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[Critique PS4] NieR Automata : anti-dépresseurs non fournis

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NieR Automata est un paradoxe contradictoire. Un jeu qui existe alors qu’il n’est pas censé exister. Un jeu très hardcore et très niche qui est accessible à tous. Un gloubiboulga de beaucoup de genres de jeux qui marche formidablement bien. Un jeu incroyablement triste et déprimant qui vous rendra heureux d’y avoir joué. Mais, et c’est aussi ça le plus important : c’est le retour en force d’un Square Enix que l’on n’avait pas revu depuis plus de quinze ans. Celui qui prend des risques créatifs et qui décide de ne pas prendre le joueur par la main, lui collant des roustes mentales monumentales tout en s’attendant à ce que les joueurs le remercient et qui embauche un pur artiste pour superviser son projet le plus timbré.

Et c’est pour cela que NieR Automata a besoin de se vendre. Que vous y jouiez. Que vous souffriez.

Et que vous kiffiez.

NieR aux tomates à la provençale

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NieR Automata pourrait être considéré comme le second jeu de la série tout comme le cinquième épisode du « Tarôverse » si on compte les trois Drakengard comme en faisant partie. L’histoire se déroule près de 2000 ans après les événements de l’excellentissime NieR. La Terre a vécu une invasion alien inattendue et a été contrainte de se replier sur la Lune. Pour regagner le contrôle de leur planètes, les hommes ont construit une armée d’androïdes doués de raison et capables de mettre en déroute une armée ennemie constituée uniquement de robot téléguidés, connectés par un vaste réseau. La guerre fait rage et plus les siècles passent, plus les androïdes évoluent, au point de devenir aussi humains que leurs créateurs.

2B, une androïde programmée pour éviter de ressentir ce genre de choses qui pourraient l’empêcher de se battre efficacement, est envoyée sur le champ de bataille pour faire le ménage, mais vivra une série d’événements qui la feront douter, puis la feront évoluer de manière plus que formidable.

Je ne vais pas en dire plus, mais il faut savoir que les jeux de Yoko Tarô ont ceci qu’ils sont totalement imprévisibles, donc en dire plus serait spoiler. Dans tous les cas et pour vous donner un indice des choses qui vous attendront, sachez que vous ressentirez énormément d’émotions, aussi bien positives que négatives et que plus vous creuserez ce jeu pour en apprendre ses secrets, plus votre cerveau sera mis à mal, au point que vous risquez de développer un profond mépris de vous-même si tant est que la philosophie nihiliste de Nietzsche et de Blaise Pascal vous dit quelque chose.

Et c’est aussi en ça que je trouve personnellement NieR Automata fabuleux : il vous offre le choix entre une histoire simple et sympathique (avec deux-trois moments dérangeants, parce que bon, ça reste un jeu dingue), si vous ne vous vous contentez que de jouer au jeu en ligne droite, sans aller plus loin et une histoire incroyablement complexe qui ne prend absolument pas de gants pour vous malmener et vous surprendre en vous balançant presque tout ce que l’humanité a de plus sombre si vous décidez de vous plonger dans les quêtes annexes et tout ce qui suit le happy ending.

Bon, après, ce n’est pas non plus pour dire que le jeu vous fera acheter des boîtes de Xanax par paquets de douze, car quand il le veut, le jeu peut être incroyablement drôle, avec des échanges entre l’androïde 9S et les autres personnages complètement farfelus ou bien des clins d’oeil à d’autres jeux qui débarquent sans prévenir.

Pouvez-vous NieR que ce jeu est bon, votre honneur ?

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Le premier NieR était certes un jeu exceptionnel d’un point de vue narration, mais niveau combat, ça pêchait un peu ici et là. Avec Automata, la donne est considérablement différente à cause d’un élément qui tient en deux mots : Platinum Games.

En effet, le Platinum Games derrière Bayonetta, Vanquish et Metal Gear Rising Revengeance a décidé de mettre la main à la pâte et nous a pondu un système de combat parfaitement maîtrisé qui reprend le surprenant mélange entre hack and slash et bullet hell que le premier NieR proposait. Là, tout est plus nerveux, plus fluide et aussi un poil plus usant, puisque le jeu est tellement excellent que vous ne voudrez pas lâcher la manette et croyez-moi, faire des sessions de plus de 7 heures sur un jeu aussi demandant vous rendra complètement fou et vous en sortirez lessivé.

