Kayane

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[Critique Nintendo 3DS] Pokémon Soleil et Lune

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Petites précisions pré-test, histoire que vous compreniez mon point de vue et jaugiez de mon objectivité (ou éventuelle absence) : Pokémon et moi, on a été presque inséparables depuis le début. J’avais commencé la série à ses débuts, quelques semaines après que Pokémon Bleu soit sorti et que la folie Pokémon s’empare pour la première fois de la France (d’ailleurs, les céréales Pokémon de Kellogs me manquent, même si elles étaient assez immondes). J’étais à fond à l’époque de Or et Argent, puis ai un peu perdu en intérêt pour la série avec Rubis et Saphir, qui ne m’avaient pas plus convaincu que ça, puis ai manqué de décrocher avec la génération Diamant et Perle, que j’ai trouvé… Un peu trop classique. Cependant, je me suis remis à aimer d’un amour fou la série lorsque Noir et Blanc sont sortis (plus de détails là-dessus dans un article à venir) et ai attendu, puis dévoré en deux jours X et Y à leur sortie, non seulement pour des raisons professionnelles, mais aussi parce que les nouveautés apportées par ces épisodes étaient vraiment intéressantes (même si on a mis un sacré paquet de temps avant de comprendre que les jeux étaient sortis dans un état d’inachèvement assez inquiétant). J’ai également joué à pas mal de spin-offs et, comme ce blog en atteste, dès que je peux parler de Pokémon, je le fais clairement sans rechigner (désolé pour la spam, Kayane…).

(La version audio du texte qui suit, si jamais vous avez la flemme de lire et que vous souhaitez entendre ma douce voix d’homme légèrement enrhumé ♪)

Du coup, vous pensez bien que quand Soleil et Lune ont été montrés pour la première fois, mon coeur a fait plusieurs saltos arrière, surtout à la vue d’Otaquin, dont la stupidité de son design n’a d’égale que son adorabilité.

D’ailleurs, s’il y a bien un terme qui m’est revenu en tête tout au long de ma partie, c’est bien celui-ci : stupide. Même si, en y repensant, le terme le plus approprié devrait plutôt être absurde, car après le virage épique de la série avec les deux épisodes de Blanc et Noir, puis le tournant un peu plus sérieux de X et Y, Game Freak a décidé de passer à la vitesse supérieure, en rendant tout plus “plus”, mais jamais en franchissant la barre du “trop”. Plus épique, plus impressionnant, plus débile, plus sinistre, plus difficile. Soleil et Lune vise tout ça à la fois et y arrive avec brio… Même si cela se fait au prix d’un élément qui peut être un problème pour certains : la liberté.

Les Multiples Vies de Solgaleo Davis

Comme d’habitude depuis Rubis et Saphir, l’histoire commence sur un déménagement. Notre mère décide de changer de vie et de passer de la région de Kanto à celle d’Alola, un archipel constitué de quatre îles aux forts accents d’Océan Pacifique. Soleil, sable chaud et Noadkoko, il y a tout pour plaire et tout le monde semble extrêmement gentil avec ces nouveaux arrivants. On découvre assez rapidement de nouveaux visages, dont Tili, notre “rival” qui est tellement enthousiaste et souriant qu’il nous file systématiquement le cafard, Lilie, une fille mystérieuse qui semble cacher un assez lourd secret et le Professeur Euphorbe, un cosplayer de Kamina de Gurren Lagann beaucoup trop amical pour que ça ne soit pas inquiétant (il s’auto-proclame “Tonton Euphorbe” au bout de vingt minutes de jeu, ce qui est à la fois sacrément condescendant et typiquement le genre de phrase qui nous donnerait envie d’appeler en cachette la police au cas où).

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Après deux trois événements que je ne vais pas révéler, on reçoit notre premier Pokémon (#TeamBrindibou) et on part à l’aventure. Mais cette fois-ci, il n’est pas question d’aller de ville en ville pour affronter le champion local dans ce qui a toujours été un duel mano e mano, mais il faudra aller à la rencontre des Capitaines, qui nous feront passer des épreuves allant du plus classique au plus surprenant (voire carrément absurde, au point que je me suis sérieusement demandé si un des scénaristes n’avait pas joué à Undertale avant d’écrire cette scène) pour obtenir un Cristal Z nous débloquant l’accès à une nouvelle section de l’île. Une fois toutes les épreuves passées, il est possible d’aller payer une visite au Doyen de l’île pour cette fois-ci un véritable duel qui nous permettra d’aller sur l’île suivante. Répétez ça trois fois et… Je n’en dirai pas plus.

