Kayane

[Critique Nintendo Switch] Katamari Damacy Reroll – Crise Existentielle Simulator

Cela fait maintenant une bonne douzaine d’années que la série des Katamari est entrée avec fracas dans ma liste de mes séries préférées. En dehors de quelques rares spin-offs et épisodes exclusifs au Japon, je les ai tous fait et je n’attendais qu’une chose : qu’un épisode de la série sorte, car cela faisait depuis Touch My Katamari que l’on n’avait plus eu de jeux dans la série principale. Et alors que je formulais ce vœu pieux, Bandai Namco est descendu du ciel et y a répondu de la meilleure des manières : un épisode inédit en Europe, qui plus est sur Nintendo Switch ! Alors certes, Katamari Damacy Reroll est un remake du tout premier épisode sorti sur PlayStation 2, mais on n’y avait jamais eu droit, donc même si cet épisode est… Quelque peu rudimentaire sur la forme, ça reste une très bonne initiative, d’autant plus qu’il est directement vendu à 20€ !

Katamari On the Rocky Path

Katamari Damacy Reroll nous raconte une histoire des plus originales (pour l’époque) : le Roi du Cosmos a accidentellement détruit l’univers et, parce qu’il est le père de l’année, il décide d’envoyer son fils réparer ses bourdes en recréant les étoiles à partir d’objets, animaux, humains et bidules qu’il trouve sur son chemin. C’est stupide, bourré de non-sens et ça se suit avec énormément de plaisir.

En termes de gameplay pur, le principe est plutôt simple : on doit faire rouler une boule gluante à travers des niveaux et rouler des objets plus petits que la boule pour pouvoir les récupérer et ainsi faire grossir la boule, qui sera par la suite capable d’absorber des plus gros objets, etc. Vous contrôlez la boule en utilisant les deux joysticks analogiques ou les deux Joy-Cons en les utilisant comme deux joysticks. Dans le premier cas de figure, ça prend un peu de temps pour prendre le coup, mais est plutôt fiable, tandis que dans le second, ça reste assez précis, à ceci près que vous ressemblerez juste à un Docteur Strange bourré. Mais une fois que l’on comprend le gameplay, on aura assez vite fait de faire ce que l’on souhaite sans trop de problèmes.

Dans la plupart des niveaux, le but est de tout simplement atteindre une certaine taille avant la fin du compte à rebours, mais il existe quelques variations impliquant de récupérer un maximum d’objets suivant une simple thématique, atteindre une certaine taille sans forcément avoir d’indicateur ou bien d’avoir un seul objet suivant une thématique précise, mais faire en sorte que cet objet soit le plus gros possible.

Là où je vais être un poil plus critique, c’est dans le fait qu’il s’agisse d’un simple remake du tout premier épisode : parce qu’il s’agissait d’un jeu-concept, Katamari Damacy Reroll ne possède concrètement que deux ou trois niveaux et les utilisera en boucle pour toutes les épreuves. De plus, même si le gameplay reste toujours aussi bon, les épisodes qui ont suivi se seront avérés bien plus généreux au niveau de la collision de la boule. Ici, quand vous tapez dans un obstacle, vous risquez bien trop souvent de perdre des objets, certains traversant purement et simplement le décor, là où dans les épisodes suivants, cela arrivait beaucoup moins souvent (en plus d’ajouter des options de navigation qui facilitaient grandement l’expérience). Ce sont des détails que vous ne remarquerez pas nécessairement, mais pour les habitués, ça peut perturber.

Enfin, ce qui fait tout le sel d’un jeu Katamari, c’est sa présentation ! Ici, tout a été remasterisé à la perfection. Le jeu est très beau et ne rame quasiment pas en plus de posséder des temps de chargement plutôt courts. Et c’est sans parler de sa bande-son légendaire, qui alterne entre les genres pour offrir un mix éclectique et hypnotique qui font que l’on passera son temps à rouler tout en se sentant étrangement détendu. Le seul bémol peut venir parfois de la surabondance des effets sonores qui s’additionnent quand on roule sur les gens, mais vu que l’on peut régler tout ça dans les options, c’est plus ou moins un non-problème.

Si je devais parler de Katamari Damacy Reroll en une phrase, je dirais qu’il s’agit d’un brouillon prometteur pour des suites qui seront encore meilleures. La base du gameplay et de son univers sont là, et même si ce n’est pas parfait et que les niveaux ont un peu trop tendance à se répéter, ça n’en reste pas moins un excellent remaster du premier épisode de la série. Pour le coup, j’aurais adoré qu’ils zappent tous les épisodes pour sortir directement une version légèrement corrigée de Katamari Forever (le meilleur épisode en termes de gameplay et de variété en plus d’être un best-of de la série), mais rien que d’avoir un des meilleurs anti-stress dans la poche et à emporter partout avec soi est quelque chose que l’on prendra avec joie.

Si vous n’avez pas peur des jeux un peu étranges, je ne peux que vous recommander de prendre le jeu (ou bien au pire d’essayer la démo). Si vous êtes fan de Katamari, ça peut valoir le coup de découvrir où la série a commencé… Et si, comme Kefka Palazzo, vous trouvez relaxante l’idée d’enrouler des gens et d’entendre des centaines de personnes hurler de désespoir, ce jeu est tout aussi parfait pour vous.

En y repensant, Katamari Damacy est peut-être un détecteur de sociopathes. Et je suis au centre de cette cible. Huh.

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Benjamin « Red » Beziat

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