Heureusement, le jeu propose pas mal de facilités sous la forme de puces que votre personnage peut équiper. Ces puces vous confèrent pas mal d’options plus que désirables, comme la régénération d’un pourcentage plus ou moins significatif de vos PV quand vous tuez un ennemi ou bien la possibilité de ralentir le temps si vous réussissez vos esquives. Dès l’instant où j’ai installé une puce permettant de régénérer 2% de sa vie toutes les secondes au bout de 6 secondes sans prendre de dégâts, le jeu est devenu beaucoup plus gérable. Pas non plus au point de ne plus avoir de Game Over, mais ça m’avait enlevé une sacrée dose de stress.

Et en parlant de Game Over, les développeurs ont opté pour un système similaire à Demon Souls, où l’on perd notre équipement si l’on meurt, mais où il est possible de le récupérer si on revient en un seul morceau à l’endroit de notre décès. Et là où les choses deviennent encore plus intéressantes, c’est que l’on peut voir les cadavres d’autres joueurs. D’eux, l’on peut récupérer temporairement quelques unes de leurs puces, ce qui nous confèrera quelques bonus intéressant pendant la minute qui suivra (en plus de points d’expérience et d’un peu d’argent). On peut aussi prier pour eux, ce qui, en théorie, leur confère un petit bonus, même si je n’ai pas pu savoir en quoi il consistait pour la simple et bonne raison que je n’ai pas laissé assez de cadavres pour qu’un joueur puisse prier pour le mien (#ProPlayer #JeMeLaPète #OuBienHashtagForeverAlone).

Un autre pan entier de gameplay plus que cool vient des phases typée shoot-them-up, qui sont très nombreuses et variées aussi bien en terme de mise en scène que de situations, même si globalement ça se résume à tirer sur les méchants. Niveau profondeur, on est loin des shmups de Cave et de Treasure, mais on sent l’inspiration derrière, notamment grâce à la possibilité d’utiliser une épée pour détruire les boulettes, un peu à la Radiant Silvergun. Le jeu possède aussi quelques genres un peu particuliers, mais ce serait gâcher la surprise de dire lesquels, même si ceux ayant joué au premier NieR sauront de quoi je parle.

Besoin de NieR envie de IoT ♫

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D’un point de vue présentation, c’est presque un sans-faute : la direction artistique est à tomber, avec des paysages parfois impressionnant et un sens de la mise en scène impeccable. Les robots sont peut-être juste un poil simplistes, mais les personnages principaux rattrapent le tout en ayant un design monstrueusement cool. Le jeu tourne à un très agréable 60 images par secondes la plupart du temps et peut afficher énormément d’éléments à l’écran sans broncher, même s’il arrive très régulièrement que l’on fasse face à des saccades. Rien de bien méchant non plus, mais bon, ça peut arriver. J’ai aussi croisé quelques bugs, dont un qui m’a fait traverser le sol et un autre qui a carrément fait planter le jeu. C’était assez étrange, mais ça n’est arrivé qu’une fois et il y a des chances pour que ce soit patché à l’avenir (et vu que je sauvegardais littéralement toutes les cinq minutes, rien n’était perdu).

Enfin, il faut revenir sur la bande-son, qui est absolument monstrueuse. Celle du premier NieR était déjà mémorable, mais celle d’Automata parvient par moments à la surpasser. Keiichi Okabe s’est fait immensément plaisir, notamment en embauchant encore plus de chanteurs et en mettant des chants quasiment partout. Les combats deviennent épiques. Traverser des paysages déjà dingues en eux-mêmes encore plus impressionnants. Et même les moments de « rien », aussi rares soient-ils, deviennent extrêmement plaisants et reposants. Il est tout bonnement impensable que cette bande-son puisse être oubliée dans les futurs récapitulatifs de fin de génération de console…

D’ailleurs, il serait inacceptable que NieR Automata tombe dans l’oubli ou soit boudé par les joueurs, car il propose non seulement un gameplay solide et stimulant, mais son histoire est tellement folle et donne tellement de matière à notre cerveau pour le faire tourner à plein régime que ce serait une honte de le voir dans un bac à soldes d’ici deux mois.

Si vous voulez envoyer un message fort à Square Enix comme quoi vous voulez plus de jeux ambitieux de la sorte, foncez l’acheter. Si vous êtes un joueur qui aime les défis, foncez l’acheter. Si vous aimez les histoires non conventionnelles, foncez l’acheter. Si vous voulez un jeu qui soit aussi complexe qu’accessible, foncez l’acheter. Si vous en avez marre des jeux avec quinze-mille DLC (car ce jeu n’en comporte aucun majeur et est BLINDÉ de contenus qui aujourd’hui seraient vendus séparément), foncez l’acheter.

Si vous voulez un des meilleurs jeux de l’année… Vous savez ce qu’il vous reste à faire*.

(*Spoiler : il s’agit de foncer l’acheter)

Benjamin « Red » Beziat

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