Kayane

(Preview Nintendo Switch) Xenoblade Chronicles 2 – C’est grosso modo Solatorobo X La Bande à Picsou !

Xenoblade Chronicles 2

Note : la preview qui suit a été réalisée grâce à l’aide de Nintendo, qui nous a gracieusement fourni un exemplaire en avance. Pour des raisons particulières (et aussi parce qu’à l’heure où j’écris ces lignes j’ai tout juste atteint ce seuil), je n’irai pas plus loin que la fin du Chapitre 4. Je n’entrerai pas non plus dans les détails concernant le gameplay, qui est incroyablement dense et que je réserverai à la critique à paraître aux alentours de la sortie du jeu, donc considérez cet article plus comme des impressions à propos du scénario et de la structure du jeu. Et bien évidemment, il n’y aura pas de gros spoilers.

 Xenoblade Chronicles est un des meilleurs RPG de ces dix dernières années. Un univers plutôt original, une direction artistique à tomber, des musiques qui tabassent et un scénario qui, même s’il mettait pas mal de temps à décoller, a décroché la mâchoire de quiconque parvenait au bout de ses 70 heures. Il n’était certes pas parfait, mais il proposait une aventure mémorable et la sensation de vivre dans un monde étrange et cohérent. Xenoblade Chronicles X, de son côté… Avait de jolis graphismes et une bande-son monstrueuse composée par Hiroyuki Sawano, mais manquait de souffle pour passionner et avait fait l’erreur de croire au potentiel d’un RPG pseudo-multi là où les gens voulaient juste un bon RPG solo avec un scénario qui leur retourne le cerveau. Visiblement, Monolith Software semble avoir retenu la leçon, puisque Xenoblade Chronicles 2 est plus ou moins un remake de Solatorobo… Erm, un jeu dans la continuité du premier épisode. Quoi ? C’est pas de ma faute si Xenoblade Chronicles 2 ressemble beaucoup trop à un des meilleurs jeux de la Nintendo DS, les chiens et les chats en moins !

Xenoblade 2 Tetsuya Nomura

Pas de trailer pour illustrer cet article, parce qu’ils spoilent un peu trop à mon goût. Voilà donc un bel artwork de Jin, membre de l’organisation Torna, dont tous les membres ont été designés par Tetsuya Nomura himself !

Zen au bled

J’arrête les comparaisons avec Solatorobo : Red the Hunter après ce paragraphe, donc accrochez-vous, parce que, franchement, je vois vraiment le début de Xenoblade Chronicles 2 comme un remake non officiel d’un jeu qui était un hommage aux films d’aventure de Ghibli. L’aventure commence avec Rex, un jeune orphelin travaillant dans un domaine très particulier et difficile (comme Red, qui est un chasseur de primes) et qui est bien vu de tout le monde. Un jour, il accepte un contrat un peu chelou qui consiste à infiltrer un navire (coucou le Hindenburg) pour y trouver quelque chose. Ce quelque chose est un mystérieux artefact le mettant en contact avec une jeune femme au passé mystérieux (coucou Elh) et les deux feront équipe pour empêcher à un groupe de méchants de faire un truc que l’on ne sait pas tout de suite. Oh, et il y a aussi des continents flottants (sur le dos de titans, certes dans Xenoblade) au dessus d’une mer de nuages et il y a aussi des bernard l’hermite vivant dans des petites épaves que l’on peut frapper.

Plus sérieusement, le scénario est plus qu’intriguant. Sans trop en dire, le démarrage de ce second épisode est bien plus rapide que celui du premier, mais contrairement au premier épisode, l’ambiance y est beaucoup moins lourde. Tetsuya Takahashi et son équipe ont décidé d’alléger considérablement le ton du jeu avec pas mal de scènes extrêmement drôles et beaucoup plus d’interactions entre les membres du groupe qui ne font certes pas avancer le scénario à proprement parler, mais qui permettent de renforcer notre attachement aux personnages. Il y a pas mal de scènes de « rien » et ça, ça fait un bien fou ! Cependant, et c’est la seule chose qui m’embête un peu par rapport à cette légèreté, c’est que l’on a plus l’impression de jouer à un anime de type Shônen des années 2000 là où le premier mélangeait l’esprit de la fin des années 2010 avec celui de la moitié des années 90. Après, cela n’est valable que pour les quatre premiers chapitres du jeu et, rassurez-vous, le jeu nous offre souvent des indices à propos de la suite qui donnent la sensation que l’on va se retrouver avec quelque chose de bien plus sombre que l’on pourrait le croire.

