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Critique JV – Stories : The Path of Destinies (PS4/PC)

Stories The path of Destinies 3

Note : Pour l’élaboration de cette critique, un code presse a été fourni directement par le développeur. Je tenais à vous apporter cette petite précision, histoire d’être totalement transparent là-dessus. Happy reading ♪

En préparant cette critique, je me dis que je suis quelqu’un de beaucoup trop facilement influençable. Mettez un renard en guise de personnage principal dans n’importe quoi et vous êtes certains d’avoir mon attention et le prix de média de l’année. Zootopie, film de l’année. L’artbook officiel de Zootopie, livre de l’année (à défaut du mien qui n’est pas encore officiellement sorti ♪). Et là, Stories : The Path of Destinies, jeu de… Là, rien n’est assuré, puisqu’en cette Année du Renard, il y a aussi Star Fox Zero, Lucky’s Tale et Story of Seasons dans la liste. Et vu les promesses des jeux de Nintendo, de Playful et de Swing Swing Submarine, la compétition avec le titre de Spearhead Games va être rude.

Bon, plus sérieusement, Stories est un jeu que j’ai énormément apprécié. Ce n’est pas non plus une tuerie cosmique, mais le titre de Spearhead Games est tellement généreux dans son écriture et le charme qu’il dégage est tellement fou que je ne peux que l’aimer.

Les Multiples Vies de Reynardo

Stories : The Path of Destinies nous conte l’histoire de Reynardo, un renard pirate des airs ayant décidé de raccrocher les gants du crime à la mort de sa mère. Il passe donc ses journées à vivre une vie tranquille jusqu’à ce que l’Empereur décide de rompre l’équilibre du monde en faisant des rituels de sang et tout plein de choses bien gaies impliquant de sacrifier le peuple. Reynardo se retrouve donc embarqué malgré lui dans la Rébellion et tentera grâce à un livre magique de trouver le meilleur chemin à suivre pour renverser l’Empire tout en restant en vie et éventuellement réussir à conquérir le coeur de Zenobia, une ancienne amie d’enfance qui avait du le quitter du jour au lendemain à cause d’un secret un poil gênant.

L’histoire est plutôt classique sur le fond, mais la forme, elle, est plus que cool. Car concrètement, il s’agit d’un Livre dont Vous Êtes le Héros transformé en jeu d’action-aventure. À la fin de chaque niveau (ou dans les niveaux eux-mêmes à de rares instances), vous serez confronté à deux, voire trois choix, aboutissant à des dénouements radicalement différents. Ainsi, décider d’aller sauver dès le départ votre bon ami Lapino aboutira sur des fins bien différentes que si vous décidiez d’aller assembler l’arme ultime ou bien mettre la patte sur une gemme maudite.

On pourrait regretter que la progression ne soit pas aussi organique que dans un jeu comme The Stanley Parable ou Undertale, puisqu’ici les choix sont clairement mis en avant, mais étant donné que de ces choix dépendent la sélection du niveau suivant, il aurait été clairement difficile de faire autrement. Et puis bon, on n’en tient pas forcément rigueur, puisque la curiosité nous poussera à faire des runs répétés du jeu.

Stories The path of Destinies

À noter que les premiers runs dureront approximativement une heure chacune et que pour trouver la véritable fin, il vous faudra obligatoirement trouver quatre fins ayant chacune un lien avec une Révélation différente. Car, et c’est là que ça devient beaucoup plus intéressant, le jeu retient certaines grosses révélations des précédents runs et influeront en partie sur les décisions que prendront Reynardo. Bon, ce n’est pas non plus ultra élaboré, puisque des lignes de dialogue supplémentaires vont s’ajouter au script original, mais on éprouve cette sensation d’importance de nos actions sur le jeu, ce qui est amplement suffisant.

Et là où ça devient bizarre et plutôt cool, c’est que non seulement on monte en puissance, mais les ennemis aussi. Ainsi, au premier run, on ne rencontrera presque que des corbeaux normaux, uniquement pour être introduit à un nouveau type de corbeau à la toute fin du dernier niveau. Et ce nouveau type d’ennemi arrivera automatiquement au début du run suivant, suivi d’un autre nouvel ennemi un peu plus tard, puis d’un autre, faisant que l’on apprendra de manière progressive à se battre contre chaque type de corbeau avant enfin de livrer des batailles épiques avec tous les genres mélangés et de joyeux foutoirs jouissifs car Reynardo sera devenu une véritable machine à tuer.

… Et c’est aussi de là que provient la plus grosse faiblesse du jeu : passé un certain point, les ennemis arrêteront de gagner en puissance, tandis que l’on roulera sur la concurrence tel un rouleau compresseur. Au point que les combats ne deviennent qu’une simple formalité et un obstacle mineur sur la route d’une nouvelle fin qui nous fera très probablement exploser de rire.

