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[Critique Nintendo 3DS] Super Mario Maker for Nintendo 3DS, l’incompréhensible hérésie

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L’avantage avec la sortie du portage sur une autre console d’un jeu sorti quelques années auparavant, c’est que l’on peut prendre la voie du flemmard et soit faire un copié/collé du texte que l’on avait rédigé à l’époque, soit juste se focaliser sur les éventuels changements qui ont été effectués. Bon, vu que ma critique de la version Wii U de Super Mario Maker avait été publiée sur un autre site, je ne peux me résoudre à prendre la voie de la facilité… Mais je peux condenser mon avis précédent pour attaquer directement le point qui fâche, et c’est bel et bien ce que je vais faire, car Nintendo a commis un acte incompréhensible avec ce portage 3DS, et je n’arrive pas à comprendre le pourquoi du comment.

Super Mario Anti-Maker

Super Mario Maker, c’est à la base un outil de création de niveaux super complet mis en place à l’occasion du trentième anniversaire de Mario et sorti sur Wii U il y a maintenant un an. Le but était de permettre à n’importe qui de créer un niveau plus ou moins complexe en toute simplicité et pouvoir le partager avec le reste du monde. C’était une franche réussite et l’idée de pouvoir faire exactement la même chose sur Nintendo 3DS aurait pu être quelque chose de franchement génial… Si la fonction de partage de niveaux en ligne n’avait pas purement et simplement été supprimée pour des raisons étranges et très probablement liées au fait que sortir l’exact même jeu avec les mêmes fonctions aurait rendu la version Wii U “obsolète” (même si plus jolie, plus fluide et aussi compatible manettes, mais passons ces petits détails qui font quand même une sacrée différence niveau confort de jeu). À la limite, ce problème aurait pu partiellement être résolu si il avait été possible d’envoyer nos niveaux créés sur la version 3DS sur notre version Wii U pour ensuite être envoyé sur les serveurs, mais ce n’est pas le cas, signifiant que si on a une idée de niveau complètement dingue et que l’on possède les deux versions, soit il faut attendre de rentrer, soit créer le niveau sur 3DS et ensuite le recréer sur Wii U pour ensuite le mettre en ligne… Ce qui est parfaitement stupide, vous en conviendrez.

Ceci dit, la perte de la capacité de partager nos niveaux avec le reste du monde a été échangée avec celle de pouvoir les partager via Streetpass (l’éclate) et l’inclusion d’une centaine de niveaux conçus par des level-designers de Nintendo plus qu’inspirés, car tous reposent sur des gimmicks élaborés et sont parfois d’une difficulté à s’arracher les cheveux (surtout si on tente d’obtenir des médailles liées à des objectifs spécifiques). En bref, malgré ce petit cadeau, on perd 45% de l’intérêt du jeu. Créer nos propres niveaux a donc autant de saveur que de peindre le tableau le plus beau au monde, uniquement pour ne le faire exposer que dans son salon et ensuite avoir l’impression de se sentir ô combien seul… Seul dans les ténèbres abyssales de notre sombre canapé… Sans personne…

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Ont aussi été ajoutés des courtes leçons et tutoriels concernant l’utilisation de l’éditeur de niveau. Alors certes, il y avait déjà des tutoriels dans la version Wii U, mais ceux de la version 3DS sont non seulement plus poussés, mais ils offrent aussi des commentaires et explications derrière la création de niveaux. Ça peut paraître bête, mais je trouve ce processus beaucoup plus intéressant et pédagogique pour ceux qui n’auraient pas nécessairement des notions de level-design. Et ça, c’est vraiment cool, puisque l’appréciation d’un jeu peut aussi passer par la compréhension du processus de création.

Bon, après, même si la fonction de l’éditeur a été plus ou moins été rendue caduque du fait de la suppression de l’option de partage de niveau la plus intéressante, tout n’est pas totalement perdu. Les 55% d’intérêt de ce jeu restants sont encore là, puisque l’on peut quand même jouer aux niveaux que les joueurs de la version Wii U (et très certainement Switch aur)ont mis en ligne. Cependant, il n’est pas possible de chercher un niveau spécifique, ni les noter. Il ne s’agit que d’une sélection des meilleurs niveaux créés par les fans, ce qui est à la fois cool dans le sens où ça élimine une grande partie des niveaux des personnes en manque d’attention qui quémandaient les “like” pour gagner en popularité, mais ça limite tout de même assez fortement la sélection. Moins de quantité en échange de plus de qualité ? C’est plus ou moins ça, et ça peut tout aussi bien réjouir qu’énerver.

Au final, est-ce que Super Mario Maker for Nintendo 3DS vaut le coup ? Oui et non. Tout dépend des cas, en fait. Si vous possédez une Wii U, la question ne se pose même pas : zappez cette version et prenez directement la version pour votre console de salon, puisque celle-ci est largement plus complète et vous pourrez y partager les niveaux que vous avez créé. Si vous n’avez qu’une Nintendo 3DS et que vous voulez créer des niveaux, je ne peux que vous conseiller d’attendre l’inévitable version Switch qui sortira très certainement l’an prochain (rien n’a été confirmé, mais vu les performances de la Wii U et que Nintendo aura fort à faire à sortir un maximum de jeux sur sa nouvelle console dans les premiers mois pour la rendre la plus attirante possible, une version Switch de Mario Maker semble être une évidence). Enfin, si créer des niveaux ne vous botte pas tant que ça et que vous voulez juste jouer à Super Mario Bros, difficile de se tromper. Certes, les cent niveaux proposés par Nintendo sont relativement courts, mais avec ceux que l’on peut récupérer sur les serveurs de la version Wii U créés par les fans, il y a de quoi faire. Les plus naïfs diront qu’il s’agit du Mario Infini, tandis que les plus réalistes diront qu’il s’agit d’un Mario Infini… Jusqu’à extinction des serveurs, soit un Mario qui vous durera au moins cinq ans, ce qui reste plutôt pas mal.

Benjamin « Red » Beziat

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