Kayane

[Critique Nintendo Switch] Mario Tennis Aces – L’Ace des As !

Mario Tennis Aces

S’il y a bien quelque chose que l’on peut avouer, c’est bien que les jeux de sport estampillés Mario ne faisaient plus vraiment rêver durant ces dix dernières années et surtout après la sortie de Mario Strikers Charged Football. La mode était clairement passée et Nintendo n’aidait pas beaucoup en sortant des titres sympathiques au possible (Mario Golf World Tour, malgré sa sortie sur Nintendo 3DS et son côté un peu trop sérieux, était plutôt fun), immondes au pire, le summum du naze ayant été atteint avec… Les deux derniers Mario Tennis. En effet, Mario Tennis Open sur Nintendo 3DS et Mario Tennis Ultra Smash sur Nintendo Wii U étaient de simples jeux de tennis, avec certes plus de profondeur dans les mécaniques de base que dans le cultissime Mario Power Tennis (l’épisode GameCube), mais un contenu tellement rachitique qu’il était difficile de justifier le prix demandé.

Conséquence logique, ces deux jeux ont pas mal bidé et cela a envoyé un signal d’alarme à Camelot, qui a bien compris que s’ils voulaient que la série survive, il devraient mettre les bouchées doubles et offrir un jeu suffisamment convaincant pour attirer un public exigeant ainsi que le grand public. Et après avoir joué et fini Mario Tennis Aces, je peux dire qu’on est en très, très bonne voie, même si on sent que le jeu a été sorti un poil plus tôt que prévu et que d’ici quelques mises à jour on arrivera au résultat escompté.

T’es Nice ou Bordeaux ?

On sent que la philosophie derrière Mario Tennis Aces était de prendre tout ce que la série avait apporté de meilleur dans chacun de ses épisodes console de salon, puis de rajouter quelques petits trucs ici et là pour rendre l’expérience plus intéressante pour le public actuel.

Ainsi, la principale nouveauté de cet épisode en ce qui concerne le mode solo vient de l’ajout d’un véritable mode Histoire, où Mario doit sauver le monde d’une raquette maléfique en réunissant les pierres d’inifinité… Erm, les joyaux magiques et c’est à peu près tout. Ne vous attendez pas à un truc extraordinaire, ni une floppée de cutscenes en image de synthèse à la Mario Power Tennis, puisqu’il n’y en a que deux. Le reste, c’est du dialogue plus fonctionnel qu’autre chose avec une ou deux bonnes blagues dans le lot et la fin est… Comment dire ça… Abrupte. On bat le boss, les personnages balancent deux lignes en mode « ouais, vous avez sauvé le monde » et sans transition les crédits arrivent et l’on est renvoyé à l’écran titre sans avoir la satisfaction d’avoir accompli grand chose. Pas de trucs à débloquer, pas d’animation spéciale. Rien. Idem pour le mode Tournoi, qui est un enchaînement de trois coupes que l’on fait et puis… Bah rien non plus. On sent qu’ils ont été pris de court (har har) par leur planning et ont du improviser pour pouvoir sortir le jeu à temps et c’est assez regrettable.

Cependant, pour en revenir au mode Histoire, il convient de dire qu’il est plutôt bien fichu et est quand même intéressant à faire, puisque non seulement vous pourrez y débloquer des courts supplémentaires pour le multijoueurs local, mais c’est aussi (et malheureusement) seulement là que vous pourrez jouer à des variantes du gameplay principal au travers d’une poignée de mini-jeux et défis plus ou moins intéressants, allant du dégommage de cibles vivantes ou immobiles dans un temps imparti, du placement de balles dans des zones inaccessibles à l’adversaire et même des combats de boss, où il faut renvoyer la balle pour user suffisamment l’ennemi avant qu’il ne révèle un point faible que vous frapperez à coup de balle. Ces combats peuvent être parfois difficiles, mais jamais infaisables et le mode entier est destiné à une seule chose : vous faire apprendre progressivement les bases du gameplay de manière ludique et très intelligente pour vous préparer aux modes multijoueurs.

Mario Tennis Aces 1

Car c’est vraiment dans le gameplay que tous les efforts ont été mis et je dois dire que le jeu est un pur bonheur à jouer en plus d’être une réinvention du jeu de tennis, transformé ici en une sorte de jeu de combat.