Les niveaux eux-mêmes souffrent de cette répétition forcée. Il y en a sept ou huit et même si durant les premiers runs, on s’amuse à les explorer pour trouver des minerais pour forger des épées plus utiles (qui servent aussi de clé pour déverrouiller des portes de couleur, un peu façon Metroid) ou bien des gemmes qui confèrent des avantages non négligeables en bataille, bah… Une fois que l’on a plus ou moins tout débloqué, on ne se contentera plus que de filer en ligne droite pour arriver au bout du niveau et seulement dans le but de déverrouiller une nouvelle fin. Dans un sens, ça donne un petit côté speed-run au jeu et je ne peux pas nier le fait que je me suis senti comme un dieu en remarquant que je passais d’une heure à vingt-cinq minutes pour un run, mais ça rend presque la tâche de traverser les niveaux plus ennuyante que fun.

Heu-reu-se-ment, il me faut préciser le point qui a fait que je suis tombé amoureux de ce jeu et qui m’a fait faire pas moins de huit runs quasi consécutives : le narrateur. Il fait un travail monstrueux pour donner vie au titre et m’a fait sourire d’un bout à l’autre de mes multiples aventures. L’écriture absolument hilarante est magnifiée par les intonations de l’acteur. On sent que l’équipe en charge du projet s’est fait plaisir, notamment avec les blagues qui parfois viennent de nulle part et font parfois passer Reynardo pour la réincarnation renardesque de Rincevent des Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett. D’ailleurs, sans spoiler, il y a aussi pas mal de références un peu déplacées à la pop culture moderne, dont une blague assez surprenante sur Neil Gaiman totalement assumée (et qui donc me fait encore plus aimer ce jeu). Et là où c’est encore plus impressionnant, c’est que ça ne se répète que très peu ! J’ai du mal à imaginer le nombre d’heures de lignes enregistrées, puisqu’ici, il y en a une tonne et il faut vouloir finir le jeu à 100% pour vraiment se lasser de certaines blagues (et encore, celle où Reynardo se prend pour un supporter de foot britannique me fera constamment hurler de rire).

Stories The path of Destinies 2

D’un point de vue technique, le jeu est une merveille absolue : fait sous Unreal Engine 4, les effets de lumière déchirent la rétine et les effets de particule sont très nombreux. Le tout tourne de manière assez fluide, même si une fois que l’on devient trop puissant, la console se met à crachoter et il m’est arrivé de tomber à deux reprises sur des affichages tardifs. Peut-être était-ce dû au fait que je traversais les niveaux en littéralement trois minutes au lieu de dix ? Possible. Dans tous les cas, le jeu reste très joli. On sent que chaque détail a été pensé et repensé et que chaque niveau a été construit avec amour, au point que je le considèrerais bien comme le Trine de cette génération de consoles. De plus, le character design animalier est assez différent de ce à quoi on est habitués et rend vraiment très bien… Même si je regrette un peu le fait que le cast de personnages soit aussi restreint et que l’univers mériterait d’être étoffé dans un spin-off ou bien carrément une suite, puisqu’il y a pas mal de potentiel inexploité.

Enfin, les musiques. Elles sont très bonnes et illustrent très bien les niveaux représentés, même s’il leur manque une mélodie mémorable. On dirait parfois du John Williams et parfois du Lorne Balfe (qui a bossé sur la série des Skylanders avec lequel je fais un parallèle mental assez évident). Deux très bonnes références de mon point de vue, mais ces compositions plus qu’excellentes ne semblent pas assez détachées de leur inspirations pour vraiment marquer.

Au final, Stories fait définitivement partie de mes coups de coeur de l’année. Non seulement parce que l’écriture est excellente et le gameplay super fun (bien qu’un peu trop répétitif sur la durée), mais aussi parce qu’il offre un univers coloré et rafraichissant. Et, aussi, je dois avouer que je suis un peu jaloux de Spearhead Games, car ils ont plus ou moins créé le jeu que j’avais en tête depuis un peu plus d’un an et demi, mélangé à un autre univers et un ton que je suis en train de développer pour une histoire à venir (et qui implique ici aussi un renard pirate… Dammit)… Enfin bref, dans tous les cas, si vous ne craignez pas des jeux courts et un poil répétitifs réussissant à trouver un bon équilibre entre visuels, gameplay et histoire, je ne peux que vous conseiller de le prendre. D’autant plus qu’il est à un prix plus que correct, donc… À vous de voir, c’est votre choix après tout* ♪ Il s’agit du meilleur jeu avec un renard de la semaine** !

*Même si, vraiment, vous devriez envisager de le prendre *gesticule tout en laissant des messages subliminaux*

** Star Fox Zero sortant la semaine pile après, hélas on ne peut pas dire qu’il s’agit du jeu du mois. Peut-être une fois que j’aurai pu tester le dernier joujou de l’équipe de Miyamoto je pourrai décerner un vainqueur pour le semestre, mais dans le doute, on va dire de la semaine.

Benjamin « Red » Beziat

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