Soleil et Lune s’inscrit dans cette philosophie assez récente de Nintendo de prendre ses vieilles licences et les modifier pour en faire quelque chose d’à la fois nouveau et familier. Ainsi, même si cette génération de Pokémon repose sur les mêmes bases, les développeurs ont décidé de quelque peu changer la structure du jeu pour donner une impression de nouveauté (un peu comme The Legend of Zelda A Link Between Worlds).

Et là où pour moi ce type de changement a été plus que bienvenu (et qui va être maudit par certains), c’est que le scénario prend une place beaucoup plus importante, et ce dès la première minute. Là où dans les anciennes générations on avait parfois des trous de quatre à cinq heure sans quoi que ce soit d’important, ici, à moins de prendre vraiment le temps de taper sur les Pokémon du coin pour tous les attraper en route, les trous ne durent pas plus de trente à quarante minutes. Et c’est à la fois cool et assez énervant, car il arrive que l’on aie une scène, puis une autre scène à peine une minute plus tard parce que l’on a fait dix pas sur la droite. Personnellement, j’ai accueilli ce rythme assez positivement, mais je vois clairement en quoi cela pourrait en agacer pas mal, puisqu’en 24 heures de jeu, j’en ai probablement passé sept à neuf à regarder des scènes cinématiques (et une dizaine à combattre, tandis que le reste aura été consacré à se balader un peu partout pour explorer et obtenir une flopée d’objets bonus).

Heureusement, ces heures passées à regarder une histoire se dérouler n’ont pas été énervantes, car il s’avère que le scénario est le plus abouti de la série et aussi le plus intéressant. Alors certes, Tili m’a énervé plus que de raison, mais au lieu de n’avoir que deux personnages un minimum travaillés, ici on en a une dizaine que l’on retiendra facilement. L’antagoniste principal est également très intéressant et réserve pas mal de surprises que l’on ne voit pas nécessairement venir.

D’ailleurs, et c’est aussi quelque chose qui a été travaillé à un niveau jusqu’ici jamais vu dans la série, les décors ont été conçus avec une minutie digne du plus grand des maniaques, au point que lorsque vous entrerez dans certaines pièces, vous pourrez deviner certains éléments de scénario cachés juste en regardant ce qu’il y a d’accroché aux murs (une des épreuves prend carrément une tournure malsaine si on prend le temps d’observer et j’ai été légitimement choqué en remarquant un certain détail qui pourtant n’est jamais explicité). Game Freak avait trempé un orteil dans ce genre de technique narrative avec la chambre de N dans Pokémon Noir et Blanc, et on sent qu’avec Soleil et Lune ils ont carrément sauté dans la piscine en faisant une bombe, car même si les lieux ne sont pas si nombreux que ça (au point que la surface du jeu s’apparente plus à Kanto ou Kalos que Hoenn), ils sont tous très marqués et ont une personnalité qui leur est propre.

Après, je ne vais pas non plus dire que l’histoire de Soleil et Lune casse trois pattes à un Canarticho, surtout à cause d’un élément sur la fin qui est tellement maladroitement intégré qu’il a presque gâché la fête au point que je m’attendais à revivre un Golden Sun 3, mais elle a le mérite d’être la plus intéressante et la plus travaillée de la série. Et sans spoiler, je sens déjà qu’il y aura un point qui va faire grandement débat tellement il paraît stupide, mais ceux qui ont joué à Rouge et Bleu sauront qu’il y a déjà eu quelque chose de bien plus stupide que ça, d’autant plus que là, c’est expliqué de très belle manière dans le post-game.

Alola Lunaala

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S’il y a bien quelque chose que j’ai immédiatement compris en jouant à Soleil et Lune et en faisant mon tout premier combat contre un Pokémon sauvage, c’est que je n’allais pas passer un moment aussi agréable que dans X et Y. M’est avis que le fait que j’ai manqué de me manger un “game over” à ce stade du jeu a du me mettre la puce à l’oreille.

