Kayane

[Critique DLC Nintendo Switch] Xenoblade Chronicles 2 : Torna – The Golden Country (+ Season Pass)

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La série des Xeno en général est, historiquement, très intéressante à suivre : Xenogears était un jeu tellement ambitieux qu’il est sorti littéralement à moitié fini, les Xenosaga devaient comporter bien plus d’épisodes, mais ont été arrêtés au bout du troisième, Xenoblade Chronicles, même s’il était un jeu qui se suffisait à lui-même, a failli ne jamais arriver aux States en cause d’une trop grande ambition et Xenoblade Chronicles X est sorti sur une console au destin tragique et m’est avis qu’il n’a jamais pu être correctement terminé.

Xenoblade Chronicles 2, de son côté a aussi connu son lot de sacrifices, avec une partie du scénario devant être retravaillée pour être condensée et suffisamment compréhensible. Cependant, suite à de très bonnes réactions du public lors de l’annonce de la sortie de la Nintendo Switch, l’équipe de Tetsuya Takahashi a eu la possibilité de reprendre son concept et le développer pour en faire une véritable extension. Et même si l’annonce d’un Season Pass avant la sortie du jeu originel est passé en travers de la gorge de pas mal, la team de Monolith Soft s’est décarcassée pour rendre le coût assez élevé plus aguicheur en incluant une tonne de DLC et nouveaux modes entre la sortie de Xenoblade 2 et celle de Torna – The Golden Country, une extension d’une quinzaine d’heures explorant un peu plus profondément tout un pan du scénario qui, pour le coup, était un peu sous-exploité.

Mais est-ce que ça vaut le coup de dépenser 30€, voire 40€ si on veut la jolie boîte et la cartouche et surtout… Est-ce bien un bon point de départ pour ceux qui n’ont jamais touché à la série comme l’a clamé le département comm’ ? Les réponses sont « ça dépend » et « ahahahahah, non ! »

Et on fait Torna les serviettes

Je vais essayer de ne pas trop entrer dans les détails pour ne pas spoiler le jeu principal et l’extension, mais sachez que The Golden Country nous plonge cinq-cent ans avant les événements de Xenoblade Chronicles 2, à une époque où le titan Torna était encore en train de flotter au dessus de la mer de nuages. Malhos, l’antagoniste principal de cet épisode a été libéré et sème le chaos partout où il passe, mais à la condition qu’il s’ennuie à l’instant où il frappe et diverses factions tentent tout pour tenter de l’arrêter. On incarne Lora, accompagné de Jin, sa Lame (imaginez un Digimon, mais humanoïde) et accessoirement futur antagoniste du second épisode. Tous deux vont parcourir les Titans de Torna et Gormott à la recherche de la mère de Lora tout en aidant tous ceux dans le besoin et je vais m’en arrêter là pour pas spoiler plus.

Cette extension est… Assez particulière d’un point de vue narratif, car elle comble plutôt bien les trous laissés par le scénario principal, mais jamais elle ne fera le boulot de nous rappeler qui fait quoi ou bien même de remettre certaines des scènes les plus cruciales, ne serait-ce que pour nous rafraîchir la mémoire (à une exception près). Pour le coup, juste avant de lancer cette extension, je m’étais rematé les scènes liées à ce passé en utilisant le menu Cinématiques du jeu principal et j’ai bien fait, car si vous avez oublié qui est quoi ou quelle nation faisait quoi, vous passerez un désagréable moment à nager dans un océan de terminologie propre à cet univers et vous serez totalement perdu.

Et même si l’histoire est plutôt contenue et peut se suffire à elle-même sur certains plans (en plus d’être très agréable à suivre si on connaît le truc), elle ne prend pas la peine de se considérer comme une histoire à part et n’offre, pour ainsi dire, pas la fin que l’on attend, coupant les parties que l’on connaît déjà et laissant un goût légèrement amer dans la bouche (et c’est sans compter deux personnages que l’on ne revoit plus jamais passé cette extension, dont un qui n’a jamais été pleinement développé et soit j’ai loupé un élément crucial, soit il ne servait à « rien »). The Golden Country est une pièce d’un plus grand ensemble, faisant que si vous n’avez pas fait vos devoirs, vous n’en tirerez pas grand chose. Ce n’est en rien « un bon point de départ pour les néophytes »… Et puis bon, ça serait idiot de commencer par cette extension, car 40% du scénario de Xenoblade Chronicles 2 repose là-dessus et ça serait vous gâcher le plaisir de la découverte du jeu d’origine.

Billie Jin

Xenoblade Chronicles Torna Catboy

En termes de structure et de gameplay, The Golden Country est assez similaire à ceux du jeu d’origine. Le système de combat a quelque peu évolué, cependant, car là où dans l’original, on n’incarnait que notre personnage et la Lame faisait pas grand chose, ici on incarne les deux. Il est possible d’alterner entre l’un et l’autre (et une autre Lame) afin d’optimiser nos combos et permettre ce gameplay à tiroirs que je décrivais assez longuement dans ma critique du jeu d’origine. Bien évidemment, ces changements ne peuvent se faire quand on veut, car changer de personnage permet de faire remonter la barre de vie que l’on partage.

