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[Critique Ciné] Captain America : Civil War

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Les duels semblent être à la mode ces temps-ci. Batman VS Superman, Captain America VS Ironman, Les Visiteurs 3 VS le Bon Goût… Alors bon, je n’ai vu ni le premier, ni le dernier parce que l’un comme l’autre ont une philosophie que je n’apprécie pas trop (envolées lyriques à deux balles et discours pompeux pour l’un, perpétuation du racisme ordinaire et idées nauséabondes pour l’autre), mais j’ai eu l’occasion de voir Captain America : Civil War.

Et c’était glorieux !

Bon, ce n’était pas non plus le film du siècle, mais bons dieux que le spectacle offert était cool à voir ! Cette critique se fera en deux temps : la première partie sera plutôt safe et gardera les spoilers au minimum (ou du moins, dans la zone de ce qui a déjà été montré dans les trailers, donc si vous ne voulez pas lire ne serait-ce qu’un seul truc mettant en danger l’intégrité de votre visionnage, n’allez pas plus loin que cette intro) tandis que la seconde partie ne prendre pas de gants et sera réservée à ceux ayant vu le film, car il y a un point dont j’ai vraiment envie de parler pour voir si vous êtes du même avis que moi ou non.

Qui Veut la Peau de Bucky Barnes ?

L’histoire de Captain America Civil War est assez simple : suite aux événements des précédents films de l’univers Marvel et à la scène d’action d’ouverture résultant en quelque chose d’assez catastrophique, près de la moitié des gouvernements du monde souhaitent “déprivatiser” les Avengers. Car après tout, les super-héros, c’est bien, mais s’ils ne sont pas un minimum maintenus sous contrôle, ils pourraient à tout moment semer le chaos. Iron Man est pour cette idée, tandis que le Cap est plus ou moins contre, devenu suspicieux après les événements du second volet de sa série. Après tout, rien ne dit que les différents gouvernements aimeraient les avoir sous leur botte pour commettre des méfaits. De fil en aiguille, les choses s’enveniment lorsque Bucky Barnes, le Soldat de l’Hiver, revient sur le devant de la scène en commettant un crime que je ne spoilerai pas et donc tout le monde va se mettre sur la tronche pour mettre la main sur l’ancien pion de Hydra. Il y a aussi un méchant nommé Zemo qui traîne dans le coin, mais au lieu de faire des (plutôt bons) smoothies chez son cousin Zumo (#InstantPub), il reste dans l’ombre à faire deux-trois trucs sans véritable importance.

Les thématiques centrales sont donc ici le conflit, la vengeance, les conséquences (un de mes thèmes préférés de tous les temps) et aussi la peur du peuple à l’encontre de ces super-héros surpuissants. Et contrairement à un film de DC Comics qui rendrait le truc tellement sérieux que l’on en aurait rien à péter au bout de deux minutes, ici, c’est toujours traité avec le sérieux que l’on connaît aux films Marvel. Donc au lieu de nous bombarder de questionnement moraux et de mettre du drame à tous les coins de rue, ici, il y a des blagues ! Des respirations bienvenues et de véritables fou rires disséminés entre deux scènes intenses. Sans trop en dire, les plus gros moments de poilade viendront de la scène de l’aéroport et de Spider-Man, puisque l’idée d’avoir à peine une dizaine de super héros se mettre sur la tronche dans un espace aussi vaste était ridicule et les frères Russo le savaient, au point que le combat est ridicule, mais dans le bon sens du terme.

Cap america

L’action est d’ailleurs quelque chose que l’équipe derrière Captain America 2 maîtrise parfaitement, puisqu’il y a pas mal de scènes de ce genre et elles sont toutes très fun à regarder. Il y a notamment une scène vers la fin du premier tiers du film qui était tellement débile que j’avais l’impression de regarder Dante de Devil May Cry 3 s’éclater… Mon seul regret quant à la réalisation de ces scènes était que le caméraman était totalement bourré lors de la scène d’ouverture. J’en ai vraiment marre de ce style de réalisation caméra au poing qui rend parfois l’action illisible pour donner un semblant de dynamisme à la scène, puisque ça rend le tout juste chaotique et pas particulièrement agréable à regarder. Heureusement, ça se calme pas mal par la suite (ou mon cerveau s’est habitué, je sais pas).

Un autre détail que j’ai trouvé plaisant venait “des scènes chiantes” comme diraient beaucoup. Puisque ces scènes agissent comme des temps de respiration entre deux scènes d’action et permettent aussi de développer les relations entre les personnages tout en augmentant les enjeux considérablement. Et les dialogues sont “réalistes” : j’ai pas l’impression de regarder deux acteurs récitant du Shakespeare pour donner une fausse idée de profondeur, mais de deux êtres humains ayant du mal à raisonner parce que chacun croit avoir raison. Et ça, c’est cool. Et Zumo est un des bad guys les plus intéressants de tous les films Marvel… Malheureusement sous-exploité, car comme dit plus haut, on dirait qu’il fait de la figuration au sein de son propre film pour laisser Cap et Iron Man se mettre sur la tronche, ce qui est vraiment dommage. En plus, c’est Daniel Brülh qui joue le personnage et j’aime bien cet acteur, qui a joué dans pas mal de drames allemands, dont Goodbye Lénine.