Pokémon Soleil et Lune sont des épisodes absolument brutaux, où la moindre erreur peut être très sévèrement punie. Ils ne sont pas non plus insurmontables, étant donné que durant toute la partie purement scénario du jeu je n’ai eu qu’une seule défaite qui m’a renvoyé au centre Pokémon le plus proche, mais le nombre de fois où j’ai failli me retrouver dans ce genre de situation excédait assez largement le nombre de doigts et d’orteils que possède un Golgopathe. Ici, les altérations d’état et les avantages et désavantages offerts par certains types par rapport à d’autres sont accentués au point que n’importe quelle attaque peut potentiellement se révéler fatale. Après, vu le nombre de Pokémon possédant désormais un double-type, il est assez difficile de ne pas avoir la bestiole qui nous permettra d’encaisser les coups de l’adversaire et lui retourner gentiment la pareille (et mon Archéduc est assez rapidement devenu un bulldozer capable d’anéantir 60% de ses adversaires), mais pour ceux qui avaient trouvé X et Y faciles, là ils en auront clairement pour leur argent, car là où généralement le dernier tiers de la partie scénario se fait les doigts dans le nez, bah là, le chemin de la souffrance commence au début et ne se termine qu’une fois que l’on décide d’arrêter définitivement de jouer, et ce, même malgré mon Archéduc et les nombreuses “““aides””” qui nous sont offertes.

Car c’est aussi là la grande force de cet épisode : l’interface a été revue entièrement pour rendre le jeu plus accessible. Une fois un Pokémon “inconnu” affronté, on aura directement d’affiché à l’écran ses forces et ses faiblesses. Le Multi Exp nous est donné au bout d’une heure de jeu, nous évitant ainsi de nombreuses heures d’un grinding. Les “CS” ont disparu au profit de Poké-Montures qui sont plus ou moins utiles (l’un d’eux ne m’a servi qu’une seule fois de toute ma partie, comme pas mal de CS à l’époque). La PokéRécré est accessible après la plupart des combats et les bénéfices qu’elle apporte sont accessibles beaucoup plus rapidement (notamment le fait qu’un Pokémon qui nous aime pourra résister à un coup fatal ou bien se soigner de sa paralysie comme un grand). On peut utiliser des Pokéballs en combat sans avoir à ouvrir quinze menus. On voit enfin le niveau des altérations d’état.

Toutes ces options (et probablement d’autres que je n’ai plus en tête) rendent le jeu plus accessible, mais ouvrent également la porte à sa plus grande difficulté, car maintenant on peut savoir pourquoi on vient de se faire mettre au tapis par notre adversaire. Plus besoin d’apprendre les types de chacune des 800 créatures du jeu en vue de savoir laquelle des 600 attaques et capacités utiliser. Finies les heures passées à tourner en rond juste pour que notre équipe entière soit au bon niveau. Tout ce temps qui auparavant était perdu dans des choses plus ou moins débiles est recyclé dans l’élaboration des stratégies adéquates et l’amélioration du rythme de l’histoire principale.

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Un des principaux ajouts de Soleil et Lune vient des Capacités Z, que je sens motivé par le fait que Game Freak a compris la bourde qu’ils ont commis avec les Méga-Évolutions. En effet, l’inclusion des Méga-Évolutions impliquait non seulement d’offrir de nouveaux designs à beaucoup de Pokémon en même temps, mais aussi de veiller à ce que chacun d’entre eux réponde bien aux autres, évitant ainsi d’éventuels problèmes d’équilibre. Avec les Capacités Z, le travail est beaucoup plus simple, puisque n’importe quel Pokémon peut les utiliser, du moment qu’une de leurs attaques est du même type que le cristal qui leur est assigné. Selon le Pokémon et le type de la compétence, ça peut aller d’une version boostée de ladite compétence à une toute nouvelle attaque surpuissante pouvant infliger pas mal de points de dégâts supplémentaires à l’adversaire. Bien évidemment, il n’est possible d’utiliser une Capacité Z qu’une fois par combat, donc il faut être extrêmement vigilant au timing de son utilisation et aussi faire bien attention à qui va l’utiliser. Cette composante ajoute un degré de stratégie et de complexité absolument dingues aux combats, au point que j’abordais carrément certains des duels les plus tendus comme j’aborderais un match d’échecs, mais où les pions seraient remplacés par des petites salamandres et les rois par des hiboux assassins.

Le seul bémol qui va en plomber pas mal avec ce type d’attaque, c’est qu’il est impossible de zapper les petites cutscenes (à moins de désactiver totalement les animations de combat, ce qui serait dommage). Sachant que certaines d’entre elles durent trente seconde, ça peut casser le rythme du duel en plus de donner une impression désagréable de répétition. Un autre détail assez énervant avec les combats vient de l’assez grande fréquence à laquelle certains Pokémon appelleront leurs potes pour assister à la bataille. Ça peut les rallonger de quelques minutes et c’est particulièrement énervant quand on voulait capturer la première, car il faudra se débarrasser de son allié avant de pouvoir lancer une Pokéball. Après, ça fait gagner de l’expérience, mais affronter cinq Nosféralto dans un combat qui était censé n’en comporter qu’un peut vite gonfler.

