Kayane

[Critique Nintendo 3DS] Yo-Kai Watch 2 : Fantômes Bouffis – Voyage au coeur de la France bouddhiste !

Yokai Watch 2

Note : exemplaire du jeu fourni directement par l’éditeur.

Il est assez intéressant de dresser le bilan autour de Yo-Kai Watch un an après la sortie de son premier épisode en Occident. Carton monumental surprise au Japon dès que la série animée est arrivée sur les ondes (après neuf mois de ventes assez maigrelettes), Level-5 y avait vu un potentiel successeur à Pokémon. Hélas, et malgré des efforts considérables au niveau du marketing de la part de Nintendo, la série n’a pas trouvé le public espéré. Certes, le jeu est un gros succès en France et dans certaines parties de l’Europe, mais aux États-Unis, la licence est déjà plus ou moins morte et enterrée. À quoi la faute ? Personnellement, je dirais que la principale cause vient de ce qui fait la moelle épinière de la série : Yo-Kai Watch est une des séries les plus japonaises qui aie jamais foulé le sol américain. La culture manga n’ayant véritablement explosé qu’au début des années 2000 là-bas, elle n’a pas eue l’occasion de s’enraciner aussi bien qu’ici, où la moitié des dessins animés étant diffusés sur les rares chaînes télé à notre disposition venaient du Japon.

Pourquoi est-ce que je parle de ça ? Pour meubler une critique qui serait assez courte autrement, parce que Yo-Kai Watch 2 est certes un très bon jeu, mais je n’arrive pas à trouver grand chose à dire dessus tant il m’apparaît banal (NdlR : Tellement rien à dire que j’en écris 1500+ mots)… Enfin si, j’ai encore un autre gros truc important à dire : sérieux les gars en charge de la localisation… Pourquoi avez-vous tenté de forcer l’idée que cette série se déroule en France ? Ça se voit comme un immense bouton en plein milieu de la figure que l’on est au Japon ! Comment expliquez-vous aux enfants qu’il y aie des temples shinto au lieu des églises, que les maisons de campagne aient des portes coulissantes, que l’on trouve des statues géantes de Bouddha au beau milieu de la campagne et que tous les démons que l’on croise sont issus des mythes et légendes du Pays du Soleil Levant ? Pour le coup, Yo-Kai Watch pourrait carrément être un outil ludique pour faire découvrir aux enfants la culture japonaise. Ça, ça serait cool !

Enfin bref, parlons plutôt du jeu.

Kawaii Watch

L’histoire de Yo-Kai Watch 2 est… Particulière. Notre héro(ïne)s (que l’on va nommer Keita pour rendre les choses plus simples) par est en vacances et passe un bon moment avec ses amis Yokai. Un beau soir, deux sorcières débarquent et volent sa Yo-kai Watch, résultant en Keita perdant tout souvenir des Yokai et tous les Yokai perdant tout souvenir de Keita. Et parce que ce point de scénario sent juste le prétexte pour justifier le fait qu’il faille à nouveau récupérer toutes les médailles Yokai, Keita retrouve sa montre littéralement dix minutes plus tard grâce à un Deus Ex Machina ultra maladroit et retrouve dans les dix minutes qui suivent ses amis Whisper et Jibanyan. Qui a tenté d’écarter Keita du monde des Yokais et pourquoi ? Le jeu s’en fiche un peu, préférant nous balancer dans une série de petits épisodes ayant à chaque fois des liens assez ténus entre eux et trouvant une solution presque dans l’heure.

En tant qu’adulte de presque 25 ans ayant récemment fini NieR Automata et s’apprétant à jouer à Persona 5 (un autre jeu mettant en scène un écolier collectant des démons pour les faire se battre dans un Japon moderne [dont la critique viendra quand je l’aurai fini, donc autant dire dans un bon mois]), je ne peux que trouver le scénario de Yo-Kai Watch 2 incroyablement creux et mal écrit. Mais primo, je ne suis clairement pas le public ciblé par la série, et deuxio, contrairement à ce que vous pourriez croire à ce stade de la critique, j’ai quand même pris beaucoup de plaisir à suivre les aventures de Keita, Jibanyan et Whisper, principalement à cause des dialogues, qui ne manquent jamais de piquant et comportant quelques blagues méta très drôles. Certaines références à la pop-culture sont un peu trop forcées, ceci dit, tandis que d’autres sont très plaisantes et il y a une scène en particulier qui est plutôt émouvante.

En fait, ce qui pour moi a été la plus grande source de plaisir dans cet épisode de Yo-Kai Watch 2, c’est son ambiance et le fait que ce soit un très bon outil pour (re)découvrir la culture japonaise. Les différentes villes sont typiquement japonaises et on est même surpris de découvrir un Japon post-Seconde Guerre Mondiale grâce à une mécanique de voyage temporel qui me hérisserait presque le poil tellement elle est faite par dessus la jambe. Et bien évidemment, on découvre pas mal de Yokais dont on ne soupçonnerait pas l’existence en plus des classiques que l’on a déjà pu voir dans Ôkami ou d’autres oeuvres inspirées du folklore.