Car comme dans tout bon jeu de combat qui se respecte, la variété de coups est non seulement plutôt impressionnante, mais chacun possède sa façon d’être contrée d’une manière ou d’une autre. Ainsi, si l’adversaire est proche du filet, un bon lob bien placé peut faire toute la différence tout comme faire un lob peut être tout aussi efficace si jamais l’autre joueur est en fond de court. Les coups chargés à fond peuvent faire reculer votre ennemi, mais pour cela, il faudra avoir bien anticipé la manoeuvre de l’autre côté, car même si la frappe est semi-automatisée tant que l’on est à portée de tir, si votre personnage doit traverser une longue distance pour la frapper, non seulement il perdra sa charge, mais en plus le coup sera beaucoup plus faible et vous aurez un petit temps de récupération qui peut vous coûter le point. Notez aussi que vous pouvez faire un cancel sur une frappe chargée, chose que je n’ai su que trop tard et qui peut vous sauver, car autrement vous pouvez être bloqué dans une animation qui restreint grandement vos mouvements.

Et tout ça, c’est sans compter sur les quatre nouvelles mécaniques introduites dans Aces : la frappe instinct, la course instinct, la frappe technique et la super frappe instinct. Toutes reposent sur l’utilisation d’un jauge d’énergie qui se remplit au fil des échanges (et se remplit bien plus vite avec des frappes chargées) et peuvent aisément renverser le cours de la bataille.

La première se déclenche lorsque le joueur se positionne sur une étoile qui se matérialise sur le court lorsque l’adversaire a malencontreusement créé une ouverture. Un viseur apparaît à l’écran et permet de tirer avec précision une balle difficilement arrêtable. Vous pouvez ainsi viser loin de l’adversaire ou bien directement sur lui pour qu’il se la prenne dans le pif ou bien tente de l’intercepter, sachant que s’il se rate dans son timing, sa raquette subira des dégâts, voire se brisera carrément, entraînant la perte du point. Brisez toutes les raquettes de votre ennemi et vous aurez automatiquement gagné le match (après, si cette option vous les brise, vous pouvez la désactiver dans le menu).

La course instinct permet quant à elle de rattraper une balle un peu trop lointaine en ralentissant le temps, ce qui est un bon moyen de calmer les joueurs qui ont tendance à jouer avec la position de l’adversaire pour systématiquement envoyer la balle dans le coin opposé au sien. La frappe technique est aussi une autre manière de couvrir un maximum de terrain pour sauver une balle, mais est également plus risquée, car le positionnement sera bien plus précis. Notez que même si le risque est plus grand, la récompense est plus intéressante, puisque selon votre timing, vous pourrez carrément gagner des points d’énergie en frappant la balle, là où utiliser la course instinct ne fait que vider la jauge.

Enfin, lorsque ladite jauge est remplie à 100%, vous pourrez l’utiliser pour une super frappe instinct. Le viseur se met en place et le tir est non seulement plus rapide, mais si l’adversaire ne l’intercepte pas correctement, sa raquette sera instantanément brisée, peu importe qu’elle aie beaucoup de points de vie ou non. Cependant, cette technique peut aussi être contrée avec toutes les techniques citées ci-dessus, voire même une autre super frappe, ce qui peut rapidement poser problème, puisque cette technique consomme énormément d’énergie.

En bref, comme tout bon jeu de baston qui se respecte, le mind game est plus que présent et peut potentiellement mener à des matchs de dingue entre deux joueurs maîtrisant les bases.

Mario Tennis Aces 2

Et c’est bien la raison pour laquelle je pense que le mode online sera potentiellement très intéressant. Alors que j’écris cette critique, le online est tout naturellement peu peuplé, mais j’avais pu tester la bêta et jouer avec un collègue d’un autre site sur la version définitive et même si j’étais tombé sur certains cas de déconnexion, les matchs que j’ai pu faire tenaient plutôt bien la route et je ne peux qu’espérer que Nintendo fasse ce qu’il faut pour maintenir la future communauté en vie, car je crois sincèrement qu’il y a moyen pour que ce jeu puisse devenir un incontournable du online au même titre que Mario Kart 8 Deluxe ou Splatoon 2.

