Kayane

[Critique Nintendo Switch] My Hero – One’s Justice : Plus Sympa que Plus Ultra !

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Quand on regarde My Hero Academia, on se dit assez rapidement « Il nous faut un jeu vidéo ! ». Après tout, une série mettant en avant des super-héros ne peut que passer par ce média-là tôt ou tard. Il nous aura quand même fallu attendre deux ans (et faire l’impasse sur une adaptation Nintendo 3DS sortie uniquement au Japon) pour enfin pouvoir mettre la main sur une adaptation ! Et bon, même si les adaptations de manga et films en jeux ont une assez mauvaise réputation, on a quand même eu le droit à de très belles exceptions, comme Dragon Ball FighterZ ou les Naruto Ultimate Ninja Storm, donc l’espoir d’une bonne adaptation de l’excellente série de Kohei Horikoshi pouvait être présent…

Je ne vais pas dire que l’on peut étouffer cet espoir à tout jamais, mais on tient quand même avec My Hero : One’s Justice la promesse de quelque chose qui peut potentiellement devenir grandiose.

Detroit : Become Plus Ultra

Je vais commencer à parler de My Hero : One’s Justice en disant ceci : il s’agit d’une très bonne adaptation de l’univers du manga. Pas de son histoire, loin de là, mais en termes de respect du matériau de base et de l’univers, on tient le bon bout. Les modèles de personnages sont vraiment beaux, leurs attaques sont soit très fidèles au manga, soit une bonne interprétation de ce que ça peut donner si Kohei Horikoshi les avait plus mis en avant à ce moment précis de la série (j’y reviens) et en termes d’habillage pour tout ce qui est menus et petits détails inutiles, c’est du tout bon. On sent que les développeurs chez ByKing étaient de très gros fans du manga et ont fait tout pour que le fan s’y retrouve.

Mais pour ce qui est de l’histoire, et plus spécifiquement du mode Histoire, c’est très… Basique ?

Pour ceux qui ne connaîtraient pas My Hero Academia, on y suit l’histoire d’Izuku, un gamin assez anormal, dans le sens où il fait partie des rares personnes au monde à ne pas posséder de super-pouvoirs. Un jour, il tombe sur une situation mettant en danger un de ses camarades de classe et parvient à le sauver sous les yeux de All-Might, le super-héros le plus puissant du Japon. All-Might est tellement impressionné (et pressé par le temps) qu’il décide de léguer son pouvoir à Izuku, qui va donc pouvoir intégrer la plus prestigieuse école de super-héros du pays, s’y faire plein d’amis et affronter des méchants vraiment intéressants.

Et tout ça… N’est pas inclus dans le jeu. Après un résumé tellement rapide qu’il tient littéralement en dix lignes, on passe directement à l’arc de Stain, soit la moitié du tome 6 et l’on ira jusqu’au combat contre le premier boss final de la série au tome 11. L’arc de l’arrivée d’Izuku à l’école et le tournoi des élèves ? Totalement zappés. D’un point de vue gameplay, c’est logique, puisqu’il aurait fallu faire plusieurs versions de chaque personnage pour montrer leur évolution dans leurs techniques et tout le tintouin, mais pour celui qui ne connaît que vaguement la série, il ratera pas mal de choses vraiment cool.

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My Hero : One’s Justice s’attend à ce que le joueur soit déjà fan de la série et aie au moins lu jusqu’au tome 11/vu jusqu’à la moitié de la saison 3 de la série. En soi, ce n’est pas nécessairement un mal, mais ça limite pas mal l’intérêt du mode Histoire, sachant qu’en plus tout est raconté via des images fixes et quelques lignes de dialogues expédiées par dessus l’épaule. Il y a quelques scènes animées avec le moteur du jeu, mais elles se comptent sur les doigts d’une seule main et manquent sacrément de punch (disons juste que le United State of Smash n’est pas aussi cathartique que dans le manga ou la version animée).

Pour ce qui est des autres modes, c’est plutôt classique, avec du Versus en local et en ligne (même si le online est très inconstant et le nombre de joueurs que l’on peut affronter assez limité), un mode Entraînement assez peu fourni et un mode Arcade où l’on enchaîne assez simplement les combats.

Ceux qui sont un peu moins classiques, en revanche sont le mode Mission et Personnalisation. Le mode Mission est un enchaînement de combats avec diverses contraintes, mais la principale différence est que l’on suit des routes avec divers embranchements, que nos personnages peuvent monter en niveau et qu’ils ne regagnent pas leur vie entre chaque combat, signifiant qu’il faut faire attention à notre façon de progresser.