Niveau gameplay, on a le droit à notre RPG classique, où l’on explore les différentes villes pour trouver des coffres cachés, on trouve des PNJ nous offrant des quêtes secondaires ou des services particuliers, on prend le train pour voyager (offrant des respirations bienvenues, mais qui ne lasseront pas sur le long-terme grâce à des portails de téléportation que l’on peut trouver presque à tous les coins de rue passé un certain stade de l’histoire) et on combat des Yokais après les avoir trouvés avec la Yo-Kai Watch.

Les combats sont très similaires au premier, dans le sens où nos monstres combattent de manière automatique. Et contrairement à ce que certains disaient lorsqu’ils critiquaient le premier épisode, le système de combat est loin… Très loin d’être passif.

Yo-kai Watch 2

Car même s’ils attaquent et se défendent seuls, le joueur devra constamment surveiller les jauges d’Âmultime de chaque Yokai et déclencher leurs attaques spéciales en gribouillant sur l’écran tactile. On devra aussi faire attention à la santé de nos créatures, histoire de savoir quand les mettre en retrait ou bien utiliser des objets de soin, sachant qu’utiliser un objet en général nous empêche d’en utiliser un autre pendant une dizaine de secondes (créant ainsi une ouverture pour l’adversaire) et il faudra occasionnellement purifier notre équipe si l’adversaire utilise un sort. De plus, passé la moitié du jeu, on obtient un second volet d’options qui permet de sacrifier les jauges d’Âmultime des alliés adjacents afin de renforcer une attaque spéciale en particulier. Il est aussi possible de « Taquiner » l’adversaire s’il est maudit pour obtenir plus d’expérience ou d’argent à la fin du combat, voire lui infliger des dégâts significatifs.

Afin de recruter des Yokai pour compléter notre encyclopédie, il faudra aussi trouver la nourriture qu’ils apprécient et la leur donner, sachant que les chances pour qu’ils nous rejoignent dépendent du hasard, ce qui peut parfois frustrer, surtout quand on en veut un en particulier. Il y a plus de 300 créatures à collectionner, ce qui veut dire que le joueur voulant finir le jeu à 100% en aura clairement pour son argent.

Et c’est sans compter sur la petite touche Level-5. Celle qui fait que le scénario principal n’était au final qu’une sorte de tutoriel glorifié nous donnant accès à un post-game colossal, avec boss cachés et donjon optionnel brutal. Bref, autant dire que niveau durée de vie, vous aurez largement de quoi faire si jamais vous voulez aller plus loin que le contenu de base. Personnellement, j’ai fini le scénario principal en ligne droite en 18 heures, mais j’avais mis de côté énormément de contenu annexe et n’ai vraiment eu l’impression que de gratter la surface (et j’ai accessoirement pas mal souffert dans le dernier tiers du jeu, puisque mon équipe n’avait pas vraiment le niveau et les monstres commencent à devenir brutaux, tout particulièrement le boss final, qui est devenu une guerre de tranchées où chaque seconde d’inattention pouvait devenir fatale).

Niveau présentation, Yo-Kai Watch 2 est assez similaire au premier. C’est mignon et coloré et les environnements proposés sont plus variés. Et musicalement… Le jeu renforce mon idée que les personnes en charge de la localisation auraient mieux fait de pleinement assumer que le jeu se déroule au Japon, puisque l’instrumentalisation et les thèmes sont clairement représentatifs de leur pays d’origine. C’est sans parler de la musique des premiers boss, qui ne peut pas décemment passer pour de la musique française… Franchement, ce détail continuera de me sidérer.

Et le reste de la B.O est tout aussi excellente !

Enfin, et même si je n’ai pas pu faire la comparaison directe entre les deux versions, je peux dire sans problème qu’il n’y a quasiment aucune différence entre Fantômes Bouffis et Esprits Farceurs. Je sais que cinq Yokais sont exclusifs à chaque version et qu’un seul chapitre n’est véritablement impacté par le choix de notre cartouche (et encore, vu le point de scénario en question, ça ne change presque rien). Tout dépend de si vous trouvez Kyûbi classe ou non et avoir les deux versions permet seulement de débloquer un nouveau donjon, donc à moins que vous ne soyez un fan hardcore de la série, ça ne sert à rien d’acheter les deux jeux.

Enfin bref, si l’on passe sur le fait que la localisation soit une hérésie et une insulte envers la culture japonaise, Yo-Kai Watch 2 est un très bon jeu. Ce n’est clairement pas un RPG qui changera la donne, surtout si vous avez plus de 12 ans, mais à moins d’abhorrer les mythes et légendes ou tout ce qui est mignon, vous y trouverez un jeu sympathique qui pourra potentiellement vous durez plusieurs dizaines d’heures si jamais vous décidez d’y aller à fond pour découvrir tous ses petits secrets. Et puis bon, parfois, c’est bien de jouer à quelque chose qui ne prend pas la tête entre deux jeux qui nous font questionner la nature de l’Humanité ♫

PS : Oh, et vous saviez qu’il existait un spin-off Strategy-RPG de Yo-Kai Watch nommé Sangokuchi ? Je dis ça juste pour que vous regardiez des vidéos et que vous ayez envie d’y jouer, parce que à défaut d’un Pokémon Conquest 2, on pourrait avoir une bonne alternative si jamais on se mettait à le demander à Nintendo.

Donnez-nous/moi une version traduite de Yo-Kai Watch Sangokuchi, Level-5 et Nintendo. Please.

Benjamin « Red » Beziat

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