Kayane

[Critique DLC Nintendo Switch] The Legend of Zelda : Breath of the Wild – Un Season Pass-able ?

Zelda Season Pass

Note : code pour le season pass envoyé par Nintendo, jeu acheté par mes propres moyens.

La sortie de The Legend of Zelda : Breath of the Wild en Mars dernier s’est faite sous le coup d’acclamations comme nul autre titre n’a connu depuis un bail, mais, à côté de ça, il y avait une petite controverse qui s’est mise en place à l’annonce d’un Season Pass à 20€ offrant la promesse de contenu supplémentaire. Neuf mois plus tard, le dernier morceau de contenu de ce Season Pass est sorti sous la forme d’un «  »nouveau scénario » » et il est temps d’en tirer le bilan. Est-ce que ça valait le coup d’attendre aussi longtemps et est-ce qu’il vaut les 20€ demandés ? Pour le coup, j’ai envie de dire que ça dépend de ce que l’on cherche et si l’on n’a pas non plus des attentes monstrueuses en matières de changements radicaux à la formule déjà établie par le jeu de base.

Guerres et épées

Le Season Pass n’est clairement pas avare en contenu : costumes, accessoires, nouveau mode de difficulté et des sanctuaires et épreuves à la pelle, si vous cherchez la quantité, vous en aurez clairement pour votre argent. En revanche, si vous cherchez quelque chose de différent par rapport à ce qu’offrait le jeu de base (que j’ai adoré, au passage), avec beaucoup de mise en scène et des tonnes de moments épiques, vous risquez d’être sacrément déçus.

Pour faire simple, seuls trois éléments sont particulièrement intéressants dans cette extension :

– La Master Quest est un tout nouveau mode de difficulté : les ennemis frappent comme des bourrins, se régénèrent avec le temps, signifiant que les combats doivent être les plus courts possibles et peuvent débarquer de nulle part grâce à des nacelles improvisées. C’est un petit changement à priori, mais il change de manière assez considérable notre façon d’aborder le début du jeu, où l’on est du coup tellement vulnérable que là où une feuille nous tuait en mode normal, la moindre brise nous achève en mode Master Quest. N’étant pas particulièrement téméraire et par manque de temps, je ne me suis pas amusé à aller bien loin dans ce mode, mais je pense que si vous aimez les bons gros défis qui vous forcent à être créatifs, il y a moyen pour que vous trouviez que ce mode soit un bon ajout.

– Les Épreuves de l’épée, quant à elles, sont une sorte de redite de la Caverne de l’Ordalie de Twilight Princess : trois enchaînements d’une dizaine/vingtaine de salles plus ou moins bondées d’ennemis. En temps normal et vu qu’il faut être en possession de la Master Sword (où 13 cœurs sont au minimum nécessaires pour la retirer de son socle), on pourrait se dire que ça ne devrait pas poser de problème, mais il y a un gros twist : vous commencez quasiment à poil ! Armé de votre seul caleçon pour moyen de défense et de vos runes, vous devrez parcourir les différentes salles en étant un minimum prudent pour ne pas vous faire tuer en quelques coups à peine, car si vous mourrez, vous recommencez depuis le début de l’enchaînement de salles dans lequel vous êtes. Vous devrez être malin et ramasser tout ce qui vous tombe sous la main et utiliser vos talents d’improvisation pour surmonter des salles systématiquement différents et mettant en application tout ce que vous avez appris jusqu’ici. Et même si je ne suis pas particulièrement fan de la mise en scène minimaliste de cette épreuve et du fait de recommencer des sessions de 30 minutes parce que l’ennemi nous a one-shot en donnant un petit coup de pied sans faire exprès, j’aime beaucoup le principe et la récompense au bout, puisque à chaque palier terminé, la Master Sword gagne en puissance et, une fois fini, on obtient l’arme la plus puissante du jeu et utilisable à l’infini. Dans un sens, ça casse un peu l’équilibre du jeu, mais après avoir traversé quelque chose comme ça, je pense qu’on peut mériter de s’amuser plus ou moins à ses dépends.