Après, le multi local est… Plus ou moins intéressant, mais tout autant étrange. Je ne sais pas pourquoi Camelot a pensé que c’était une bonne idée de diviser le mode multi en deux catégories, et encore moins de séparer certaines catégories entre les deux.

Car pour jouer en mode « Grosse Balle », où l’on joue avec une grosse et lente balle et en duel d’échanges, où l’on doit coopérer avec un pote pour ne pas marquer de point en faisant le plus long échange possible, il est impératif de jouer avec le gyroscope, façon Wii Sports. Pourquoi ne peut-on pas y jouer avec la manette normale ? C’est stupide. De plus, il manque un mode Tournoi local qui aurait pu faire des merveilles lors de soirées, d’événements du style Stunfest ou autres et le paramétrage des matchs est à la fois limité et un peu mal fichu, puisqu’il faut savoir comment naviguer pour savoir que l’on peut choisir son terrain ainsi que d’autres plus petits détails.

Les deux dernières critiques qui me chagrinent un peu concernent le solo, puisqu’une fois le mode Histoire et Tournoi finis, on ne ressent plus vraiment le besoin de faire autre chose que du multi. Un menu spécifiquement dédié aux mini-jeux n’aurait pas été de refus en plus de rajouter d’autres variantes rigolotes similaires à Mario Power Tennis et ses huit mini-jeux. Enfin, il me faut souligner que l’I.A. est très inégale en mode Tournoi et Histoire : trop souvent les matchs dureront moins de trois minutes parce que l’adversaire perd totalement pied dès que la balle est lancée trop loin d’elle et parfois ça sera tout le contraire. Dans le second cas, on a le droit à des matchs intéressants et stimulants et parfois même difficiles, mais il pourront être suivis juste derrière de promenades de santé parce que la courbe de progression est inexistante (le pire exemple étant la finale de la dernière coupe du mode Tournoi, où j’ai affronté un véritable légume). Heureusement dans le mode Libre, il est possible de paramétrer son niveau, donc on peut en tirer quelque chose d’intéressant les jours où l’on a plus de wifi pour affronter d’autres joueurs…

Enfin, il me faut quand même parler de la présentation, car Mario Tennis Aces est un très beau jeu. Les courts sont variés avec des ambiances différentes (ainsi que des pièges rigolos pour les terrains truqués) et le jeu tourne à un solide framerate, ce qui est cool. Et parce que c’est un jeu de sport Mario développé par Camelot, la musique est composée par un des dieux de la musique de jeu : Motoi Sakuraba ! Mr Golden Sun, Shining Force, Valkyrie Profile, Star Ocean, Baten Kaitos, Dark Souls, etc est de retour pour une bande-son certes assez classique et typique du gars, mais quand même toujours au dessus de la compétition. On sent qu’il ne s’est pas trop foulé, mais ça reste du très bon. Mention spéciale à une reprise plutôt cool d’un thème culte et proche de mon coeur pour le boss final.

Au final, Mario Tennis Aces aurait pu être bien plus, surtout en terme de solo, mais comparé aux plus récents jeux de la série que Camelot a pu nous pondre, on s’en sort plutôt pas mal. Son gameplay est plus solide que jamais, atteignant des sommets de fun et il offre quand même suffisamment de variété pour que l’on puisse s’y retrouver et même si le mode Histoire ne vous durera pas plus de 4-5 heures, il n’en reste pas moins un des tutoriels les plus intelligents que j’ai pu voir cette année. Si vous recherchez un jeu de tennis que vous apprécierez plus en solo qu’en multi, je… Ne suis pas certain que vous y trouverez votre compte à plein pot. Cependant, si jamais vous avez une bonne connexion internet, que vous avez la fibre compétitrice et que vous avez envie de faire une petite pause par rapport à Mario Kart et Splatoon, Mario Tennis Aces peut être une très bonne alternative. La seule chose que j’espère, c’est que Camelot prenne acte de Splatoon 2 et Arms et fasse pareil, en sortant du contenu régulièrement sur la prochaine année, car même si le jeu reste bon et est à faire si vous aimez les Mario Tennis, j’ai peur que la communauté ne reste pas plus de quelques mois.

La balle est dans votre camp, Camelot !

Red Recommandé

Benjamin « Red » Beziat

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