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Critique ciné : Zootopie

Zootopie

Deux ans… Deux très longues années que j’attendais ce film et clairement je n’ai pas été déçu ! Zootopie n’est peut-être pas un chef d’oeuvre Disney, mais il n’en reste pas moins un des meilleurs que le studio ait pu sortir depuis un bail. Ici, et contrairement à d’habitude, il n’y aura pas de zone spoiler, puisque concrètement, il n’y a pas grand chose à spoiler si vous avez déjà vu les bande-annonces (non pas que le film ne réserve pas de surprise, mais je préfère les garder sous silence).

Try everythiiing ♫

Zootopie nous conte l’histoire de Judy Hopps, une jeune femme voulant entrer dans les forces de police. Problème : « c’est un lapin, et un lapin, bah ça peut pas devenir flic » ! Judy va donc tout faire pour prouver qu’elle vaut autant que les autres races animales et qu’elle peut devenir un élément indispensable à la société, notamment en résolvant une affaire mystérieuse de disparition de loutre.

Pas besoin d’en dire plus autre qu’elle fera équipe avec Nick Wilde, un renard roublard et débrouillard et que l’affaire sera bien moins facile à résoudre que prévu.

L’histoire en elle-même reste assez classique, mais les thématiques et l’écriture sont assez osées, proposant une critique parfois assez violente de la société actuelle ou bien tournant en dérision les plus hautes institutions (notamment Lehmann Brothers, qui pour notre plus grand plaisir en prend pour son grade). Et bien évidemment, le racisme est au coeur du film et il est traité de la manière la plus juste qui soit.

La grande force du film reste son personnage principal : Judy. Car même si Nick est aussi mis en avant, il est clair et net qu’il s’agit de l’histoire de Judy, qui porte presque à elle seule le récit. Et dans un sens, ça fait plaisir de vois un personnage principal aussi complet et peu stéréotypé. Elle n’est pas non plus un personnage de « femme forte en apparence ayant au fond un pitit coeur tout mou » comme on le verrait dans des films pseudo-féministes, mais Judy est tout simplement « humain ». Quelqu’un qui va tenter par tous les moyens de réaliser son rêve, quitte à échouer et qui arrivera dans tous les cas à y parvenir. Quelqu’un qui connaîtra des hauts et aussi des bas et qui aura des réactions normales devant ces situations.

zootopie 2

Nick aussi est un personnage bien travaillé, même s’il apparait pendant bien plus longtemps comme le stéréotype par lequel il a été introduit. Après, quand on découvre ses véritables motivations et certaines facettes de son personnage, il devient encore plus intéressant. Cela ne veut pas non plus dire qu’il est pas intéressant de base. Juste qu’il est très fun, quoique uni-dimensionnel au départ.

Et en parlant de fun… L’humour. Zootopie est le film le plus drôle que j’ai vu de l’année, et ce grâce non seulement grâce aux blagues classiques, mais aussi et surtout aux gags visuels et aux blagues à double-sens, qui sont absolument partout. À vrai dire, je me demandais en regardant le film si les enfants dans la salle rigolaient beaucoup, puisque je ne les ai pas beaucoup entendu. Par contre les parents et les adultes rigolaient beaucoup aux éclats, notamment lors de la fameuse scène mise en avant dans 90% des bande-annonces sorties à ce jour.

Mais le point qui vend ce film, ce sont tous les petits détails qui rendent l’ensemble vivant et agréable à regarder. Un travail assez dingue a été fait sur les animations des personnages, au point que souvent les non-dits racontent plus que ce qu’ils pourraient dire. Et c’est sans compter sur la technique, qui même si elle est beaucoup moins impressionnante que Le Voyage d’Arlo, reste du niveau des Nouveaux Héros, avec des effets de lumière assez dingues et aussi un rendu sur les poils assez impressionnant qui a du demander un temps assez dingue à créer (d’où la présence en grande partie de rhinos sur certains plans et de certains modèles plus simples sur les plans larges ou de foule). Le travail sur les décors est lui aussi très impressionnant et chaque environnement a une vie et une ambiance qui lui sont propres. Au point que certaines scènes prennent une tournure assez particulière et étrangement bienvenue.

La musique, en revanche, se faisait encore plus discrète que d’habitude. En dehors de la chanson de Shakira, absolument rien ne sort du lot. Ceci dit, je me souviens m’être fait une réflexion amusante en pensant que ce n’était non pas Giacchino qui composait, mais David Wise, tellement l’instrumentalisation me faisait penser à Donkey Kong Country Tropical Freeze. Et le doublage français, bien que 4 étoiles, n’était pas particulièrement bon, surtout pour le personnage de Gazelle (interprété par Shakira dans la version originale) et celui joué par Teddy Rinner (???), dont les voix ne collaient absolument pas avec les personnages (même si dans le cadre du personnage de Finnick, ce décalage était volontaire… Mais Teddy forçait trop et ça se ressentait).

Il y a tellement de bonnes choses à dire sur le film. Zootopie est coloré, malin, drôle et incroyablement beau. Et même si ce n’est pas le meilleur Disney et pas non plus le film de l’année (coucou Dofus), il n’en reste pas moins un des meilleurs films d’animation de ces quinze dernières années. On sent que ce film a été fait par une équipe de passionnés et qui ont eu plus ou moins carte blanche de la part de Disney pour faire ce qu’ils voulaient… Ironiquement, j’ai comme l’impression que c’est aussi pour ça que le marketing autour du film est un peu moins invasif que celui de Star Wars et La Reine des Neiges et plus comme celui de John Carter et À la Poursuite de Demain… Qui sont devenus de très gros bides… Hum…

Donc bon, si vous voulez plus de productions osées de la part de Disney, n’hésitez pas à faire péter les scores pour ce film (et aussi faire péter ceux de Dofus, tant qu’on y est, puisque ce film est en train de méchamment se planter, ce qui est très, très dommage).

Verdict : 4 Tigres dansant torse-poil/Donuts

Benjamin « Red » Beziat

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