Là où les combats deviennent vraiment fun, c’est dans cette étrange montée en puissance qu’ils ont réussi à instaurer, car le début des batailles sera systématiquement long et un peu pénible, mais une fois que l’on pourra changer de personnage et vraiment pouvoir faire monter la jauge du super, les choses sérieuses commencent et tout le monde se met à frapper comme des brutes à la vitesse du son. C’est comme si à chaque début de combat on passait un peu de temps pour faire démarrer un vieux diesel, puis, une fois lancée, il se transformait un dragster armé d’ogives nucléaires.

En ce qui concerne la structure du jeu, The Golden Country se repose énormément sur son système de Sociogramme. Il arrivera deux points dans l’histoire où tout s’arrête net et où on nous force à faire gonfler ce Sociogramme, soit en accomplissant des quêtes annexes, soit en parlant à des PNJ après avoir atteint certains paliers.

Je dois avouer que je détestais purement et simplement ce système au début, car les quêtes annexes ne s’annonçaient pas particulièrement passionnantes et le fait que l’histoire soit interrompue de la sorte était particulièrement frustrant… Et puis il y a eu un twist.

Toutes les quêtes annexes sont liées entre elles.

Ainsi, faire une quête pour un personnage ne l’affectera pas que lui, mais il affectera aussi quelqu’un d’autre qui aura potentiellement une autre quête à faire, et ainsi de suite. Certains personnages qui ne semblaient pas liés offriront des twists surprenants et je me suis surpris à être touché par certains développements et si ce n’était pas pour les quêtes de récoltes ou avec des prérequis stupides, je me serais amusé à toutes les faire avant de finir le jeu, car non seulement elles sont satisfaisantes sur le long-terme, mais en plus elles offrent tellement de points d’expérience que l’on finit par gagner deux à trois niveaux en en finissant une ou deux. Et vu comment le boss final peut s’avérer brutal, vous aurez mieux fait de creuser cette extension au maximum pour pouvoir mieux vous préparer.

Tu as tort, na !

Xenoblade Chronicles Torna Hugo

Extension oblige, The Golden Country nous offre une toute « nouvelle » contrée à explorer : Torna, en plus d’une partie de Gormott. Et même si on sent que l’équipe n’a pas eu beaucoup de difficultés à retravailler Gormott, c’était pour mieux bosser sur Torna, qui est tout aussi vaste que plaisant à parcourir. Et même si avec « seulement »  zones à parcourir ça peut paraître petit, chaque zone est tellement bourrée de petits détails que même après 18 heures de jeu je trouvais encore et toujours des petits détails cachés dans des endroits qu’il me semblait pourtant avoir retourné. Il existe pas mal de petits objectifs cachés et de quêtes en fil rouge débouchant sur de grosses récompenses qui peuvent stimuler même le plus chevronné des explorateurs, ce qui est toujours appréciable.

Au rayon des nouveautés, il y a aussi la bande-son, qui possède de nouvelles pistes et… Bah comme dans le jeu de base, toutes sont extraordinaires ! Le thème des combats en particulier est dynamique et entraînant et pas une seconde je ne m’en suis lassé et le thème d’une des parties de Torna me turlupinera jusqu’à la fin de mes jours car il ressemble à un morceau, mais je n’arrive plus à mettre le doigt dessus.

Enfin, il me faut vite fait parler des DLC pour le jeu de base que le Season Pass apportait. Je dois avouer que ça ne m’a pas plus intéressé que ça, car il s’agissait principalement de nouvelles quêtes annexes et Lames. Cela étant dit, le mode Défis permettant de débloquer Shulk et Fiora du premier Xenoblade Chronicles, ainsi qu’Elma de Xenoblade Chronicles X en plus de costumes alternatifs est un bonus plus qu’appréciable.

Au final, si jamais je devais trouver un terme pour désigner le Season Pass de Xenoblade Chronicles 2, ce serait « surtout réservé aux fans ». Les DLC et tout ça ne sont, pour moi, pas de très gros arguments de vente pour ceux qui ont aimé le jeu sans plus ou bien les curieux et Torna – The Golden Country, aussi bien soit-il, n’offre pas suffisamment de clés pour permettre à ceux qui retourneraient au jeu après des mois sans y toucher de pleinement l’apprécier tel qu’il est. Une séance de rattrapage est plus que nécessaire, ce qui est un poil inconvenant.

Pour les fans absolus du jeu, cette extension est bien évidemment un indispensable, car elle permet de retrouver des personnages que l’on adore (détester, selon le contexte – surtout Malhos, qui s’y éclate comme rarement et est un bonheur à voir) et d’avoir certaines clés qui permettent de mieux apprécier certains détails un peu étranges ou sous-développés dans le scénario de base. En revanche, pour ceux qui ont apprécié le jeu tel qu’il était sans vouloir chercher plus loin, je me vois mal vous recommander de débourser 30€ pour du contenu qui en majorité s’apparente à du simple bonus. C’est à vous de voir si vous seriez prêt à débourser autant pour une vingtaine d’heures supplémentaires dans Alrest, en attendant l’inévitable Xenoblade Chronicles 3, qui lui arrivera très certainement dans deux ans ou trois… Et que j’attends avec tellement d’impatience.

Tellement… Tellement d’impatience…

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Benjamin « Red » Beziat

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