Kayane

[Critique Nintendo Switch] Gris

Gris

Bon.

Ok.

D’accord.

Ça va être dur, mais on va essayer.

Il existe des œuvres qui laissent sans voix. On les vit, puis… On ne peut rien en dire tant on a été frappé par le message fort qu’elles nous ont transmis. Gris fait partie de ces œuvres qui sont tellement fortes. Tellement puissantes que l’on ne peut que passer un bon moment après l’avoir fini à regarder dans le vide, incapable de savoir quoi faire.

Gris fait partie de ces jeux qui m’ont mis K.O. Qui m’ont laissé abasourdi et en larmes tandis que le générique de fin défilait.

Gris est une œuvre d’art.

Gris est un chef d’œuvre.

Impressionnants Impressionnistes

GRIS_

Pas de trailer cette fois-ci, car je souhaite que vous n’en connaissiez que le minimum. Et non, ceci n’est pas un artwork, c’est un screenshot in-game.

Gris fait partie de ces rares jeux pour lesquels je vais sciemment décider de zapper la partie histoire, car elle ne peut vraiment être comprise qu’en se vivant. Le moment où toutes les pièces de ce puzzle surréaliste se mettront en place sera le moment où vous fixerez un écran dissimulé derrière un rideau de larmes.

Je vais donc plutôt parler de ce qui saute le plus rapidement aux yeux : sa présentation. C’est… Un des plus beaux jeux auquel j’ai joué de ma vie. S’inspirant des courants artistiques que trop rarement vus dans le jeu vidéo (la seule exception récente étant Gorogoa, également disponible sur Nintendo Switch), Gris est un de ces jeux où chaque moment peut être capturé et exposé dans un musée, allant crescendo dans la beauté pour atteindre un point culminant tellement fou qu’une nouvelle barre vient d’être placée. Il faut le voir pour le croire tant ce jeu est d’une beauté folle, notamment dans les animations de certains personnages et éléments de décor. Et c’est sans parler des musiques qui vous hanteront tout au long de la partie, n’étant que trop rarement présentes et montant en intensité toujours aux meilleurs moments.

Pour ce qui est du gameplay, le minimalisme est de rigueur. Il est très rare de se perdre si vous avez un minimum de bagage en termes de jeux vidéo et même s’il peut être très inventif dans ses mécaniques qu’il exploite à merveille, pas mal de choses que vous verrez ici ont déjà été faites ailleurs. Cela n’est pas non plus pour dire qu’en tant que jeu de plateforme-puzzle il n’est pas intéressant, très loin de là – car certaines énigmes sont absolument brillantes et les mécaniques se renouvellent constamment malgré le fait que l’aventure dure environ 2h30/3h. Le seul défaut majeur que j’aurais à reprocher au jeu est son rythme, car le premier quart est un poil longuet et on passe pas mal de temps à simplement marcher, renforçant l’aspect contemplatif – mais volontairement contemplatif – de l’aventure.

gris Nintendo Switch

Cette critique peut paraître courte et évasive, car non seulement il m’a été extrêmement difficile de trouver des mots pour décrire l’expérience que j’ai vécu, mais je souhaitais aussi rester au maximum vague pour que, comme moi, vous découvriez ce titre en en sachant le moins possible.

Cependant, même si je le recommanderais à n’importe quel être humain vivant sur cette planète, je ne peux que le recommander qu’aux personnes qui ont déjà vécu certaines des pires épreuves que la vie nous balance à la figure, car il s’agit du genre de jeu possédant un message qui résonnera surtout avec ces personnes-là. Gris est un jeu lourd, poignant et extrêmement personnel, donc ayez l’esprit ouvert en y jouant.

Devolver Digital est un des meilleurs éditeurs qui existe actuellement, validant des projets dont personne ne voudrait au premier abord, mais qui bien trop souvent finit par attirer les joueurs en masse. On les connaît pour le côté bien trop souvent irrévérencieux des titres qu’ils publient, mais, pour une fois, la compagnie a décidé d’aider un groupe d’artistes prêts à faire plus qu’un simple exutoire ou un jeu qui va dans la violence à outrance. Devolver Digital vient d’aider Nomada Studio à sortir un des plus beaux jeux de l’année. Un des plus importants de la décennie.

Et je ne peux que les en remercier.

Buy Gris Absolutely Icon

Benjamin « Red » Beziat

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