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[Critique Nintendo 3DS] Poochy and Yoshi’s Woolly World

Poochy Yoshi Woolly World

La Wii U est une console avec un catalogue de jeux des plus fantastiques… C’est juste dommage que, comme avec la Dreamcast, on ne dira ça d’elle que d’ici cinq à dix ans. Nintendo semble être au courant de cette réputation future, mais a visiblement fait fi de l’idée de laisser ses jeux croupir et gagner en maturité là-bas et a carrément décidé de sortir quelques portages plus ou moins au rabais de certains d’entre eux sur Nintendo 3DS.

Ayant possédé Yoshi’s Woolly World sur Wii U, je dois avouer que je l’avais eu mauvaise en voyant qu’à peine deux ans plus tard sortirait une version améliorée du jeu. Après, je n’ai pas non plus fulminé, puisque au final, ce portage aura eu pour effet que je le finisse, puisque l’original avait cet effet étrange sur moi qui faisait que j’avais la flemme d’enchaîner plus de deux niveaux à la fois et de parfois attendre quelques mois entre deux sessions… Peut-être était-ce parce que j’avais d’autres plus gros chats à fouetter à cet exact moment, je ne sais plus. Dans tous les cas, Poochy & Yoshi’s Woolly World aura non seulement été l’occasion pour moi de finir le jeu, mais aussi de me donner envie de baffer mon plus jeune moi pour la simple et bonne raison qu’il s’agit d’un excellent platformer 2D (même s’il lorgne un poil trop sur un certain jeu qui lui a servi de base au point que l’on pourrait presque crier au plagiat).

Tricot : The Last Guardian

(Je case ce thème de boss de fin, puisqu’il fait partie d’un des meilleurs de tous les temps… Vous ne connaîtrez jamais plus quelque chose d’aussi génial, les jeunes…)

L’histoire de Poochi & Yoshi Woolly World est tellement anecdotique et simple (Bowser Jr veut des pelotes de laine pour construire un plus gros château et donc Kamek part détricoter plein de Yoshi de laine pour aider son maître… Et mon dieu que cette histoire est glauque si l’on se dit que le château aurait été construit avec les cadavres de… Yeech) que je vais plutôt me concentrer sur l’Histoire des jeux Yoshi, car il s’avère que c’est plus intéressant et quelque peu embarrassant.

Comme tout le monde le sait, Yoshi est d’abord apparu dans Super Mario World avant d’apparaître dans divers spin-offs et puzzle-games. Puis, alors que la Super Nintendo était plus ou moins déclarée morte et que la Nintendo 64 arrivait avec ses gros sabots, voilà qu’arrive Super Mario World 2 : Yoshi’s Island, un des meilleurs platformers de la Super NES et donc un des meilleurs jeux de tous les temps. Difficile et génialissime, le jeu a connu un très gros succès critique et a quand même réussi à attirer pas mal de joueurs, malgré une direction artistique “enfantine”. Puis, pour une raison inexplicable, l’épisode suivant de la série des Yoshi a pris un tournant des plus différents. Yoshi’s Story était trop facile et anecdotique, au point que le jeu a été assez rapidement boudé par le public. De là, les choses n’ont fait qu’aller en empirant, le seul bon jeu Yoshi sorti jusqu’en 2015 étant… Un remake Game Boy Advance de Yoshi’s Island.

Yoshi’s Universal Gravitation était un jeu reposant sur un gimmick révolutionnaire pour l’époque (on pouvait incliner les décors grâce à une cartouche permettant de détecter l’inclinaison de la console), mais bien vite oublié à cause d’une facillité déconcertante et un jeu qui se finissait en un après-midi. Yoshi’s Island DS donnait l’impression que Nintendo avait compris les demandes des joueurs, mais a décidé de le confier à un studio qui n’en avait rien à faire et qui a fait n’importe quoi… Mais qui a quand même été à nouveau sollicité pour l’immonde Yoshi’s New Island, que j’avais eu le malheur de me coltiner et qui continue de me mettre en PLS à chaque fois que j’y repense, la faute à ses musiques absolument ignobles et son histoire sans queue ni tête qui se réclame suite directe du meilleur jeu de tous les temps, mais qui lui crache au visage dès la première minute en disant que toute notre enfance reposait en fait sur un mensonge et finissant sur un tuyau vert possédé par l’esprit de Mario du futur… Et le pire, c’est que je ne blague même pas.