Niveau ajouts supplémentaires, ça va du sympatoche au gadget. Le Combat Royal permet à quatre personnes de se livrer un duel où tout le monde est l’adversaire de tout le monde et est aussi exploité dans le jeu que les combats Trio de Blanc et Noir (en gros, une fois, puis est oublié). La PokéDétente, elle, permet aux Pokémon stockés dans les PC d’être maintenus en activité, aussi bien en récoltant des fèves qui permettent d’augmenter le niveau de bonheur que de faire éclore des œufs plus vite. Comme dans les meilleurs (pires) free-to-play, l’activité des Pokémon se fait en temps réel et il faut attendre un certain nombre d’heures avant de voir les résultat de leur travail. Loin d’être indispensable pour finir le jeu, mais il permet de développer un peu mieux ceux que l’on a pour habitude de laisser de côté.

Enfin, un autre truc très cool par rapport à X et Y vient du contenu « post-game », qui s’annonce des plus vastes, avec tout un tas de micro-activités qu’il faudra dénicher en explorant la carte. À l’heure où j’écris ces lignes, je n’ai fait qu’effleurer ce contenu annexe, mais rien que la première chose qui nous est proposée prend quelques heures à finir (et c’est sans compter la classique quête du Pokédex, qui ici prendra forcément beaucoup plus de temps du fait de la centaine de nouvelles créatures à attraper).

Dresse avec les Stars

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Comme dit plus tôt, Pokémon Soleil est Lune sont des jeux bourrés de petits détails. Les décors sont riches et ont été méticuleusement conçus pour dégager une sensation de vie et les Pokémon eux-mêmes sont vraiment bien animés… Au point qu’ils mettent la Nintendo 3DS à genoux. Sur les New Nintendo 3DS, le jeu tourne en grande partie bien et ne ralentit que lors dès matchs où quatre dresseurs et quatre Pokémon sont impliqués, s’arrêtant même quelques inquiétantes millisecondes au lancement de certains combats qui s’avèreraient trop complexes pour la console. Sur une 3DS classique, le jeu tournerait pas mal au ralenti, mais pas non plus au point qu’il en devienne injouable comme Hyrule Warriors Legends. Quoi qu’il en soit, on sent que le saut à la Switch fera un immense bien à la série, voire même aux jeux, à en croire la rumeur de la troisième version sortant dessus, ce qui serait ô combien logique, vu le détail des modèles 3D et des décors, qui semblent tous avoir vu leur résolution réduite de moitié, car les textures hors Pokémon sont baveuses. Ça n’en fait pas un jeu qui soit laid, loin de là, mais on sent que s’ils rajoutaient ne serait-ce qu’un cheveu de plus sur le crâne de Taupiqueur, la console prendrait feu dès la seconde où l’on appuierait sur Start.

Les musiques, quant à elles, sont dans la droite lignée de ce que la série a toujours fait : excellentes et inspirées, allant du plus guilleret au plus inquiétant. En dire plus serait spoiler, mais la musique de la série prend un tournant des plus inattendus, lorgnant du côté d’une certaine sorcière aimant utiliser ses cheveux pour se battre. Est-ce qu’elles entreront autant dans l’Histoire que le scénario de cet épisode ? Ça reste à voir, même s’il est sur et certain que vous fredonnerez le thème d’Alola pendant les jours qui suivront la fin de votre partie.

Au final, peut-on vraiment être surpris à l’idée que Pokémon Soleil et Lune sont des indispensables de la Nintendo 3DS ? Non. Le jeu reste toujours aussi excellent et même si certains risquent de trouver le côté proéminent du scénario assez lourdingue pendant les vingt à trente premières heures, passé ce cap, c’est retour au gameplay que l’on a appris à aimer au fil de ces dix-huit courtes années. L’écriture beaucoup plus poussée couplé à un univers encore plus détaillé que d’habitude rend ces épisodes fascinants à parcourir et la plus grande difficulté de l’ensemble nous force à réfléchir à chacune de nos actions, chose que je n’avais plus fait depuis Noir 2. Et ça, ça fait du bien.

Enfin, c’est pas tout ça, mais j’ai encore… 800 Pokémon à attraper ?

Bon, bah à dans deux ans pour le prochain article sur le blog, hein !

Benjamin « Red » Beziat

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  1. Benjamin Beziat le 22 novembre 2016 à 10 h 43 min

    Le gang des Brindi va envahir le monde avec force et charisme 😀

    Et merci ^^


  2. Mike Scops le 22 novembre 2016 à 10 h 36 min

    Excellent test, hâte de recevoir le jeu ce soir pour rejoindre la #TeamBrindibou :)