D’ailleurs, tant que l’on est dans les acteurs, les nouveaux venus sont plus que bienvenus. Martin Freeman (#PerfectHusbando) fait une petite apparition qui fait bien plaisir (même s’il n’apparaît que trois minutes à tout péter). Chadwick Boseman incarne un Black Panther plus que convaincant et est introduit de manière sobre (quoiqu’un peu trop précipitée) et je suis d’accord pour dire que Tom Holland incarne déjà le parfait Spider-Man, puisque Peter Parker est ici un véritable adolescent tentant tant bien que mal de s’adapter à une situation qui le dépasse totalement.

En revanche, et c’est un détail sur lequel je vais un peu plus longuement revenir dans la partie “spoiler” de la critique, la fin est assez… Décevante. Elle reste satisfaisante, dans un sens, grâce à sa mise en scène, mais elle m’a pas mal dérangé sur pas mal d’autres points.

Donc au final, si l’on enlève la fin, Captain America Civil War est un sans-faute ! L’action est plus que présente et efficace et est entrecoupée de scènes parfois drôles, parfois graves, mais toujours bien écrites. Si vous aviez aimé Captain America 2, vous serez en kiffance totale devant ce dernier opus de la trilogie. Par contre, et il est préférable de le préciser, jamais il n’a été aussi évident que cet épisode faisait partie d’une bien plus vaste série de films, puisque celui-ci a l’air bien moins indépendant du reste que d’habitude, donc si vous n’avez pas vu les précédents films Marvel, il est plus que fortement conseillé que vous les visionniez, en particulier Captain America 2 (évidemment), Ant-Man et surtout Avengers 2, autrement vous perdrez pas mal de ce qui fait la substance de ce film.

Place maintenant à la zone spoilers, où ça va tellement spoiler qu’il vaut mieux avoir vu le film avant, donc c’est pas faute d’avoir prévenu !

Captain Dogamerica

Parlons de la fin. Tout au long du film, je me sentais comme un gosse en voyant tous ces monstres de puissance se mettre sur la tronche à grands coups de poing et autres armes. Puis, à un certain moment, une phrase est dite à Iron Man, du style “fais attention à tes arrières.” Dans le langage Hollywood, c’est généralement le genre de signe qui indique que ledit personnage aura 95% de chances de mourir. Du coup, on entre dans l’acte final avec la sensation qu’un personnage va mourir. Sachant que Tony, Steve (Captain America) et Bucky sont plus ou moins les trois seuls personnages de cet acte final, je m’attendais soit à ce que Bucky tue Tony par accident ou bien que Tony ou le roi T’Chanka (Black Panther) se venge de Bucky, sachant qu’à la toute dernière seconde, on apprend que c’est Bucky qui a tué les parents de Tony. Autant dire qu’arrivé sur le lieu de la confrontation finale, on est persuadé que quelqu’un va mourir.

Mais même pas !

Absolument personne ne meurt. Ça encore, ça peut passer, puisque quand on y pense, ce film reste destiné à un jeune public et tous ces personnages sont présentés comme des héros, donc dans un sens, c’est logique.

Mais ce qui m’a vraiment déstabilisé, c’est les trois dernières minutes, qui rushent totalement la fin et parviennent à caser un “happy ending” injustifié, puisqu’il donne l’impression que Tony pardonne Bucky juste après avoir lu une simple lettre. Alors certes, ça sera plus simple pour réunir tout le monde quand Thanos mettra la main sur toutes les Pierres d’Infinité dans Avengers 3, mais ça donne la désagréable sensation du “tout ça pour ça…”

Pire encore, la fin se fait toute joyeuse puisque tous les supers qui avaient été enfermés suite au combat dans l’aéroport sont libérés par Steve. Mais pour aller où ? Qu’est-ce qu’ils vont bien pouvoir faire, puisque le monde entier va être à leur poursuite ? Ils vont rester planqués au Wakanda tranquillou pépère chez Black Panther le temps que les choses se tassent et que Thanos finisse d’enfiler son costard pour défoncer tout le monde ? Plausible, et dans un sens ça expliquera sûrement pourquoi dans les deux prochains films la plupart des supers feront cavalier seul, puisque les autres seront planqués, mais ça reste débile. C’est comme si les scénaristes avaient reçu pour ordre de tout changer à la dernière seconde en se rendant compte que ce n’était peut-être pas une bonne idée de mettre trop de notions violentes dans un seul film et de rendre leurs héros amoraux…

Enfin bon, la fin n’a pas non plus réussi à gâcher tout ce qui avait fait la force du film, puisque j’ai quand même pris mon pied pendant plus ou moins tout le temps, mais ça a quand même pas mal amoindri l’impact qu’aurait du avoir le film sur l’ensemble du Marvel Cinematic Universe. Après, peut-être qu’il y aura à nouveau de véritables conséquences, mais on n’est pas près de voir ça avant au moins fin 2017… Sauf si Docteur Strange évoque tous ces événements, mais j’en doute. Et puis les films après seront Les Gardiens de la Galaxie 2, puis Thor Ragnarök et je doute que l’action de ces deux films prendra en compte les événements se déroulant sur Terre. Bref, mystère et boule de gomme.

Benjamin « Red » Beziat

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