Au passage, j’en profite aussi pour rassurer beaucoup d’entre vous : Rex est un personnage bien plus intéressant qu’il ne le laissait paraître dans les premiers trailers. Il n’atteint pas le niveau de surprises que nous réservait Shulk, mais Rex est un personnage bien écrit qui est très loin d’être agaçant et qui est même parfois plus que malin, comme en attestera certaines des scènes les plus importantes. Après, il souffre un peu du syndrome de l’éternel optimiste que l’on avait vu chez Naruto et Luffy, mais c’est contrebalancé par des prises de décisions rationnelles et pas forcément l’envie de foncer tête baissée. Le reste du cast est aussi intéressant, aussi bien du côté des personnages principaux que secondaires et des bad guys et j’ai vraiment hâte de voir où tout ça va aboutir.

La Bande à Rexou

Xenoblade Rex

En ce qui concerne la structure du jeu, les choses deviennent un peu plus… Mitigées. Car là où le premier Xenoblade offrait quelques innovations bienvenues avec des quêtes qui ne nécessitaient pas de retourner voir les PNJ une fois tous les éléments réunis ou bien qui nous faisait monter facilement de niveaux si l’on prenait la peine d’explorer, le second part dans la direction opposée. La plupart des quêtes que j’ai pu faire jusqu’ici étaient des quêtes à tiroir où un objectif à priori simple comme sauver quelqu’un en proie aux monstres finissait en notre groupe devant aller jusqu’au bout du monde pour aller récupérer des framboises parce que le gars s’était foulé la cheville. Une fois ça passe, dix fois…

La quête principale n’est pas en reste, puisqu’elle aussi propose pas mal de quêtes à tiroirs du même acabit au début avant de se stabiliser pour reprendre la structure classique en « Allez au point B et voyez ce qu’il s’y passe ». Généralement, les choses se passent assez bien, même s’il m’est arrivé à un moment de me retrouver bloqué à cause d’une porte fermée, nécessitant d’accomplir une quête non indiquée, à l’aveugle, et suffisamment fastidieuse pour que j’y perde une heure… Avant de me rendre compte que j’aurais pu tricher depuis bien longtemps en contournant la porte et en tombant suffisamment bien d’une falaise pour ne pas mourir sur le coup.

Comme dit plus haut, je ne vais pas m’attarder sur les combats, qui offrent pas mal de profondeur et sont introduits suffisamment lentement pour nous permettre de bien en intégrer toutes les subtilités, mais je vais plutôt me focaliser sur le monde… Ou plutôt les mondes que nous propose le jeu, puisque chaque chapitre nous propose de visiter un titan différent, avec ce que ça implique en changement de décor et de culture. Et même s’ils ne sont pas aussi dingues que les paysages de Bionis (du premier épisode), chaque titan possède son petit truc qui les rend intéressants. De plus, et c’est aussi un des meilleurs aspects du jeu, chacun respire la vie, que ce soit avec ses villes, où les PNJ bougent assez souvent et où tout est détaillé ou bien les plaines et cavernes remplies d’un écosystème plus que varié et réaliste, où les monstres de niveau 7 côtoient ceux niveau 97. D’ailleurs, croyez-moi quand je vous dit que vous ne vous sentirez que très rarement comme quelqu’un de très puissant, car il n’est pas impossible que vous engagiez des combats avec des monstres un peu faibles, uniquement pour voir un monstre débouler de nulle part et vous flanquer une rouste monumentale en un coup ! On meurt très fréquemment dans ce jeu, au point que je dirais presque qu’il s’agit du Dark So… Bon, enfin bref. En tout cas, vous allez mourir un joli paquet de fois, car non seulement vous êtes assez fragile, mais les monstres de niveaux plus faibles ne sont pas nécessairement sans défense. Il suffit parfois de quelques secondes d’inattention pour que l’on se prenne un coup qui nous est fatal, ce qui rend les combats assez tendus, mais aussi plutôt fun. Mon seul problème avec ces combats vient du fait que la plupart des monstres sont des sacs à PV qui demandent plus de temps que nécessaire pour être vaincus. Pas non plus de trop, mais juste assez pour légèrement exaspérer.

