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[Critique PS4] Head Lander

Headlander

Note : la critique qui suit a été rendue possible grâce à Double Fine, qui nous a fourni un code presse du jeu.

Écrire des critiques de mauvais jeux, c’est généralement très facile. Écrire des critiques de bons jeux, un poil plus compliqué, mais largement jouable. Mais dans le cas d’un jeu qui nous laisse de marbre… Ça devient carrément une épreuve. Comme vous l’aurez sûrement imaginé, Headlander se place dans cette dernière catégorie pour moi. Peut-être est-ce à cause du gameplay un peu mou, ou bien aussi et très certainement parce qu’on me l’a vendu comme “Archer dans l’espace”… Je ne sais toujours pas pourquoi cette analogie, puisque là où Archer me fait hurler de rire toutes les dix minutes devant son niveau de grossièreté, niveau humour, Head Lander… Bah c’est pas ça du tout. Puis-je blâmer le jeu du coup, ou le gars qui a fait grimper mes attentes à un niveau que le jeu n’aurait jamais pu atteindre ? Définitivement le gars qui m’a vendu la lune…

Baleinier sur la lune…

Développé par Double Fine, Head Lander nous place littéralement dans la tête d’un personnage sans nom. Pourquoi littéralement ? Tout simplement parce que notre héros se réveille en se rendant compte qu’il n’est qu’une tête pouvant voler à l’aide d’un casque spécial. Une voix plutôt cool nous suggère de faire quelques trucs et surtout d’essayer de faire tomber Methuselah, une I.A. devenue folle qui a enfermé les esprits de tous les habitants de la Terre dans des corps robotiques (mais renouvelables) dans le but de les préserver, mais qui a oublié ce qu’il était censé en faire.

Double Fine oblige, on s’attendrait à des vannes bien senties et des bonnes crises de rire, mais ici, il n’en est rien. Certes, le jeu essaye de nous faire rire, mais au grand pire on ne fera que décrocher un sourire grâce à une I.A. régissant les portes de manière sarcastique et on se marrera vite fait devant le fait que l’on puisse posséder n’importe quel corps, qu’il s’agisse d’un robot-chien ou d’un aspirateur en passant par les gars lambda. Autant dire que la blagounette durant cinq minutes paraît étirée sur six heures tant aucune des situations présentées n’est assez folle.

Mais le pire, c’est qu’à côté, le jeu tente de développer une histoire sérieuse et parle vite fait des conséquences de cette drôle de situation, mais là encore, même si c’est plus élaboré que le côté humour, ça reste un peu trop en surface et ça enchaîne les clichés, au point que les plus gros plot twists peuvent être grillés à des kilomètres, donnant l’impression de jouer à une adaptation d’un roman de SF lambda des années 60/70… Ce qui est bien évidemment le but, mais quand bien même, tout ce qui concerne l’écriture manque cruellement d’ambition, ce qui est dommage.

Headlander 2

À en perdre la tête !

En matière de gameplay, Head Lander repose presque entièrement sur un seul concept : notre tête est détachable et peut prendre possession des robots patrouillant les différentes stations que l’on sera amené à visiter. Ainsi, on aura le droit de posséder cinq types de corps, allant des citoyens et animaux de compagnie/aspirateurs qui ne servent concrètement pas à grand chose aux gardes de la station et tourelles pour tirer dans le tas. La tête de notre personnage est aussi un type de personnage à part entière, puisque l’on peut se propulser et plus tard avoir la possibilité de déployer un bouclier autour de nous pour se protéger des tonnes de boulettes qui nous foncent dessus ou bien aspirer les têtes des ennemis pour la remplacer avec la nôtre.

La progression se fait plus ou moins comme dans un Metroid, puisque le level-design est plus ou moins labyrinthique et certaines portes nous seront inaccessibles tant que l’on n’aura pas possédé le robot de la bonne couleur. Si on est amateur des jeux du genre, ça devrait à priori passer, mais même si j’aime beaucoup les jeux comme Symphony of the Night ou bien… Bah, Metroid, là il manque vraiment un petit je ne sais quoi qui me ferait accrocher. J’imagine que c’est le manque d’humour et le fait que les situations proposées ne sont pas totalement intéressantes pour moi (avec notamment un deuxième et troisième acte hyper longs qui ont retardé cette critique de deux semaines tellement ça m’ennuyait). Le jeu est pourtant assez court, puisque je suis arrivé au boss final en ayant trouvé 75% des bonus en six-sept heures, mais le manque de rythme et les passages à vide donnent une impression de longueur des plus désagréables.

En revanche, il me faut dire à quel point le jeu est à tomber d’un point de vue esthétique. On dirait une version jouable des oeuvres de science-fiction typées série B des années 70, avec des couleurs très flashy et étrangement saturées et des robots tels qu’on pouvait les imaginer à l’époque, en plus de certaines thématiques que l’on aurait trouvé à cette époque. Et même si j’ai trouvé le troisième acte plus que ronflant, l’ambiance visuelle était plutôt cool. Mention spéciale pour la seconde zone, la dernière et l’avant-dernière, qui passerait presque pour un hommage au Dune de Jodorowski (ou une copie de No Man’s Sky, diront ceux qui sont focalisés sur l’actualité… Les joies du mauvais timing). La musique aussi contribue pas mal à l’ambiance, même si son absence par moments à joué à rendre le jeu un peu trop longuet.

Au final, Head Lander est un jeu Double Fine : le concept de base est super cool, l’esthétique est monstrueuse, mais le gameplay reste un peu trop en surface et le tout manque tellement de peaufinage que l’on a l’impression de jouer au prototype de ce qui pourrait être un grand jeu. L’écriture est convenue au possible, neuf dixième des blagues tombent à plat et le manque d’intérêt de la partie du milieu donnent la sensation qu’il manque quelque chose. Si vous aimez les Metroivanias, il y a des chances que vous puissiez apprécier ce jeu, puisqu’il remplit quand même assez bien le vide créé par ces deux séries et possède quand même quelques qualités indéniables (si vous me suivez sur Twitter, vous aurez peut-être vu un screen à tomber par terre circuler entre deux photos de chats et de portraits de personnages). Dans tous les cas, ne vous attendez pas à un jeu qui vous fera énormément rire, parce que m’est avis que ce sont aussi ces attentes qui ont pas mal détruit mon image finale de ce jeu… Enfin, quand bien même, si vous décidez d’investir dedans ou d’attendre les soldes pour le prendre, ce jeu vous offrira un moment sympa, à défaut de souvenirs impérissables (ce qui est ironique, compte tenu de la thématique du jeu ♪)

Benjamin « Red » Beziat

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