Heureusement, la pilule est bien assez vite passée, puisqu’en 2015 sortait Yoshi’s Woolly World sur Wii U, jeu qui s’avère être… Un remake non officiel de Yoshi’s Island. Comme quoi, il semblerait que la foudre soit incapable de frapper plus de deux fois quand il s’agit de Yoshi.

Yoshi’s Woolly Island

Bien évidemment, cette comparaison et ce feeling de déjà joué ne sautera uniquement au visage des vingtenaires et plus (ou aux jeunes retrogamers) ayant fait l’épisode Super Nintendo avant, car même si Baby Mario répond (heureusement) aux abonnés absent, tout est là : les niveaux n’utilisant qu’un seul gimmick jusqu’à la lie avant de passer à autre chose, la manière dont Yoshi se contrôle, les transformations, les ennemis et même la structure des deux derniers niveaux rappellera énormément le niveau final de Yoshi’s Island, y compris le boss final (même si le combat se joue de manière bien différente et que la musique est beaucoup moins épique que dans l’original).

Après, même s’il partage énormément d’éléments, sur pas mal d’aspects Woolly World se démarque en mieux de son aîné : pas de système de vie, pas de Bébé Mario à gérer, un level-design un peu plus moderne et parfois tellement intelligent de simplicité qu’il peut choquer et un jeu globalement plus permissif sans pour autant devenir aussi condescendant que les jeux cités ci-dessus.

Car le jeu possède quatre degrés de difficulté : celui condescendant où Yoshi est presque incapable de mourir et peut plus ou moins voler indéfiniment en plus d’avoir des coeurs à gogo, celui un poil simple où l’on peut choisir d’équiper des badges moyennant finance pour se faciliter la vie (certains immunisent contre le feu, d’autres nous empêchent de mourir en tombant dans les trous et tous sont globalement surpuissants au point de casser toute forme de challenge), le mode normal, où l’on joue sans utiliser les badges et le mode extrême, où l’on déciderait de se faire le jeu à 100%, impliquant d’explorer à fond les niveaux et donc se risquer à prendre des points de dégâts, sachant que pour finir un niveau à 100%, il faut arriver au bout avec une barre de vie pleine, ce qui est beaucoup moins évident qu’imaginé, surtout quand on prend en compte les derniers mondes (la difficulté connaît un sacré pic dès le troisième monde et oscille entre l’incroyablement difficile et le virtuellement infaisable si on cherche à tout récupérer). Ajoutez à ça des niveaux spéciaux dédiés aux masochistes qui se débloquent à a condition de récupérer toutes les fleurs de tous les niveaux et une arène nous permettant d’affronter des boss deux fois plus rapides qu’auparavant et l’on peut dire que ce jeu sait parfaitement s’adresser à tous les publics, aussi bien débutants que hardcore. Et ça, c’est absolument génial.

Pour ce qui est des différences entre la version Wii U et Nintendo 3DS, elles sont assez minimales. Le plus étonnant, c’est que la version Nintendo 3DS n’est pas si impactée par le portage que l’on aurait pu le croire, car les modèles de personnages sont parfois aussi fidèles et détaillés que ceux de la version Wii U et même si on peut facilement soupçonner des astuces de manipulation assez simplistes pour parvenir à ce résultat, il n’empêche que ça reste très joli. Ensuite, viennent les deux ajouts pratiques de cette version : le cinéma des Yoshi, qui permet de visionner une trentaine de court-métrages centrés sur Yoshi et Poochi au rythme de une vidéo toutes les 24h (ce qui est très débile, puisque le jeu se finit en moins de 13 jours en y allant tranquillement) et le Rallye Poochy est une série d’une poignées de niveaux de type runner où il faut juste ramasser et sauter sur tout ce qui se voit à l’écran. Assez anecdotique et amusant quelques minutes, sans plus.

Dans tous les cas, même si ces ajouts sont mineurs, Yoshi’s Woolly World reste un indispensable. Si vous possédez une Wii U, tout dépend de si vous préférez de jolis graphismes à la portabilité. Si vous possédez déjà le jeu sur Wii U… Ça ne vaut pas la peine de le prendre. À la limite prenez l’amiibo de Poochy si vous le voulez, mais le contenu inédit proposé ne vaut clairement pas 40€. Enfin, si vous n’avez pas de Wii U, sautez sur cette version Nintendo 3DS, car le portage est loin d’être raté, bien au contraire et vous tiendra bien des heures, surtout si vous visez le 100%.

Benjamin « Red » Beziat

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