Zelda Prodiges

– L’Ode aux Prodiges est le « nouveau morceau de scénario » annoncé il y a maintenant plus de neuf mois. Cependant, ne vous attendez pas à plus d’histoire que ça : on doit avoir 15 minutes de scènes cinématiques en plus à tout casser et des journaux à lire ici et là et c’est à peu près tout. Pas de scènes épiques qui font avancer l’histoire actuelle, mais une visite un peu plus approfondie du passé de Link et de ses amis. J’avais adoré l’approche puzzle de l’histoire du jeu original et même si les scènes s’obtiennent de manière plus directe en finissant chacune des épreuves qui nous sont données, reconstituer l’histoire globale par soi-même avec les scènes et les différents détails extérieurs est un plaisir très particulier qui m’a fait beaucoup aimer des personnages qui au final n’existent plus dans le présent.

En revanche, le truc qui m’a un peu dérangé durant cette nouvelle portion, c’est la structure : le DLC commence par une épreuve plutôt intéressante qui consiste à déterrer quatre nouveaux sanctuaires particulièrement inventifs en tuant tous les ennemis qui le protègent. Le twist : vous êtes en possession d’une arme qui tue n’importe qui en un coup, mais il ne vous reste plus qu’un quart de cœur, signifiant que le moindre coup (ou bien marcher par inadvertance dans un mur de piquets) vous achève. De plus, l’arme que vous possédez se décharge en deux coups et nécessite d’attendre dix secondes pour qu’elle se recharge. Bref, une épreuve difficile comme on les aime et qui demande pas mal de concentration et de finesse.

Une fois cette étape terminée, vous devrez vous balader sur la carte pour trouver quatre monuments qui indiquent l’emplacement de douze autres sanctuaires (trois par monument) à trouver et qui se débloquent en relevant avec succès différents défis. Puis une fois les sanctuaires terminés, vous devrez affronter une nouvelle fois les boss de chaque donjon pour débloquer la fameuse cutscene tant désirée ainsi qu’une amélioration permanente d’un de vos pouvoirs. Enfin, une fois tout cela terminé, vous débloquerez un dernier donjon (et accessoirement un des meilleurs) menant à un des meilleurs boss du jeu et enfin… La moto !

Zelda Moto

Certains crieront à l’hérésie en voyant une moto débarquer dans un The Legend of Zelda, mais les vrais fans y verront là un clin d’œil à un concept de Breath of the Wild qui avait été précédemment rejeté. Et dans les faits, elle est plutôt cool, cette moto, puisque l’on peut traverser Hyrule à vitesse relativement élevée et faire le débile en sautant de n’importe où pour se réceptionner sans perdre de vie. On peut aussi foncer dans tout ce qui bouge pour faire des dégâts légers, ce qui est toujours drôle, mais le détail qui m’a fait hurler de joie, c’est le fait que même s’il faut l’alimenter car elle consomme du carburant, ledit carburant est… Tout ce que l’on veut de notre inventaire. De fait, j’avais plus ou moins l’impression d’avoir sous la main une version moto de la DeLorean de Retour Vers le Futur 2 (avec le Mr Fusion) et ai pris un malin plaisir à la nourrir exclusivement de bananes. Oui, c’est débile, mais ça a fait mon bonheur.

En ce qui concerne la durée de vie de ce Season Pass, rien que l’Ode aux Prodiges m’a duré une bonne dizaine d’heures. Je n’ai pas fait la traque des différents accessoires que l’on peut obtenir, mais étant donné que le costume de Rex de Xenoblade Chronicles 2 m’a pris une petite demi-heure à débloquer et qu’il y a… Beaucoup de costumes et que chaque segment des épreuves de l’épée dure au minimum une demi-heure (si vous ne recommencez pas à cause d’un Game Over), je pense pouvoir dire sans trop me planter que vous pouvez faire face à une bonne vingtaine d’heures de contenu supplémentaire, voir une soixantaine au minimum si vous décidez de refaire l’intégralité du jeu en mode Master Quest.

Bref, autant dire que si vous appréciez la traque des sanctuaires avec quelques uns des meilleurs du jeu et privilégiez le gameplay à l’histoire, vos 20€ seront largement rentabilisés. Après, si vous ne cherchiez que plus d’histoire ou bien un nouveau continent à explorer, pour le coup, vous l’aurez un peu en travers de la gorge. Dans tous les cas, ça fait à la fois bizarre et plaisir de retourner à Breath of the Wild neuf mois après l’avoir terminé et je sens que je suis parti pour prolonger ma quête dès que je retrouverai un peu de temps libre.

Ce jeu est vachement addictif, en fait…

Benjamin « Red » Beziat

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