Heureusement, le levelling n’est pas obligatoire pour avancer dans la quête principale et l’on gagne assez rapidement en niveaux. De plus, accomplir des quêtes et explorer la carte permet d’engranger un petit pécule d’expérience bonus que l’on peut utiliser à l’auberge pour faire monter les personnages. Bien évidemment, il est aussi important d’optimiser l’équipement et les compétences de nos personnages et de nos Lames pour s’en sortir, même si je trouve le processus d’amélioration des Lames assez fastidieux (mais j’y reviendrai dans la critique) et obtenir de nouvelles Lames est souvent l’occasion d’être déçu, car ils ont opté pour une sorte de système de tirage au sort où l’on a une chance sur dix d’avoir le droit à un nouveau personnage super cool et où les neuf autres débouchent sur une sorte de robot au design assez peu inspiré et peu inspirant. Pour le coup, j’aurais préféré que l’obtention de ces Lames soit le fait de quêtes dédiées, quitte à ce qu’elles soient difficiles, puisque ça aurait rendu le processus moins frustrant, plus naturel et au final plus gratifiant.

Enfin, niveau présentation, on sent que ce jeu est basé sur le moteur de Xenoblade Chronicles X. Les personnages et décors sont détaillés et même si certaines animations hors scènes d’action donnent l’impression de revenir deux générations de console en arrière, les visages sont très expressifs et insufflent pas mal de vie aux personnages… Cependant, le DLC avec les voix japonaises n’arrivant que le jour de la sortie du jeu, je suis contraint d’y jouer avec les voix anglaises, qui ne sont absolument pas synchronisées ou bien correspondant parfaitement aux gestes exagérés des protagonistes. Après, et c’est quelque chose que je ne m’attendais pas à écrire après avoir vu le trailer de l’E3 : les voix anglaises sont plutôt bonnes ! Comme pour le premier, Nintendo a choisi de faire la localisation au Royaume-Uni et là où pour le premier ils avaient choisi des acteurs purement anglais, pour le second, ils sont carrément allés voir en Écosse. Les accents sont à couper au couteau, mais ça ajoute un cachet d’enfer aux voix et une bonne grosse dose de personnalité à l’ensemble (en plus de me donner l’impression de jouer à un épisode de La Bande à Picsou… Allez savoir). Autant dire que je suis agréablement surpris, car je m’attendais à pester devant l’idée que tout le monde allait pouvoir y jouer en VO, là où au final ça passe plutôt bien.

Et bien évidemment, les musiques, qui sont un des plus gros atouts de la série, sont tout bonnement excellentes. Ace+ est de retour avec Yasunori Mitsuda qui joue les superviseurs et ça défonce les oreilles. Les thèmes d’exploration et de ville sont monstrueusement cool et même si certains thèmes de combat sont un peu faiblards, ils n’en restent pas moins sympa. D’ailleurs, ma compagne m’avait fait la remarque que le thème du premier titan ressemblait à quelque chose semblant sorti de Ni No Kuni (tout comme le décor, même si je n’en dirai pas plus), ce qui est loin d’être faux. La bande-son propose aussi des thèmes plus calmes, mais quand ça se veut ronflant, ça le fait avec une verve des plus folles.

En bref, je sens que les deux prochaines semaines promettent d’être chargées ! Vu les révélations que je me suis régulièrement pris dans la tronche, je sens que Xenoblade Chronicles 2 me réserve pas mal de surprises et je sens qu’il est bien parti pour se propulser dans la liste des meilleurs jeux de l’année d’un point de vue scénario. Mais est-ce que ça sera le cas, surtout quand on prend en compte les combats un poil trop longs et le trop plein de quêtes à tiroir ? Pour le coup, je ne le sais pas. J’espère, mais je n’en sais rien. En fait, j’espère surtout qu’il n’y aura pas des séances de leveling obligatoires ou bien d’autres quêtes un peu trop obscures qui me barreraient la route trop longtemps pour que ça n’en devienne pas fun. On verra bien et j’ai hâte de voir si j’ai eu raison d’y croire !

Benjamin « Red » Beziat

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