Kayane

[Critique Nintendo Switch] The Liar Princess and the Blind Prince

Les jeux mignons avec un sous-texte plus sombre, c’est un peu une tasse de thé que je bois goulument à deux mains et cul sec, quitte à me brûler la langue. Kirby, Klonoa, Cave Story… Il suffit que vous me présentiez un titre avec un style similaire à ces jeux pour que vous le trouviez catapulté assez haut dans une liste des jeux les plus attendus de l’année dans lequel ledit titre sortira.

Placé numéro 7 sur la liste des jeux les plus attendus de 2019, The Liar Princess and the Blind Prince proposait donc tout ce que j’aime : un conte sombre aux atours tout mignon et une esthétique assez proche de Pandemonium, avec ses monstres atypiques, mais jamais trop dégueux. Je ne m’attendais pas non plus à un jeu avec un gameplay des plus creusés car je savais d’avance qu’il s’agissait d’un de ces jeux conçus en interne chez Nippon Ichi Software par une toute petite équipe et l’absence relative de communication autour du titre n’a fait que confirmer cette intuition. Donc, dans un sens, ce jeu répondait parfaitement aux attentes que j’avais placées en lui.

Loup-ons-nous dans les bois

The Liar Princess and the Blind Prince mise plus ou moins tout sur son histoire et son ambiance : dans un bois reculé, une louve passe ses nuits à chanter au clair de lune, perchée sur une colline. Un jour, le jeune prince du royaume voisin se balade dans cette étrange forêt et tombe sur cet étrange spectacle. Le prince décide alors chaque soir de retourner dans la forêt pour entendre ce chant fascinant, mais ne sachant pas qui la chante, il décide de gravir la colline pour rencontrer la mystérieuse cantatrice. Malheureusement pour les deux partis, la louve prend peur et, alors qu’elle souhaitait simplement repousser l’enfant, elle le blesse accidentellement avec ses griffes et lui crève les yeux.

Sentant le poids de la culpabilité l’envahir, la louve décide d’aller à la rencontre de la sorcière de la forêt pour rendre la vue au prince, mais hélas pour elle, il faut que le prince soit à ses côtés pour que le sort prenne effet. Ayant peur de faire face à l’enfant sous ses traits monstrueux, la louve demande à la sorcière de la rendre humaine, quitte à y sacrifier quelque chose qui lui est important. Ayant désormais la faculté de se transformer à volonté, la louve repart chercher le prince pour l’escorter jusqu’à la tanière de la sorcière…

Pour le coup, The Liar Princess and the Blind Prince est aussi bien un jeu de plateforme qu’un visual novel, car sur les 3h15 que j’ai mis pour le finir, j’ai passé au minimum une heure à lire du texte. Et même si l’histoire reste simple, elle n’en reste pas moins touchante et captivante. Le jeu était présenté comme un conte interactif et il joue plus que parfaitement son rôle. Cela étant dit, comme les contes d’antan, il possède certains éléments un peu plus glauques qui justifient le PEGI 16 que s’est mangé le jeu chez nous (alors qu’il est E10+ aux States… Eukaye). Le jeu possède deux plans peu ragoûtants que j’hésiterais presque à qualifier de gore, puisque l’un d’eux implique le moment où le prince perd ses yeux et ça montre pas mal de sang (coloré marron, certes, mais ça change pas trop le fait que ça en est)… Tout ça pour dire que c’est plus un jeu destiné à un public adulte ou bien aux ados qui sont sensibilisés à ce genre de choses qu’à des enfants qui pourraient ensuite passer de bonnes nuits après avoir vu ça.

Et même si l’histoire est vraiment chouette, le gameplay, lui… Se prend un peu les pattes dans le piège à loups, puisqu’il ne prend pas trop de risques et le level-design ne devient vraiment intéressant que dans les deux derniers niveaux. Le prince est totalement vulnérable, au point qu’il suffit d’un coup ou bien d’une chute un peu trop élevée pour que vous repartiez au précédent checkpoint (qui heureusement sont assez réguliers). La louve, elle, peut alterner entre les formes humaines et lupines à la simple pression d’un bouton, sachant que la forme de louve est le seul moyen d’attaquer quoi que ce soit et la forme humaine permet de prendre la main du prince pour le guider à travers le niveau. Vous avancerez en résolvant en grande majorité des puzzles impliquant des interrupteurs et… Bah c’est à peu près tout, en fait. Il existe des bidules à collectionner à travers les niveaux pour débloquer des documents de designs et des croquis préparatoires, mais en dehors de ça, le jeu ne cherchera jamais à aller trop loin avec ses concepts. Alors certes, chaque jeu n’est pas obligé de se réinventer ou bien tenter de changer les codes du jeu vidéo de manière globale, mais ça se sent que l’équipe qui a travaillé dessus n’était pas immense et que les idées autour du concept se sont plus vite essoufflées que prévu.

L’autre très gros point fort de The Liar Princess and the Blind Prince est sa présentation. Son style graphique reste encore plutôt unique dans le milieu et c’est plus que joliment animé. Les designs des personnages sont intéressants, avec un petit style à la Sho Shibamoto qui fait plaisir aux rétines. Les musiques, elles, sont assez peu nombreuses, mais toutes fonctionnent bien dans le contexte, le thème du menu principal est marquant et le thème de fin composé par Akiko Shikata reste une de mes chansons préférés de 2018 et est bien partie pour figurer dans le top 2019.

Au final, The Liar Princess and the Blind Prince n’est pas un mauvais jeu, mais il n’est pas non plus celui qui révolutionnera le milieu. Le gameplay et le level-design sont un poil trop basiques pour rester gravés dans les mémoires, mais l’histoire mignonne et douce-amère, elle, nous laissera un joli souvenir.

Personnellement, je ne regrette pas trop avoir mis 20€ dans le jeu malgré les trois petites heures que dure l’expérience, mais je peux aisément comprendre que beaucoup préfèreront attendre une baisse de prix, donc si vous voulez passer un bon petit moment et que vous n’avez pas peur des jeux « juste bons », ça peut le faire, même si globalement, ça restera un bon gros :

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Benjamin « Red » Beziat

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