Le mode Personnalisation, quant à lui, permet de mettre des costumes plus ou moins débiles à tous nos personnages avec des éléments provenant de costumes d’autres personnages (et une tonne de produits à l’effigie de Minoru, pour une raison qui m’échappe). C’est stupide, mais il y a moyen de faire des choses vraiment abominables et voir les résultats en ligne peut donner lieu à de larges sourires.

Minoru’s Bizarre Adventure

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Bien évidemment, il serait débile de parler d’un jeu de baston sans dire comment celui-ci fonctionne et si je devais caser My Hero : One’s Justice dans une catégorie, ça serait plutôt celle du fighting party-game à la Dragon Ball Z Budokai Tenkaichi que du versus fighter plus hardcore à la Soul Calibur.

Pour faire simple, le système de combat de My Hero : One’s Justice possède quelques subtilités comme des Perfect Guard et des sortes de Focus Attack, mais ça reste globalement assez simple, voire simpliste. On a un bouton de dash, un autre de garde, un autre de saut, les gâchettes pour les Assists, un bouton pour des attaques standards, un autre pour les Alters et le dernier pour un second type d’Alter (les super-pouvoirs spécifiques à chaque personnage). On a aussi une jauge de Super à deux niveaux que l’on peut utiliser quand on le souhaite, mais c’est grosso modo tout. On se déplace dans une arène en 3D librement (et l’I.A en profite largement car elle part beaucoup trop souvent à la chasse aux pâquerettes plutôt que de venir nous affronter) avec la possibilité de dasher pour se rapprocher et, si les circonstances le permettent, de se balader sur les murs.

Et même si chacun des 21 personnages possède ses propres subtilités (best boy Kirishima peut utiliser le durcissement de son corps pour ne plus flancher quand on l’attaque, Denki peut tendre des pièges à base d’électricité, All-Might est le méga-bourrin de service, etc), on n’a pas vraiment la sensation de jouer des personnages si différents les uns que les autres. De plus, et c’est un peu ironique pour un jeu de super-héros, les animations un peu flottantes donnent à l’ensemble l’impression que c’est un peu mou. La seule exception est Gran Torino : il s’agit du personnage le plus rapide du jeu et donc il possède un gameplay particulièrement nerveux. Le seul souci, c’est qu’avec lui, on a l’impression de jouer au jeu à la vitesse à laquelle ça devrait globalement aller. Avec un peu de chance, si suite il y a, les développeurs corrigeront ce petit souci, car c’est vraiment le second plus gros soucis à corriger.

Pour cette critique et parce qu’il s’agit de ma console de coeur, j’ai décidé d’opter pour la version Nintendo Switch et… J’ai été plus qu’agréablement surpris, car ça tourne étonnamment bien ! Bon, la seule contrepartie est qu’on se mange des temps de chargement à tous les coins de rue et certains peuvent durer une plombe (rendant le mode Histoire particulièrement pénible à faire, au passage), mais une fois les parties lancées, on a là un très beau jeu parfaitement jouable, donc si vous voulez faire des bastons avec des potes ailleurs qu’à la maison ou bien que vous n’ayez pas de PS4, il peut s’agir d’une bonne alternative. En vrai, à cause des temps de chargement, si vous avez le choix, optez plutôt pour la version PS4, mais si vous ne l’avez pas, ça reste une bonne option à considérer.

Au final, My Hero’s : One Justice est une assez bonne adaptation du manga. On est loin de faire face à la pire adaptation en jeu de baston et il y a vraiment moyen de s’amuser dessus. Seulement voilà, il ne s’agit là que de la promesse d’un meilleur jeu futur. La base est bonne et je suis bien content de sentir la passion des développeurs pour ce projet, mais ce n’est pour l’instant pas encore assez pour valoir une totale recommandation… Ou du moins, une qui coûte 60€.

Si vous êtes fan de la série, je pense que vous pouvez vous intéresser à ce jeu si vous le trouvez à un bon prix. Pour le coup, comme dit plus haut, il s’agit d’une très bonne adaptation de l’univers de la série et le gameplay, bien qu’imparfait, reste suffisamment fun pour animer une bonne soirée entre potes. Pour ceux qui ne sont pas si fan que ça de la série, je serai déjà un peu plus hésitant, vu le nombre de bons jeux de baston sortis ces derniers temps (coucou Soul Calibur VI) ou à venir (viens vite, Smash !)

En bref :

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Benjamin « Red » Beziat

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