par seconde et Cuphead tourne à 60, émulant les 24 images par secondes pour les animations. C’est très étrange, mais ça marche plus que bien, permettant au jeu d’être réactif et nous éviter bien des morts. Et c’est sans parler des animations incroyablement variées pour chaque personnage, qu’il s’agisse des personnages principaux ou bien des boss, voire même des monstres de base. Tout est hyper expressif et c’est un pur bonheur pour les yeux !

Enfin, pour ce qui est de la version Nintendo Switch… Bah il n’y a rien à redire ! Le jeu est absolument sublime en version dockée et tourne parfaitement à 60fps. Il y a quelques temps de chargement un poil longuets au démarrage, mais rien de bien grave autrement. En mode portable, c’est tout de suite un peu plus compliqué, puisque certains projectiles peuvent être minuscules, mais l’avantage est que l’on a une bonne vision d’ensemble par rapport à la version dockée, où l’on devra balader son regard d’un bout à l’autre de la télé.

Sans surprise… Cuphead est une tuerie ! Une réussite esthétique en plus d’être un boss rush avec une incroyable variété, le jeu méritait bien sa place dans tous les top de 2017 et c’est juste une excellente chose qu’il soit arrivé sur Switch pour permettre à encore plus de monde de l’essayer.

Cela étant dit, est-ce que je peux le recommander à tout le monde ? Je serais déjà un poil plus mitigé. La trop grande difficulté risque d’en rebuter beaucoup et même si le mode « Facile » permet d’amoindrir cet effet, le fait de ne pas pouvoir proprement finir le jeu sans obligatoirement repasser en mode Normal tôt ou tard peut être la source de beaucoup de frustration. Au pire, essayez-le chez un pote si vous avez un peu peur de ce détail, mais dans tous les cas, il faut que vous y jouiez au minimum une fois dans votre vie !

… Fiou ! J’ai écrit une critique entière et pas une fois je n’ai parlé de Dark Sou…

Indispensable

Benjamin « Red » Beziat

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