Kayane

[Critique Nintendo 3DS] Dillon’s Dead Heat Breakers – ou Mad Max : Furry Road

Dead Heat Breakers

Note : exemplaire du jeu fourni par l’éditeur.

Il fut une période pas si lointaine où pas mal de gens disaient à tort que Nintendo n’avait pas créé de nouvelle IP depuis Pikmin. Bien évidemment, cette affirmation était erronée, puisque entre Pikmin, Splatoon et Arms, il y a eu, entre autres, Chibi Robo, Captain Rainbow, Hotel Dusk, Pullblox, The Wonderful 101 ou bien Rolling Western. Alors certes, certains argueront que Nintendo eux-mêmes n’ont pas développé tous ces titres, mais ils ont mis la main à la poche pour permettre à ces séries de vivre.

Et pour un temps, j’avais eu peur que la série Rolling Western soit tombée dans l’oubli, car les deux seuls épisodes de la série étaient sortis sur l’eShop de la Nintendo 3DS et n’avaient pas connu un immense succès. Mais le monde est bien fait et les bonnes surprises peuvent arriver quand on s’y attend le moins.

Entre Dillon’s Dead Heat Breakers, qui est non seulement un nouvel épisode de la série, mais en plus il sort en boîte et propose à tous les furries au monde de réaliser leur rêve : devenir un animal anthropomorphe et pouvoir côtoyer un cast de personnages au design très cool. Mais est-ce que ce nouvel épisode aux faux airs de reboot a-t-il réussi la transition au jeu à plus gros budget ? Plutôt bien.

*insert your Mii’s name* in Furry Wonderland

L’histoire de Dillon’s Dead Heat Breakers est plutôt simple : pour une raison inexpliquée, votre Mii devient un animal de manière aléatoire (ou du moins semi-contrôlée, puisque si ce que nous propose le jeu ne nous va pas, on peut retenter notre chance à la roulette) et, une fois transformé, doit fuir une armée de rochers énervés à bord d’un camion que même Furiosa aurait aimé conduire. On se fait assez vite sauver par Dillon et son ami Noisette et on leur explique que notre village entier a été capturé par les méchants rochers. Le but est donc simple : créer une arme suffisamment puissante pour détruire le vaisseau qui a emprisonné le village et… C’est tout.

C’est simple, mais efficace et le jeu offre quelques indices quant à la nature du monde post-apocalyptique que l’on parcourt sans jamais clairement dire la nature du problème, ainsi que de la vie des nombreux personnages que l’on croisera en cours de route, même si ça n’ira jamais plus loin que l’on pourrait l’espérer. Dans tous les cas, même si on sent que le budget a été assez restreint, les développeurs ont tout fait pour que l’illusion d’un monde plus profond qu’il ne l’est vraiment soit maintenue et ça fait que j’aurais bien envie d’un spin-off avec un autre style de gameplay pour un peu plus explorer ce monde.

Purrsona 6

Dillon’s Dead Heat Breakers est un tower-defense semi-actif où le but est de repousser des vagues d’ennemis qui tentent de nous piquer notre bétail en recrutant des mercenaires qui occuperont des tourelles disséminées ici et là sur la carte. On commence en plaçant nos unités (ou en laissant le jeu faire de manière plutôt stratégique et avisée), on renforce les bases les plus importantes, puis on déplace Dillon sur le terrain pour recharger les tourelles, récupérer des matériaux pour renforcer notre cheptel et nos bases et aussi chercher des trésors planqués dans des coffres qui s’ouvrent comme dans un Zelda, Vanpool oblige (ils ont développé les jeux Tingle sur Nintendo DS). Et une fois les préparations terminée, les ennemis arrivent et il convient d’aller à leur rencontre pour les accueillir avec nos griffes et épines, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’une poignée qui se transformera en véhicules qu’il faudra courser et détruire à tout prix avant la fin d’un compte à rebours.

Dead Heat Breakers 1

GOTTA GO FAST !

Cette boucle de gameplay ne changera pas vraiment jusqu’à la fin du jeu, mais chaque combat est rendu unique grâce à une bonne variété dans les terrains et les ennemis et une courbe de difficulté et de progression maîtrisée, rendant l’ensemble extrêmement prenant et addictif, me faisant parfois faire des sessions de plus de 3h par accident. Cependant, à cause de cette boucle de gameplay, il est clair qu’une sensation de répétitivité se fera sentir au bout d’un moment et il peut être assez frustrant de devoir refaire un niveau si jamais on n’a pas récupéré assez de matériaux pour développer une nouvelle pièce de notre arme ultime et faire avancer le scénario (même si ça ne m’est arrivé qu’une seule fois sur l’avant-dernier niveau).

L’argent est le nerf de la guerre ici, car pour avoir des mercenaires qui défendront nos bases et rendront les combats plus faciles, il faut se faire des sous. Et pour se faire, il est possible de revendre les matériaux en trois que l’on a récupéré lors des combats ou bien participer au quatre styles d’activité qui nous sont proposés. Ainsi, on peut gérer une boutique, en gérant les stocks et en encaissant le plus vite possible les articles (même si l’activité possède pas mal de temps morts), trier des déchets dans un mini-jeu frénétique, jouer à un shooter très fun rappelant la vieille époque de l’arcade ou bien participer à des courses où il faudra aller le plus vite possible tout en ramassant des chronomètres pour tenter d’obtenir le meilleur temps. Les trois premières activités et les courses se font en rotation d’un jour sur l’autre, ce qui permet d’éviter d’abuser d’une seule activité ou bien de ressentir un peu trop vite la lassitude s’installer.

Il est aussi possible de refaire les missions pour débloquer des bonus dans une galerie, ainsi que d’aider des miniers dans des missions spéciales aux règles légèrement différentes des missions principales et qui débloquent une histoire parallèle. Il y a aussi un bonus pour celui qui finirait le jeu à 100% et même si je ne l’ai pas débloqué, je pense que je le ferai prochainement (le bonus des 100% du premier épisode était un teaser pour le second, donc peut-être que celui de cet épisode est un teaser pour un quatrième épisode sur Nintendo Switch ? Je ne peux que l’espérer…)

Mon seul gros regret avec ce jeu vient de l’absence d’identité musicale. Il n’y a que cinq-six musiques de tout le jeu et aucune n’est véritablement marquante en dehors d’une reprise plus post-apo du thème principal.

Au final, Dillon’s Dead Heat Breakers n’est peut-être pas le titre le plus important de cette année, ni un des plus marquants, mais j’ai quand même passé un bon moment. Le fait de pouvoir transformer nos Mii peut offrir des situations extrêmement drôles, surtout quand ça implique des potes ou bien des personnages de nos histoires et le gameplay offre un renouvellement constant et des moments de stress/bravoure d’une intensité rarement égalée cette année. Si vous aimez les tower-defense ou bien les jeux d’action qui vous stimulent non stop et demandent de prendre des décisions importantes dans l’instant, ce jeu peut être intéressant. Si votre 3DS est en manque de jeux et que vous aimez les boîtes qui claquent, vous aurez un bel ajout dans votre bibliothèque. Et si vous êtes un furry… Bah ce n’est pas un mauvais choix !

Benjamin « Red » Beziat

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