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[Critique Ciné Express] Pirates des Caraïbes : La Vengeance de Salazar – Croisière en Mode Pilotage Automatique

"PIRATES OF THE CARIBBEAN: DEAD MEN TELL NO TALES"..The villainous Captain Salazar (Javier Bardem) pursues Jack Sparrow (Johnny Depp) as he searches for the trident used by Poseidon..Ph: Film Frame..©Disney Enterprises, Inc. All Rights Reserved.

À la base, je voulais écrire une critique un peu plus longue pour ce Pirates des Caraïbes : La Vengeance de Salazar, mais peu importe l’angle d’attaque, je n’arrive pas à trouver grand chose d’intéressant à en dire. En sortant du cinéma, j’ai eu l’exacte sensation que j’avais ressenti en sortant du cinéma le jour où j’étais allé voir Prince of Persia. Quoi ? Il y a eu un film Prince of Persia, me dites-vous ? Bah Pirates des Caraïbes 5 fait le même effet. Sitôt sorti, sitôt oublié.

What do we do to a drunken sailor ?

Le pire dans l’histoire, c’est que j’y croyais encore un peu. J’espérais tomber sur un film intéressant, surtout en voyant les trois premières minutes du film.

Mais rien n’y a fait. Malgré une introduction intéressante mettant en scène le fils de Will Turner montrant sa détermination pour libérer son père de la malédiction qui le lie au Hollandais Volant, le film s’embourbe rapidement dans un marais où rien n’est intéressant. Les personnages se multiplient très rapidement, de même que les intrigues et les sous-intrigues, mais aucune ne parvient à se développer pleinement pour nous donner envie de voir la suite. Jack Sparrow fait ce qu’il fait, tout en arrivant étrangement à rester en retrait. Barbossa fait… Des trucs ? Et Salazar nous raconte son passé via un flash-back tellement mal inséré dans l’histoire qu’il n’offre aucune profondeur. Alors certes, il est méchant et vaguement menaçant, mais c’est à peu près tout.

Et c’est sans parler de notre nouveau couple de personnages principaux, qui encore une fois tente de nous faire un duo à la Elizabeth/Will, mais ne parvient jamais à aller au delà de cette comparaison. Comme avec Pirates des Caraïbes 4, le film se veut être un soft-reboot de la série tentant vainement de recapturer la magie du premier épisode tout en tentant d’émuler la complexité du deuxième et du troisième, sans non plus y arriver. Mais le pire, ça reste la non-exploitation de la profondeur de son univers, pourtant très riche. On a un personnage qui aurait pu être très important, mais il est très maladroitement introduit, utilisé pendant une autre scène, puis disparaît totalement pour ne plus jamais revenir, là où il aurait pu offrir des choses intéressantes.

Et c’est sans compter sur l’objet magique au coeur de l’intrigue, qui détruit tout semblant de cohérence dans l’univers des films. Le Trident de Poséidon est un artefact magique capable de lever toutes les malédictions… Pourquoi est-ce que Barbossa n’est pas parti en quête de cet objet avant les événements du premier film, alors ? Cet épisode établit plus que clairement qu’il connaît l’existence du Trident et qu’il pouvait marcher sous l’eau lorsqu’il était maudit, alors pourquoi est-ce qu’il s’est embêté à passer son temps à récupérer les pièces maudites, là où il aurait pu tout aussi simplement récupérer le Trident et non seulement se libérer, mais aussi libérer Davy Jones, qui, au passage, aurait pu lui aussi se mettre en quête du Trident pour se libérer ! C’est débile ! Argh !

… Enfin bref, heureusement, ces deux heures n’étaient pas non plus totalement dénuées d’intérêt, puisque le film propose des scènes d’action parfois très inventives et folles, ainsi que des décors vraiment sublimes, dont un plan en particulier qui pourrait rentrer au Panthéon pour plus belle composition visuelle de ces cinq dernières années. Et certaines blagues fonctionnent vraiment bien, même si la plupart… Tombent à l’eau !

Au final, Pirates des Caraïbes : La Vengeance de Salazar est un film. Un film qui parle beaucoup pour ne rien dire et qui ne rentrera pas dans les mémoires, mais un film distrayant qui peut être agréable si on décide de mettre de côté son cerveau et que l’on ne fait pas attention aux faux plot twists supposément dingues qu’il essaye de nous faire avaler. À moins d’être un gros fan de Johnny Depp, Geoffrey Rush ou bien que l’on a une carte d’abonnement illimitée à son cinéma, deux heures de libre ou que l’on a envie de passer les heures qui suivent à pointer du doigt tout ce qui ne va pas avec son/sa compagne ou ses potes, je ne saurais trop vous conseiller d’aller le voir. Au pire, si vous êtes sur Bordeaux, prenez un BatCub et mettez le thème du film en traversant la Garonne. Ça coûte moins cher et niveau sensations, vous vous y retrouverez totalement.

Benjamin « Red » Beziat

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